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Tyltyl et Mytyl, deux enfants pauvres qui, à la veille de Noël, rêvent des richesses qu'ils ne peuvent avoir, se voient confier par la fée Bérylune une mission. Ils doivent trouver l'Oiseau Bleu qui rendra la santé à sa fille. Pour cela, ils sont munis d'un petit chapeau vert serti d'un diamant magique qui fait ressortir, lorsqu'on le tourne, l'âme des êtres animés et inanimés. C'est ainsi que les deux frère et soeur se retrouvent accompagnés dans leur quête par le chien, la chatte, le feu, l'eau, le pain, le sucre, la lumière et le lait, tous doués de parole et désireux de les aider (ou de leur nuire…) dans leur voyage.

Commence alors un long périple qui va les mener au pays des souvenirs, où continuent de vivre ceux qui sont morts, puis au palais de la nuit, où sont enfermés les pires maux, en passant par la forêt où la nature tente de reprendre ses droits, sans oublier le jardin des bonheurs, qui fait ressortir les joies simples de la vie, pour finir au royaume de l'avenir , où se préparent ceux qui s'apprêtent à naître. Un voyage initiatique qui révèlera aux deux enfants la vraie nature des choses et, peut-être, la source du bonheur véritable…

Ecrit en 1908, « L'oiseau bleu » est une pièce de théâtre construite sous la forme d'une fable, composée de six actes et de douze tableaux dont les décors et les costumes sont largement détaillés, donnant une idée précise des souhaits de l'auteur. Constituée de métaphores et d'allégories, l'histoire nous fait pénétrer dans un monde enchanteur, où chaque élément de notre réalité prend une dimension nouvelle, tantôt féérique, tantôt terrifiante. Maurice Maeterlinck fait preuve d'une vision très manichéenne du monde, mais qui colle bien à l'univers du conte, très codifié, voulu par la pièce.

Sous des dehors légers et cet aspect merveilleux et enfantin, l'auteur nous offre un voyage initiatique enrichissant, derrière lequel se cache une véritable parabole du bonheur. Etant donné la précision des didascalies et la variété des différents tableaux, la mise en scène ne doit pas être aisée, néanmoins la volonté de l'auteur est ambitieuse et donne envie d'assister à la représentation ! Une jolie pièce, divertissante et plus complexe qu'il n'y paraît…

Challenge Variétés : Un livre écrit par un auteur avec les mêmes initiales que vous

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Et voilà comment je suis tombée du côté lumineux et gnangnan de la Force, alors que je me plaisais tant du côté obscur...

L'Oiseau bleu doit être la pièce de théâtre la plus connue de Maeterlinck avec Pelléas et Mélisande ; seulement, elle date de 1906 (pour être publiée en 1909 seulement), et marque un tournant déjà amorcé chez l'auteur, mais version mièvre. N'auraient été quelques répliques de la fin et le concept de symbiose universelle, je pense que j'aurais été encore plus impitoyable avec cette pièce d'un auteur dont j'aime tant le premier théâtre. Celui qui est sombre.

Ici, une pièce de Noël avec tous les ingrédients des Märchen des frères Grimm, plus un soupçon de Miyazaki en prime. de quoi faire envie, mais en fait non. Déjà, je ne trouve pas cette pièce bien construite. le début voit les deux enfants de la pièce, Tyltyl et sa soeur Mytyl, être abordés par une vieille inconnue la veille de Noël (bon, oui, c'est une fée) qui leur demande tout de go d'aller chercher un oiseau bleu qu'ils ne savent absolument pas où trouver (sauf qu'on devine très vite où ils finiront par le trouver, premier hic), tout ça pour soi-disant soigner la petite-fille de la vieille en question. Pourquoi eux ? Mieux, les objets (comme le sucre, le pain, etc.) et les animaux de leur entourage vont se révéler à eux avec leur âme et leur vie propres grâce à la magie, il se décideront à accompagner les enfants (la fée a d'autres trucs à faire, apparemment)... mais on leur annonce qu'ils sont condamnés à mourir à la fin du voyage. Sans que ça ne dérange ni ladite fée, ni Tyltyl et Mytyl. Question empathie, ils sont un peu en manque, les deux marmots. Donc, ils ne partent pas parce que, comme d'habitude chez Les Grimm et consorts, ils doivent surmonter une épreuve qui leur est imposée. En gros, ils partent en voyage pour rien, vu qu'ils ne savent même pas si la petite-fille de la fée existe réellement ou si c'est une ruse. Oui, bon, il s'agit bien d'une épreuve, en fait, mais ils ont pas du tout saisi le truc, ils se contentent d'obéir bêtement à une inconnue (c'est mal et très dangereux, pauvres fous !)

