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EAN : 9782377354092
192 pages
Archipoche (06/02/2020)
3.87/5   39 notes
Résumé :
D'Esope à Jean de la Fontaine, les fabulistes ont fait aux fourmis une réputation peu enviable. « La fourmi n'est pas prêteuse, c'est là son moindre défaut », disait La Fontaine. Qu'y a-t-il de vrai dans cette légende d'égoïsme et d'avarice? Rien, répondent les entomologistes. Il n'existe pas de fourmi solitaire. Ces hyménoptères vivent en société comme les abeilles et les termites, une société organisée et hiérarchisée dès la naissance, où reines ouvrières et solda... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Mon regard sur la fourmi a inéluctablement changé et ce grâce à l'essai publié en 1930 par Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature en 1911.
Cet ouvrage est à nouveau disponible grâce aux éditions Archipoche qui viennent de le rééditer. Cet ouvrage savant et sérieux m'a ouvert les portes de la myrmécologie. Une fois maitrisé le vocabulaire technique propre à cette spécialité sa lecture est aisée et très intéressante.
J'ai eu par contre, plus de difficultés à suivre Maurice Maeterlinck dans l'épilogue de son essai. Si la mise en parallèle des 2 évolutions de l'homme et des fourmis me semblent une approche intéressante la connotation religieuse introduite dans son discours m'a fortement gênée à moins que, et c' est bien sur fort possible, je n'ai pas saisi l'entièreté des ses propos.
Un grand merci aux éditions Archipoche et à Babelio pour cette découverte myrmécologienne.
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 Longtemps, j'ai élevé des chenilles dans des boites d'allumettes.

 J'étais en primaire et je cachais mes trésors sous mon pupitre d'écolier. Plus tard, comme tout le monde, j'ai contemplé l'énigmatique déambulation des fourmis dans le jardin de mon grand-père. La seule expérience à laquelle je me livrais à l'époque était de recouvrir d'un peu de terre l'entrée des fourmilières pour observer la manière dont ses habitants surmonteraient cette épreuve. Mon intérêt pour la gent entomofaune ne s'est pas démentie au fil des années. J'ai même été abonné plusieurs années aux publications de l'OPIE (l'office pour l'information ecco-entomologique). J'ai toujours eu une prédilection pour l'étude des insectes sociaux ; les termites, les abeilles, les fourmis et bien évidemment, j'ai lu le triptyque que Maurice Maeterlinck (1862-1949) leur a consacré. Aujourd'hui, j'ai relu son ouvrage dédié aux fourmis. Celui-ci n'a pas perdu de son intérêt même si sa première publication remonte à 1930, on y trouve l'essentiel pour satisfaire sa curiosité. Maeterlinck n'est pas un scientifique, mais un dramaturge et poète dont l'œuvre éclectique témoigne d'un intérêt pour la musique, la biologie, la philosophie et le mysticisme. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1911.

 On lui reproche dans ses ouvrages sur l'entomologie, un anthropomorphisme outrancier. Il prête aux insectes une intelligence et un comportement parfois comparables à l'homme. Mais il n'a pas tort lorsqu'il écrit : "La vérité c'est que nous répugnons à admettre qu'il se trouve sur cette terre d'autres êtres qui aient, par leur intelligence ou leurs qualités morales, les mêmes titres que nous à quelqu'importance spirituelle, à l'on ne sait quel rôle exceptionnel dans l'univers, à l'on ne sait quelle immortalité, quels vagues et grands espoirs. Qu'ils puissent partager avec nous un privilège que nous croyons unique, ébranle nos illusions millénaires, nous humilie, nous décourage...". Cette vision est toujours d'actualité.

 Bien sûr, son étude n'a pas la rigueur d'un ouvrage scientifique, mais c'est justement l'intérêt de son approche. Il dresse un parallèle entre les mœurs des insectes et celui des hommes en essayant d'en tirer un enseignement philosophique. Pour l'étude rigoureuse de l'entomologie, il existe de nombreux ouvrages très précis sur l'éthologie et la physiologie, ceux de Maeterlinck n'ont pas de prétention scientifique, mais ils sont une véritable introduction à l'étude et propices à déclencher des vocations. Dans ce domaine, il faut citer le maître entre tous, Jean-Henri Fabre (1823-1915) , dont Jean Rostand résume en une phrase la personnalité « Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète ». On se reportera à son œuvre monumentale "souvenirs entomologiques".

