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ISBN : 2283031427
Éditeur : Buchet-Chastel (11/01/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Je vais vous raconter monsieur, ça a eu lieu dans la nuit du lundi au mardi, très tôt, vers 2 heures du matin, même cette date du 29 février est étrange vous ne trouvez pas, un jour qui n’existera plus pendant 4 ans, on voudrait gommer les traces on ne ferait pas mieux, ça se passe donc cette nuit-là et nous on ne se doute de rien, comment voulez-vous que nous puissions nous douter d’une chose pareille, et il ne faut pas compter sur ce grand benêt de Dédé pour infor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
cathulu
  11 janvier 2018
Marion et Baptiste, un couple d'éleveurs, vivent heureux à la lisière d'une village.Une nuit d'hiver,Marion est prise de douleurs violentes. A leur grande surprise, il s'agit d'un accouchement.
Déni de grossesse. cette expression- pas très jolie d'ailleurs- ne sera jamais prononcée dans ce roman choral. Il épinglerait comme un papillon une situation que l'auteure envisage avec délicatesse, sous différents angles, via le prisme de ses personnages.
Pendant trois jours, vont ainsi alterner le point de vue du voisin qui a sauvé l'enfant, de l'employé du couple, de la sage-femme,de la grand-mère maternelle, de Baptiste et Marion, sans oublier celui plus trouble de Madame Peyre. Cette dernière, toujours à sa fenêtre, tout à la fois en retrait et aux premières loges, pourrait être la caricature d'une commère de village. Mais,au fil du texte, son personnage prendra de la densité et gagnera en subtilités. Il fonctionnera aussi en contrepoint du vent de folie et de solidarité qui s'empare du village à l'annonce de cette naissance.
Le parti-pris de l'auteure est de nous présenter sous forme de fragments numérotés qui s'enchaînent avec fluidité les points de vue différents, libre à nous de consulter si nécessaire (cela a été rarement mon cas) les grilles de lecture fournies en fin de volume. On peut aussi choisir de suivre les numéros à partir du 5 (je vais bientôt le faire).
En 160 pages, Violaine Bérot réussit un pari fou : traiter d'un thème qui se tient à la frontière du sordide et du cas psychologique, sans tomber ni dans le pathos ni dans l'angélisme. Ses personnages ont chacun leur voix, bien identifiable, la majorité d'entre eux n'est pas dans le jugement, mais dans l'action. Seul le grand-père, dans un premier temps, se préoccupera du regard des autres et des explicitations à fournir. Quant à la mère, elle ne prend la parole qu'au fragment 31 et semble au sens propre Tombée des nues, puisqu'elle se réfugie dans le monde des nues, des nuages. Seule la voix de Dédé, qui s'occupe du troupeau de chèvres de Marion en son absence, parvient dans un premier temps à la ramener sur terre. Quant à la fin, elle est juste sublime.
L'écriture, toujours sur le fil du rasoir, est à la fois poétique et précise. Les personnages sont denses et savent préserver leur part de mystère.
Un formidable roman sur une maternité déroutante s'inscrivant dans un rapport charnel aux animaux et à la nature. Un pur bonheur ! Et zou, sur l'étagère des indispensables !
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LettresItBe
  11 janvier 2018
Lire un livre avec plusieurs sens. Au sens figuré, tout le monde ou presque a déjà vécu cela. Mais lire un livre avec plusieurs sens mais au sens propre, ça donne une lecture complètement bouleversée et terriblement originale. C'est l'expérience proposée par Violaine Bérot avec Tombée des nues, son tout dernier roman paru du côté de chez Buchet-Chastel. Lettres it be l'a lu, au moins deux fois, et vous en dit un peu plus.

# La bande-annonce

Baptiste et Marion vivent ensemble et sont heureux. Ils ont repris une ferme, à la lisière d'un village un peu paumé et élèvent des bêtes.Une nuit, Marion est prise de douleurs foudroyantes et accouche, à son plus grand étonnement, d'une petite fille. le roman, qui fait entendre les voix des différents personnages, raconte ces quelques journées sidérantes.

# L'avis de Lettres it be

Que ce soit dans Léo et Lola déjà en 1996 pour son second roman ou encore plus récemment dans Nue, sous la lune paru début 2017 toujours chez Buchet-Chastel et dans Des mots jamais dits paru en août 2015, Violaine Bérot se fait l'auteure des femmes, de la Femme. Dans diverses situations, sous divers angles, l'auteure née dans les Hautes-Pyrénées accorde tout son intérêt et celui de sa plume à dépeindre cette Femme en société, dans les travers et les réjouissances, dans les orages et les éclaircies continues. La curiosité de Violaine Bérot s'immisce dans des territoires encore très peu sondés en littérature, cela afin de rendre des romans aussi touchants qu'inquiétants. Tombée des nues n'échappe pas à la règle et traite cette fois la figure de la relation maternelle qui s'évapore petit à petit, dans ce petit jeu à trois « Papa – Maman – Enfant » où les rôles tendent à très vite s'inverser. de son écriture lourde de sens, Violaine Bérot délivre un récit où la maman ne veut pas l'être, où l'être ne veut pas la maman. Sauf que …

Sauf que voilà, ce résumé est celui d'une lecture classique, dans l'ordre des chapitres. Mais l'originalité de la forme de ce livre commence ici : Violaine Bérot offre à ses lecteurs un autre sens de lecture, et de réflexion. Lettres it be garde le mystère, mais l'idée vaut son pesant de cacahuètes pour être suffisamment soulignée : l'histoire est duale, ambivalente, remise en perspective par deux fois.