Tyltyl et Mytyl incarnant l'humanité, ils vont passer par une série de lieux énigmatiques pendant leur voyage bien évidemment initiatique : et que je rencontre mes grands-parents morts auxquels je ne pense jamais d'habitude, et que je rencontre la Nuit et les peurs ancestrales (visiblement pour la plupart vaincues par les hommes, ce que nous apprenons grâce à Maeterlinck, alors que nous étions bizarrement plutôt persuadés du contraire), tout en en profitant pour faire crever des oiseaux qui n'avaient rien demandé parce que j'ai cru qu'ils étaient tous le fameux oiseau bleu et qu'un seul ne me suffisait pas ; et que je me retrouve assailli par de méchants arbres et de vilains animaux qui m'en veulent carrément alors que je n'ai fait que les abattre et les bouffer pendant des millénaires (franchement, quel petit esprit revanchard possèdent les non-humains !) ; et que j'aille dans un lieu étrange appelé le Cimetière avec des tas de fleurs qui poussent partout ; et que je découvre que les vrais bonheurs, c'est pas d'être riche ou de bouffer à s'en faire péter la panse ; et que j'aille rencontrer les enfants qui viendront à naître ; et que je ne trouve pas l'oiseau bleu (quoique sur ce point, ce soit tout sauf clairement expliqué), et que je rentre chez moi pour Noël, et que... devinez quoi !!! (Rappelez-vous, ça s'appelle L'Oiseau bleu, je dis ça, je dis rien.)

Ca déborde de clichés comme le chien fidèle et la chatte sournoise, avec le nadir des clichés sous la forme de l'Amour maternel parce que les mamans sont évidemment tellement et toujours super gentilles. Certains tableaux sont totalement inutiles, comme celui du Jardin des bonheurs, parce que dès le premier tableau on avait très bien saisi que la morale de l'histoire, c'était que le bonheur se trouve devant son nez et pas chez les voisins pleins aux as (enfin, dites-ça à tous les êtres vivants qui crèvent de faim, ils verront peut-être les choses légèrement différemment). Et donc là, je me dis que Maeterlinck s'est terriblement embourgeoisé, littérairement parlant.

Bien sûr, comme il s'agit là d'un voyage initiatique, les enfants vont apprendre : à écouter l'eau, à voir la forêt, à voir la lumière de l'aube et de la lune. Ils auront réussi à déchirer le voile que protégeait la Nuit, et nous retrouvons là l'intérêt de Maeterlinck pour l'ésotérisme, le mysticisme, le mystère d'un monde invisible, qui prend l'apparence d'une aptitude de certains humains - car comme le disent la chatte, la Nuit, les arbres et d'autres, la plupart des humains ne voient rien du tout et pourraient tout souiller s'ils accédaient à cette forme de connaissance supérieure - à opérer une symbiose avec le reste de l'univers. Vous êtes passés du côté lumineux de la Force.

L'idée est attrayante, mais mise en scène dans une féérie qui la transforme en une sorte de divertissement pour enfants : décors, costumes, effets spéciaux, Maeterlinck n'a lésiné sur rien. Ce qui gâche le propos, d'autant que Mytyl est pleurnicharde et Tyltyl très agaçant, et nous conduit à nous demander pourquoi on a bien pu les choisir pour cette mission délicate et cet accès à une connaissance pour lesquels ils ne souffriront quand même pas beaucoup (de longues années de yoga, c'est bien plus fatigant). Bon, il y a une histoire d'amour là-dessous (qui ne tient pas très bien la route, qui plus est), mais franchement, brader le dévoilement d'un des plus grands mystères à cause d'une amourette, c'est faire pénétrer les personnages dans les dédales obscurs (enfin non, lumineux pour le coup) de l'ésotérisme pour pas grand-chose, hein.

