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EAN : 9782283031421
87 pages
Buchet-Chastel (11/01/2018)
4.01/5   96 notes
Résumé :
Je vais vous raconter monsieur, ça a eu lieu dans la nuit du lundi au mardi, très tôt, vers 2 heures du matin, même cette date du 29 février est étrange vous ne trouvez pas, un jour qui n’existera plus pendant 4 ans, on voudrait gommer les traces on ne ferait pas mieux, ça se passe donc cette nuit-là et nous on ne se doute de rien, comment voulez-vous que nous puissions nous douter d’une chose pareille, et il ne faut pas compter sur ce grand benêt de Dédé pour infor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
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Une lecture dépaysante sur un sujet très particulier qui aborde le thème du déni de grossesse et qui sera traité ici de façon surprenante tant au niveau narratif que du scénario.
"Tombée des nues", un titre parfait pour résumer la sidération que peut provoquer un tel événement, la subtilité de ce récit est de nous faire prendre conscience que si la mère est bien sûr la première concernée, l'entourage immédiat est impacté de façon immédiate et brutale et plus encore ici à la montagne et en hiver dans une bergerie.
Un roman chorale dont le parti pris narratif sera d'être volontairement chaotique, à l'image du désordre matériel et émotionnel que va provoquer l'événement, un roman qui pose à peu près toutes les questions en donnant la parole à un panel de personnages allant de la mère au père, des voisins et amis en passant par la sage femme et l'ancienne institutrice aigrie ou encore la famille.
Le fait que cette naissance "miraculeuse" se soit produite dans ce microcosme montagnard avec ses analogies particulières relatives notamment à l'élevage de chèvres donne une dimension philosophique particulière a toutes les réflexions qui vont en découler.
L'auteur propose deux grilles de lectures, l'une est classique et l'autre propose de suivre le cheminement de chaque témoin et l'évolution de son point vue en "sautant" d'un paragraphe à l'autre, original et ingénieux.
Bien que parfois incommodé par cette narration décousue, j'ai aimé tous ces questionnements sur un sujet que je ne connaissais pas et qui se révèle d'une grande complexité, beaucoup de phrases marquantes et autant de réflexions fascinantes, différents points de vue qui abordent autant de questions couvrant un large panel tant psychologique, qu'émotionnel ou même matériel.
Une belle image de la solidarité montagnarde également qui procure une chaleur bienvenue, j'ai aimé cette expérience de lecture et cette impression de m'être instruit sur un sujet dont la somme de connaissances est semble-t-il aujourd'hui encore très théorique.
Il me reste à remercier Croquignol dans le rôle du "vil tentateur", merci à toi ;)
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Voici un livre original qui traite d'un sujet difficile , l'histoire d'une naissance inopinée et les quelques jours qui suivent cet événement narrée par différents personnages denses : la grand- mère, Baptiste, le Pére, Marion, la mère, la sage femme , la bavarde madame Peyre et l'ami cher du couple .
Baptiste et Marion , leur chienne Sucette mènent une vie simple, une vie de labeur , dans un village reculé .
Ils élèvent des bêtes.. Ils ont un rapport charnel à la nature et aux animaux.
Une nuit de tempête de neige, Marion est prise de violentes douleurs: elle est en train d'accoucher , seule dans sa salle de bains ........
Personne n'a absolument rien deviné ni soupçonné pendant ces neuf derniers mois, aucun signe qu'un enfant grandissait en Marion......
La jeune femme , en état de sidération, muette , n'exprimait rien, pas un mot , pas un geste ni un cri , elle était hébétée, , ne parvenait plus à revenir à la réalité , anéantie .......devant la petite fille qu'elle venait de mettre au monde .
Pour les femmes victimes d'un déni de grossesse , ce qui leur arrive est trop inconcevable pour qu'elles puissent l'accepter .Un bébé qui sort de leur corps , cela dépasse l'entendement !
Quelle souffrance psychologique peut conduire une jeune femme à laisser grandir un bébé dans son ventre sans l'autoriser à exister ?
De quoi se protège Marion pour refuser de s'écouter à ce point ?
Parviendra t- elle à tisser des liens avec cette petite fille ?
A l'aide d'une écriture précise,rapide , pressée,tout en tension psychologique,telle une course folle menée dans l'urgence d'aider cette femme , des phrases justes , coups de poing , l'auteur traduit le cyclone mental qui s'abat sur la vie de Marion, le choc salutaire afin d'aider une femme à se dépêtrer de sa douleur, une intrusion et une souillure intolérables pour elle et l'extraordinaire puissance de vie de ces enfants - là !
Un livre écrit avec intelligence , originalité , profondeur et sensibilité qui ne peut ne pas plaire à tout lemonde à cause de sa construction, chacun peut le lire de deux façons, en effet !
Je n'ai jamais lu d'ouvrage traitant ce sujet , je ne connais pas l'auteur .
