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EAN : 9782377354092
192 pages
Éditeur : Archipoche (06/02/2020)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 25 notes)
Résumé :
D'Esope à Jean de la Fontaine, les fabulistes ont fait aux fourmis une réputation peu enviable. « La fourmi n'est pas prêteuse, c'est là son moindre défaut », disait La Fontaine. Qu'y a-t-il de vrai dans cette légende d'égoïsme et d'avarice? Rien, répondent les entomologistes. Il n'existe pas de fourmi solitaire. Ces hyménoptères vivent en société comme les abeilles et les termites, une société organisée et hiérarchisée dès la naissance, où reines ouvrières et solda... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  26 février 2020
Mon regard sur la fourmi a inéluctablement changé et ce grâce à l'essai publié en 1930 par Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature en 1911.
Cet ouvrage est à nouveau disponible grâce aux éditions Archipoche qui viennent de le rééditer. Cet ouvrage savant et sérieux m'a ouvert les portes de la myrmécologie. Une fois maitrisé le vocabulaire technique propre à cette spécialité sa lecture est aisée et très intéressante.
J'ai eu par contre, plus de difficultés à suivre Maurice Maeterlinck dans l'épilogue de son essai. Si la mise en parallèle des 2 évolutions de l'homme et des fourmis me semblent une approche intéressante la connotation religieuse introduite dans son discours m'a fortement gênée à moins que, et c' est bien sur fort possible, je n'ai pas saisi l'entièreté des ses propos.
Un grand merci aux éditions Archipoche et à Babelio pour cette découverte myrmécologienne.
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glegat
  07 décembre 2019
 Longtemps, j'ai élevé des chenilles dans des boites d'allumettes.
 J'étais en primaire et je cachais mes trésors sous mon pupitre d'écolier. Plus tard, comme tout le monde, j'ai contemplé l'énigmatique déambulation des fourmis dans le jardin de mon grand-père. La seule expérience à laquelle je me livrais à l'époque était de recouvrir d'un peu de terre l'entrée des fourmilières pour observer la manière dont ses habitants surmonteraient cette épreuve. Mon intérêt pour la gent entomofaune ne s'est pas démentie au fil des années. J'ai même été abonné plusieurs années aux publications de l'OPIE (l'office pour l'information ecco-entomologique). J'ai toujours eu une prédilection pour l'étude des insectes sociaux ; les termites, les abeilles, les fourmis et bien évidemment, j'ai lu le triptyque que Maurice Maeterlinck (1862-1949) leur a consacré. Aujourd'hui, j'ai relu son ouvrage dédié aux fourmis. Celui-ci n'a pas perdu de son intérêt même si sa première publication remonte à 1930, on y trouve l'essentiel pour satisfaire sa curiosité. Maeterlinck n'est pas un scientifique, mais un dramaturge et poète dont l'œuvre éclectique témoigne d'un intérêt pour la musique, la biologie, la philosophie et le mysticisme. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1911.
 On lui reproche dans ses ouvrages sur l'entomologie, un anthropomorphisme outrancier. Il prête aux insectes une intelligence et un comportement parfois comparables à l'homme. Mais il n'a pas tort lorsqu'il écrit : "La vérité c'est que nous répugnons à admettre qu'il se trouve sur cette terre d'autres êtres qui aient, par leur intelligence ou leurs qualités morales, les mêmes titres que nous à quelqu'importance spirituelle, à l'on ne sait quel rôle exceptionnel dans l'univers, à l'on ne sait quelle immortalité, quels vagues et grands espoirs. Qu'ils puissent partager avec nous un privilège que nous croyons unique, ébranle nos illusions millénaires, nous humilie, nous décourage...". Cette vision est toujours d'actualité.
 Bien sûr, son étude n'a pas la rigueur d'un ouvrage scientifique, mais c'est justement l'intérêt de son approche. Il dresse un parallèle entre les mœurs des insectes et celui des hommes en essayant d'en tirer un enseignement philosophique. Pour l'étude rigoureuse de l'entomologie, il existe de nombreux ouvrages très précis sur l'éthologie et la physiologie, ceux de Maeterlinck n'ont pas de prétention scientifique, mais ils sont une véritable introduction à l'étude et propices à déclencher des vocations. Dans ce domaine, il faut citer le maître entre tous, Jean-Henri Fabre (1823-1915) , dont Jean Rostand résume en une phrase la personnalité « Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète ». On se reportera à son œuvre monumentale "souvenirs entomologiques".
