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EAN : 9782757864326
Points (09/03/2017)
3.61/5   156 notes
Résumé :
"Ses recherches le conduisaient toutes vers le Pô, sur cette terre plate où l'on ne voyait jamais le ciel. Et lui ne croyait pas aux coïncidences."
Dans une vallée brumeuse du nord de l’Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit.
Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l’aval avant de disparaître dans le brouillard.
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
3,61

sur 156 notes

Sylviegeo
  03 mars 2022
On peut dire que dans " le fleuve des brumes" , notre inspecteur au cigare, Soneri, a littéralement les pieds dans l'eau. Tout au long de cet opus, on se promène sur et le long du Po. On s'y promène dans la brume et sous la pluie. Il fait froid, sombre, gris et évidemment c'est humide. Même la lectrice que je suis, je frissonnais sous ce climat de cette vallée du Po. Ce fleuve qui, au cours de l'automne, a décidé de sortir de son lit, d'enfler et de refluer jusqu'à faire évacuer des résidents et mettre à l'épreuve les marins.
Par un beau matin, on retrouve une barge qui a dérivé et échoué durant la nuit, vide...En même temps ou presque, ce même matin, le frère du batelier est défenestré. Suicide, meurtre, noyade? Y a -t-il un lien entre la disparition du marin et son frère passé par la fenêtre ? le Po, ce fleuve qui a tout vu, qui cache dans ses berges et dans son fond les secrets de l'histoire d'une vallée est-il sorti de son lit pour nous en révéler quelques-uns ? le fleuve qui joue le rôle principal et qui met tout en scène, le fleuve qui régit les vies des habitants de ses rives, le fleuve qui cache, qui fait dériver, qui interrompt les habitudes de vie, le fleuve roi qui assujettit ses sujets à ses humeurs...C'est dans ce pays de taiseux, de silence, de rancoeurs que ce fleuve finira par rendre sa sentence et mettre à jour une vengeance...
Il ne faut pas être avide ou pressé pour lire ce titre. Peu d'action ou de rebondissement , plutôt une lente et longue promenade dans cette vallée qui mène toujours à l'eau , à la rencontre de ceux qui depuis plus de 50 ans l'habitent et y ont survécu . Une ambiance, une réflexion et toujours ce fleuve qui mène la danse mais à son rythme...
PS: Je répète , qu'est-ce qu'ils ont tous ces auteurs italiens à toujours nous mettre l'eau à la bouche avec leurs plats? Gourmets et gourmands ils sont et ça me plaît.
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sandrine57
  20 août 2017
Italie, plaine du Pô. le commissaire Soneri est appelé à l'hôpital où Decimo Tonna vient de se jeter par la fenêtre. Mais un rapide examen des lieux infirme le suicide. le vieil homme a été défenestré. le même jour, son frère Anteo est porté disparu, sa péniche échouée après avoir divagué des heures durant sur le fleuve en crue. Pour Soneri, il n'y a pas de coïncidence, quelqu'un en veut aux Tonna, qui n'ont pas pour seul point commun d'être frères, ils sont aussi vieux et solitaires et ont été des fascistes notoires. Doit-il chercher dans un lointain passé les motifs des crimes du présent ? le long du Pô, dans le brouillard et le gel de l'automne italien, le commissaire se heurte au mutisme des habitants. Les vieilles rancunes entre chemises noires et communistes ne sont pas enterrées et les villageois ne sont pas prêts à partager leurs secrets avec un policier. Mais Soneri s'entête. Il écarte toutes les pistes pour se concentrer sur le passé. le ventre lesté de parmesan et de jambon blanc, il patiente, observe, fouille, pour trouver un meurtrier qui sait se fondre dans les brumes du fleuve.
