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Marc Buhot de Launay (Directeur de publication)
ISBN : 2070114317
Éditeur : Gallimard (15/11/2000)

Note moyenne : 4.39/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Nietzsche entre à la Pléiade. Ce premier volume rassemble les ouvrages publiés durant ce qu'on a appelé par commodité la «première période» de son activité (1872-1876) : La Naissance de la tragédie et les quatre Considérations inactuelles. S'y ajoutent un ensemble de textes (1870-1873) qui ne figure dans aucune autre édition des Œuvres de Nietzsche (à l'exception des Œuvres philosophiques complètes publiées chez Gallimard) : les articles ou conférences du jeune prof... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Danieljean
  09 mai 2016
Dans ses Considérations inactuelles, Nietzsche suggère qu'une vache ne connaît ni l'ennui ni la douleur, elle est incapable de se souvenir. Cet exemple tend à montrer que l'oubli n'est pas une simple “perte” de souvenir, mais un acte actif, portant en lui une puissance de libération. Bien sûr, l'amnésie complète serait aussi néfaste qu'une hypermnésie : Nietzsche affirme que le rapport au passé doit être équilibré : véritable tri sélectif , l'oubli doit rationaliser notre relation au passé, laissant de côté tout ce qui peut troubler la paix du moment.
Oublier, c'est aussi devenir a-historique : chez Platon, l'oubli était un scandale moral et philosophique, que la maïeutique cherchait à réparer. Chez Nietzsche, au contraire, l'histoire, au niveau des peuples empèse leur liberté à créer : l'histoire n'est pas, comme le veut Hegel dans la Raison dans l'Histoire, ou Marx dans le Manifeste, un principe d'unité, mais poids commun, pesanteur collective empêchant les peuples de se déterminer d'eux-mêmes. le sens ne s'hérite pas, il s'invente. Tant au niveau collectif qu'individuel. C'est la leçon de la philosophie de Nietzsche, qui fait de l'oubli le pivot du bonheur.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   09 mai 2016
Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d’oublier, ou pour le dire en termes plus savants, la faculté de sentir les choses, aussi longtemps que dure le bonheur, en dehors de toute perspective historique. L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements du passé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, comme une victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur et, ce qui est pire, il ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres. Imaginez l’exemple extrême : un homme qui serait incapable de ne rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir; celui-là ne croirait pas à sa propre existence, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. Finalement, en vrai disciple d’Héraclite, il n’oserait même plus bouger un doigt. Tout action exige l’oubli, comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. Un homme qui ne voudrait sentir les choses qu’historiquement serait pareil à celui qu’on forcerait à s’abstenir de sommeil ou à l’animal qui ne devrait vivre que de ruminer et de ruminer sans fin. Donc, il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme le démontre l’animal, mais il est encore impossible de vivre sans oubli. Ou plus simplement encore, il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens, historique qui nuit au vivant et qui finit par le détruire, qu’il s’agisse d’un homme, d’une peuple ou d’une civilisation
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DanieljeanDanieljean   09 mai 2016
L’oubli n’est pas seulement une vis inertiae, comme le croient les esprits superficiels ; c’est bien plutôt un pouvoir actif, une faculté d’enrayement dans le vrai sens du mot, faculté à quoi il faut attribuer le fait que tout ce qui nous arrive dans la vie, tout ce que nous absorbons se présente tout aussi peu à notre conscience pendant l’état de « digestion » (on pourrait l’appeler une absorption psychique) que le processus multiple qui se passe dans notre corps pendant que nous « assimilons » notre nourriture. Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience ; demeurer insensibles au bruit et à la lutte que le monde souterrain des organes à notre service livre pour s’entraider ou s’entre-détruire ; faire silence, un peu, faire table rase dans notre conscience pour qu’il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles, et en particulier pour les fonctions et les fonctionnaires plus nobles, pour gouverner, pour prévoir, pour pressentir (car notre organisme est une véritable oligarchie) voilà, je le répète, le rôle de la faculté active d’oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l’ordre psychique, la tranquillité, l’étiquette. On en conclura immédiatement que nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans faculté d’oubli
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kristolikidkristolikid   03 octobre 2012
Le bien suprême, il t'est absolument inaccessible : c'est de ne pas être né, de ne pas être, de n'être rien. En revanche, le second des biens, il est pour toi - et c'est de mourir sous peu.
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