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François Villeneuve (Traducteur)Odile Ricoux (Éditeur scientifique)
ISBN : 2251799648
Éditeur : Les Belles Lettres (15/10/2002)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Les Satires d'Horace forment deux recueils en hexamètres dactyliques, l'un de dix pièces publié en 35 et l'autre de huit pièces publié en 29 av. J.-C.

Le genre est propice à l'autoportrait, et Horace y excelle. Il s'agit de « causeries » (sermones) où sont de mise la liberté de ton et la polémique, que ce soit à propos de questions sociales, éthiques, littéraires, etc. Mais ce qui était permis à Lucilius sous la République ne l'est évidemment plus sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  24 avril 2015
Les satires d'Horace sont ce que leur titre annonce: un mélange, de "satura" , mélange, mais un mélange goûteux, savoureux, pétillant d'humour. On y trouve en effet des dialogues vifs et drôles,des éloges vibrants de la vie campagnarde,des portraits au vitriol des pique-assiette, arrivistes et fâcheux en tout genre qui fourmillent dans la Rome d'Auguste,des fables délicieuses, des pensées philosophiques inspirées d'Epicure....
Et puis surtout on y trouve Horace lui-même, presque toujours présent dans ses Satires et qui fait de lui-même un portrait pas toujours flatteur: bougon, hésitant, maladroit, volontiers irritable...mais si naturel, si joyeusement bon vivant, simple dans ses goûts, fidèle dans ses amitiés, honnête dans ses positions politiques -meilleur ami de Mécène, le bras droit d'Auguste, il ne cache pas ses anciennes sympathies républicaines, lui qui fut présent à la bataille de Philippes ...
On a envie de le rencontrer, au détour de la Via Appia, flanqué de son fâcheux infernal qui lui colle à la toge comme un gratte-cul, et de l'en délivrer pour aller boire avec lui un petit vin de Phalerne coupé d'eau claire dans un thesmophorion animé...
Horace, un de ceux qui rend les langues mortes si vivantes...n'en déplaise à notre ministre de l'Educ'Nat', avec sa réforme bien mal inspirée...
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brigetoun
  15 février 2013
plaisir de les retrouver, à vrai dire pour les avoir lues peu à peu dans la traduction de Danielle Carlès au fur et à mesure de leur publication sur son blog, et avoir lors de cette lecture sentir un parfum de souvenir un peu vague danser dans sa mémoire.
plaisir de la saveur bien oubliée (très oublié, là aussi c'est plutôt le souvenir du studieux plaisir de l'adolescence) du latin, et de la versification.
plaisir de la poésie, de la méchanceté, de la crudité parfois, plaisir de voir revivre la société romaine (avec l'assistance bienvenue des notes)
plaisirs.. dont il ne faut pas se priver
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LionelBonhouvrier
  11 février 2017

Rome, le Forum.
Horace y croise des clients empressés, un poète prolifique, des sots en goguette.
Des flatteurs professionnels l'arrêtent. Les maîtres-chanteurs tendent l'oreille.
Toute une foule dans la houle des passions.
Les Satires sont des poèmes, regroupés en deux livres, qui se veulent des causeries. Il y exprime sa gratitude pour son père et pour Mécène, son protecteur et ami. L'esprit toujours en éveil, il fait le portrait de personnes pleines de vices (gourmandise, luxure, avarice). Il y révèle certains de ses propres défauts.
Horace note ses goûts dans l'art d'écrire avec une belle liberté, y mêlant sa vie, ses habitudes les plus quotidiennes.
"Je me trouvais aller par la voie sacrée, méditant, suivant mon habitude, je ne sais quelles bagatelles, complètement absorbé par elles."
"Retourne souvent ton poinçon si tu veux écrire des oeuvres dignes qu'on les relise et ne te mets pas en peine d'être admiré de la foule, satisfait d'un petit nombre de lecteurs".
"Horace n'ira point fatiguer de ses vers les oreilles distraites De César ; il regimbe, comme un coursier, sous la main maladroite qui le flatte".
"Soit qu'une paisible vieillesse m'attende, soit que la mort aux ailes noires voltige déjà autour de moi, riche, pauvre, à Rome, dans l'exil même, si le destin l'ordonne, quelle que soit la situation de ma vie, j'écrirai".

Lien : http://lionel.bonhouvrier/cr..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   24 avril 2015
Mon rat de ville installe aussitôt son rustique ami sur la pourpre, et courant çà et là, comme un maître d'hôtel, en habit de combat, il offre à son hôte en suivant l'ordre des services, les morceaux les plus délicats !

