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EAN : 9782385530433
146 pages
La manufacture de livres (17/10/2023)
3.35/5   27 notes
Résumé :
Février 1945. Dans les petites villes autour de Sigmaringen, les Français partisans du régime nazi se rassemblent. Miliciens en déroute, collabos en exil, chacun essaie de faire les bonnes alliances pour tirer son épingle du jeu et éviter les tribunaux militaires.
Sur une route de campagne, Jacques Doriot, un des chefs collaborationnistes réfugiés en Allemagne, est tué dans le mitraillage de sa voiture par un avion non identifié. La présence sur les lieux du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Bonne surprise que ce livre choisi pour une lecture détente après un essai éprouvant sur une affreuse actualité.
Je ne connaissais ni l'auteur ni le prix qu'il a remporté. Alors appréhension...
Le début du roman est abrupt. Une quantité impressionnante de personnages qui se croisent autour de l'île de Mainau sur le lac de Constance, ou plutôt sur l'Obersee... Une galaxie de personnages allant des collaborationnistes français de la seconde guerre mondiale aux anciens de la "Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme", souvent abrégée en LVF, ayant combattus au sein de la Wehrmacht sur le front de l'Est. Et leurs commanditaires : SS, SD etc...
Tout ce petit monde se retrouve en exil sur le lac de Mainau où se constitue une petite société française des perdants de la guerre et qui espèrent encore, un peu du moins, un retournement de situation. Autour de ce Lac, vers Meßkirch, Menningen, va se jouer un épisode mal connu de la guerre : Un certain Jacques Doriot est tué comme dans la grande histoire. Exclu en 1936 du Parti communiste, et ayant fondé le Parti populaire français (PPF) contre le Front populaire, il est à l'origine de la création de la LVF décrite plus haut et il combat d'ailleurs lui-même contre les soviétiques en tant que lieutenant sous l'uniforme allemand sur le front de l'Est. Il organisait dans cet arrière poste sa résistance française alors que les alliés avançaient inexorablement.
C'est la force de ce roman. Il se place de manière très fine dans un contexte historique, y trouve une niche originale et l'exploite au mieux. On alterne une narration à la première personne, celle du héros, à une narration à la troisième personne omnisciente. Au fil du récit, c'est la première qui prend le dessus, dirigeant ce récit vers l'introspection.
Nous suivons donc ce lieutenant des LVF qui cherche à finir sa guerre au mieux, avec cette interrogation : qu'est-ce que « au mieux » peut bien vouloir dire dans ce cas ?
C'est bien écrit, c'est prenant, c'est historiquement très documenté. Un très bon bouquin pas uniquement distrayant.
Remarque : je regrette juste l'exergue : « le personnage principal de ce livre est un ultra de la collaboration, un fasciste. Les opinions exprimées par celui-ci dans ce roman sont les siennes, et non pas celles de l'auteur »
On en est donc arrivé là ? Il y a donc des risques à simplement publier un roman, car c'en est clairement un même si le fond historique est très prégnant. C'est vraiment triste.
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Février 1945. Les collaborationnistes et les membres de la LVF (Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme) se retrouvent dans l'île de Mainau sur le lac de Constance, entourés de leurs amis allemands nazis. C'est la déroute allemande et chacun essaie d'asseoir le peu de pouvoir qui lui reste tout en espérant sauver sa peau. C'est dans ce contexte que Jacques Doriot, le chef du PPF (Parti Populaire Français, pronazi) est retrouvé criblé de balles ; sa voiture a été mitraillée par un avion possiblement anglais. Mais la présence sur place d'un officier des renseignements allemand introduit un élément de doute : et s'il s'agissait d'un complot ? ● Il est rare que je trouve qu'un roman est trop court ; d'habitude c'est plutôt l'inverse. Or j'ai trouvé celui-ci beaucoup trop dense et trop bref. Il est difficile d'identifier et de se rappeler tous les personnages tant ils sont nombreux. le texte est tellement documenté historiquement que le côté romanesque et fictionnel est délaissé, ce qui obère le plaisir de lecture, qui, pour moi a été bien faible.
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1945... Ça sent la fin pour les derniers irréductibles collaborateurs français qui se sont réfugiés de l'autre côté du Rhin.
À Sigmaringen plus précisément, près du lac de Constance, un château est devenu une enclave française : cadeau du Reich ! Les journalistes antisémites de "Je suis partout", les soldats démobilisés de la LVF, certains cadres de la collaboration française : tous cohabitent dans une ambiance oscillant entre fin du monde et espoir insensé.
Soudain, Jacques Doriot, chef de file des collaborationnistes français, est tué lors du mitraillage de sa voiture. Et si ce n'était pas un avion brittanique qui avait tiré ?
Un jeune lieutenant, épris de justice (vraiment ?), va mener l'enquête.

