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Benjamin Kuntzer (Traducteur)
ISBN : 2756419087
Éditeur : Pygmalion-Gérard Watelet (11/01/2017)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Pour les protéger des forces maléfiques du Bois, les habitants d'un village peuvent compter sur le Dragon, un puissant mage. Mais en échange, ils doivent lui fournir une jeune fille qui le servira pendant dix ans. L'heure du prochain choix approche et Agnieszka est persuadée que le Dragon optera pour Kasia, belle, gracieuse et courageuse, tout ce qu'elle n'est pas. Mais Agnieszka se trompe...
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
florencem
  07 mai 2017
J'ai vraiment beaucoup aimé et je comprends aisément pourquoi Robin Hobb a trouvé ce tome enchanteur. Je n'avais pourtant pas l'idée, en commençant le roman que Déracinée me plairait autant. le résumé m'avait intrigué, certes, mais pour moi il faisait plus partie de ces histoires que l'on lit et avec lesquels on passe un bon moment, sans plus. Autant vous dire que je suis contente de m'être trompée.
Déracinée ressemble d'ailleurs assez à l'univers de l'Assassin royale. Ce n'est pas une copie mais on retrouve ce côté fantasy médiéval avec des intrigues autant politiques que magiques, et surtout un héros, enfin plutôt une héroïne, à laquelle on s'attache rapidement. Franchement, je n'aurais pas été surprise de voir Fitz débarquer pour faire une brève apparition. Adorant la série de Robin Hobb, le pari était déjà bien gagné avec Naomi Novik pour moi.
Agnieszka, notre jeune héroïne, se retrouve donc à devoir passer dix années en compagnie du Dragon, le magicien qui veille sur sa contrée. La jeune femme ne pensait pas être choisie et c'est autant le choc pour elle que pour tous ses proches. Pourtant, elle n'a pas le choix. Elle ne sait pas ce qui l'attend, la Dragon est un total mystère et bien évidemment, elle pense au pire. Mais c'est un devoir. Un "faible" tribu pour éviter que le Bois, une entité maléfique, ne s'en prenne à la vallée où la jeune femme a grandi. Nous rentrons très rapidement dans l'histoire et l'auteur parvient dès le départ à nous situer toute la structure de son univers de façon claire et précise. Je ne me suis pas sentie perdue ou manquant d'indices pour comprendre quoi que ce soit. Et c'est assez rare, surtout en fantaisie.
De là, je dirais que nous avons trois grandes parties. La première où nous découvrons Agnieszka et son monde ainsi que sa nouvelle vie dans la tour du Dragon. Vient ensuite son apprentissage et pour finir la partie la plus épique. Il y a quelques longueurs certes, mais il m'a été difficile de lâcher le roman. le côté relationnel notamment entre Sarkan et Agnieszka mais aussi Kasia m'a énormément plu. Ce n'est pas une histoire épique où l'on se consacre à la partie "bataille" du bien contre le mal. La psychologie est bien présente et je dirais même qu'elle est en fait de compte la partie centrale de l'univers. L'auteur cherche à nous faire comprendre pourquoi les personnages de son roman agissent de telle ou telle sorte. Tout à un point de départ, même le méchant a une raison d'agir de la sorte, et cerise sur le gâteau, on le comprend. C'est peut-être idiot mais je fais partie des personnes qui aiment savoir pourquoi l'ennemi du héros est devenu ce qu'il est. C'est primordial pour moi.
