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ISBN : 2070384748
Éditeur : Gallimard (12/03/1992)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 25 notes)
Résumé :
1939, au cœur des montagnes de Haute Kabylie. Dans un village gouverné par les valeurs et les coutumes ancestrales, les existences se déroulent au rythme des saisons.

Mokrane y est né, y a grandi et y vit dans l'alternance des douleurs, des espoirs, des vengeances.

Au moment de la guerre, la mobilisation et le départ des hommes engendrent un désarroi confusément ressenti comme une malédiction sur le village.

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Aaliz
  20 mai 2013
Après mon engouement pour La Traversée de Mouloud Mammeri, j'avais hâte de renouer avec cet auteur et de découvrir ses autres titres. Cette fois, je me suis donc penchée sur son tout premier roman La colline oubliée célèbre pour la polémique qu'il a soulevée à sa sortie. En pleine époque coloniale, emblème du clivage colon/colonisé, La colline oubliée a cristallisé les rancoeurs d'un peuple subissant l'oppression de l'occupant. Encensé du côté français, le roman a été perçu par les algériens comme une volonté de l'auteur de faire le jeu du colonisateur en écrivant un texte identitaire s'intéressant uniquement au peuple kabyle. On retrouve dès cet instant cette querelle qui oppose les arabes et les kabyles, ces derniers s'estimant être les véritables algériens d'origine. En ne traitant que de sa communauté, Mouloud Mammeri est alors accusé de favoriser la division du peuple algérien et de faciliter ainsi sa domination par les français.
La colline oubliée nous plonge donc dans la vie d'un petit village de Kabylie dans les années 1940. L'Algérie est encore colonie française et par ce statut, la France va exiger de sa population sa contribution à l'effort de guerre.
Les vacances d'été marquent le fin de l'année scolaire et Mokrane retourne dans le village de son enfance. Il espère y retrouver ses amis. Mais tous ont grandi, évolué, sont devenus adultes avec des préoccupations bien différentes de leurs anciens jeux d'adolescents. Se marier, avoir des enfants, s'installer et pourvoir aux besoins de sa famille sont maintenant leur horizon.
Mouloud Mammeri ne nous raconte pas une histoire particulière, il n'y pas vraiment d'intrigue mais il nous dépeint la vie quotidienne de ce village et de ses habitants à l'époque coloniale. Certaines familles aisées s'en sortent bien mais pour la plupart des habitants, c'est un combat de chaque instant qui les occupe. Trouver un travail, le garder et surtout trouver de quoi nourrir sa femme et ses enfants, être obligé de mendier chez ses voisins lorsqu'on a pas réussi à ramener assez d'argent pour le repas.
La faim, le froid, la maladie et la guerre vont effacer d'anciennes querelles et faire se tisser des liens inattendus. le rapport homme/femme aussi, si particulier dans la société kabyle, trouve largement sa place : mariages arrangés, par dépit, répudiation, tentative d'assassinat permettent de comprendre le statut de la femme et de son époux dans cette société si codifiée et qui fonctionne sur la réputation et l'honneur.
Mais Mouloud Mammeri va nous illustrer l'évolution de ces mentalités, évolution due à la guerre et au contact de la nouvelle génération avec la société et les moeurs occidentales. Un clivage se marque alors entre les anciens du village et les plus jeunes, clivage qui apparaît à travers plusieurs exemples comme le rapport de Mokrane à son épouse répudiée, l'abandon de certaines coutumes du village, la remise en cause par certains de l'ordre établi.
La colline oubliée est alors presque une étude sociologique. Ce roman m'a beaucoup rappelé La terre et le sang de Mouloud Feraoun. J'y ai retrouvé la même atmosphère et la même force mais avec, en plus, cette volonté de montrer le bouleversement que connaît la société algérienne. Pourtant je l'ai moins apprécié que La Traversée qui a probablement bénéficié de ma fascination pour le désert car j'ai trouvé La colline oubliée moins engagée. Il y manque le panache et la force dénonciatrice du dernier roman de Mammeri.
Ce fut néanmoins une bien belle lecture et j'ai hâte de retrouver la patte de Mammeri avec son 2ème roman le sommeil du juste qui se déroule, lui, à la veille de la guerre d'indépendance.