Nid d'espions, nid de couleuvres, nid de guêpes... Choisissez ce que vous souhaitez. Dans tous les cas, cette enquête forcément nauséabonde est révélatrice du climat malsain qui devait régner en 1945.
Échapper à la vengeance des vainqueurs mais rester fidèle à ses convictions... C'est la valse des retournements de vestes et l'auteur nous entraîne dans la danse savamment.

Pierre Olivier vient d'être récompensé par le Prix du roman d'espionnage, première session. On comprend que ce prix, décerné par des anciens des services de renseignements et de contre-espionnage français, est un gage de qualité.
En effet, la plume de l'auteur est incisive et m'a éclairée sur une partie de la 2nde guerre mondiale que je connaissais peu... Pas simple de raconter les déviants, les malhonnêtes, les tortionnaires...
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Début février 1945, les derniers représentants de la collaboration avec le nazisme se sont regroupés sur un bout de terre dans le sud de l'Allemagne près du lac de Constance devenu enclave française. A Sigmaringen se terrent Laval et Pétain . Les villages alentour hébergent tout ce qui reste de la France collabo, lambeaux de partis politiques fascisants, paramilitaires de la Milice, survivants de la LVF ayant combattu jusqu'aux portes de Moscou. Pierre Olivier réussit très bien à restituer l'ambiance surréaliste qui règne dans ce qui n'est qu'une étape d'une débâcle générale et inéluctable et signe d'une défaite évidente. Sigmaringen c'est un gouvernement provisoire qui ne dirige rien, un journal que personne ne lit, une radio pour la propagande que plus personne n'écoute et des intellectuels insouciants. Plus étonnant encore il y a ceux qui préparent un nouveau combat, clandestin pour résister au nouvel occupant de la France.

Le chef est mort. le 22 février 1945 Jacques Doriot chef du PPF a été tué lors d'une attaque aérienne alors qu'il se rendait en voiture à une réunion avec Marcel Déat. A Sigmaringen, il y a un flic qui se pose des questions, un flic qui trouve plein de choses bizarres dans ce qui a précédé la mort du chef. Ce flic, c'est un ancien des RG, Brigade Spéciale n°2, spécialisée dans la traque des communistes. Un lieutenant de la LVF, uniforme boche sur le dos, l'accompagne. C'est le narrateur. Pierre Olivier dresse des portraits sans concession, le plus souvent de gens ordinaires qui auraient pu rester dans l'anonymat et qui ont fait le choix de trahir pour gagner de l'importance. le lieutenant a combattu contre l'Allemagne en 14-18, il a revêtu l'uniforme de l'ancien ennemi pour combattre le bolchevisme, à aucun moment il n'a pensé qu'il reniait son pays.

Le lecteur suit ce lieutenant dans deux enquêtes. La première concerne ce qu'il pense être l'assassinat de Doriot. le lieutenant agit par conviction, par respect pour le chef. Son autre mission lui a été confiée par le Hauptsturmführer SS Nosek qui souhaite identifier des agents français travaillant pour les américains. A l'origine ces agents travaillaient pour les nazis en fournissant de fausses informations aux alliés. Cela s'appelle de l'intoxication. Mais ces agents ont été retournés par les américains qui veulent avoir accès à des renseignements fournis par les traîtres allemands. La trahison règne au quotidien au sein de la communauté française de Sigmaringen. Poursuivre le combat contre les alliés n'est qu'une façade pour les exaltés, tous les collabos n'ont qu'une idée en tête, trouver un échappatoire au jugement et aux peines qui se profilent. Certains s'emploient à se forger un passé de résistant, même tardif. D'autres veulent fuir, la Suisse, l'Italie ou l'Autriche sont proches de Sigmaringen. Les militaires allemands aussi trahissent ou fuient, pour sauver leur peau.

