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EAN : 9782757864326
Éditeur : Points (09/03/2017)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 110 notes)
Résumé :
« Ses recherches le conduisaient toutes vers le Pô, sur cette terre plate où l'on ne voyait jamais le ciel. Et lui ne croyait pas aux coïncidences. »
Dans une vallée brumeuse du nord de l’Italie, la pluie tombe sans relâche, gonflant le Pô qui menace de sortir de son lit.
Alors que les habitants surveillent avec inquiétude la montée des eaux, une énorme barge libérée de ses amarres dérive vers l’aval avant de disparaître dans le brouillard.
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  20 août 2017
Italie, plaine du Pô. le commissaire Soneri est appelé à l'hôpital où Decimo Tonna vient de se jeter par la fenêtre. Mais un rapide examen des lieux infirme le suicide. le vieil homme a été défenestré. le même jour, son frère Anteo est porté disparu, sa péniche échouée après avoir divagué des heures durant sur le fleuve en crue. Pour Soneri, il n'y a pas de coïncidence, quelqu'un en veut aux Tonna, qui n'ont pas pour seul point commun d'être frères, ils sont aussi vieux et solitaires et ont été des fascistes notoires. Doit-il chercher dans un lointain passé les motifs des crimes du présent ? le long du Pô, dans le brouillard et le gel de l'automne italien, le commissaire se heurte au mutisme des habitants. Les vieilles rancunes entre chemises noires et communistes ne sont pas enterrées et les villageois ne sont pas prêts à partager leurs secrets avec un policier. Mais Soneri s'entête. Il écarte toutes les pistes pour se concentrer sur le passé. le ventre lesté de parmesan et de jambon blanc, il patiente, observe, fouille, pour trouver un meurtrier qui sait se fondre dans les brumes du fleuve.
Valerio Valesi nous fait découvrir l'Italie autrement, loin des splendeurs des villes d'art baignées de soleil. Ici, c'est le froid, la brume et l'humidité qui accompagnent son commissaire dans une région moins connue des touristes. Dans la vallée du Pô, les habitants sont des taiseux qui vivent au rythme du fleuve et de ses crues. Pendant la guerre, ces rives ont connu de violents affrontements entre résistants et partisans du Duce. le temps a passé mais n'a effacé ni les rancunes ni les convictions. C'est donc hier que Soneri devra chercher les responsables des crimes d'aujourd'hui.
Peu d'action, peu de mots, un rythme tout en lenteur mais une vraie atmosphère pour ce polar original qui sait prendre son temps et où le Pô est un personnage à part entière. Beau et mélancolique.
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nadiouchka
  15 août 2017
Sur fond de musique de Verdi et par un temps diluvien qui dure depuis plusieurs jours, le Pô est en crue.
Nous sommes donc en Italie et le livre commence par la surveillance de la montée des eaux.
Valerio Varesi nous emmène avec « Le Fleuve des brumes » (« Il fiume delle Nebie ») dans une enquête commençant avec la dérive inattendue de la péniche du vieux Tonna qui lui, a disparu. On croyait sa péniche chargée de céréales mais rien n'est moins certain.
C'est le commissaire Soneri qui intervient car il est appelé pour ce qui semble être un suicide, celui du frère de Tonna. Deux disparitions coup sur coup ? Ou peut-être pire ? La coïncidence est plutôt étonnante surtout quand on apprend que les Tonna ont été des militants des Chemises Noires.
Mais cette enquête va se dérouler de façon « tranquille », au gré du courant du fleuve, dans un univers moite, au bord des berges détrempées.
Soneri, amateur de bons petits plats, de parmesan et d'un certain petit vin pétillant servi dans l'auberge du « Sourd », est très observateur – pour lui la péniche de Tonna était plutôt destinée au transport d'autre chose de plus rentable – il semble se laisser dériver mais il a beaucoup de patience et de ténacité car il doit, parfois, se heurter à de hautes personnalités. Et puis les personnages qui l'entourent sont bien silencieux quand il s'agit d'évoquer le passé.
Mais heureusement que sa compagne, la fougueuse Angela (avocate de son état et amatrice d'expériences plutôt coquines), lui donne parfois des indices inattendus qui le font avancer.
Dans ce polar, on retrouve souvent la musique de Verdi : air de Aïda sur le portable de Soneri, parfois du Falstaff au cours de la lecture…
Si le fameux fleuve, le Pô est dans les brumes, c'est aussi le cas du commissaire qui va devoir faire preuve d'une grande force de déduction et de persévérance. Ce fleuve, avec sa crue et sa décrue, semble représenter également le passé qui remonte lentement et le présent où rien n'a été vraiment oublié.
L'auteur fait preuve d'un grand talent d'écriture avec cette ambiance lourde, en nous entraînant dans cette sombre enquête où ce nombreux événements vont survenir petit à petit, mais tout cela dans un style fluide, comme celui de l'écoulement des eaux du fleuve.
L'Obs a défini ainsi « Le Fleuve des brumes » : « Il y a là-dedans un charme fou (ou flou comme le suggère mon ami Krout) : on se laisse embarquer dans ces paysages détrempés, on dérive au fil des phrases. On adore. »
Je lui donne entièrement raison et pour moi c'est encore un nouvel écrivain que j'ai découvert.
