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Jean-Pierre Néraudau (Éditeur scientifique)Théophile Baudement (Traducteur)
ISBN : 2070401537
Éditeur : Gallimard (26/10/1999)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Des héroïnes souffrent de l'absence de l'homme qu'elles aiment et qui, le plus souvent, les a perfidement abandonnées. Comment peuvent-elles lui dire leurs souffrances? En inventant, pour répondre à cette question, le genre de la lettre amoureuse, à la fois monologue tragique et cantate lyrique, Ovide explore le vertige des héroïnes blessées. Les accents des Lettres d'amour résonnent encore dans les aveux de Phèdre comme dans ceux de la religieuse portugaise, ou dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
michfred
  11 avril 2016
Les Héroïdes d'Ovide ont été si célèbres, si admirées, si imitées -par exemple, les fameuses Lettres de la religieuse portugaise, et même, dans un registre bien moins élégiaque, les Liaisons dangereuses- qu'elles ont donné leur nom à une tradition littéraire: l'héroïde.
Les Héroïdes s'apparentent à deux genres littéraires: le genre épistolaire et la poésie: elles sont écrites en distiques élégiaques.
L'héroïde est donc une lettre d'amour, plaintive- élégie veut dire "plainte" - , adressée à l'être aimé par la créature que celui-ci a abandonnée ou dont il est séparé.
Le plus souvent le scripteur est une femme, et le destinataire, un homme.
Cherchez l'erreur...
Chez Ovide seules les trois dernières "héroïdes" -dont deux, exception notoire, sont à l'initiative d'hommes- reçoivent une réponse de l'amour lointain.
Quelques instants de douceurs dans un monde de brutes...
Il faut découvrir la lettre de Didon à ce faux-cul d'Enée, parti en douce fonder sa ville avec la flotte que la belle reine de Carthage lui a équipée et l'abandonnant au désespoir et au suicide...ou celle de cette malheureuse Médée, la sorcière-virago-monstre-infanticide qui n'est encore rien de cela à ce jgvrghzjzjtzz de Jason...( lui, alors, quel jgvrghzjzjtzz !)
Aujourd'hui, l'héroïde bat de l'aile: elle nourrit les romans à l'eau-de-rose ou les titres de la presse people: "Inconsolable, elle lui écrit : Reviens!" ..
Ou elle fournit la quintessence des sms brutaux d' amoureux éconduits: "Si tu reviens, j'annule tout!" ...
Triste époque...
Il nous manque un Ovide pour relever le niveau de nos modernes héroïdes!
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Elvira
  15 mai 2011
Ce livre est un bijou d'ingéniosité et de lyrisme. Il fera le bonheur des passionnés d'antiquité comme des non spécialistes : le thème est universel et les notes permettent de remettre le personnage dans son contexte. Je dois avouer que ce livre est l'un de mes favoris, d'une part parce que j'aime beaucoup l'antiquité (le livre offre une grande diversité de personnages) et d'autre part parce que ces lettres sont vraiment émouvantes. Il faut également souligner que les lettres ne sont pas toutes écrites par des femmes !
Lien : http://metamorphoses-de-psyc..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   11 avril 2016
De Pénélope à Ulysse

Ta Pénélope t'envoie cette lettre, trop tardif Ulysse. Ne me réponds rien, mais viens toi-même. Elle est certainement tombée, cette Troie, odieuse aux filles de la Grèce. Priam et Troie tout entière valent à peine tout ce qu'ils me coûtent. Oh ! Que n'a-t-il été enseveli dans les eaux courroucées, le ravisseur adultère, alors que sa flotte le portait vers Lacédémone ! Je n'aurais pas, sur une couche froide et solitaire, pleuré l'absence d'un époux. Je n'accuserais pas, loin de lui, la lenteur des jours, et, dans ses efforts pour remplir le vide des nuits, ta veuve ne verrait point une toile toujours inachevée pendre à ses mains fatiguées.
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ElviraElvira   13 novembre 2011
Ne crois pas que ce soit par corruption de cœur que je romps les liens qui m’enchaînent : nulle faute, je souhaite que tu t’en informes, n’a terni ma renommée. L’amour exerce d’autant plus d’empire qu’on le connaît plus tard : je brûle intérieurement ; je brûle, et une blessure secrète fait saigner mon cœur.
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michfredmichfred   11 avril 2016
De Didon à Enée
Il te reste à avoir un autre amour et une autre Didon, et, pour la violer de nouveau, à engager de nouveau ta foi. Quand viendra le jour où tu pourras élever une ville semblable à Carthage, et voir du haut de ta citadelle les peuples soumis à tes lois ?
Que tout te réussisse, que tes vœux ne rencontrent point d'obstacles, où trouveras-tu une épouse qui t'aime comme moi ? Je brûle comme ces torches de cire, enduites de soufre, comme l'encens sacré jeté sur le brasier fumant. Énée est toujours, pendant que je veille, comme attaché à mes yeux. La nuit et le jour retracent sans cesse Énée à mon esprit. C'est un ingrat pourtant, que mes bienfaits ne touchent pas, et que je devrais oublier, si je n'étais insensée, et cependant, bien qu'il songe à me trahir, je ne hais pas Énée, mais je me plains de l'infidèle, et ma plainte me le fait aimer davantage.
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mathilde08mathilde08   27 mars 2013
Viens, viens au plus tôt, toi, notre port de salut, notre asile. Tu as, et puisses-tu avoir longtemps, un fils dont la jeunesse doit se former à l'exemple de la sagesse paternelle ! Songe à Laërte, dont il te faudra bientôt fermer les yeux ; il attend avec résignation le jour suprême du destin. Pour moi, jeune à ton départ, quelque prompt que soit ton retour, je te paraîtrai vieille.
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michfredmichfred   11 avril 2016
De Médée à Jason

Il y a quelque plaisir à reprocher un bienfait à un ingrat ; je veux goûter ce plaisir : c'est la seule jouissance qui me viendra de toi. Forcé de diriger, sans expérience, un vaisseau vers Colchos, tu abordas aux rivages fortunés de ma patrie. Là, Médée fut pour toi ce qu'est ici ta nouvelle épouse. Autant son père a de richesses, autant en avait le mien : l'un règne sur Éphyre (67) que baigne une double mer ; l'autre, sur toute la contrée qui s'étend depuis la rive gauche du Pont jusqu'à la neigeuse Scythie. Æétès donne l'hospitalité à la jeunesse grecque, et vos corps foulent des lits ornés de peintures. Ce fut alors que je te vis, alors que j'appris à te connaître ; ce fut la première atteinte portée à mon âme. Je te vis, je défaillis ; je brûlai d'une flamme inconnue, comme brûle aux autels des grands dieux la torche de pin. Tu étais beau, et ma destinée m'entraînait : tes yeux avaient attiré mes regards. Perfide, tu l'as senti : qui peut facilement cacher l'amour ? La flamme, en s'élevant, se trahit et se dénonce elle-même.
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Videos de Ovide (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Ovide
Rencontre avec Jean-Louis Poirier le 18 décembre 2019 à la Librairie Guillaume Budé. Bibliothèque mythologique idéale. Les textes ici rassemblés sont tous fondateurs, qu'ils aient été sublimés par les géants de la poésie que sont Homère, Virgile, Ovide, ou composés par les petites mains érudites de la mythologie, les mythographes. Plus d'informations sur https://www.lesbelleslettres.com/livre/4102-bibliotheque-mythologique-ideale
Dans la catégorie : Poésie italienneVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues italiques. Littérature latine>Poésie italienne (26)
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