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ISBN : 2878622308
Éditeur : Editions Thélème (08/11/2002)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.79/5 (sur 598 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Qu'est-ce que l'amour ? Tour à tour, les convives du "Banquet" se proposent de répondre à la question. Tous font l'éloge d'Éros en le divinisant, révélant ainsi un aspect essentiel du vécu amoureux : l'idéalisation de soi sous le regard de l'autre. Mais l'intervention de Socrate rompt le consensus.
L'éros socratique n'est pas l'amour de soi que l'autre restaure en nous. Il s'agit d'un amour toujours insatisfait, se détachant des c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
19 février 2013
On pourra bien s'opposer à la philosophie de Platon, personne ne va nier la puissance exceptionnelle avec laquelle il l'a l'extériorisée. Et en plein coeur de cette oeuvre sublime, les caractères du premier alphabet disposant de voyelles brillent comme jamais dans le dialogue consacré à l'amour qu'est « le Banquet ».
L'atmosphère festive où se déroule la discussion donne au lecteur une impression de fraîcheur et de légèreté, alors qu'il assiste à une discussion portant sur des sujets parmi les plus graves et les plus sérieux, comme l'amour, le sens de la vie, le Beau et le Bien. de plus, comme on le dit avec tant de justesse depuis si longtemps « In vino veritas ». Chacun des convives (exception faite de Socrate dont l'esprit est toujours le plus libre), l'esprit délié par le vin s'y exprimera en toute franchise et avec plus de souplesse et d'ingéniosité qu'il le ferait habituellement.
Dans la continuité de l'Apologie, Platon présente à son banquet un Socrate parfaitement chaste qui ne corrompt en rien la jeunesse. Bien au contraire, l'interruption de la discussion par Alcibiade permet de montrer toute la fausseté de cette accusation faite contre Socrate à son procès, puisque ce dernier, dédaignant même le corps du plus joli des jeunes hommes d'Athènes, n'a jamais fait mine de séduire les jeunes gens que pour leur faire accoucher de leurs meilleures possibilités spirituelles et morales.
Sur le plan du discours, Platon réalise aussi sur son lecteur le même phénomène maïeutique que Socrate pratiquait dans les rues de sa cité. Il sait que personne ne peut s'élever à la moralité si elle est présentée directement, mais qu'en appâtant habilement le lecteur avec des discours esthétiques et légers, l'amour du Bien viendra couronner le tout d'une manière toute naturelle. Son apparent éloge du dionysiaque se transforme ainsi insensiblement et d'autant plus sûrement en un triomphe complet des principes apolliniens.
Quel admirable réussite que ce Banquet!
Platon demeure d'ailleurs le seul auteur de l'Antiquité dont l'oeuvre entière nous soit parvenue (dans la mesure, évidemment où l'on met de côté les hypothèses sur une oeuvre ésotérique qui n'aurait été distribuée qu'entre les seuls murs de l'Académie).
Véritable étoile au ciel de la philosophie, mais aussi de la moralité et de l'art, Platon reste éternellement présent, depuis le moment où il a dicté ou écrit lui-même ses dialogues, en passant par les multiples mains des copistes et traducteurs, puis par les presses d'imprimerie jusqu'aux formats numériques, d'environ 380 avant le Christ jusqu'à aujourd'hui, presque 2500 ans plus tard, il continue encore et toujours à servir aussi magnifiquement de point repère dans l'horizon spirituel humain.
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GrandGousierGuerin
14 mai 2014
Non non … Je n'ai pas laissé prise à la tendance actuelle de mettre la cuisine à toutes les sauces ! D'ailleurs, on mange peu et si on boit, c'est avec mesure à une exception près. Si on a des plats toniques (sic), ce sera uniquement de nature spirituelle.
Non non … Ce n'est pas non plus le repas regroupant la famille au sens large autour d'une table pour la communion du petit dernier. Pas d'enfant ici … et côté festivité, la joueuse de flûte est gentiment priée d'aller souffler dans son tuyau chez les femmes.
Car ce banquet est donné en l'honneur d'un jeune homme, Agathon, brillamment couronné le jour précédent à un concours de tragédie. Et non au raout organisé par la petite Patricia en l'honneur de son « tonton »Fernand de Montauban. On est avec Platon donc et on va philosopher en s'abreuvant à une coupe et non dans une cuisine avec un tord-boyau de composition et de degré inconnu.
On choisit donc de parler et faire l'éloge de l'Amour (aucun espoir qu'on parle de Lulu la nantaise). Et chacun expose à tour de rôle sa perception du sujet.
Et croyez-moi, on en apprend plus que ce qu'on trouverait dans le cul d'une bouteille ! Vraiment pas des propos d'ivrogne … Car Platon tient les rênes et évidemment notre philosophe même pas masqué Socrate saura faire mordre la poussière à ses opposants dont je trouve la naïveté touchante de croire toujours pouvoir battre le héros modeste de ces textes.