Valerio Valesi nous fait découvrir l'Italie autrement, loin des splendeurs des villes d'art baignées de soleil. Ici, c'est le froid, la brume et l'humidité qui accompagnent son commissaire dans une région moins connue des touristes. Dans la vallée du Pô, les habitants sont des taiseux qui vivent au rythme du fleuve et de ses crues. Pendant la guerre, ces rives ont connu de violents affrontements entre résistants et partisans du Duce. le temps a passé mais n'a effacé ni les rancunes ni les convictions. C'est donc hier que Soneri devra chercher les responsables des crimes d'aujourd'hui.
Peu d'action, peu de mots, un rythme tout en lenteur mais une vraie atmosphère pour ce polar original qui sait prendre son temps et où le Pô est un personnage à part entière. Beau et mélancolique.
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croquignol
  29 août 2021
Le fleuve des brumes, c'est le Pô. Vous aimez les enquêtes nébuleuses les mollets dans l'eau ? Vous allez être servis. Gare aux rhumatismes !
Le commissaire Soneri est un condé à l'ancienne, réfractaire à la technologie, mais avec un gros gros pif, reniflant de loin les pistes et les emmerdes. Il aime aussi la bonne chère, et c'est l'occasion d'une visite guidée des plats et des vins de cette plaine alluviale, dont la plupart m'étaient inconnus, à part la polenta. Forcément ça donne envie. Voyage voyage.
Ah, et j'oubliais, le commissaire a comme compagne une Angela explosive, truculente et mutine à souhait, qui joue avec lui au chat et à la souris : elle est avocate. Elle apporte un piment certain au polar.
Polar de belle facture, rythmé, très agréable, qui ici fait s'affronter à 50 ans de distance anciens fascistes et communistes. Nombreuses références à l'histoire italienne qui m'échappent, tant pis pour moi, mais ça ne m'a pas empêché de passer un bon moment. En particulier dans l'auberge du Sordo, tenue par le Sourd, fin gastronome et incarnation vivante des 3 singes de la sagesse : je ne vois rien, je n'entends rien, je ne dis rien. Il a tout compris.
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JIEMDE
  28 octobre 2019
Un déluge de pluie qui fait sortir le Pô de son cours et les meurtriers de leur impatience, auquel succède une brume angoissante qui masque les âmes mais fait réapparaître le passé, avant que le froid et la glace ne viennent figer la navigation et les espoirs de fuite : une atmosphère parfaite pour le commissaire Soneri qui n'est jamais autant à son aise que dans ces ambiances changeantes.
Deux frères, deux meurtres, mais un seul secret tiré du passé qui rassemble les deux, dans ces villages des berges du fleuve où les traces des combats fratricides entre fascistes et communistes à la fin de la Seconde guerre mondiale n'ont jamais été totalement effacées.
Sous la pression judiciaire et médiatique, Soneri comme à son habitude prend le temps de flâner, d'observer, d'écouter et de se laisser guider par son instinct, sans oublier de garder quelques précieux instants pour la bonne chère lors de tablées roboratives mémorables comme pour l'autre chair, celle d'Angela à l'occasion de 2-3 galipettes impromptues.
Avec le fleuve des brumes de Valerio Varesi -traduit par Sarah Amrani-, je termine dans le désordre mais avec toujours autant de plaisir la saga (en cours) du commissaire Soneri, débutée avec Les ombres de Montelupo (le meilleur de la série à mon avis). Car au risque de me répéter, Varesi excelle dans ces polars d'atmosphère où le lecteur est embarqué dès les premières pages, tant par l'ambiance atypique de ces paysages des environs de Parme, que par le caractère attachant d'un commissaire que j'ai déjà hâte de retrouver.
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Croquignolle
  10 avril 2019
Cette enquête policière a la lenteur d'un fleuve au repos : Elle fascine, calme, impressionne, ne provoque pas de grands chamboulements et captive par son histoire ancrée sur une terre fascinante.