Et vingt dieux, qu'est-ce que c'est gnangnan ! Maeterlinck ne m'avait pas habituée à ça (c'est-à-dire à un théâtre aussi simpliste), c'est le moins qu'on puisse dire. Mais je comprends mieux pourquoi il a été nobelisé en 1911... Ca n'est certainement pas pour L'Intruse, Les Aveugles, ou Intérieur !


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Une oeuvre théâtrale toute en féérie, digne des plus beaux contes.

Tyltyl et Mytyl sont deux enfants pauvres et vivent avec leurs parents bûcherons. le soir de Noël, la fée Bérylune leur apparaît et leur demande d'aller chercher l'oiseau bleu seul capable de guérir sa petite fille. Les enfants partent alors dans une quête à travers des mondes merveilleux, accompagnés par des éléments, des choses et des animaux qui prennent la parole.

La féérie commence dès la description des costumes des divers personnages, et se poursuit avec les décors et les jeux de lumière requis. L'auteur propose un univers fantastique dans lequel on entre avec plaisir et on se laisse porter avec son âme d'enfant.

Le propos va toutefois au-delà d'un simple conte de fée. Maeterlinck ne veut pas juste raconter une belle histoire mais plutôt nous faire réfléchir à notre condition d'humain, à notre rapport au monde, à la nature, à notre vie quotidienne. Qu'est-ce que le bonheur? Est-ce partir dans une quête d'absolu ou n'est-ce pas plus simplement apprécier ce qui nous entoure? Pas facile quand, comme Tyltyl, on ne mange pas tous les jours à sa faim… Et puis il n'y a pas que des éléments positifs dans notre monde. Les enfants vont croiser le chemin de forces opposées, d'adversaires de l'homme.

Dans ce texte daté de 1908 ressortent une tendresse singulière dans les rapports humains, un amour respectueux pour la nature et une certaine philosophie de la vie.

J'ai été touchée par cette oeuvre qui va me laisser longtemps de belles images en tête.

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Un petit ovni dans la littérature - et le théâtre - du début du vingtième siècle, c'est l'impression que j'ai eue en relisant cette pièce vingt ans après. On ne peut pas vraiment relier cette oeuvre à un genre littéraire ni tout simplement l'associer à une époque!

Comme souvent mais très particulièrement ici, je me demande à quoi ressemble sur scène les indications de décor donnés. Dans l'Oiseau Bleu, Maeterlinck ne lésine pas sur la description de la scène et des vêtements, détaillant les tissus, leurs couleurs, les effets de lumière, les changements fréquents lors d'une même scène où les êtres se transforment à la vue des deux petits protagonistes. Rien que pour cela, j'aurais aimé être l'une des premières spectatrice de la pièce en 1911 pour pouvoir observer les subterfuges utilisés.

Quant à la pièce en elle-même, la lire c'est un peu comme parcourir un rêve. Elle se présente en plusieurs tableaux à fortes symboliques, bien que le message en reste implicite et demande réflexion.

J'avoue que les personnages et le récit ne m'ont pas captivée outre mesure, mais la scène des enfants à venir m'a interpellée, attristée aussi.

L'ingénuité de la pièce m'avait plu quand j'était ado, je la trouve un peu passée de charme aujourd'hui.

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Une œuvre bien profonde, on se sent un peu perdu au début de la lecture au risque d'abandonner mais au bout d'une infinité de temps, on se laisse emporter par ce voyage étrange, fantastique, philosophique, fabuleux et génial à la fois. Un voyage dans le plus profond de l'homme, dans le plus profond de la terre et de l'univers. L'oiseau bleu est une perception de l'homme dans sa puissance et aussi dans toutes ses faiblesses. On retrouve cette consigne donnée à l'homme: soit maître et possesseur de la nature, mais de quelle manière? Maurice Maeterlinck, dans une délicate plume rétablit la relation entre l'homme et la nature en personnifiant non pas seulement les éléments de son environnement mais aussi il met à nu le monde psychique de l'homme, le royaume de ses émotions, et c'est là le génial dans cette pièce de théâtre, on voit apparaitre des personnages comme l'amour maternel que j'ai beaucoup adoré... Maeterlinck prend le plaisir de nous faire miroiter le passé et le futur comme si l'homme présent n'était qu'une marionnette manipulé par l'univers et maudit tous les jours par la nature...