On retrouvera notamment un joyeux Aristophane au hoquet opportun, un Socrate laid mais que l'intelligence auréole, Alcibiade éméché qui arrive lorsque la fête est finie et à l'éloge ironique du maître.
Et si on parlait un peu d'amour ? Car c'est tout de même bien de cela qu'on disserte et philosophe dans ce Banquet ! Je laisse la place aux protagonistes afin qu'ils puissent émettre leurs arguments et tentez d'oublier que tout ce qui sera exposé à la fin sera balayé par Socrate …
Et de commentaire … eh bien vous n'en aurez point !
Mais je peux me raviser si vous n'avez toujours pas envie de vous plonger dans la lecture du Banquet …
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rabanne
24 mai 2016
J'avais eu envie de lire cette oeuvre philosophique célèbre après avoir étudié L'Apologie de Socrate.
Platon, par l'intermédiaire d'Apollodore (narrateur), nous rapporte la discussion que sept convives avaient eu, une dizaine d'années auparavant, au cours d'un dîner à l'invitation du poète Agathon.
A chacun de pérorer sur leur propre représentation de l'amour et la beauté (affaires de Bien), sur la coexistence d'un Eros populaire (vulgaire) et d'un Eros céleste, où l'éloge de la sexualité ou celle de la vertu sont tour à tour débattus. En matière d'amours masculines, les seuls possibles (sexes forts et intelligents), les avis divergent encore : Socrate ne considérant cet amour que sous le prisme de la beauté et de l'union des âmes, rejetant ainsi tout rapport au corps et au sexe... Alors que Pausanias reconnaît la beauté sensuelle de l'être aimé (mâle) et la jouissance des corps, même si elle a pour limite la vulgarité et un risque de dérèglement (...)
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Bonnynic
01 février 2017
Je vais parler ici de la version audio-book de ce grand classique de la littérature philosophique.
Il n'y a pas grand-chose à redire sur le texte de Platon en lui-même .C'est une série de discours les plus succulents les uns des autres sur le beau, le juste, l'amour, etc.Ce qui est magique ici, c'est que l'on n'a pas l'impression de lire de la philo. C'est léger, rythmé, cela se lit un peu comme un roman si je puis dire.
Par contre, la version audio m'a décu.C'était une première pour moi d'écouter un audio-book et franchement je suis plus que septique par rapport à ce genre d'oeuvre.
Tout d'abord dans ce cas-ci, la qualité sonore est vraiment limite, voir carrément douteuse. le volume sonore varie entre les pistes. A croire que le mastering a été complétement raté.
Ensuite, le lecteur, bien qui soit un comédien averti et talentueux, lit en permanence sur le même ton, sans variation en fonction du contexte et du personnage. Je trouve cela vite lassant.
Quand je lis un livre, de manière inconsciente et cérébrale, j'écoute ma petite voix intérieure qui raconte l'histoire, respecte les dialogues. Bref, je me raconte le livre. C'est peut-être pour ça que les livres audio ne sont pas pour moi.
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Lanto_Onirina
20 décembre 2013
J'ai lu les sept discours sur l'Amour du banquet de Platon dans mon adolescence et c'est probablement un des textes qui a eu le plus d'influence sur moi et sur ce que je suis devenue. Mes souvenirs sont certainement émoussés et je ne me lancerai d'ailleurs pas dans une critique philosophique du contenu mais me contenterai de citer ce qui m'est resté.
Les convives de l'auteur dramatique Agathon exposent leur avis sur l'Amour à travers une joute oratoire au cours d'un dîner arrosé. Phèdre se lance dans une apologie du grand et antique Eros. Pausanias distingue deux Amours, un noble et un vulgaire, Eryximaque différencie lui aussi les deux Aphrodite et étend sa théorie à des considérations physiciennes, artistiques, médicales d'harmonie universelle. Pour Agathon, l'Amour est, contrairement à ce qu'en dit Phèdre, le plus jeune des dieux, et inspire création poétique, convivialité et sociabilité. Enfin Socrate s'emploie à convaincre les autres des vertus de l'amour « platonique », celui de l'absolu. Je passe sur le discours d'Alcibiade, saoul, qui refusera de parler de l'Amour mais fera un éloge de Socrate.
Mais c'est surtout le discours d'Aristophane qui m'a laissé le plus de souvenirs. Il raconte comment l'ancêtre des hommes était autrefois double, deux corps ne faisant qu'un avec deux têtes, huit membres et deux sexes. Ces êtres pouvaient être composés de deux hommes, un homme et une femme ou deux femmes. Pour affaiblir ces êtres, Zeus les a divisés en deux, avec l'aide d'Apollon, et les a ainsi condamnés à rechercher sans cesse leur moitié. La quête de l'amour... de nos jours où nombre de discussions font débats et polémiques sur les thèmes de l'homosexualité, l'intervention d'Aristophane trouve un écho fort moderne.
À mon avis, un grand texte fondateur. de tous les dialogues platoniciens, « le banquet » est l'un des plus accessibles et celui qu'il faut lire pour comprendre les sources de notre manière de concevoir le monde.