 Pourquoi aujourd'hui, doit-on s'intéresser aux insectes et en particulier aux fourmis ? D'abord parce qu'ils sont présents sur terre depuis la nuit des temps et que selon certaines hypothèses, ils seront sans doute encore là après la disparition de l'humanité. Les premiers ancêtres des insectes seraient apparus il y a environ 450 millions d'années, c’est-à-dire bien avant les dinosaures. Quant aux fourmis, dont on a recensé à ce jour 12 000 espèces (il en reste probablement encore 30 000 à découvrir) elles représentent dans le monde animal l'exemple de vie en société organisée le plus abouti, à la fois sur le plan du nombre d'individus rassemblés dans une fourmilière, mais aussi par le degré de complexité de leur organisation. On trouve des fourmis éleveuses de bétail (pucerons) ou agricultrices spécialisées dans la culture des champignons. Elles développent des interactions complexes avec le monde vivant : guerre, mutualisme, parasitisme voire même esclavage (même si la très grande majorité des fourmis sont "pacifistes"). Enfin leur système de communication et leur sens de l'orientation font encore aujourd'hui l'objet d'études, car tout le mystère de leurs aptitudes extraordinaires n'a pas été percé. L'énumération de leurs qualités et de l'originalité de leur organisation ont fait l'objet de milliers de volumes très savants dont beaucoup parlent à leur sujet, d'intelligence, voire de culture.
 Et que dire de leur sens du partage et de l'altruisme ! Écoutons Maeterlink :
"La fourmi n'est pas prêteuse, disait le fabuliste. C'est vrai, elle ne prête pas, car prêter n'est qu'un geste d'avare ; elle donne sans compter et ne reprend jamais. Elle possède à l'entrée de l'abdomen une poche qu'on pourrait appeler le jabot social. Cette poche explique toute la psychologie, toute la morale et la plupart des destinées de l'insecte... Cette poche est un organe de charité, la fourmi n'a d'autres plaisir que d'offrir à qui le veut prendre, tout le fruit de ses peines... Pour s'en convaincre, il suffit de teinter de bleu quelques gouttes de miel et de les offrir à une de nos petites fourmis dont le corps est presque transparent. On voit bientôt le ventre s'arrondir, se tendre et prendre une teinte azurée. Une demi-douzaine de quémandeuses, alléchées par l'odeur, la caressent fiévreusement des antennes. Elle les satisfait à l'instant et tous les ventres qui l'environnent deviennent bleus... Après quoi, la première bienfaitrice qui a donné tout ce qu'elle possédait, allégée, s'éloigne en trottinant et visiblement plus heureuse que si elle venait de faire trois ou quatre repas plantureux."
 Exception à la règle, il existe pourtant une espèce moins altruiste, la fourmi amazone (Polyergus rufescens) qui s'introduit dans une fourmilière pacifiste et réduit tous ses habitants à l'esclavage. La cible est habituellement constituée par les placides ouvrières d'une espèce du groupe Formica fusca, celles-ci dans leur grande bonté, adoptent les fourmis amazone. Elles ont pitié de leur incapacité à subvenir à leur besoin, tombent sous leur sujétion, les nourrissent et les soignent comme des enfants de leur propre nid. Il est d'autres exemples humains tout aussi déshonorants que l'on pourrait citer. Le nom même d'Amazon(e) évoque un certain géant du Web, membre du club des GAFFA, faut-il le considérer comme un parasite ou un génie du commerce œuvrant pour le bien commun ?
 Voilà le type d'interrogation que peut suggérer l'étude d'un si minuscule personnage : La fourmi.
Bibliographie :
"La vie des Fourmis", Maurice Maeterlinck, Le livre de poche (1964)
"La vie des Abeilles", Maurice Maeterlinck, Le livre de poche (1965)
"La vie des Termites", Maudice Maeterlinck, aux éditions Monte-Carlo.