Le Bois est le fils conducteur de tout. Cette entité envahit inexorablement le monde provoquant la folie et la destruction. On dit plusieurs fois dans le roman qu'il amène une pourriture. Je ne sais pas si c'est ce que cherchait l'auteur ou pas, mais j'ai trouvé que c'était une métaphore très intelligente par rapport à notre monde. Une graine plantée en chacun de nous et qui peut tout faire basculer. Une lutte de tous les jours pour ne pas sombrer et continuer à se battre pour vivre face aux horreurs. A côté de cela, on découvre aussi une société où les petites gens sont proches de nous, et où le haut pouvoir est corrompu et se laisse aller à des jeux mesquins et vils. Nous avons beau être dans un monde de fantaisie et à une époque très lointaine, il n'en reste pas moins que je ne me suis pas sentie dépaysée. Il est tellement facile de se glisser dans cet univers. Et encore une fois, j'ai trouvé que le tout était traité de façon intelligente et humaine.
Côté personnages. Agnieszka bien entendu est un personnage que j'ai beaucoup apprécié et cela dès le départ. Elle n'a rien de l'héroïne parfaite, bien au contraire. Elle n'arrive jamais a resté immaculé, préférant gambader et suivre son coeur. Elle apprend beaucoup sur elle-même notamment. Douce et sensible, je n'ai pas été gênée par son entêtement et par son désir de sauver les autres. Dans certaines histoires, ces traits de caractère peuvent m'irriter mais pas ici. le Dragon est un personnage que j'ai aussi adoré. Son côté bourru et imbuvable était juste parfait. Un opposé total à Agnieszka. Leur relation est d'ailleurs d'autant plus plaisante à suivre, même si je regrette que ce soit le magicien qui en apprenne beaucoup plus. Kasia, la meilleure amie d'Agnieszka, a été une très agréable surprise. Je ne pensais pas qu'elle irait dans cette direction et j'en ai été ravie. Je n'en dis pas trop pour ne pas spoiler mais une excellente idée de la part de l'auteur. Il y a bien d'autres personnages mais ce sont vraiment les trois qui m'ont le plus marqués, les autres servant plus à l'intrigue en fin de compte.
La fin est aussi une réussite pour moi. Elle apporte une conclusion que j'ai beaucoup apprécié et qui nous apporte énormément de réponse. Les décisions d'Agnieszka, tout comme ses choix vis à vis du Bois étaient juste parfaits. J'ai d'autant plus approuvé que Naomi Novik prend le temps de nous narrer l'après bataille. J'ai eu un peu peur à la toute fin, car une histoire n'avait pas trouvé de conclusion satisfaisante, mais au final, l'auteur ne m'a pas laissé tomber !
Un roman qui mérite ses prix, avec une héroïne forte qui a des convictions pour lesquelles elle n'a pas peur de se battre. de la magie, une dose de romance, de la psychologie et de l'aventure. Un one-shot réussi.
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jainas
  07 juin 2015
Uprooted est inspiré d'une légende polonaise, et commence sur un motif qui est familier au lecteur bercé de contes et légendes : des villages paysans dans l'ombre d'un bois maudit, une tour, et dans la tour un magicien - ici surnommé le Dragon - auquel est sacrifié tous les dix ans une jeune fille (généralement la plus belle et/ou la plus accomplie) pour assurer la protection de la vallée…
Et pourtant, raconté du point de vue d'une jeune villageoise, Agnieszka, Uprooted s'éloigne vite de ce point de départ et des préconceptions ou des attentes qu'il pourrait provoquer, pour rendre la situation réelle. C'est la vie d'Agnieszka, avec les épidémies occasionnelles de Pourriture provoquées par un mauvais vent venu du Bois, qui forcent à brûler la récolte de l'année ; ou l'enlèvement d'un pâtre qui s'en est trop approché ; c'est des relations familiales et amicales construites et distordues autour de la certitude qu'une des filles de son année sera choisie, et le consensus tacite qui désigne cette fois-ci Kasia, sa meilleure amie ; c'est les rumeurs qui courent sur les filles que prend le Dragon - car elles reviennent, contrairement à ce que peuvent nous laisser supposer les légendes - et même si elles disent qu'elles n'ont pas été violées, personne n'est bien certain de les croire ; et c'est le fait qu'elles reviennent changées, qu'elles ne restent jamais dans la vallée après cela…
C'est clairement une des forces du roman. le point de vue d'Agnieszka est à la fois réaliste et immersif, ce qui permet de faire passer avec brio des aspects du scénario qui avec le recul du lecteur de fantasy aguerri peuvent paraître prévisibles mais qui sont pour elle inconcevables : que le Dragon la choisisse, qu'elle se révèle avoir un peu de talent magique qui le pousse à faire d'elle son apprentie...
