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EAN : 9782912771377
112 pages
Éditeur : Editions de la revue Conférence (27/11/2010)
4.22/5   9 notes
Résumé :
"Il n'existe pas de folie dépourvue de signification et les gestes que les gens ordinaires et mesurés considèrent comme d'un fou impliquent le mystère d'une souffrance que les hommes n'ont pas écoutée, n'ont pas recueillie". Cette souffrance, L'autre vérité veut la recueillir et l'écouter ; dans un récit limpide et implacable, la poétesse Alda Merini, disparue le 1er novembre 2009, nous dit ce qu'était l'internement psychiatrique dans les années 60 et 70, qu'elle a ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ElisabethFabreGroelly
  04 octobre 2021
Livre de ALDA MERINI L'autre vérité. Journal d'une étrangère ( Italien : l'altra verità, diario di una diversa)
Me suis battue toute ma carrière pour faire comprendre la différence entre le « stranger » anglais, l'étranger que l'on ne connaît pas et l'autre mot « foreigner », l'étranger qui vit dans un autre pays. Ce livre, L'autre vérité, est le journal d'une étrangère, Alda Merini, qui parle avec une justesse accablante des deux groupes de personnes, celles que l'on interne en hôpital psychiatrique, un autre pays en effet et qui est peuplé de gens que l'on ne connaît plus/pas.
Car Alda a été internée, plusieurs fois et de trop longues années en Italie (1964-1972) avant que Franco Basaglia ne change la manière de considérer une personne fragile sans qu'elle ne soit plus rendue prisonnière. (Rechercher la loi italienne 180 de 1978)
Alda est cette femme reconnue aujourd'hui en Italie comme poétesse de grand talent, qui rentrait chez elle depuis l'hôpital, pour une « permission ». Elle en partait enceinte et sa grossesse se passait dans l'hôpital, puis on lui enlevait l'enfant pour le confier à d'autres. Elle eut 3 filles. Elle décrit le quotidien au scalpel. Les électrochocs ; le sadisme de certains praticiens, sauf le docteur G, plus humain ; les membres maintenus par des sangles de jute, par punition ; les drogues qu'elle énumère en grand nombre, le penthotal étant une de celles-là. Les amours aussi qu'elle entrevoit à l'hôpital et qui lui sont enlevés ; les craintes et les peurs venant d'autres internées dans leur violence, leur obsession, leur sexualité offerte.
Un portrait glaçant du « manicomio *» qui détruit l'individu fragile qui a le malheur d'y être envoyé dans l'oubli : absence de famille ou abandon de la famille … Alda décrit l'attente désespérée de la venue de son mari qui n'arrivera jamais.
Pas un livre voyeur, mais un livre qui dit, de l'intérieur, les choses qu'il faut dénoncer quand on se dit être humain. Quand vous l'aurez refermé, ce livre qui se lit jusqu'au bout, mettez-vous à la poésie de Alda Merini ; et allez vers elle sur Utube ou ailleurs. Écoutez-la parler et jouer du piano…
Un livre de la folie ordinaire, celle certaine des traitements psychiatriques d'un temps pas si lointain. Je garde en mémoire la phrase de Aldo, un homme très doux avec qui Alda avait lié une amitié à l'hôpital et qui, un matin vient lui dire : « Tu sais Alda, ils me transfèrent…Ils disent que je suis incurable »
Si vous savez l'italien, lisez ce livre dans la langue, pour être au plus près de la phrase qui souffre de Alda Merini (1931-2009).
Celui-ci est UN livre…
Élisabeth Fabre Groelly. Octobre 2021
* hôpital psychiatrique



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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   31 janvier 2014
Une malade, un jour, me flanqua une gifle sonore. Mon premier mouvement fut de la lui rendre. Mais en fait, je saisis cette vieille main et j'y déposai un baiser. La petite vieille se mit à pleurer. "Tu es ma fille", me dit-elle. Je compris alors le sens de ce geste de violence. Car il n'existe pas de folie dépourvue de signification et les gestes que les gens ordinaires et mesurés considèrent comme d'un fou impliquent le mystère d'une souffrance que les hommes n'ont pas écoutée, n'ont pas recueillie. (p.105)
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mustangomustango   24 janvier 2012
si je porte aujourd'hui encore sur les épaules un tel fardeau d'insatisfaction et d'amertume, je le dois entièrement et justement à ces hospitalisations longues et répétées, qui m'ont quasiment réduite à l'état de pantin dépourvu de volonté et doutant perpétuellement de ses valeurs morales et sociales.
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mustangomustango   24 janvier 2012
On m'a hospitalisée au début parce que j'avais eu une vision de type religieux. On m'a tout de suite soumise à un traitement à base de Sérénase, en conséquence de quoi on m'a attachée et cataloguée comme folle.
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