«Tâtez-moi de ceci, j'y ai goûté !» disait-il.

Cependant mon rustre, à demi vautré sur le meilleur coussin, se réjouit de sa fortune, et fait chère lie en signe de contentement, quand tout à coup le fracas des portes brutales envahit cette quiétude, et nos deux rats, hors des lits sur lesquels ils se carraient, de courir par toute la salle, éperdus et morts de peur, au relancé des dogues affreux qui remplissent la maison de leurs aboiements.

«Décidément, s'écria le rat des champs, voilà une vie étrange et qui ne me va guère. Adieu ! J'habite un mauvais gîte, au fond d'un vieux bois, j'en conviens ; j'y vis de peu, c'est vrai, mais je vis en sûreté !»
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michfredmichfred   24 avril 2015
DAVE
Vous êtes toujours à nous vanter les vertus de l'âge d'or ; pourtant, si quelque dieu nous voulait ramener à ces beaux jours... feriez-vous de beaux cris ! De deux choses l'une : ou vous n'êtes pas très persuadé que l'objet de vos regrets soit regrettable ; ou, si vous le regrettez vraiment, vous le défendez mal ; vous voilà bien les deux pieds plantés dans le bourbier !

A Rome : «Ah ! dites-vous, la campagne !» A la campagne : «O Rome égale au soleil !» Si, par hasard, faute d'invitation au dehors, monsieur dîne enfin à sa propre table, et sous son toit : «Quelle fête et quel bonheur de rester chez soi, à manger tranquillement ses fruits et ses légumes !...» Comme si l'habitude était de prendre les gens à la gorge et de les traîner de force aux réunions de la bonne chère et du bon vin ! Cependant, que Mécène écrive.... un peu tard : Je vous attends à souper. «Holà ! vite, un flambeau ! est-ce qu'on ne m'entend pas quand j'appelle ? Holà ! Parez-moi, je vais chez Mécène !» Vous criez, on vous habille, et vous voilà parti. Vos chers parasites, Mulvius et compagnie, qui croyaient s'emplir à vos frais, vous envoient à tous les diables.
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AunryzAunryz   20 avril 2015
Quel plaisir prends-tu à enterrer dans un trou creusé en cachette, tremblant de peur, une énorme quantité d’or et d’argent ?

quid iuuat inmensum te argenti pondus et auri
furtim defossa timidum deponere terra ?
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michfredmichfred   24 avril 2015
Lui, cependant, il va sautillant et gazouillant :

« Il faut convenir, disait-il, que Rome est une belle ville, et que nos rues sont de belles rues... Vous vous taisez... je vois bien que vous voulez m'échapper ; mais halte-là ! Où vous allez, j'irai. Au fait, où donc allez-vous ?

- Fort loin d'ici, chez un malade, un mien ami, que vous ne connaissez pas, au delà du Tibre et non loin du jardin de César ! Pourquoi prendre un si grand détour ?

- Bon ! je n'ai rien à faire et ne demande qu'à marcher. Allons ! je vous suis ».

Vous avez vu, parfois, un pauvre âne accablé sous le faix et la tête basse ? ainsi j'allais.
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DanieljeanDanieljean   30 avril 2018
Comment se fait-il, Mécène, que l’homme ne vit jamais content de son sort, qu’il le doive à un choix motivé ou au hasard des circonstances ? Pourquoi juge-t-il heureux les gens qui vivent une nuit opposée à la sienne ? »
« Mais beaucoup d’hommes sont la proie de désirs trompeurs. “On n’a jamais assez, dit l’un, puisque l’on est estimé en proportion de ce que l’on possède.” »
« Je reviens à mon point de départ : comment se fait-il que personne, comme l'avare, ne s'applaudisse de son sort, que chacun juge heureux ceux qui suivent une voie opposée à la sienne ? qu'il se consume de jalousie si sa chèvre a les pis moins gonflés que celle du voisin ? qu'il ne se compare jamais à de plus pauvres, qui sont la majorité ? qu'il se tue à surpasser l'un et l'autre, trou­vant toujours sur sa route, malgré sa hâte, un plus riche que lui ? Ainsi, quand, au sortir des barrières, les chars partent, tirés par les chevaux aux sabots rapides, le cocher tâche de rattraper les bêtes qui sont devant les siennes, sans regarder celle qu'il a dépassée et qui reste parmi les dernières. C'est pourquoi nous trouverons rarement un homme qui se vante d'avoir vécu heureux et qui, son temps fini, parte, content de son existence, comme un convive qui a bien dîné.
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Dans la catégorie : Poésie italienneVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues italiques. Littérature latine>Poésie italienne (26)
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