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Citations & extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
MarieLbfMarieLbf19 août 2017
Les yeux de l'esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser..
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peloignonpeloignon26 janvier 2013
Aussi quand l’être pressé d’enfanter s’approche du beau, il devient joyeux, et, dans son allégresse, il se dilate et enfante et produit; quand, au contraire, il s’approche du laid, renfrogné et chagrin, il se resserre sur lui-même, se détourne, se replie et n’engendre pas; il garde son germe et il souffre. De là vient pour l’être fécond et gonflé de sève le ravissement dont il est frappé en présence de la beauté, parce qu’elle le délivre de la grande souffrance du désir...
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enkidu_enkidu_21 août 2014
Celui qui veut s'y prendre comme il convient, doit, dès son jeune âge, commencer par rechercher les beaux corps. D'abord, s'il est bien dirigé, il doit n'en aimer qu'un seul, et là concevoir et enfanter de beaux discours.

Ensuite il doit reconnaître que la beauté qui réside dans un corps est sœur de la beauté qui réside dans les autres. Et s'il est juste de rechercher ce qui est beau en général, notre homme serait bien peu sensé de ne point envisager la beauté de tous les corps comme une seule et même chose.

Une fois pénétré de cette pensée, il doit faire profession d'aimer tous les beaux corps, et dépouiller toute passion exclusive, qu'il doit dédaigner et regarder comme une petitesse.

Après cela, il doit considérer la beauté de l'âme comme bien plus relevée que celle du corps, de sorte qu'une âme belle, d'ailleurs accompagnée de peu d'agréments extérieurs, suffise pour attirer son amour et ses soins, et pour qu'il se plaise à y enfanter les discours qui sont le plus propres à rendre la jeunesse meilleure.

Par là il sera amené à considérer le beau dans les actions des hommes et dans les lois, et à voir que la beauté morale est partout de la même nature; alors il apprendra à regarder la beauté physique comme peu de chose.