La suite de la chronique sur le blog de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   14 janvier 2018
Je ne sais pas si vous le savez mais mettre un enfant au monde toute seule est inhumain, dans toutes les civilisations à toutes les époques on a systématiquement assisté les femmes en couche, il faut savoir que le bassin des mères est trop étroit, les épaules du bébé doivent donc passer l’une après l’autre, or il est impossible de réaliser sur soi-même ce mouvement qui implique de pousser la tête vers l’arrière, alors imaginez le cas d’une femme qui de surcroît ne se sait pas enceinte, elle est prise de douleurs fulgurantes, incompréhensibles, elle veut à tout prix extraire d’elle cette chose qui la fait atrocement souffrir, plus rien d’autre ne compte que de stopper la douleur, parce que ne l’oubliez pas il n’est pas question pour elle d’un enfant mais d’une chose indéfinissable, de l’ordre d’une tumeur, elle veut donc expulser cette chose, elle agit par réflexe, c’est de la survie, plus rien n’est réfléchi, elle lutte contre la peur de mourir, elle en est réellement à cette extrémité, elle se débat pour sauver sa peau, je vous laisse imaginer à quel point un tel accouchement va être traumatisant non seulement pour la mère mais aussi pour l’enfant, dans un cas pareil il ne s’agit plus de faire naître un bébé, il s’agit de se l’arracher du corps.
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rkhettaouirkhettaoui   14 janvier 2018
Je ne sais pas comment réagissent les autres pères lorsqu’ils voient pour la première fois leur enfant, je ne sais pas comment fonctionne un père normal, moi j’ai suivi l’infirmière, elle m’avait dit on va y aller ensemble, je marchais derrière elle, je n’arrivais même pas à marcher à côté, j’étais encore décalé, je me répétais je vais voir le bébé, et j’entendais la voix de Marion me parler de chèvres, Marion refusait de comprendre, d’admettre, je me disais fais rentre pas dans son délire, tu sais que Marion peut avoir des réactions étranges, pense au bébé, le bébé d’abord, ne te laisse pas influencer par ce que raconte Marion, l’infirmière a ouvert la porte et je ne sais pas à quoi je m’attendais, découvrir un nourrisson tout seul dans un joli berceau, mais ils étaient dans des sortes de boîtes transparentes, des bébés identiques recouverts de draps de la même couleur, je me suis dit jamais je ne reconnaîtrai le mien, je me suis arrêté, je ne pouvais plus avancer, alors elle a dit c’est celui-ci c’est lui votre bébé attention.
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rkhettaouirkhettaoui   14 janvier 2018
Ce qui est frustrant dans notre fonctionnement c’est de devoir se dessaisir d’une situation même si elle est loin d’être réglée, cette femme avait besoin d’aide, elle n’était pas revenue encore de l’état de sidération dans lequel elle était tombée en accouchant, j’aurais préféré rester mais ma garde finissait au matin, nos emplois du temps sont ainsi faits, si j’avais demandé à chambouler l’organisation du service on m’aurait ri au nez avant de me renvoyer chez moi retrouver mon chat, je ne saurais pas vous expliquer pourquoi mais j’étais persuadée que ma place aurait dû être auprès d’elle, cela vous paraîtra peut-être prétentieux mais je crois que j’aurais pu lui faire du bien, je me sentais coupable de l’abandonner, j’ai néanmoins quitté bien sagement l’hôpital, je suis rentrée, je l’ai lâchée.
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rkhettaouirkhettaoui   14 janvier 2018
Quelque part devait exister un monde de montagnes et de prairies, un monde de soleil et de pluie, un monde sans humain, un endroit où je ne risquerais plus que l’on veuille me toucher, me regarder, me parler, quelque part un pareil monde devait exister, un ailleurs apaisant, mais dans la fange qui me retenait prisonnière tout s’agitait sans cesse, ça grouillait, ça vociférait, ça posait des mains sur moi, ça me submergeait de bruits, d’yeux, de questions, je tremblais, je suffoquais, je suppliais la boule qui s’était reformée en travers de mon gosier, qui bloquait mes paroles et mes cris, de gagner aussi mes oreilles pour ne plus rien entendre, je rêvais d’atteindre l’en-dehors du monde.
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cathulucathulu   11 janvier 2018
...j'ai tendance à faire confiance au couple même si le couple vient de montrer une terrible cécité, j'aime croire en ce qui peut renaître des failles, au côté salutaire du choc..
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Video de Violaine Bérot (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Violaine Bérot
Chronique de Pas moins que lui, de Violaine Bérot dans le cadre de l’émission La Minute Livre (17 novembre 2015), Radio Cultures Dijon.
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