Un aspect qui m'a beaucoup plu aussi est l'amitié entre Kasia et Agnieszka, qui pendant une grand partie du roman va être le moteur de l'action : c'est dans un sursaut d'amitié pour protéger Kasia qu'Agnieszka s'est fait remarquer par le Dragon ; c'est pour essayer de la sauver qu'elle va pénétrer dans le Bois, d'où nul ne ressort vivant ; c'est pour la soigner qu'elle va défier le Bois et chercher avec l'aide réticente du Dragon un moyen de bannir la Pourriture… Les amitiés féminines fortes sont rares en fantasy, et plus rarement encore sont-elles moteur de l'action et motivation pour l'héroïne. J'ai d'ailleurs un peu regretté que les marques de cette amitié et les scènes entre elles diminuent dans le seconde moitié du livre, où le focus est plus sur la guerre contre le Bois et la collaboration d'Agnieszka et du Dragon, mais cela reste à mes yeux un plus certain du livre.
Un aspect très réussit également est le Bois lui-même, qui est l'opposant principal du livre : comment il est écrit, la transmission de la Pourriture et de la corruption qui l'accompagne, mais aussi son écosystème, sa mythologie, et au terme sur livre, sa nature même, les raisons de l'existence de la Pourriture et la résolution du conflit, que j'ai trouvé très satisfaisante, et qui est au final “diplomatique”, bien que le récit offre de belles scènes d'action et d'énormes moments de bravoure.
L'écriture est fluide et efficace, la narration à la première personne globalement bien menée. Sous le point de vue d'Agnieszka, le personnage du Dragon, d'abord haï et antipathique, s'humanise peu à peu, et si elle en vient à le comprendre et à l'apprécier (et voir plus), elle n'en est pas pour autant aveugle à ses nombreux défauts et n'hésite pas à le mettre devant ses erreurs ou ses contradictions, ce qui donne quelques scènes très plaisantes.
Le livre n'est pas pour autant parfait... le système de magie est un peu faible et la différence entre les pouvoirs du Dragon et d'Agnieszka peut sembler un peu facile, de même que la rapidité de progression de cette dernière. Et si j'ai dévoré la première moitié du livre sans coup férir, il y a des passages plus faibles au niveau du rythme : les scènes d'Agnieszka à la Cour, sa fuite puis le siège de la Tour sont pour moi les parties les moins mémorables, mais le final du livre rattrape ces faiblesses et propose un fin très satisfaisante, tant au niveau du scénario que des arcs individuels des personnages.
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MarieLovesBooks
  09 janvier 2018
Tout d'abord merci à la maison d'édition pour l'envoi de ce service presse que j'avais demandé dans le cadre d'un projet de vidéo sur La belle et la bête et de ses réécritures ou romans inspirés du conte.
J'avais entendu parler de ce roman sur le Booktube anglophone principalement, comme étant une réécriture de la Belle et la bête. Première précision à faire après ma lecture, ce n'est pas une réécriture de la Belle et la Bête à proprement parler. C'est plutôt inspiré dans les grandes lignes au début de l'histoire. Et il y a quelques petits clins d'oeil comme notamment la Samovar et la tasse ébréchée.
Premier petit conseil donc : il ne faut pas aborder ce livre comme une réécriture du conte mais comme un roman de fantasy à part entière !