De la sphère de l'action il devra passer à celle de l'intelligence et contempler la beauté des sciences; ainsi arrivé à une vue plus étendue de la beauté, libre de l'esclavage et des étroites pensées du servile amant de la beauté de tel jeune garçon ou de tel homme ou de telle action particulière, lancé sur l'océan de la beauté, et tout entier à ce spectacle, il enfante avec une inépuisable fécondité les pensées et les discours les plus magnifiques et les plus sublimes de la philosophie ; jusqu'à ce que, grandi et affermi dans ces régions supérieures, il n'aperçoive plus qu'une science, celle du beau dont il me reste a parler. (210a-210e)
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Hekla_38Hekla_3816 août 2015
Il est donc nécessaire que l'initié qui veut, par la voie droite, parvenir à ce but, commence tout jeune à rechercher la beauté dans les corps et qu'il n'aime d'abord, s'il a un bon guide, qu'un seul corps qui lui inspire de belles paroles ; pui qu'il se rende compte que la beauté de tel ou tel corps est pareille à celle de tel autre et qu'enfin, tant qu'on poursuit la beauté dans la forme, ne pas voir que tous les corps n'ont qu'une seule et même beauté serait folie. Pénétré de cette pensée, il s'éprendra dès lors de la beauté en tous les corps, se dépouillera de toute passion qui serait fixée sur un seul, ne pouvant plus désormais que dédaigner et compter pour rien sa singularité. Après quoi, la beauté des âmes lui paraîtra tellement plus précieuse encore que, même s'il trouve une âme de qualité dans un corps médiocrement beau, il n'en demandera pas plus, l'aimera, l'entourera de soins, enfantant et recherchant des paroles capables de rendre sa jeunesse meilleure ; de là, il sera nécessairement amené à considérer la beauté des actions et des règles et à voir qu'elle relève toujours de la même beauté originelle, en sorte qu'il donnera toujours moins de prix à la beauté des corps. Des actions, il s'élèvera aux connaissances, afin qu'il en découvre à son tour la beauté et que, mesurant du regard l'étendue déjà plus vaste du Beau, il renonce à n'en aimer qu'un fragment, tel beau garçon, tel bel homme, telle belle action, comme un esclave avili par son esclavage, et que, tourné désormais vers le vaste océan du Beau, il enfante de nombreuses et admirables paroles et de ces pensées qu'inspire, l'insatiable soif de la sagesse, jusqu'au jour où, fortifié, grandi par la contemplation, il discernera enfin une connaissance unique, celle du Beau dont je vais maintenant te parler.
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indelebilevagabondeindelebilevagabonde20 mars 2017
« Jadis notre nature n'était pas ce qu'elle est actuellement. D'abord il y avait trois espèces d'hommes, et non deux comme aujourd'hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd'hui, l'espèce a disparu. c'était l'espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. De plus chaque homme était de forme ronde sur une seule tête, quatre oreilles, deux organes de la génération, et tout le reste à l'avenant. [...]

Ils étaient aussi d'une force et d'une vigueur extraordinaire, et comme ils étaient d'un grand courage, ils attaquèrent les dieux et [...] tentèrent d'escalader le ciel [...] Alors Zeus délibéra avec les autres dieux sur le parti à prendre. Le cas était embarrassant ; ils ne pouvaient se décider à tuer les hommes et à détruire la race humaine à coups de tonnerre, comme ils avaient tué les géants ; car c'était mettre fin aux hommages et au culte que les hommes leur rendaient ; d'un autre côté, ils ne pouvaient plus tolérer leur impudence.

Enfin, Zeus ayant trouvé, non sans difficulté, une solution, [...] il coupa les hommes en deux. Or, quand le corps eut été ainsi divisé, chacun, regrettant sa moitié, allait à elle ; et s'embrassant et s'enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble [...]

C'est de ce moment que date l'amour inné des êtres humains les uns pour les autres : l'amour recompose l'ancienne nature, s'efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine. [...] Notre espèce ne saurait être heureuse qu'à une condition, c'est de réaliser son désir amoureux, de rencontre chacun l'être qui est notre moitié, et de revenir ainsi à notre nature première. »
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