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EAN : 9782882506184
655 pages
Éditeur : Noir sur blanc (06/02/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Dans un vieux numéro du Times, l’auteur retrouve un écho d’une affaire qui avait fait grand bruit dans son enfance ; c’était quelque chose comme une affaire Dreyfus russe, mais il n’y avait eu aucun Émile Zola, alors, pour prendre la défense de l’homme qu’on accusait. Voici un roman dans lequel personnages et événements sont authentiques, presque documentaires, et qui est en même temps une grande réussite littéraire. Au début de la Grande Guerre, Sergueï Miassoïedov... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
viou1108
  03 mars 2020
L'affaire du colonel Miassoïedov, c'est une sorte d'affaire Dreyfus à la russe, mais sans aucun Emile Zola pour accuser les autorités d'intenter un procès ignominieux à un innocent.
Au début du 20ème siècle, le colonel Miassoïedov est un gradé de la gendarmerie tsariste, affecté aux services de renseignements. Il est également administrateur d'une société privée de transport maritime fondée par des Juifs. Et il se murmure que son épouse, Klara Holstein, serait d'origine juive. Dans un contexte d'antisémitisme galopant, il n'en faudra pas davantage pour faire de lui un bouc émissaire idéal. En effet, lorsque la Grande Guerre éclate, l'armée russe, sous le haut commandement du grand-duc Nicolas, oncle du tsar Nicolas II, essuie de très lourdes défaites sur le front de la Pologne orientale. Plutôt que d'assumer la stratégie calamiteuse de l'armée impériale, on préfère calmer l'opinion publique en la manipulant sans vergogne et en mettant la honteuse déroute sur le dos d'un espion qui aurait transmis à l'ennemi d'importantes informations sur les positions des troupes russes. Et tant qu'à faire, autant désigner un espion en cheville avec les "milieux juifs". Ni une ni deux, on constitue une Cour martiale sans accorder aucun droit à la défense, on expédie un procès aussi grossier que le dossier d'accusation est vide, et voilà Miassoïedov exécuté à Varsovie en 1915 en tant que "responsable direct de la défaite de la 10ème armée". Que ne ferait-on pour contenter l'opinion publique et sauver la face de la famille impériale… "Par les temps qui courent [...] le droit n'est plus la valeur suprême, l'intérêt public passe avant tout".
L'histoire ne s'arrête pas là, parce que, tel un couple maudit, c'est au tour de Klara d'être inquiétée en tant que "complice" de son mari. D'abord condamnée à mort, elle aussi, elle est finalement déportée en Sibérie. A l'avènement du régime bolchevique, elle reprend espoir et tente de rentrer chez elle, imaginant que son ardoise serait effacée. Mais jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, ballottée d'un bout à l'autre de l'Europe centrale, son passé la poursuivra : même remariée, le nom de Miassoïedov lui posera bien des problèmes, sans parler de ses origines juives supposées.
A partir de faits réels, l'auteur retrace l'histoire de l'Europe orientale et de la Russie, des premiers pogroms en 1903 au bombardement de Dresde en 1945. le sort du couple Miassoïedov est purement et simplement révoltant et méritait amplement d'être (enfin) mis en lumière (en français ; l'original date de 1962). Rien à dire sur le fond, donc, mais je suis plus mitigée sur la forme et le style. La première partie de ce pavé de 630 pages, consacrée au colonel, est assez rébarbative : digression, sauts dans la chronologie, description des mouvements de troupes avec une litanie de grades, de noms de personnes et d'endroits,..., j'avoue que je m'y suis perdue et barbée. L'éditeur et/ou le traducteur auraient d'ailleurs pu se fendre de quelques explications sur des mots tels que verste, sotnia, voïvode,..., et d'une carte de la région, tant qu'à faire. Par ailleurs, le comportement de Miassoïedov est énigmatique : rien sur sa psychologie, rien qui permette de comprendre le pourquoi et le comment de ses agissements à l'armée et sur le plan sentimental ; on comprend tout juste que s'il s'associe dans une entreprise privée, c'est par appât du gain. La seconde partie, consacrée à l'affaire de Klara, est quant à elle un peu plus incarnée, et on arrive à entrer en empathie avec son personnage, mais là aussi cela manque de profondeur et de mise en contexte, surtout quand, comme moi, on a une connaissance limitée de cette région à cette période de l'Histoire.