Pour une approche plus scientifique tenant compte des dernières découvertes sur le sujet :
La véritable histoire des fourmis, Professeur Luc Passera, Fayard, 2006.
Pour tout savoir sur tous les insectes :
"Souvenirs entomologiques", Jean-Henri Fabre, Editions du Layet, collection "les introuvables", 10 volumes plus un volume pour la biographie de Fabre, (1979).
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ChristianAttard
  06 février 2018
Je viens d'assister à une représentation théâtrale de "La mort de Tintagile" de Maurice Maeterlinck et j'ai étonné mes amis en leur apprenant que l'auteur de "L'oiseau bleu" avait été un Bernard Werber avant l'heure en écrivant plusieurs ouvrages sur la vie des abeilles, des termites ou des fourmis !
Bon, Werber a adopté une approche totalement romanesque mais basée sur des études sérieuses d'entomologistes, Maeterlinck aussi mais avec les connaissances de son temps.
Autant dire que chez Maeterlinck l'imagination poétique prend parfois le dessus sur la véracité scientifique et prête souvent à sourire.
On sent chez l'écrivain la propension de son temps à projeter dans la fourmilière une société idéale et humaniste impossible à réaliser chez l'homme.
Mais peu importe, le talent de Maurice Maeterlinck réussit à rendre l'ouvrage passionnant de bout en bout et on est vite tenté d'aller chercher celui écrit sur les abeilles ou les termites.
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Liver
  05 mars 2020
Je connaissais cet essai de réputation, la Masse Critique et les éditions Archipoche m'ont permis de le découvrir. Maurice Maeterlinck met son talent au service de la biologie et sa vie des fourmis est un petit ouvrage bien agréable à lire. Savant juste ce qu'il faut, bien structuré, poétique mais aussi humaniste, il explique le fonctionnement de la fourmi, notre petite voisine, souvent brocardée et rappelle déjà tout le respect que l'homme doit à la Nature et à toutes ses formes.
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tristantristan
  04 janvier 2018
Document intéressant et fort agréable à lire qui tord le cou aux idées reçues. La fourmi se nourrit de liquides qu'elle partage avec les autres avec joie.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
tristantristantristantristan   04 janvier 2018
Parfois leur charité va trop loin et entraîne la ruine de la colonie. Par exemple, une fourmi tunisienne, la Wheeleriella, étudiée par le docteur Santchi, s'introduit dans le nid d'une autre espèce de fourmis, la Monomorium Salomonis. Elle y est d'abord assez froidement accueillie; mais bientôt, à force d'habiles caresses elle gagne la faveur des ouvrières qui finissent par la préférer à leurs propres reines qu'elles abandonnent et maltraitent au profit de l'astucieuse aventurière dont les charmes semblent irrésistibles. Peu après, l'usurpatrice se met à pondre. Son espèce essentiellement parasite et qui ne travaille jamais prolifère et se substitue aux trop hospitalières et trop confiantes ouvrières dont la race s'éteint. Alors, c'est la famine, la misère et la mort
p. 38,39
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YourievitchYourievitch   04 janvier 2011
Il est également naturel que les habitudes guerrière soient aussi diverses que le corps et les armes. Tous nos genres de guerres se retrouvent dans leur monde.
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YourievitchYourievitch   04 janvier 2011
Les antennes qui chez les fourmis suppléent les yeux, suppléent encore la parole.
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Videos de Maurice Maeterlinck (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Maeterlinck
Écrit en 1892, par le dramaturge belge Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande relate une histoire d'amour impossible. Golaud s'est égaré dans une forêt, il rencontre une femme, Mélisande, dont il ne sait rien, elle est craintive et en pleur. Il semble qu'un malheur lui soit arrivé. Envoûté, Golaud décide de l'emmener dans son château, où se trouve son demi-frère, Pelléas. Malheureusement, Mélisande et Pelléas finissent par tomber amoureux l'un de l'autre sans véritablement se l'avouer. À l'occasion de sa mise en scène de "Pelleas et Mélisande" de Maurice Maeterlinck aux Ateliers Berthier/Théâtre de l'Odéon (25 février au 21 mars) Julie Duclos est notre invitée. L'occasion de revenir sur cette adaptation, sur l'écriture de Maeterlinck et sur le travail de mise en scène.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 27 février 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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