Le Dragon est le magicien du roi qui enlève une jeune femme tous les 10 ans. Il l'emmène vivre avec lui dans sa Tour pendant 10 ans. Problème, lorsque la fille est libérée après 10 ans de captivité elle n'est plus la même et n'a plus envie de rentrer chez elle. La jeune femme choisie doit le servir. le Dragon possède beaucoup de livres ce qui est un signe de richesse dans cet univers. C'est un magicien qui assure la protection du village contre les forces démoniaques qui peuple le bois.
D'habitude il enlève les jeunes femmes les plus jolies ou les meilleures dans leur domaine. Cette année tout le monde pressent que c'est Kasia la meilleure amie d' Agnieszka qui va être enlevée car elle est douée en tout, contre toute attente c'est Agnieszka qui est choisie par le Dragon. Elle est débrouillarde mais loin d'être une femme de compagnie idéale. le Dragon la choisit et l'emmène avec lui de manière assez brutale. Elle n'a pas le temps de dire au revoir à sa famille. Elle découvre sa nouvelle demeure et son nouveau "maitre".
La jeune femme est terrifiée car elle ne sait pas ce qui l'attend. Aucune ancienne captive n'est réapparue alors les rumeurs sur le Dragon sont terribles, il serait violent avec ses prisonnières et Agnieska redoute sa nouvelle vie avec lui.
La magie apparaît dès le premier chapitre avec le sort "Lirintalem" qui permet de faire apparaitre des plats cuisinés si je me souviens bien.
J'étais sceptique au début concernant la magie car elle est essentiellement pratique et domestique. Les premiers sortilèges que l'on découvre sont « ménagers », ils permettent de à Agnieska de s'habiller en faisant apparaitre de belles robes, de faire la cuisine, des remèdes, ou le ménage. Cet aspect là de la magie m'a déçu au début mais en continuant la lecture on découvre une magie plus profonde, liée à la nature et aux émotions. Ce développement m'a beaucoup plu, on découvre une magie envoutante et les révélations liées au Bois sont surprenantes.
Parlons un peu d'Agnieska, du Dragon et de leur relation. Avant de commencer ce roman, j'étais curieuse de savoir s'il y aurait une histoire d'amour. Des sentiments vont naitre entre les deux protagonistes, mais cela prend du temps et la romance n'est pas centrale. On assiste davantage à une relation de maitre à élève. En effet Agnieska comprend vite qu'elle va devenir l'apprenti du Dragon, il va l'initier à sa magie et lui apprendre des sortilèges. En effet un grand danger menace la tranquillité des habitants. Une force mystérieuse et dangereuse émane du Bois et contamine les villageois et le rôle du Dragon est de les protéger.
Agnieska est courageuse, curieuse, tête brûlée. le Dragon est sauvage, renfermé et odieux. Il insulte et rabaisse Agnieska sans arrêt.
L'histoire est racontée du point de vue d'Agnieska. Les romans de fantasy écrit à la première personne je trouve ça délicat. Ça passe ou ça casse, il faut que je puisse m'attacher au héro parce qu'on suit toute l'histoire à travers ses yeux. Malheureusement dans ce roman je n'ai ressenti aucun attachement pour aucun des personnages ce qui fait que lors de la bataille finale tous les personnages pouvaient mourir ça m'aurait été bien égal. / ! \attention spoil / ! \ Cette scène de combat est d'ailleurs très longue, épique certes mais beaucoup trop de descriptions qui cassaient le rythme. On assiste à un moment épique horrible. On découvre que la créature qui sort de l'arbre coeur est une mante géante qui tue tous les soldats. / ! \ fin de spoil / ! \ L'auteure ne nous épargne pas de détails sordides pendant cette longue scène de combat intense !
En parlant du rythme je dois avouer que je l'ai trouvé assez bancal et ma lecture fut très laborieuse. Il y a des scènes qui sont trop longues et descriptives comme quand Agnieska soigne dragon de sa blessure vers la page 100. En revanche la dernière partie du roman est très bien rythmée il y a beaucoup d'action on ne s'ennuie pas.