Il n'en reste pas moins que ce roman-document fait oeuvre utile et rappelle la violence et la souffrance effroyables subies par les populations civiles (et les soldats) pendant cette première moitié bien noire du 20ème siècle.
En partenariat avec les Editions Noir sur Blanc via Netgalley.
#LAffaireducolonelMiassoïedov #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
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mariech
  05 mars 2020
Au début du roman qui se passe au tout début du vingtième siècle , le colonel Miassoïedov est un colonel faisant partie de la gendarmerie du tsar et est affecté aux renseignements, la vie est presque belle , tranquille , il va demander la jolie Klara en mariage , l'avenir semble lui sourire .
Mais l'histoire implacable est en marche , commence une période de troubles pour la Russie tsariste , la première guerre éclate , les défaites de l'armée sont de plus en plus nombreuses.
Il faut trouver des responsables, des boucs émissaires, le bouc émissaire tout trouvé , c'est le colonel Miassoïedov , dont la femme Klara serait d'origine juive .
Un procès qui n'en n'a que le nom se déroule , et le colonel est condamné sans preuve , il sera fusillé en 1915 .
Après sa mort , sa veuve va vivre l'enfer sur terre , elle sera poursuivie toute sa vie pour avoir été la femme d'un traitre .
C'est cette partie du roman que j'ai préféré , la condamnation de Klara qui sera déportée en Sibérie .
Ce récit est basé sur une histoire vraie , à lire pour ne pas oublier la souffrance de milliers de personnes victimes innocentes des soubresauts de l'histoire .
Un roman de grande qualité des éditions Noir sur blanc , assez ardu tout de même .Je les remercie ainsi que NetGalley pour m'avoir permis cette lecture .
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raton-liseur
  17 novembre 2020
Un gros livre, paru au mois de mars, que l'éditeur m'a offert via netgalley à ce moment-là, que j'ai lu peu de temps après, mais pour lequel je n'ai toujours pas écrit de note de lecture. Les derniers mois ont été un peu désorganisés mais ce n'est pas une excuse, que l'éditeur m'excuse donc pour ce très long retard.
Dans ce livre, personnages fictifs et personnages historiques se côtoient pour former cette grande fresque d'une histoire à rebondissements aboutissant à, on le sait dès les premières pages du livre, la condamnation à mort et l'exécution du colonel Miassoïedov. L'auteur, qui fait de cette histoire une sorte d'affaire Dreyfus russe, en fait remonter les origines plusieurs décennies avant, montrant comment l'étau se resserre autour de ce petit militaire sans envergure, prêt à tremper dans des petites magouilles de contrebande pour arrondir sa solde, mais incapable de quoi que ce soit de plus ambitieux, et certainement pas d'un espionnage subtil et à grande échelle en faveur de l'ennemi (l'ennemi allemand, d'ailleurs, qui serait favorable aux juifs, c'est le monde à l'envers…). La deuxième partie du livre, qui a lieu après l'exécution de Miassoïedov, décrit comment la veuve de celui-ci tente de se remettre de cet événement, comment elle tente de rebattre les cartes de son destin, comment elle y arrive ou n'y arrive pas.