 Pourquoi aujourd'hui, doit-on s'intéresser aux insectes et en particulier aux fourmis ? D'abord parce qu'ils sont présents sur terre depuis la nuit des temps et que selon certaines hypothèses, ils seront sans doute encore là après la disparition de l'humanité. Les premiers ancêtres des insectes seraient apparus il y a environ 450 millions d'années, c’est-à-dire bien avant les dinosaures. Quant aux fourmis, dont on a recensé à ce jour 12 000 espèces (il en reste probablement encore 30 000 à découvrir) elles représentent dans le monde animal l'exemple de vie en société organisée le plus abouti, à la fois sur le plan du nombre d'individus rassemblés dans une fourmilière, mais aussi par le degré de complexité de leur organisation. On trouve des fourmis éleveuses de bétail (pucerons) ou agricultrices spécialisées dans la culture des champignons. Elles développent des interactions complexes avec le monde vivant : guerre, mutualisme, parasitisme voire même esclavage (même si la très grande majorité des fourmis sont "pacifistes"). Enfin leur système de communication et leur sens de l'orientation font encore aujourd'hui l'objet d'études, car tout le mystère de leurs aptitudes extraordinaires n'a pas été percé. L'énumération de leurs qualités et de l'originalité de leur organisation ont fait l'objet de milliers de volumes très savants dont beaucoup parlent à leur sujet, d'intelligence, voire de culture.

 Et que dire de leur sens du partage et de l'altruisme ! Écoutons Maeterlink :

"La fourmi n'est pas prêteuse, disait le fabuliste. C'est vrai, elle ne prête pas, car prêter n'est qu'un geste d'avare ; elle donne sans compter et ne reprend jamais. Elle possède à l'entrée de l'abdomen une poche qu'on pourrait appeler le jabot social. Cette poche explique toute la psychologie, toute la morale et la plupart des destinées de l'insecte... Cette poche est un organe de charité, la fourmi n'a d'autres plaisir que d'offrir à qui le veut prendre, tout le fruit de ses peines... Pour s'en convaincre, il suffit de teinter de bleu quelques gouttes de miel et de les offrir à une de nos petites fourmis dont le corps est presque transparent. On voit bientôt le ventre s'arrondir, se tendre et prendre une teinte azurée. Une demi-douzaine de quémandeuses, alléchées par l'odeur, la caressent fiévreusement des antennes. Elle les satisfait à l'instant et tous les ventres qui l'environnent deviennent bleus... Après quoi, la première bienfaitrice qui a donné tout ce qu'elle possédait, allégée, s'éloigne en trottinant et visiblement plus heureuse que si elle venait de faire trois ou quatre repas plantureux."

 Exception à la règle, il existe pourtant une espèce moins altruiste, la fourmi amazone (Polyergus rufescens) qui s'introduit dans une fourmilière pacifiste et réduit tous ses habitants à l'esclavage. La cible est habituellement constituée par les placides ouvrières d'une espèce du groupe Formica fusca, celles-ci dans leur grande bonté, adoptent les fourmis amazone. Elles ont pitié de leur incapacité à subvenir à leur besoin, tombent sous leur sujétion, les nourrissent et les soignent comme des enfants de leur propre nid. Il est d'autres exemples humains tout aussi déshonorants que l'on pourrait citer. Le nom même d'Amazon(e) évoque un certain géant du Web, membre du club des GAFFA, faut-il le considérer comme un parasite ou un génie du commerce œuvrant pour le bien commun ?

 Voilà le type d'interrogation que peut suggérer l'étude d'un si minuscule personnage : La fourmi.

Bibliographie :

"La vie des Fourmis", Maurice Maeterlinck, Le livre de poche (1964)

"La vie des Abeilles", Maurice Maeterlinck, Le livre de poche (1965)

"La vie des Termites", Maudice Maeterlinck, aux éditions Monte-Carlo.

Pour une approche plus scientifique tenant compte des dernières découvertes sur le sujet :

La véritable histoire des fourmis, Professeur Luc Passera, Fayard, 2006.

Pour tout savoir sur tous les insectes :

"Souvenirs entomologiques", Jean-Henri Fabre, Editions du Layet, collection "les introuvables", 10 volumes plus un volume pour la biographie de Fabre, (1979).