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C'est Noël mais les Tyl, pauvres bûcherons, n'ont pas de quoi s'offrir une belle fête. Les enfants de la maison, Mytyl et Tyltyl, sont éveillés, un soir, par une grande lueur qui traverse les volets de leur chambre. Cette lumière provient de la maison d'en face où vit une riche famille : ils fêtent Noël en grande pompe avec gâteaux et tartes à la crème à volonté et quantité de jouets pour les plus jeunes.

Alors que Mytyl et Tyltyl font semblant de participer au festin, des coups résonnent soudain à la porte.

Une vieille fée très laide qui dit s'appeler Bérylune entre dans leur chambre et leur demande de partir à la recherche de l'oiseau bleu, seul volatile capable de guérir sa fille très malade.

Les deux enfants hésitent, mais Bérylune offre à Tyltyl un bonnet magique qui leur permettront, à lui et à sa soeur, de distinguer l'âme des choses qui les entourent. Ces dernières devraient les aider dans leur quête.

Tyltyl utilise le bonnet et réveille les âmes de la maisonnée : chien, chat, pain de sucre, eau, lumière et bien d'autres se portent volontaire pour accompagner les enfants.

Cette "Féerie en six actes et douze tableaux" nous replonge dans le monde merveilleux des contes de fées de notre enfance, même si le récit n'est pas si innocent qu'il n'y paraît.

Cette pièce de théâtre date de 1908 et peut sembler, au début, assez démodée. Les thèmes exploités par Maeterlinck (deux enfants pauvres embarqués dans un monde merveilleux par une vieille femme très laide qui se révèle être une fée magnifique) sont très communs. Mais malgré cela, on est très vite emportés par la plume de l'auteur et l'aventure de Mytyl et Tyltyl finit par nous tenir très à coeur.

La recherche de l'oiseau bleu ne se passe pas sans mal et les aléas auxquels les enfants et leurs accompagnateurs sont confrontés nous les rendent très attachants.

Le "voyage" se passe pendant la nuit, mais on a l'impression très nette qu'il dure plusieurs jours tant les aventures qui attendent nos héros sont multiples et variées. Des constantes sont pourtant à souligner : Tyltyl est le plus actif des deux enfants, Mytyl restant plus en retrait ; et où qu'ils se trouvent, la Chatte complote contre le projet des enfants et de leurs amis.

Ce caractère nocturne des péripéties des deux enfants permet à Maeterlinck de mettre en évidence le thème le plus important de la pièce : celui du rêve. le récit s'ouvre d'ailleurs sur le sommeil des deux enfants ; la dernière scène de la pièce les voit une fois de plus endormis.

Les différents "mondes" visités par la petite troupe sont passionnants mais semblent également relever du domaine de la rêverie. de là à se demander si Maeterlinck ne nous raconte pas tout simplement le rêve du frère et de la soeur durant cette nuit de Noël, il n'y a qu'un pas. Plusieurs fois, on s'attend à ce que les enfants se réveillent en sursaut et se retrouvent dans leur pauvre chambre...

Une jolie découverte et un classique de la littérature belge, à découvrir sans hésiter.

Challenge 15 Nobel : 6/15

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Prisme de diamant merveilleux, l'oiseau bleu de Maeterlinck s'adresse aux petits et aux grands, la pièce permettant une lecture plus ou moins naïve selon le niveau de lecture. N'oubliez pas de tourner le diamant dans l'un ou l'autre sens afin de percevoir la féérie, le réel, l'ombre mais surtout la lumière, lumière qui se reflète dans les facettes du diamant comme dans les fossettes d'un enfant.

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Comme j'aime ces écrivains décadents, ces esthètes, ces avant-gardistes dont la fantaisie merveilleuse nous éloigne d'une réalité souvent toute prosaïque.