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JIEMDE
  28 octobre 2019
Un déluge de pluie qui fait sortir le Pô de son cours et les meurtriers de leur impatience, auquel succède une brume angoissante qui masque les âmes mais fait réapparaître le passé, avant que le froid et la glace ne viennent figer la navigation et les espoirs de fuite : une atmosphère parfaite pour le commissaire Soneri qui n'est jamais autant à son aise que dans ces ambiances changeantes.
Deux frères, deux meurtres, mais un seul secret tiré du passé qui rassemble les deux, dans ces villages des berges du fleuve où les traces des combats fratricides entre fascistes et communistes à la fin de la Seconde guerre mondiale n'ont jamais été totalement effacées.
Sous la pression judiciaire et médiatique, Soneri comme à son habitude prend le temps de flâner, d'observer, d'écouter et de se laisser guider par son instinct, sans oublier de garder quelques précieux instants pour la bonne chère lors de tablées roboratives mémorables comme pour l'autre chair, celle d'Angela à l'occasion de 2-3 galipettes impromptues.
Avec le fleuve des brumes de Valerio Varesi -traduit par Sarah Amrani-, je termine dans le désordre mais avec toujours autant de plaisir la saga (en cours) du commissaire Soneri, débutée avec Les ombres de Montelupo (le meilleur de la série à mon avis). Car au risque de me répéter, Varesi excelle dans ces polars d'atmosphère où le lecteur est embarqué dès les premières pages, tant par l'ambiance atypique de ces paysages des environs de Parme, que par le caractère attachant d'un commissaire que j'ai déjà hâte de retrouver.
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Croquignolle
  10 avril 2019
Cette enquête policière a la lenteur d'un fleuve au repos : Elle fascine, calme, impressionne, ne provoque pas de grands chamboulements et captive par son histoire ancrée sur une terre fascinante.
Valerio Varesi pose son crime dans une région d'Italie que je ne connais pas mais que j'ai appris à découvrir à travers les lignes de ce roman. Avec beaucoup d'intérêt, j'ai découvert le passé trouble, les affrontements humains, les phénomènes naturels et la vie quotidienne au bord d'un des cours d'eau les plus célèbres d'Italie, le Pô.
Un bon policier pour un superbe dépaysement.
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monromannoir
  20 août 2016
Nouvelle venue dans le monde littéraire, Agullo Editions porte le nom de Nadège Agullo, ancienne cofondatrice de Mirobole Editions, une maison publiant des romans noirs issus de terres étrangères méconnues. Pour ce nouveau voyage elle est accompagnée de Sébastien Wespiser, libraire avisé, passionné et amateur de beaux textes qu'il n'a de cesse de faire partager et parmi lesquels figure le prodigieux roman Les Noirs et les Rouges d'Alberto Garlini. Une belle association donc pour cette maison d'éditions prometteuse qui s'embarque sur le registre des publications atypiques. Et puisque j'ai évoqué l'Italie et le fascisme par le biais du roman de Garlini, restons-y pour découvrir le Fleuve des Brumes de Valerio Varesi qui inaugure une série mettant en scène le commissaire Soreni.
Puisqu'il s'agit d'une nouvelle maison d'édition il faut tout d'abord dire un mot sur le superbe concept de la maquette du livre composée d'un couverture légèrement rugueuse et d'un bandeau mettant en exergue le titre du livre ainsi que les différents vins servis durant le récit dans l'auberge d'Il Surdo comme pour prolonger l'ambiance d'un roman où le plaisir de la table fait partie des instants chaleureux d'un récit se déroulant durant une période hivernale froide et humide.
Rien ne va plus au cercle nautique. le Pô est en crue et a emporté dans son sillage indolent une énorme barge antique, mystérieusement libérée de ses amarres. Dans la brume nocturne, l'embarcation vogue telle un navire fantôme avant de s'échouer à l'aube sur une berge sablonneuse. Son capitaine semble avoir disparu et le cas est d'autant plus troublant que son frère est retrouvé, le jour même, mort défenestré. En charge de la levée de corps, le commissaire Soneri va rapidement découvrir que les deux frères ont servi, cinquante ans plus tôt, dans une milice fasciste qui a sévi dans la région. Au rythme de la crue et de la décrue, le Pô met en scène les terribles révélations d'un passé s'étiolant inexorablement dans les brumes de l'oubli. Les rancoeurs peuvent-elles survivre à l'usure du temps ?
L'incarnation du fleuve donne tout son sens à ce roman dont l'intrigue se noue et se dénoue au lent rythme d'une crue et d'une décrue inexorable dévoilant des pans d'une histoire que l'on pensait enfouie dans les brumes de l'oubli. Des histoires anciennes qui refont surface au travers d'un texte envoûtant dégageant une atmosphère trouble et prenante dans laquelle le lecteur installera son imaginaire en arpentant une région mystérieuse empreinte d'une certaine générosité qui s'incarne par le biais des vins et des plats typiques servis dans l'auberge d'Il Sourdo où le commissaire Soreni installe ses quartiers afin de résoudre cette affaire tortueuse.