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Dans un village de montagne, une femme donne naissance à un enfant dans une baignoire sans avoir pris conscience qu'elle était enceinte. ● J'ai commencé à lire l'oeuvre de Violaine Bérot par Comme des bêtes, le dernier paru, et on retrouve dans Tombée des nues cet entrecroisement de voix narratives et cette écriture si réussie de l'oralité. ● On a en outre la possibilité de lire de roman de deux façons différentes : soit chronologiquement, soit par voix narrative : c'est là un procédé très original, que je n'ai encore jamais vu ailleurs. ● Néanmoins j'ai été un peu déçu car je trouve le récit moins riche que Comme des bêtes, et le double parcours de lecture, assez artificiel, n'apporte pas grand-chose au roman. ● Je vais cependant continuer à explorer l'oeuvre cette autrice car j'aime beaucoup son style – et contrairement à d'autres elle a vraiment quelque chose à dire.
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Le déni de grossesse est un sujet délicat et difficile auquel s'est attaquée Violaine Bérot dans « Tombée des nues », un petit ouvrage à la rédaction originale puisqu'il peut se lire de deux façons : soit de manière linéaire, en enchaînant les différents paragraphes numérotés, soit en se laissant guider par les numéros en fin de paragraphe, indiquant le prochain auquel se reporter. Une manière peut-être de prendre ce sujet plus à distance, c'est malin et intelligent.

En tout cas, quelle que soit la façon dont on aborde l'ouvrage, par jour ou par personnage, le sujet est traité de la même manière : les différentes réactions de sept personnages en apprenant que Marion, une femme d'un petit village montagnard, a accouché d'un enfant alors même que son compagnon Baptiste et elle ignoraient tout de sa grossesse. La lecture par numéros fait parler en premier la personne la plus étrangère à l'histoire, Suzanne Peyre, la femme du maire, la plus choquée par l'évènement et qui a des mots très durs à l'encontre du couple, les accusant de négligence. S'enchaînent ensuite les pensées de la sage-femme qui s'est occupée de Marion, soucieuse de l'état de détresse qu'elle devine chez la nouvelle maman, puis les parents de cette dernière, choqués d'abord puis ravis, ensuite Dédé et Tony, les amis solides du couple, avant de laisser la parole à Baptiste, lui qui ne voulait pas d'enfant mais qui pourtant tombe instantanément amoureux de son bébé, et à Marion, la victime de cette grossesse non attendue, et donc non désirée. La seule qui reste bloquée dans le malheur. Ces pensées s'enchaînent sans transition, se fondent les unes dans les autres, avec ce rythme propres à la litanie d'une parole uniquement intérieure, de la personne la plus étrangère à ce tourbillon pour terminer par la personne la plus concernée, Marion. Marion si touchante dans sa détresse, sa sidération, son refus de comprendre ce qui lui arrive (« j'avais mal aux mâchoires à force de retenir ma haine, je souriais, je ne cessais plus de sourire, je n'avais trouvé que cette parade, sourire, puisque j'étais incapable de hurler. ») et qui se retrouve si seule, si incomprise (« […] Marion va bien elle se remet, la voix qui les prononçait se distordait, ricanait, c'était Baptiste et ce n'était plus lui, la voix riait, se moquait, Marion va bien elle se remet, ça pouffait de rire dans mon crâne, Marion va bien elle se remet, alors je souriais, qu'aurais-je pu faire d'autre que sourire puisque j'allais bien, puisque je me remettais »).

Au-delà du sensationnel, l'événement interroge de façon intime les personnages, puisqu'il ravive certaines plaies, de l'institutrice impuissante à aider son élève battu par ses parents, aux grands-parents aux rapports compliqués avec leur fille qui ne s'est jamais sentie à la hauteur de leurs espérances, à ces futurs parents ignorants de leur statut en devenir, qui leur tombe dessus d'un coup. Mais surtout à cette mère qui ne l'a pas demandé, qui est abasourdie devant la violence de ce qui lui arrive, elle qui se demande si elle sera capable de ne pas faire du mal à ce bébé qu'elle ne peut appeler le sien. Un beau roman qui interpelle sur ce refus de voir ce qui pourtant devrait être frappant, une grossesse, sur le désarroi face à l'indicible, à l'impréparation que ce déni engendre (c'est déjà parfois difficile de devenir mère en s'y préparant pendant neuf mois, alors en quelques heures…), et qui est si bien rappelé par la sage-femme : « j'aurais tellement aimé pouvoir la rassurer, la déculpabiliser, parce que tout le monde pense que c'est normal pour une mère d'aimer son enfant mais ce n'est pas vrai, accepter son bébé ça peut prendre des jours et des jours, j'aurais voulu lui expliquer, on ne devient pas maman par magie, ça vient doucement, prenez votre temps. »
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Violaine Bérot aborde ici le déni de grossesse. Cette enfant que personne n'attendait, tombée des nues, va bouleverser la vie de ses parents, de la famille, des voisins et amis, du village tout entier, du personnel hospitalier.

Dans ce roman choral, l'auteur fait la part belle à l'oralité et nous donne à entendre la voix de chacun des protagonistes face à cet événement. Je pense qu'il faut le lire avant Comme des Bêtes qui est bâti sur le même procédé narratif et est plus abouti. La lecture de ce roman reste cependant riche et j'ai aimé la manière dont l'auteur a construit son histoire en offrant une ossature sans s'appesantir sur des détails inutiles, laissant également le lecteur se faire sa propre idée.