Le lieutenant est le dernier à vouloir mener à bien ses missions. Un salaud jusqu'au bout. Pierre Olivier n'a pas choisi un héros facile mais il réussit très bien à restituer une ambiance où personne ne veut plus tenir son rôle. « Lorsque tous trahiront » est un titre qui convient parfaitement aux situations décrites et à la psychologie de personnages voulant à tout prix échapper à la justice des hommes alors que les véhicules des militaires alliés se profilent à l'horizon. Ces militaires alliés ne sont pas totalement opposés à revoir leur attitude face à l'ennemi d'aujourd'hui qui ne sera pas forcément celui de demain. Une ambiance surréaliste et machiavélique.

Cet excellent roman ( mélange de polar et d'espionnage, avec un lien fort avec l'Histoire, c'est également un roman noir ) m'a fait repenser au récit d'Émile Brami intitulé «En collaboration » et qui explore avec autant de véracité la communauté française de Sigmaringen.

Pierre OLIVIER - Lorsque tous trahiront . Parution le 12 octobre 2023, Éditions La manufacture de livres en coédition avec les Éditions Konfident . ISBN 978-2-3855-3024-2 .

Pour ce roman, Pierre Olivier a été le premier lauréat du Prix du roman d'Espionnage décerné par l'Amicale des anciens des services spéciaux .
Lien : http://mille-et-une-feuilles..
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Les journées sont longues sur notre petite île, bout de terre allemande à la frontière Suisse. Alors assister à un cours de Jean Bouton sur la clandestinité n'est pas inutile. C'est notre lot à tous, nous les collabos. le cours que je dois donner ensuite sur l'orientation avec une carte et une boussole n'aura jamais lieu. Quelqu'un est entré et a crié: "Le chef est mort !".

Le chef c'est Jacques Doriot, leader du PPF Parti Populaire Français, créateur de la LVF ligue de volontaires français contre le bolchévisme, collabo radical....
On est le 22 février 1945, sur l'île de la Mainau sur le lac de Constance. Les collabos ont fui, une débâcle à l"envers... Et le chef vient de se faire mitrailler par des avions alliés... à moins que ce ne soit un complot.

Pierre Olivier réussit un coup de maître avec ce premier roman dont la grande force est de proposer un narrateur fasciste, collabo, qui raconte les événements de l'intérieur, à la première personne. C'est troublant mais ça fonctionne terriblement bien dans cette intrigue basée sur des faits historiques et des personnages réels.

Ce court roman, très documenté, est vif et piquant. Il y a la gêne de se retrouver malgré soi dans la peau de cet anonyme peu ragoutant et l'envie de comprendre et de résoudre l'enquête avec lui. Il a reçu le premier prix du roman d'espionnage et c'est mérité !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Une odeur de sang et de poudre flotte dans le salon. L’ancien de la LVF me regarde d’une drôle de façon.
– Eh bien, mon lieutenant, je ne vous en croyais pas capable…
– La guerre nous a changés, sans doute.
– Oh non, la guerre a simplement fait que nous devenions ce que nous sommes.
Je découvre alors que mon camarade est une sorte de M. Jourdain, qui fait du Nietzsche sans probablement le savoir.
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Je crois qu’en réalité, nous avons rempilé pour retrouver notre dignité, pour redevenir des hommes après la grande humiliation de 1940, pour oublier les scènes que nous avions vues de nos yeux, que nous avions vécues : ces soldats débandés, ces déserteurs, jusqu’à ces officiers qui avaient abandonné leurs gars, jouaient des coudes pour se ménager une place dans une voiture ou un train afin de mettre le plus de kilomètres possible entre le front et eux. Et encore, ceux-là n’étaient même pas les pires. Les pires, ce furent ces va-t-en- guerre, toujours les mêmes, qui jetaient de l’huile sur le feu, appelaient à barrer la route à Hitler, à défendre notre démocratie, mais qui, une fois que l’heure de l’explication avait sonné, s’étaient tirés ou s’étaient trouvé une planque à l’arrière, dans quelque état-major d’armée, à bonne distance de la bagarre. Affectés spéciaux, détachés, réformés, exemptés, embusqués et dégonflés de toutes les espèces qu’il aurait fallu coller au mur avant de prétendre entre- prendre quoi que ce soit d’autre.
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Alors, je pense que nous n’étions plus vraiment français, mais pas allemands pour autant. Européens ? Je n’y crois pas. L’Europe a été française et puis elle a été allemande. Demain, elle sera peut-être russe et est-ce vraiment le pire qu’elle soit russe ?
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