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Je viens d'assister à une représentation théâtrale de "La mort de Tintagile" de Maurice Maeterlinck et j'ai étonné mes amis en leur apprenant que l'auteur de "L'oiseau bleu" avait été un Bernard Werber avant l'heure en écrivant plusieurs ouvrages sur la vie des abeilles, des termites ou des fourmis !
Bon, Werber a adopté une approche totalement romanesque mais basée sur des études sérieuses d'entomologistes, Maeterlinck aussi mais avec les connaissances de son temps.
Autant dire que chez Maeterlinck l'imagination poétique prend parfois le dessus sur la véracité scientifique et prête souvent à sourire.
On sent chez l'écrivain la propension de son temps à projeter dans la fourmilière une société idéale et humaniste impossible à réaliser chez l'homme.
Mais peu importe, le talent de Maurice Maeterlinck réussit à rendre l'ouvrage passionnant de bout en bout et on est vite tenté d'aller chercher celui écrit sur les abeilles ou les termites.
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J'ai lu ce livre grâce à la Masse critique de juin de Babelio. Dans la même collection, il y a aussi La vie des abeilles. Je suis très contente d'avoir reçu celui sur les fourmis, car c'est un peuple que je connais beaucoup moins que les abeilles. J'ai déjà lu pas mal de livres sur celles-ci, ayant eu quelques ruches, je m'intéressais beaucoup à leur mode de vie. Mais le monde des fourmis est un monde méconnu pour moi. Je connais d'elle sa réputation de travailleuse, son habitation impressionnante. Je les ai déjà regardées vivre, et j'ai toujours été impressionnée par cette façon de se déplacer en file indienne, de porter parfois des fardeaux plus lourds qu'elles. Et bien sûr, je la connais par la célèbre fable de Jean de la Fontaine. Celui-ci disait que la fourmi n'était pas prêteuse, Maurice Maeterlinck rectifie cela en disant qu'en effet, elle ne prête pas, car prêter est un geste d'avare, au contraire, elle donne sans compter et ne reprend jamais.

J'ai donc appris beaucoup avec ce livre écrit par Maurice Maeterlinck. C'est un écrivain belge, passionné par la nature et qui a toujours vécu à la campagne. Il a reçu un prix Nobel de Littérature. Ce qui m'a surtout fascinée, c'est quand j'ai vu que ce livre avait été écrit en 1930 ! ça paraît tellement loin et pourtant à la lecture, le récit est tellement moderne.
Le récit est plein d'informations, très détaillées sur les différentes colonies de fourmis, il en existe plus de six mille espèces qui ont chacune leurs particularités, leurs façons de vivre. Selon leurs lieux de vie, elles se développent différemment. Ainsi, en Afrique ou en Amazonie, on observe des fourmis beaucoup plus grosses que celles que l'on connait en Europe, certaines d'entre elles sont même carnivores et peuvent manger un humain mort.

Maurice Maeterlinck s'appuie sur des scientifiques bien connus du monde de la myrmécologie (science sur l'étude des fourmis), Pierre Huber, William Wheeler, Wasmann ou Ferchault de Réaumur. Je ne connaissais pas du tout ces noms et je suis allée me renseigner sur eux sur internet. Tous ces scientifiques ont étudié les fourmis dans le monde et chacun donne les résultats de leurs études. Ce que j'ai beaucoup apprécié ici, c'est que bien que tout vienne de recherches poussées, rien n'est fastidieux à lire. L'auteur a su rendre la lecture très accessible à tout le monde. Je n'ai eu aucune difficulté à lire et surtout à comprendre le fonctionnement de ses petites bêtes, qui ne sont pas si bêtes d'ailleurs. Vu qu'il a écrit aussi sur les abeilles et les termites, il compare souvent les fourmis à ces autres insectes. Ils ont tous des spécificités propres à eux. Par exemple, j'ai appris que les fourmis pouvaient communiquer entre elles grâce à leurs antennes qu'elles frottent l'une contre l'autre. Elles ont aussi un jabot social qui leurs permettent de nourrir les autres grâce à leurs régurgitations. Ce sont des insectes très résistants, étant capable de rester plusieurs semaines sans se nourrir et rester enterrées dans le sol, notamment après la fécondation. Comme chez les abeilles, les femelles prédominent sur les mâles puisque ceux-ci mourront au bout de cinq ou six semaines de vie. Les jeunes fourmis ont alors des ailes qu'elles perdront après le vol nuptial et la fécondation. Contrairement aux abeilles, elles n'ont pas de reine, elles vivent toutes entre elles, ce sont les pondeuses qui sont en quelque sorte les « cheffes ». J'ai été aussi très étonnée d'apprendre qu'une fourmi pouvait vivre jusqu'à douze ans, pour une femelle fécondée, les ouvrières peuvent vivre de quatre à cinq ans. Je ne savais pas du tout qu'un si petit insecte pouvait avoir une telle longévité.