Lien : http://booksandfruits.over-b..
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aouatef79
  27 janvier 2018
" La Colline oubliée" est le premier livre de l' écrivain ,Mouloud Mammeri . Il fut publié en l' année 1952. Ce roman a pour cadre le village de Tasga . Cette bourgade est située en pleine Kabylie . Région montagneuse ,d' accès difficile et surtout région pauvre manquant de toutes les infrastructures nécessaires à une vie décente . C' est l' ère de la colonisation et la population manque presque de tout . La population fait face à la faim, la maladie, l' ignorance et tout ce qui résulte de la colonisation .
L' auteur nous décrit la vie des habitants de cette région et leurs us et coutumes . Les habitants y tiennent énormément à leurs traditions ancestrales qui sont pour eux, presque, sacrées .
Donc vie difficile, contexte colonial étouffant, et malgré tout les habitants essayent autant que possible de vivre et vivre dignement et fièrement .
C' est de tout cela que veut nous entretenir l' auteur qui connaît à merveille sa région . Le roman décrit une région de l' Algérie sous le joug des colons et de cette période difficile faite de privations, d' injustice liées au système colonial .
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AhmimLydia
  08 avril 2016
Quand la guerre est déclenché l'écrivain est amené à écrire pour dénoncer le refus du colon. "Le stylo remplace la mitraillette" à dit Malek Heddad
Mouloud Mammeri dans "La Colline Oubliée" marque une rupture idéologique, formelle et esthétique. Il décrie l'Algérie vue de l'intérieur, il montre la vraie image des algériens, ainsi que la situations dont laquelle ils vivaient, Mammeri fait parler l'indigène longtemps boycotté.
Dans cette oeuvre, on plonge dans un village au coeur de la Kabylie. On peut dégager plusieurs thèmes comme la Gérontocratie, les mariages arrangés, conflit de générations, la bureaucratie colonial, la mort, la faim...
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samir_t7
  20 septembre 2017
Avec "la Terre et le sang" de Feraoun, "la Colline oubliée" est peut-être le roman qui peint le mieux la Kabylie d'avant la guerre de libération. Très attaché à sa culture ancestrale, l'auteur ajoute la poétique à l'authenticité. Au-delà de la misère décrite, de la rudesse de ces montagnes pauvres mais rebelles depuis la nuit des temps, l'amour est raconté dans plusieurs aspects, même celui qu'on accepte le moins, avec cette plume savante et attentive qui sait ce que signifie chaque mot, chaque geste rapporté dans une société pas seulement conservatrice mais mettant ses valeurs et traditions au-dessus de tout autre chose.
C'est pourquoi ce texte peut être considéré sans conteste comme un chef-d'oeuvre de littérature kabyle, algérienne et aussi francophone.
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Kadjou
  11 mai 2017
Le premier roman Algérien d'expression française qui résume la vie des algériens notamment celles des kabyle à l'époque coloniale. Il nous fait découvrir les traditions et la culture des berbères.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mayanamayana   25 février 2014
Les jeunes filles, que personne n'attendait maintenant sur les places, ne cherchaient plus que le nombre exact de cruches qu'il leur fallait, alors qu'autrefois elles repassaient si souvent qu'elles devaient, comme disait Ouali, verser leur eau dans des jarres percées ; encore ne venaient-elles que lentement et sagement et aux fontaines les plus proches, au lieu que jadis elles riaient et se détournaient et allaient chercher l'eau de l'autre côté du village. Et les fontaines et les chemins, privés des rires et des jeux des jeunes filles, étaient devenus austères et sereins comme les raisonnements des sages.
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aouatef79aouatef79   28 janvier 2018
Malgré la grande confusion où étaient toutes les choses ,la grande incertitude où étaient tous les hommes ,il fallait pourtant vivre et pour la récolte de l'huile dont c' était la saison tous ceux de Tasga se mirent aux gestes séculaires qu' accomplissaient leurs pères depuis toujours .
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mayanamayana   25 février 2014
Il naissait toujours autant d'enfants, mais c'étaient surtout des filles; il y avait aussi beaucoup de morts, mais c'étaient plutôt des garçons qui mouraient. Un vent maléfique soufflait sur Tasga ; tous les vieux se souvenaient d'être sortis tête nue sous la neige ; il avait suffit à notre cordonnier de rester sous le vent du nord le temps de ferrer son âne : on l'a enterré le lendemain. Un si brave homme, qui vous raccommodait des chaussures pour presque rien.
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mayanamayana   25 février 2014
De toute façon on ne parlait plus que de cela, les femmes à la fontaine, sur les routes, les hommes sur la place publique, dans les cafés, les marchés. Pour des raisons diverses et par une étrange inconséquence chez ces hommes et ces femmes qui n'en auraient à subir que les ruines, c'était presque dans l'allégresse qu'on attendait la guerre. Enfin un grand événement, essentiel, puisqu'on y laissait la vie, général, puisqu'il affectait tout le monde, allait briser la monotonie de vivre. Comme si chacun était fatigué de n'attendre chaque jour que ce qu'il avait connu la veille, ils augmentaient encore du poids de leur consentement exprimé ou tacite la course folle vers la solution stupide.
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samir_t7samir_t7   16 septembre 2017
Mon père ne disait rien, car le sage , s'il n'est pas exempt des mouvements du cœur, doit du moins n'en laisser rien voir. Il avait pris pour principe, depuis que j'étais marié, de ne pas intervenir dans mes affaires, sentait qu'entre lui et mois il y avait plus qu'un décalage de génération, une complète divergence de culture.
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Mouloud Mammeri - L'Algérie sous l'occupation coloniale
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De part sa profession, Mouloud Mammeri était :

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