Valerio Varesi pose son crime dans une région d'Italie que je ne connais pas mais que j'ai appris à découvrir à travers les lignes de ce roman. Avec beaucoup d'intérêt, j'ai découvert le passé trouble, les affrontements humains, les phénomènes naturels et la vie quotidienne au bord d'un des cours d'eau les plus célèbres d'Italie, le Pô.
Un bon policier pour un superbe dépaysement.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
croquignolcroquignol   29 août 2021
Il alluma son cigare dès qu’il s’affala dans le fauteuil du salon d’où il avait à portée de vue l’ensemble de son appartement. C’était le moment qu’il préférait : chaussons aux pieds, pyjama, robe de chambre et puis sa maison, toujours la même. Celle où il avait grandi depuis son enfance, celle que lui avaient laissée ses parents avec tout son mobilier, inchangé depuis toutes ces années. Une fois sa journée finie, il avait l’impression de se réfugier dans un lieu dont lui seul connaissait la carte. Et là pouvoir penser plus librement après avoir tout laissé dehors, dans la rue qu’il entrevoyait grise et floue comme à travers une vitre sur laquelle glisseraient des gouttes d’eau.
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monromannoirmonromannoir   20 août 2016
Il profita de la pénombre jusqu'à ce que la lumière couleur cendre du matin s'éclaircisse sombrement au-dessus des toits. Alors, avec beaucoup d'avance, il sortit et pris la direction de la morgue. L'eau continuait à tomber de nuages bas, effrangés côté terre, qui lui rappelèrent les entrailles laineuses des matelas éventrés par la brigade des stups lors des perquisitions. Il avait l'impression que le seul endroit au sec était la braise de son cigare. Même ses os, au premiers pas du matin, s'étaient amollis comme des manches de pelles que l'on mettrait à tremper.
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BazartBazart   07 janvier 2017
"La situation ne cessait de s'aggraver. Les métérologues disaient que le salut arriverait par les vents froids de l'Est qui geleraient les montagnes et solidifieraient toute cette eau. soneri regarda les gouttes décomposées par l'air. Le vent était vraiment levé, mais il semblait ne pas savoir quel route prendre. Il arrachait des lambeaux de fumée aux cheminées et la répandait alentour violemment."
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trogloniotroglonio   28 octobre 2018
- Même le Pô dévore ce qu'il a créé. Tout se modifie perpétuellement. Au parti (communiste), il y a seulement vingt ans, on nous enseignait que l'Histoire va toujours de l'avant, vers un futur meilleur ; à présent, non seulement l’optimisme a disparu, mais le parti aussi. Je ne crois franchement pas que les choses puissent s'améliorer. Comme le Pô, nous marchons vers la fange d'une mer fétide.
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MELANYAMELANYA   04 juillet 2021
Il était sur le point de faire demi-tour, mais Angela le saisit par un pan de son Montgomery. Il tenta de se dégager sous les yeux d’une patrouille qui était de retour, puis il renonça : cette joute plus badine qu’enragée l’aurait ridiculisé.
Ne vas pas croire que je te lâche… dit-elle en riant.
Alors Soneri rit à son tour :
Dommage, je m’étais fait des illusions.
En le prenant par le bras, elle lui donna un coup de coude au niveau de la rate.
Comme ça, tu verras les étoiles malgré le temps.
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Videos de Valerio Varesi (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valerio Varesi
À chaque ville italienne son auteur de polar. Parme, c'est Valerio Varesi et son commissaire Soneri dont paraît la cinquième aventure traduite en français. Écriture fluide, poétique, sens des dialogues, art de l'intrigue et charme entêtant de la mélancolie. de quoi vous donner des envies de voyage... "Or, encens et poussière" de Valerio Varesi. Traduit de l'italien par Florence Rigollet, éd. Agullo. UNE ÉMISSION ANIMÉE PAR Michel Abescat et Christine Ferniot RÉALISATION Pierrick Allain TÉLÉRAMA - JUIN 2020
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