Mon ressenti global est donc mitigé, il y a de très belles choses à découvrir dans ce roman et je suis contente de l'avoir lu. Cependant j'ai vraiment eu du mal à le lire et à m'investir dedans car les personnages ne sont pas attachants, le rythme est bancal et l'écriture parfois floue et longue en descriptions.
Ce que j'ai le plus aimé :
► la magie, envoutante
► la seconde moitié du roman (plus concentrée en action)
► le mystère autour du Bois
Ce que j'ai moins aimé :
► La scène érotique ne m'a pas plu du tout, je l'ai trouvé grossière et mal écrite
► pas d'attachement à l'héroïne ni à aucun des personnages
► le style de l'auteure est particulier, parfois confus

Est-ce que je vous le conseille ?
Un roman intéressant à découvrir qui rescelle énormément de belles choses. J'ai été captivée à certains moments et peu investie à d'autres. A vous de tenter et de vous faire un avis !

Lien : http://marie-loves-books.blo..
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XS
  04 août 2017
Sous couvert de ce qui s'apparente à un conte, dans lequel interviennent un Bois maléfique, un sorcier dont on devine mal les intentions, une amitié à la vie à la mort, l'auteur évoque également très habilement l'exil, l'attachement à la terre et à la famille, la différence....
Très slave dans son atmosphère, l'histoire met en scène Agniezka, une anti-héroïne par excellence. Elle va vivre l'année de ces dix-sept ans une expérience peu commune et se révéler une adulte bien différente de ce que l'on attendait d'elle.
J'ai beaucoup aimé la finesse avec laquelle l'auteur met en scène les fêlures des personnages (belle scène entre deux amies dans laquelle des jalousies inavouables sont avouées), le Bois, « personnage » maléfique particulièrement réussi, dont les agissements néfastes et imprévisibles manipulent les humains comme autant de marionnettes, , le sorcier, au savoir immense mais pas infinis. Toute une galerie de portraits suffisamment inhabituels pour emporter mon adhésion et conseiller ce très bel ouvrage autour de moi.
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April-the-seven
  18 février 2017
Un grand merci aux éditions Pygmalion pour leur confiance. Lorsque je suis tombée sur la couverture et le résumé de ce roman, plébiscité par Robin Hobb, je n'ai pas mis plus d'une demi-seconde avant de me décider. J'étais pourtant à mille lieues de penser que Déracinée ferait partie de ces univers absolument uniques et atypiques. Je m'attendais à quelque chose de très bon, à la place, je suis tombée amoureuse de cette histoire, ni plus ni moins.
Agnieszka vit dans une contrée à laquelle elle est très attachée. Dans la vallée de Polnya, où chaque habitation est menacée par le Bois, une abomination qui gagne de plus en plus de terrain, la seule barrière qui les protège est celle que le Dragon leur offre. En contrepartie, les villageois doivent lui laisser choisir parmi toutes leurs filles celle qui sera à son service durant une décennie. Agnieszka en est consciente – comme tous les habitants de la vallée –, celle qui sera choisie lors de la prochaine sélection ne pourra être que Kasia, sa meilleure amie, aussi belle qu'intelligente. Agnieszka fait pâle figure en comparaison, et a tenté de se préparer toutes ces années au départ de son amie la plus chère. Pourtant, lorsque le Dragon vient réclamer son dû, ce n'est pas Kasia qu'il choisit, mais Agnieszka. Celle-ci n'a aucune idée de ce qui l'attend, mais son départ va être le début d'une aventure qu'elle n'aurait jamais crue possible, une quête identitaire inattendue, de celle dont on ne revient pas indemne.
Déracinée… En commençant ce roman, je ne savais pas très bien à quoi m'attendre. le résumé de l'histoire n'était en réalité que la partie émergée de l'iceberg, une base sur laquelle se tisse une intrigue arachnéenne, qui étend ses fils dans tous les sens pour créer un univers qui baigne dans un folklore slave saisissant.