Il y a la brume qui s'insinue partout tout comme l'eau qui ronge les berges d'un paysage hivernal qui peu à peu se fige sous l'assaut du givre. Deux éléments omniprésents qui rappellent la mémoire et le remord rongeant les coeurs de protagonistes figés dans un passé qui n'inspire plus qu'une mélancolie teintée de regrets. C'est dans ces décors sublimes, emprunts d'une troublante poésie nostalgique, que le commissaire Soreni explore le passé obscur de ces anciens qui se sont affrontés autrefois dans des combats sanglants évoquant ainsi cette période peu glorieuse de la République de Salò. L'auteur installe donc son personnage sur le registre de l'enquêteur solitaire à l'écoute des autres en s'immergeant dans le contexte du crime qu'il doit résoudre. Dans une atmosphère de méfiance, voire même de défiance le commissaire Soreni dénoue peu à peu les noeuds d'une intrigue sombre qui trouve sa résolution dans un passé historique qui secoue encore la conscience de ses habitants.
Malgré son côté individualiste le commissaire Soreni s'adjoint la collaboration de plusieurs collègues ainsi que de toutes les ressources judiciaires nécessaires à la résolution d'une enquête qui pourrait aisément s'avérer insoluble et qui bénéficie parfois de hasards bien trop circonstanciés pour être tout à fait crédibles. Défauts mineurs qui ne nuisent nullement les qualités indéniables d'une intrigue bien ficelées, mettant en exergue les rivalités entre la police judiciaire et les carabiniers ainsi que les trafics d'êtres humains liés à l'immigration clandestine. Et puis il y a la belle Angela, compagne du commissaire, dont la sensualité quelque peu débridée donne droit à quelques scènes à la fois cocasses et surprenantes conférant au commissaire Soreni un supplément d'humanité.
Avec le Fleuve des Brumes, Valerio Varesi nous entraîne donc dans le cadre peu commun de cette belle région de Parme propice à de belles scènes se déroulant dans le lit d'inondation d'un fleuve impassible qui renferme au creux de son lit de troubles secrets inavouables. Mystérieux et envoûtant.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   19 août 2017
L’enquête était rythmée par les eaux du Pô, qui montaient et descendaient sans jamais épargner les rives du fleuve.
Sa voiture faillit déraper sur un bout d’asphalte recouvert de verglas glissant comme du verre. La peur l’empêcha d’entendre l’AÏda qui depuis plusieurs secondes n’avait cessé de retentir sous son Montgomery.
P.197
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nadiouchkanadiouchka   19 décembre 2017
Il était sur le point de faire demi-tour, mais Angela le saisit par un pan de son Montgomery. Il tenta de se dégager sous les yeux d’une patrouille qui était de retour, puis il renonça : cette joute plus badine qu’enragée l’aurait ridiculisé.
Ne vas pas croire que je te lâche… dit-elle en riant.
Alors Soneri rit à son tour :
Dommage, je m’étais fait des illusions.
En le prenant par le bras, elle lui donna un coup de coude au niveau de la rate.
Comme ça, tu verras les étoiles malgré le temps.
P.52
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monromannoirmonromannoir   20 août 2016
Il profita de la pénombre jusqu'à ce que la lumière couleur cendre du matin s'éclaircisse sombrement au-dessus des toits. Alors, avec beaucoup d'avance, il sortit et pris la direction de la morgue. L'eau continuait à tomber de nuages bas, effrangés côté terre, qui lui rappelèrent les entrailles laineuses des matelas éventrés par la brigade des stups lors des perquisitions. Il avait l'impression que le seul endroit au sec était la braise de son cigare. Même ses os, au premiers pas du matin, s'étaient amollis comme des manches de pelles que l'on mettrait à tremper.
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BazartBazart   07 janvier 2017
"La situation ne cessait de s'aggraver. Les métérologues disaient que le salut arriverait par les vents froids de l'Est qui geleraient les montagnes et solidifieraient toute cette eau. soneri regarda les gouttes décomposées par l'air. Le vent était vraiment levé, mais il semblait ne pas savoir quel route prendre. Il arrachait des lambeaux de fumée aux cheminées et la répandait alentour violemment."
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nadiouchkanadiouchka   26 août 2017
- Dites la vérité le taquina Barigazzi, il était compromis dans de sales trafics, pas vrai ?
- Comment le savez-vous ?
- Sur le Pô, on se connaît bien, ça discute. Autant que je sache, des céréales, il n’en transportait pas beaucoup. Mais il voyageait souvent et une péniche comme celle-là c’est pas donné. L’argent devait forcément arriver de quelque part.
- Je crois que vous avez raison, répondit Soneri. Dans ce brouillard se cachent de plus en plus de mystères. P.178
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Videos de Valerio Varesi (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valerio Varesi
Un dernier polar avant la rentrée. Pour finir l'été en beauté, Michel Abescat et Christine Ferniot vous présente aujourd'hui "Les mains vides", de l'écrivain italien Valerio Varesi. le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri se déroule sous la chaleur humide et gluante du mois d?août à Parme.
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