C'est un livre complexe. Complexe parce qu'il est difficile de démêler la vérité historique et les libertés prises par l'auteur, surtout lorsque, comme moi, l'on connait peu cette région du globe et cette période de son histoire. On assiste à toutes les rivalités au sein de l'administration tsariste, que ce soit au plus haut niveau, entre l'oncle du tsar et le ministre de la guerre, ou dans les petits cantonnements de petites villes de petites provinces. On voit aussi la population vivre au jour le jour, un peu les pauvres, mais surtout les bourgeois et les arrivistes, dont fait partie le colonel Miassoïedov. Ce n'est pas un personnage plaisant, d'ailleurs, que ce Miassoïedov, et l'on voit aussi les mauvaises décisions qu'il prend, qui liguent les gens bien-pensants contre lui et qui cristallisent les ressentiments, au point que l'on se demande s'il est victime d'une erreur judiciaire parce qu'il est juif, ou si c'est juste qu'il faut qu'il soit condamné, et le fait qu'il soit juif ne fait que rendre les choses plus faciles. Parce que finalement, Miassoïedov est avant tout le bouc émissaire qui permet aux puissants de ne pas assumer leurs erreurs, il est le fusible qui saute avant que ses protecteurs ne grillent.
Mais, malgré cette sorte d'anecdote historique qu'il raconte, le livre est vraiment intéressant dans sa description qu'il fait d'une Russie en pleine déliquescence, d'un régime absolutiste qui s'enferme dans ses certitudes et ses incompétences. Et bien sûr, on en apprend beaucoup sur le sort des juifs à cette époque. Je connaissais le mot pogrom, mais je crois qu'avec ce livre, j'ai commencé à comprendre ce que cela voulait dire, et surtout que cette réalité existait il y a encore à peine plus d'un siècle. On comprend mieux comment certaines horreurs de la seconde guerre mondiale ont pu être acceptées aussi facilement…
C'est donc une lecture que j'ai appréciée, malgré son caractère ardu, du fait de la distance que j'ai avec ce sujet. C'est un livre qui m'a attirée dans le catalogue de netgalley parce qu'il me faisait découvrir autre chose, il me faisait sortir des sentiers battus tout en abordant des sujets qui m'intéressent. En cela, il a tout à fait rempli son office. C'est donc un livre intéressant, à condition d'être prévenu de là où l'on s'aventure, et si l'on est prêt à faire ce chemin avec l'auteur et son personnage.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   23 janvier 2021
Vous savez, j’ai comme le sentiment que les prétendues souffrances des peuples sont un rien exagérées. Personnellement, je pense que seuls les êtres humains souffrent. Mais de là à dire que des peuples entiers souffrent… Comme l’Histoire nous l’apprend, il y a toujours un nouveau peuple qui se juge persécuté. Après, on l’oublie. Après, c’est lui qui, à son tour, en persécute un autre.
(p. 120, Chapitre 15, Partie 2).
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viou1108viou1108   02 mars 2020
Quand il forgea sa vérité de masse, collective, qui allait se substituer à la vérité vraie, Lénine savait qui était son plus grand ennemi. De là, sa haine de Dieu et de la "bourgeoisie". Car l'amour de l'Homme envers Dieu, l'amour d'une femme envers un homme, l'amour de ses propres enfants et même simplement l'amour de son propre foyer deviennent contre-révolutionnaires par le simple fait qu'ils sont personnels. Il voulait leur substituer l'amour de l'usine. Mais comment opérer un tel miracle puisque n'importe quel ouvrier sera toujours et partout plus ému et plus triste de la mort de sa femme, de la maladie de son enfant, que de l'incendie de son usine? Même s'il est terrorisé à l'idée de l'avouer et qu'il cache cela dans le secret de son âme. Il faut donc lui arracher cette tristesse du coeur et de la gorge! Il faut la remplacer par la joie de construire son usine! Lui arracher sa pensée et la piétiner du talon dans la neige, dans la boue, devant l'auditoire d'un meeting de masse! Ecraser sa maudite pensée contre-révolutionnaire. Car la révolution ne gagnera pas uniquement en arborant des drapeaux rouges, elle gagnera lorsque l'individu sera contraint à exprimer les pensées qu'il dissimule normalement même aux personnes les plus proches de lui. Mais cela ne réussira jamais. La violence et les slogans bien choisis peuvent réussir. On peut contraindre l'individu à partager ses biens. On ne peut pas le contraindre à se partager lui-même.
C'est ainsi qu'avec la victoire de la révolution bolchevique, apparut le plus grand écart qu'on ait jamais vu dans l'histoire de l'humanité entre la pensée et la parole, entre la parole et les aspirations.
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