J'ai d'abord été séduite par l'allégorie de la princesse enlevée par un dragon et enfermée dans une tour, attendant d'être sauvée par un prince. À la seule différence qu'Agnieska n'a rien d'une princesse, et peut très bien se sauver elle-même. Sans parler du fait que, s'il le pouvait, le Dragon se débarrasserait volontiers d'elle, et que le prince en question n'est pas forcément le gentil de l'histoire. Naomi Novik bouscule la tendance et réoriente les priorités, faisant prendre bien souvent des tournants inattendus au récit.
L'ambiance est à la lisière du merveilleux, avec un côté très conte de fées, mêlé à une noirceur prégnante et difficile à identifier dans les premiers chapitres. Robin Hobb l'avait dit et je dois bien admettre que c'est la vérité : ce livre est enchanteur. Un mélange de candeur et de dureté, si bien qu'on ne sait jamais ce que nous réservent les pages suivantes. le lecteur est confronté aux mêmes interrogations que l'héroïne, et va jusqu'à évoluer avec elle à mesure que l'étau se resserre autour de la vallée.
Agnieszka est une jeune fille que j'ai beaucoup aimé suivre. Terminée la princesse au teint de porcelaine, parfaite en tous points et tributaire d'un prince qui tarde à venir. Non, Agnieszka s'éloigne des stéréotypes que l'on serine aux petites filles depuis l'enfance. Elle n'est pas soigneuse, elle a la faculté extraordinaire de se salir en toute occasion, et elle a également une fâcheuse tendance à n'en faire qu'à sa tête. C'est aussi une fille simple, qui ne recherche ni les cadeaux ni les richesses. Elle s'en tartine, des princes séduisants et pourfendeurs de créatures malfaisantes.
Je l'ai aimée parce qu'elle était entière, authentique et toujours soucieuse de respecter ses propres convictions. Même dans les moments où la situation semble inextricable, Agnieszka se creuse la soupière pour trouver des alternatives et sauver les meubles. Elle est très courageuse et n'hésite pas à partir bille en tête, même si cela la met en grave danger. Elle est tellement surprenante que l'on ne peut pas deviner à l'avance ses réactions. C'est justement ça qui est amusant, car le Dragon se retrouve vite dépassé. Elle ressent un plaisir tout particulier à lui compliquer la vie.
Aaaah, le Dragon, la figure masculine la plus fascinante du roman. Il est rare de tomber sur des personnages aussi charismatiques, qui emplissent une scène par leur simple présence. J'ai aimé ses airs ronchons et sa mine toujours patibulaire. Je me suis attachée à cet homme obscur, qui dissimule bien ses émotions derrière un masque infranchissable. Sa relation avec Agnieszka est très subtile et c'est une chose que j'ai beaucoup appréciée. L'auteur suggère, mais n'impose rien ; c'est particulièrement fin.
Que serait un monde imaginaire sans magie ? de la magie, on en trouve partout, dans ce roman. Une magie qui se dévoile de plusieurs manières possible, mais toujours empreinte d'une poésie singulière. Elle est riche et captivante, elle imprègne la trame tout entière. On peut la découvrir sous sa forme la plus corrompue, mais aussi la plus pure. Un vrai régal.
Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler de la fin qui conclut à merveille les aventures d'Agnieszka. Une fin pleine de promesses, mais aussi teintée d'une certaine mélancolie. J'aurais bien aimé rester un peu plus longtemps sur les terres de Polnya, voire ne jamais repartir. Car lorsqu'on y entre, il est très facile d'y rester enracinée.
