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EAN : 9782072745058
Éditeur : Gallimard (16/05/2019)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Les vies d’Emmy et Virginia Simpson ne correspondent en rien à ce qu’elles s’étaient imaginé. Emmy, la cadette, a quitté l’Angleterre pour l’Australie avec son mari et sa fille, cochant rapidement toutes les cases du succès mondain. Mais lorsque son mariage se solde par une humiliante séparation, elle décide de rompre les amarres et de partir en quête d’elle-même au cœur des montagnes sacrées de Bali. Son aînée, Virginia, vit encore avec leur mère et ne s’est jamais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fbalestas
  28 septembre 2019
Emmy et Virginia sont deux soeurs britanniques, aux destins contrariés.
Malgré la scène d'introduction qui les voit toutes deux au temps de l'enfance, jouant dans le jardin sous le regard maternel : « Elle éprouva […] une sorte de convoitise pour l'avenir de ses filles », écrit Claire Messud pour lancer son roman : la suite ne donnera pas raison à l'ambition de cette mère.
La plus jeune des deux a quitté les îles britanniques pour l'Australie, où elle a fait apparemment un beau mariage – sauf que l'histoire commence alors qu'elle vient de divorcer, délaissée par son mari au profit de sa meilleure amie, et à un âge critique qui laisse peu d'espoir à Virginia d'envisager un avenir radieux. Elle profite donc de sa nouvelle condition de divorcée pour partir un voyage, au coeur des montagnes sacrées de Bali.
L'aînée – la moins aimée des 2 ? – est restée vivre à proximité de sa mère. Mais après un cuisant échec professionnel, elle ne trouve guère de consolation que dans un groupe qui se réunit pour des lectures de la bible, et où on dénonce tous ceux qui s'écartent du chemin, critiquant par exemple les homosexuels … une scène de scandale va lui déciller les yeux. Abandonnant comme à regret un réconfort artificiel que lui procurait la foi, elle accepte malgré elle d'accompagner leur mère dans un voyage aux confins de l'Écosse, dans une quête de racines familiales.
Emmy comme Virginia vivent des vies qualifiées de ratées au regard de la norme en cours.
Emmy va vivre une étrange aventure avec un dénommé Buddy un expatrié vivant sur l'île avec sa famille et une faune d'amis bizarres : de pseudo trafiquants (le sont-ils vraiment ? Elle ne le saura jamais) qui emploient de jeunes et ravissantes balinaises à qui Buddy fait des enfants.
Virginia n'a d'autre choix que d'accepter le voyage dans l'île de Skye pour faire plaisir à sa mère Melody. Mais les déboires en cascade, racontées en parallèle de celles vécues par Emmy à Bali, oscillent entre le pathétisme et l'humour caustique.
Perdues, désemparées, les deux soeurs vivent les évènements comme ils se présentent au fur et à mesure, mêlant fatalisme et anxiété devant ce qui peut advenir. « « On a tous peur, dit l'un des personnages, c'est juste une question de degré. »
Claire Messud excelle à raconter ses vies modernes en décalage de la réussite plébiscitée par la société, elle dépeint ses héroïnes féminines avec un mélange de cocasserie et de sensibilité, soufflant le chaud et le froid alternativement, sans grand espoir de s'en sortir.
La scène finale qui réunira les deux soeurs en Australie, à l'occasion du mariage de la fille d'Emmy ne les réconciliera pas : pas de « happy end » chez l'auteure américaine, juste un constat de profond désaccord cachant mal un manque d'affection entre les deux personnages.
« Avant le bouleversement du monde » est une comédie salée sucrée sur les relations familiales et la question de l'identité malmenée de nos vies modernes, Claire Messud y révèle déjà, avec ce premier livre enfin traduit, un grand talent de romancière qui se confirmera par la suite.
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Commenter  J’apprécie          130
coriala
  14 juillet 2020
Emma et Virginia sont deux soeurs de la cinquantaine que tout sépare. L'une vit en Australie et voyage à Bali depuis son divorce en quête de soi et l'autre, vieille fille vit avec leur mère et se voue à son travail et à Dieu.