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critiques presse (2)
LeMonde
30 mars 2018
Au terme d’une grossesse non remarquée, un bébé vient au monde. Avec « Tombée des nues », la romancière livre le beau récit choral de son acceptation.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix
16 février 2018
Ce magnifique roman raconte une naissance hors norme et les quelques jours qui suivent par les voix croisées de l’entourage et des principaux concernés.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Quand son ombre a fini par me toucher, ça m’a fait un drôle d’effet, comme si elle entrait dans moi, l’ombre, et qu’elle, cette femme, avait pas besoin de faire plus pour que je la comprenne, que son ombre était la seule chose dont elle pouvait me faire cadeau, même si elle en savait rien, parce que cette ombre, c’était la seule chose qu’on lui volerait jamais. (p 230)
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"Que ce bébé se soit permis de pénétrer à l'intérieur de moi sans ma permission m'était intolérable, je n'acceptais pas la violence avec laquelle il s'était imposé dans mon corps, je ne pouvais pas supporter cette intrusion, cette "souillure", mais à qui aurais-je pu raconter cela, à qui aurais- je pu dire ces mots inaudibles, ce bébé m'a Violée.."
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le leur annoncer est très difficile, culturellement la naissance d’un enfant est source de bonheur, or avec elles il faut absolument tout repenser, ce qui leur arrive est trop inconcevable pour qu’elles puissent l’accepter, quelques heures avant elles n’étaient pas enceintes et voilà qu’un bébé sort de leur corps, c’est à rendre fou n’importe qui, ça dépasse l’entendement, pour atténuer la violence de la situation il faut se retenir de faire ce que l’on a le réflexe de faire, annoncer garçon ou fille, poser l’enfant sur la mère, elles sont en état de choc, il faut leur donner du temps, ne surtout pas les devancer, certaines deviennent des furies, d’autres ne sont plus capables d’aucune réaction, il est préférable de leur enlever le bébé plutôt que de le leur imposer, il sera toujours temps de le ramener plus tard, l’important est d’abord de les aider à réaliser, et ce travail doit être entrepris tout autant avec le père qu’avec la mère, on doit parvenir à faire entendre à l’un et à l’autre comment s’appelle ce qui vient de se produire, leur faire comprendre que l’on a déjà rencontré des cas semblables, que ça existe
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je ne voyais plus alors que le bébé et la nausée montait, j'avais besoin de vomir, de me vider encore, j'étais persuader que restaient égarés en moi des morceaux de lui, des bouts pourrissants que je n'avais pas fini d'expulser, je sentais leur odeur, je puais la charogne, j'avais des spasmes qui me déchiraient le ventre, que ce bébé se soit permis de pénétrer à l'intérieur de moi sans ma permission m'était intolérable,je n'acceptais pas la violence avec laquelle il s'était imposé dans mon corps, je ne pouvais pas supporter cette intrusion, cette souillure, mais à qui aurais-je pu raconter tout ça, mais à qui aurais-je pu dire ces mots inaudibles, ce bébé m'a violée.
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le symbole de la femme enceinte, sa représentation, ce qui aux yeux de tous atteste de son état c’est son ventre rond, or c’est précisément ce signe qu’inconsciemment elles s’interdisent, voyez comme est extraordinaire la capacité du physique à s’adapter au psychique, qu’elles soient sportives ou pas, quelle que soit leur morphologie, la musculature abdominale de ces femmes va bloquer l’utérus pour qu’il lui soit impossible de traverser cette barrière, ainsi il ne pourra pas basculer vers l’avant comme c’est le cas dans toute grossesse normale, il se trouvera dans l’obligation d’inventer une autre solution, il va donc se développer vers le haut, en longueur, forçant le fœtus à grandir le long de la colonne vertébrale, en position verticale, très discrètement, et grâce à cet ingénieux procédé personne ne se doutera de rien, le ventre restant étonnamment plat
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"Mais s'il ne s'agissait pas d'un jeu ? Si à force de leur donner matière à y croire tes étudiants t'avaient pris au mot, s'ils avaient voulu appliquer à la lettre le contenu de ce texte que tu leur offrais en fin de cycle, ce texte dans lequel tu détaillais point par point la mise en actes des théories étudiées pendant leur cursus ? Serait-il alors envisageable qu'ils aient réussi, comme tu le préconisais, à renverser le pouvoir en place ? Non, tu ne peux l'envisager, pas dans la vie réelle, car sans doute, et c'est la seule explication plausible, sans doute rêves-tu, sans doute patauges-tu dans un mauvais sommeil, et tout s'arrêtera net quand ton réveil sonnera, quand ta femme se retournera dans le lit, et enfin cessera ce grand n'importe quoi dans lequel tu t'enlises et t'épuises."
Enigmatique et poétique, C'est plus beau là-bas confirme le talent de Violaine Bérot. En ce début de millénaire, une autre vie est-elle encore possible ?
https://www.buchetchastel.fr/catalogue/cest-plus-beau-la-bas/
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