En résumé, Déracinée réunit tout ce que j'aime en fantasy. Je me suis laissée bercer par la magie des mots de Naomi Novik, jusqu'à me retrouver totalement happée par cet univers extraordinaire. On ne peut pas soupçonner à l'avance tout ce qui nous attend, mais l'aventure vaut le coup d'oeil, et bien plus encore. Déracinée fait partie de ces histoires rares, ces diamants bruts qui n'ont pas besoin d'être polis. Alors si percer les sombres secrets du Bois ne vous fait pas peur, foncez tête baissée.

Lien : http://april-the-seven.weebl..
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   02 juillet 2017
On se laisse délicieusement entraîner dans cette suave histoire de magie aux accents slaves.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Elbakin.net   11 janvier 2017
Si le cadre choisi pour ce nouveau projet demeure intrigant en rappelant les contes des frères Grimm dans ce qu’ils ont de plus sombre, ce n’est pas le cas des personnages qui le peuplent, souvent irritants, voire déconcertants.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Elbakin.net   17 août 2015
Malheureusement… Le résultat final avec ce Uprooted n’est pas très probant. Si le cadre choisi pour ce nouveau projet demeure intrigant en rappelant les contes des frères Grimm dans ce qu’ils ont de plus sombre, ce n’est pas le cas des personnages qui le peuplent, souvent irritants, voire déconcertants
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
florencemflorencem   09 mai 2017
Après avoir réussi à maîtriser le feu retors et déterminé, il me gronda furieusement pendant dix bonnes minutes, me traitant d'andouille décérébrée, rejeton d'éleveurs de cochons - "Mon père est bûcheron !" m'exclamai-je.
- De feignasse de manieurs de hache ! se corrigea-t-il alors.
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XSXS   22 juillet 2017
Les mots ne me paraissaient plus si impénétrables. Je n'arrivais toujours pas à suivre l'histoire, et j'oubliais les phrases aussitôt prononcées, mais je commençais à avoir le sentiment que ça n'avait pas d'importance. Et si je m'en étais souvenue, certains mots au moins auraient sonné faux, comme lorsque l'on réentend son conte d'enfance préféré et qu'on le trouve décevant, ou au moins différent.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   07 mai 2017
Si j’avais jusqu’alors été une élève médiocre, j’étais désormais devenue redoutable d’une tout autre manière. Je prenais toujours de l’avance dans les livres que nous étudiions, et j’en empruntais d’autres dans sa bibliothèque lorsqu’il avait le dos tourné. Je mettais le nez dans tout ce que je pouvais trouver. Je lançais des sorts à moitié, puis les abandonnais et passais à autre chose ; je me jetais dans des invocations sans être certaine d’en avoir la force. Je courais comme une folle dans la forêt de la magie, repoussant les ronces sans me soucier des griffures ou de la terre, sans même regarder où j’allais.
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missmolko1missmolko1   04 avril 2017
Nos doigts s’étreignirent fortement , et je m’efforçai de ne pas penser au fait que les filles du Dragon ne voulaient jamais revenir.
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jainasjainas   21 mai 2015
Our Dragon doesn’t eat the girls he takes, no matter what stories they tell outside our valley. We hear them sometimes, from travelers passing through. They talk as though we were doing human sacrifice, and he were a real dragon. Of course that’s not true: he may be a wizard and immortal, but he’s still a man, and our fathers would band together and kill him if he wanted to eat one of us every ten years. He protects us against the Wood, and we’re grateful, but not that grateful.
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Videos de Naomi Novik (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Naomi Novik
Beaucoup de nouveautés de fantasy dans ce point lecture, mais aussi un livre contemporain !
Pour plus de vidéos lectures : https://www.youtube.com/user/Lanylabooks
Les livres cités : - Déracinée de Naomi Novik publié chez Pygmalion - Arkane, tome 1 : la Désolation de Pierre Bordage publié chez Bragelonne - Sénéchal, tome 1 de Gregory Da Rosa publié chez Mnémos - La forêt des renards pendus d'Arto Paasilinna publié chez Folio
Contact mail : lanylabooks[at]gmail.com
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