Le livre est découpé en plusieurs parties, toutes consacrées à une partie distincte. Il va ainsi nous parler de la fondation de la cité, des nids qu'elles fabriquent, des guerres qui peuvent avoir lieu entre différentes fourmis, des colonisations. Il nous explique aussi comment elles communiquent entre elles et comment elles arrivent à s'orienter. Et ensuite, il décrit certaines races qui ont des spécificités bien distinctes des autres, les pastorales, les champignonnistes, les fourmis agricoles, etc... Chacune vit dans un endroit bien distinct et surtout a un mode de vie différent et bien à elle.
Bien sûr, comme dans toute étude d'une civilisation, il est normal de voir un parallèle entre ce monde microscopique et le monde des humains, de comparer notre société à celle de ces insectes besogneux. Comme avec les abeilles ou comme avec les termites. Il y bien souvent du bon à prendre dans leurs façons de vivre, bien que difficilement adaptables à nous par moment. Par contre, je n'ai pas trouvé que l'auteur penchait trop vers l'anthropomorphisme, il sait laisser les êtres à leurs places. Il fait juste des comparaisons, notamment, par exemple, quand il s'agit de la proportion de taille entre le poids qu'elles peuvent porter et ce que nous, nous pouvons porter. C'est allez hallucinant à constater. Comparer ces insectes à notre mode de vie humain est tout de même fascinant. Les fourmis forment une société bien complexe, tout comme la notre. Elles aussi, elles rentrent en guerre, colonisent d'autres fourmilières, voire même ont des esclaves. Il est alors bien évident que l'on fasse un parallèle avec elles. Elles existent depuis tellement d'années, sûrement déjà au temps des dinosaures, et on sait qu'elles seront toujours là, même quand nous, nous n'existerons plus. C'est quand même assez incroyable, et on pourrait se dire qu'en fait, plus on est petit sur cette Terre, et plus on est résistant...