Chaque chapitre se consacre à une des soeurs et nous renvoie à nos propres certitudes , envies et désillusions.
Salué par la critique comme un des meilleurs romans de l'année (même s'il date de 1994) je suis restée extérieur à ces récits qui mêlent différentes petites histoires qui m'ont laissé indifférente.
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viduite
  27 mai 2019
À quelle spiritualité aspirons-nous, à quelle innocence pleine de fusion croyons-nous revenir, quelle image de nous-mêmes renvoient nos choix ? Dans un roman limpide, incarnée, Claire Messud plonge le lecteur dans l'imminence du sacré, du signe, à travers le destin de deux soeurs. Par ses décisions placées en regard, Avant le bouleversement du monde livre une très belle, fine au sens de détaillée, réflexion sur notre désir désespéré de signification. Un immense premier roman.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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lologer
  13 août 2019
Un roman qui est à la fois une comédie de caractère et une critique cinglante du comportement irresponsable des humains envers l'environnement.
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Roudoul
  16 novembre 2019
un peu trop long parfois mais l'étude des chemins de vie de ces deux soeurs nous interpelle profondément !
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critiques presse (1)
LeFigaro   24 mai 2019
Dans son premier roman, paru en 1995 et aujourd’hui traduit en français, l’Américaine Claire Messud montre un talent vénéneux à la Paul Bowles, et un œil affûté très Iris Murdoch.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   20 septembre 2019
"Lorsqu'elles se retrouvent en rase compagne, Emmy savait comment on disait singe, arbre, forêt, oiseau, canard, cochon, chien et bébé en indonésien. Elle connaissait les mots pour ami, mère, fille et soeur, non seulement en indonésien, mais aussi en balinais. Et elle avait appris une expression balinaise qui l'avait touchée, prononcée par Jenny de faire douce et assurée, particulièrement émouvante. C'était celle qui décrivait l'époque paisible de l'origine de l'ïle, lorsque tout allait bien sur terre, avant l'arrivée des hommes blancs. L'expression était "dugas gumine enteg" et elle signifiait "avant le bouleversement du monde".
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rkhettaouirkhettaoui   20 mai 2019
Que, pendant tout ce temps, elle avait été aveugle et stupide. William, qu’elle avait tout juste considéré comme une facilité, une présence, une partie d’elle-même qui s’avérait parfois irritante – mais qui était, avant tout, cela : une partie d’elle-même –, l’avait quittée. Il l’avait quittée pour son amie Dora, la femme d’Andrew, son ami à lui. Comme Emmy se récriait sur l’égoïsme de deux divorces (pas seulement une, mais deux familles détruites !), William répondit calmement, presque avec générosité, comme s’il parlait à une enfant qui ne comprenait pas, qu’il se contentait de prendre le contrôle de sa propre vie.
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rkhettaouirkhettaoui   20 mai 2019
Enfant, Emmy savait exactement ce qu’elle voulait et comment l’obtenir. Née avec l’écho des bombes dans les oreilles, elle s’était toujours sentie spéciale. Sa sœur Virginia était assez âgée à l’époque pour avoir passé la guerre pliée en deux par la terreur, mais, tandis que les deux sœurs étaient accroupies dans les abris antiaériens avec leur mère, la toute petite Emmy continuait à chantonner ou à babiller pour elle-même, indifférente, sans perdre la cadence, alors que tout le monde autour d’elle retenait son souffle et tremblait.
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rkhettaouirkhettaoui   20 mai 2019
Son premier et éternel credo était qu’on était l’artisan de sa propre bonne fortune. Elle allait même plus loin : pour elle, moralité et chance étaient clairement liées : la vertu entraînait la bonne fortune, et le vice la mauvaise. Depuis toujours, lorsque les choses n’allaient pas comme elle voulait, Emmy le prenait très mal.
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rkhettaouirkhettaoui   20 mai 2019
Ne pas savoir où on est, c’est ne pas savoir où est la montagne. En balinais, il y a un mot pour cela : palang. Être palang, c’est être paralysé, incapable de travailler, ou de danser, ou de dormir. L’orientation et l’ordre sont à la base de tout. Chacun a une place.
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