Maeterlinck est un artiste extraordinaire. J'ai beaucoup entendu parler de "L'oiseau bleu" autrefois. Au cours de ma lecture, j'ai imaginé ce qui se passerait précisément s'il s'agissait d'une performance théâtrale. Mon spectacle imaginaire serait à très gros budget - mes personnages seraient vêtus des tenues fantastiques les plus bizarres. Par exemple, j'aurais habillé l'âme du Feu en costume bobo orange et en noeud papillon et j'aurais engagé pour son rôle un acteur français tel Claude Brasseur. Je l'avoue, cette lecture de "L'oiseau bleu" est pour moi comme une évasion loin d'un quotidien ennuyeux.

C'est une pièce magique pour un lecteur ayant soif d'imagination.

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Mon ressenti est ambigu à la fin de L'Oiseau bleu.

Maurice Maeterlinck m'a fait voyager à nouveau en enfance à travers ce conte féerique. Il m'a fait penser à la Flûte enchantée de Mozart dont j'ai revu l'opéra du Métropolitain de New York. le personnage de la Nuit doit y être pour beaucoup :). J'ai beaucoup aimé la quête de ces deux enfants , frère et soeur. Ils cherchent l'oiseau bleu pour guérir la fille de la fée. Cette dernière les a missionnés.

Ces deux enfants vont être accompagnés d'une bande de personnages dont la Lumière sera leur guide. Parmi eux se trouve la Chatte qui veut les voir échouer au péril de leur vie.

Les dialogues sont profonds, sous leur apparence "simpliste". Les morts restent vivants en nous, ce qui les fait revivre est un exemple.

Ce qui m'a vraiment dérangé est la présence de longues didascalies. Elles entravent notre imagination sur les costumes des personnages, des décors. Par moments, j'ai eu envie de les sauter.

Mais la féerie prime plus sur ce point négatif, d'où ma note de 3 étoiles et demi.

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Qui de ma génération ne se souvient pas de ce dessin animé et de son générique qui me donnait des frissons. Quand je me suis aperçue, il y a peu et par hasard, que ce dessin animé était inspiré d'une pièce de théâtre d'un écrivain belge un peu obscur pour moi, bien que Prix Nobel en 1911, je me suis dit que je ne pourrai pas résister à une petite parenthèse de nostalgie.

Cette lecture n'a pourtant pas été le divertissement enfantin auquel je m'attendais. Il n'y a pas véritablement d'histoire, plus une succession de scénettes dont les mille décors chatoyants et la myriade de personnages m'ont fait pensé à la féerie du Casse-Noisette de Tchaïkovski. Les actes sont d'ailleurs divisés en tableaux et les indications scéniques prennent parfois plus de place que les dialogues, donnant à l'oeuvre toutes les apparences d'un livret de ballet.

A la demande de la fée Bérylune, le frère et la soeur Tyltyl et Mytyl sont à la recherche de l'Oiseau Bleu, seul capable de sauver la fille de la fée. Ils voyagent alors de tableau en tableau, qui tous représentent un aspect de notre monde, et rencontrent les allégories de notre condition humaine (la Mort, la Forêt, les Bonheurs, l'Avenir). Grâce à un diamant magique, ils peuvent voir au-delà des apparences et découvrir la vérité des choses, leur âme qui leur parle.

Je suppose que chacun de ces tableaux pourrait faire l'objet d'une interprétation symbolique, mais je ne m'y aventurerais pas. Il est question du dualisme entre Homme et Nature, entre Raison et Ignorance. Si les scènes sont aussi colorées que celles d'un dessin animé japonais, elles créent souvent un univers inquiétant, parfois grinçant, celui d'enfants sur le point de s'éveiller à la complexité du monde.

Je goûte assez peu les oeuvres hautement symboliques, encore plus lorsqu'elles mêlent un langage simple, voire simpliste, avec la promesse d'un sens profond caché. le genre d'oeuvre qui pourrait certainement faire l'objet d'une analyse psychanalytique dont on ne peut décider si l'analyse semble plausible ou non.

Je n'ai donc pas particulièrement apprécié cette pièce de théâtre, mais elle pose de tels casse-tête de mise en scène que ce doit être un défi passionnant et qu'elle doit être intéressante à regarder. A voir plus qu'à lire je pense donc, et je préfère me souvenir de ce refrain qui reste celui d'un bon souvenir d'enfance… : « Car très loin dans le ciel / Vivait l'oiseau bleu du Bonheur / Que l'on dit éternel / Pour ceux qui ont toujours un coeur. »

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