C'est un livre très intéressant, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Il est simple d'accès tout en étant très complet au niveau des références scientifiques. L'auteur a un style simple qui rend la lecture accessible, il utilise les bons mots, il met également beaucoup de poésie dans ses descriptions, ce qui rend le texte très agréable à lire. Cette lecture m'a donné envie de lire ses autres livres, et notamment ceux qu'il a également écrit sur les termites et les abeilles, celui-ci est également disponible aux éditions Archipoche. Et j'aimerais aussi beaucoup lire L'oiseau bleu, je l'ai déjà vu en bibliothèque mais je ne l'ai jamais lu, il faut que je répare cette lacune, car je suis tentée par le résumé de cette histoire.
Je ne peux que vous conseiller ce livre si vous voulez en apprendre plus sur le monde des fourmis sans pour autant être gênés par un récit rébarbatif ou trop complexe. C'est très instructif, très intéressant et je pense que je ne verrais plus les fourmis de la même façon quand je les vois courir dans le sol.
Lien : http://marienel-lit.over-blo..
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Maurice Maeterlinck est un écrivain belge né à Gand et francophone qui a reçu le prix Nobel de Littérature en 1911. Ce petit livre documentaire écrit en 1930 n'a rien d'exceptionnel quand on le lit aujourd'hui, après avoir vu les documentaires animaliers de la BBC, mais il a son charme. Les descriptions minutieuses de Maeterlinck font naître en nous l'émerveillement devant la diversité et l'intelligence de la nature. Il nous fait découvrir les fourmis champignonnistes, les fourmis agricoles, les filandières, les fourmis réservoirs, ainsi que les guerres entre fourmis. Et il s'insurge contre la fable qui traite la fourmi de "pas prêteuse" alors qu'elle passe sa vie à donner aux autres nous dit-il. A ma consternation cependant, l'éditeur a laissé une remarque de l'auteur sur la suprématie de la race blanche, remarque totalement choquante pour les lecteurs d'aujourd'hui.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Parfois leur charité va trop loin et entraîne la ruine de la colonie. Par exemple, une fourmi tunisienne, la Wheeleriella, étudiée par le docteur Santchi, s'introduit dans le nid d'une autre espèce de fourmis, la Monomorium Salomonis. Elle y est d'abord assez froidement accueillie; mais bientôt, à force d'habiles caresses elle gagne la faveur des ouvrières qui finissent par la préférer à leurs propres reines qu'elles abandonnent et maltraitent au profit de l'astucieuse aventurière dont les charmes semblent irrésistibles. Peu après, l'usurpatrice se met à pondre. Son espèce essentiellement parasite et qui ne travaille jamais prolifère et se substitue aux trop hospitalières et trop confiantes ouvrières dont la race s'éteint. Alors, c'est la famine, la misère et la mort
p. 38,39
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Nous aimerions mieux que tout fût stupide, instinctif, automatique, irresponsable. Un jour nous apprendrons, comme tout ce qui vit avec nous sur ce globe l'a déjà fait, à nous contenter de la vie. Ce sera le dernier idéal, élargi par tous ceux qu'il aura résorbés ; et nous éprouverons peut-être, quand nous saurons nous y prendre, qu'il est suffisant et, en tout cas, aussi grand et moins décevant que la plupart des autres.
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Il est également naturel que les habitudes guerrière soient aussi diverses que le corps et les armes. Tous nos genres de guerres se retrouvent dans leur monde.
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Réaumur est le premier [myrmécologue] qui explique pourquoi les femelles ont des ailes qu'elles perdent subitement après l'hymen, alors qu'on était convaincu qu'elles ne leur poussaient que dans la vieillesse, en guise de consolation, afin qu'elles pussent mourir avec plus de dignité.
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Chacun donc, dans cet héroïque matriarcat, fait obstinément son devoir au profit de tous, comme si tous n'étaient que lui seul. Le centre de gravité de la conscience et du bonheur n'est pas le même que chez nous. Il n'est pas dans l'individu mais partout où se meut une cellule du tout dont l'individu fait partie. Il en résulte un gouvernement qui est supérieur à tous ceux que l'homme pourra réaliser.
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Videos de Maurice Maeterlinck (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Maeterlinck
"[…] les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à convaincre, à désillusionner plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux. […] le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. […] le concept « homme » l'intéresse moins que les hommes réels avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes. […] le moraliste joue avec son lecteur ; il le provoque ; il l'incite à rentrer en lui-même, à poursuivre sa réflexion. […]
On peut toutefois se demander […] s'il n'y a pas au fond du cynisme un relent de nostalgie humaniste. Si le cynique n'est pas un idéaliste déçu qui n'en finit pas de tordre le cou à ses illusions. […]" (Roland Jaccard.)
0:14 - Bernard Shaw 0:28 - Julien Green 0:45 - Heinrich von Kleist 1:04 - Georges Henein 1:13 - Ladislav Klima 1:31 - Michel Schneider 1:44 - Hector Berlioz 1:55 - Henry de Montherlant 2:12 - Friedrich Nietzsche 2:23 - Roland Jaccard 2:37 - Alphonse Allais 2:48 - Samuel Johnson 3:02 - Henrik Ibsen 3:17 - Gilbert Keith Chesterton 3:35 - Gustave Flaubert 3:45 - Maurice Maeterlinck 3:57 - Fiodor Dostoïevski 4:08 - Aristippe de Cyrène 4:21 - Générique
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Référence bibliographique : Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Paris, Hachette, 1982.
Images d'illustration : Marquise de Lambert : https://de.wikipedia.org/wiki/Anne-Thérèse_de_Marguenat_de_Courcelles#/media/Datei:Anne-Thérèse_de_Marguenat_de_Courcelles.jpg George Bernard Shaw : https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Bernard_Shaw#/media/Fichier:G.B._Shaw_LCCN2014683900.jpg Julien Green : https://www.radiofrance.fr/franceculture/le-siecle-d-enfer-de-l-ecrivain-catholique-et-homosexuel-julien-green-8675982 Heinrich von Kleist : https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_von_Kleist#/media/Fichier:Kleist,_Heinrich_von.jpg Georges Henein : https://www.sharjahart.org/sharjah-art-foundation/events/the-egyptian-surrealists-in-global-perspective Ladislav Klima : https://www.smsticket.cz/vstupenky/13720-ladislav-klima-dios Michel Schneider : https://www.lejdd.fr/Culture/Michel-Schneider-raco
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