AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Anne Charlon (Traducteur)
EAN : 9782746715318
166 pages
Éditeur : Autrement (01/10/2011)
3.8/5   5 notes
Résumé :
Le titre du livre est en fait "L'invitation"

Nous sommes en 1939. Pour sauver leur fils condamné à mort par les franquistes, M. et Mme Forest sont prêts à tout. D´abord intrigués par l´invitation à dîner du commissaire Carpentier, ils décident de saisir leur chance. Récital d´opéra, domestiques impassibles, conversations saugrenues : les Forest sont désarçonnés. Vont-ils enfin pouvoir parler de leur fils ? Sans compter cette interminable succession de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
le-mange-livres
  04 avril 2012
"Joli couple ! Peut-être y aurait-il matière à passer un bon moment. Les invités n'étaient pas sans défense. Ils pouvaient avoir du répondant. La nuit commençait à peine et elle s'annonçait plaisante et pétillante comme le champagne".
Catalogne, 1939. La guerre civile est finie et les franquistes mettent en oeuvre une répression sans pitié. le roman s'ouvre sur la scène insoutenable d'une exécution sur la plage. Et l'ombre de cette ouverture plane, menaçante et insidieuse, sur le reste du récit, comme une sombre prémonition.
L'Invitation, c'est celle que Carpentier, un commissaire de police, adresse aux époux Forest, qui se trouvent dans une bien inconfortable position de solliciteurs : ils viennent en effet tenter de sauver la tête de leur fils, condamné à mort. Dans l'unité de temps et de lieu d'un dîner mondain qui tourne quasiment au huis clos se joue la grande scène de la vie. Dès le départ, le lecteur sent bien que quelque chose va se passer, mais quoi ?
"Le couple Forest s'accrochait à ce cérémonial de sourires, d'embrassades, de poignées de main, comme à son unique planche de salut. Ils devinaient un terrain mouvant derrière la politesse bourgeoise, guindée et bien réglée qu'exprimaient les gestes et les paroles."
Tour à tour désorientés, humiliés, manipulés, tournés en dérision par un hôte que l'on pressent malveillant, les Forest voient leur univers s'effondrer, sur le fond dramatique de Lohengrin. Chaque geste, chaque regard, est chargé d'une densité et saisi à la quasi-perfection en quelques mots, par un style incroyablement précis. le malaise, diffus au départ, va croissant, découvrant au final la peur et le danger. Et le passé risque à chaque instant de ressurgir, dans une vengeance subtile orchestrée de main de maître.
"Quel sens avait ce souper ?"
Auteur catalan traduit pour la première fois en français, Miquel Pairoli étonne par la finesse de son écriture. de la plage au dîner, la tension plane constamment, savamment dosée, et enrichie par la palette étonnamment développée des émotions humaines, de la colère à la déception, en passant par le dégoût, la frustration, l'espoir, l'envie, la jalousie, la haine, le mépris. Les apparences, incertaines et parfois trompeuses, révèlent progressivement la complexité de personnages bien construits.
Petite fable cruelle menée à la perfection.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
de
  14 mars 2012
Nous ne sommes pas d'humeur à plaisanter
Barcelone 1939, le temps de l'ordre nouveau.
Le seul protagoniste de la révolution défaite est ici invisible, le souffle chaud de l'émancipation se perd en exil ou dans le sang.
Cette face affleure, juste évoquée, comme le fils invisible, ce fils des Forest, emprisonné et menacé d'une condamnation.
L'auteur décrit une cérémonie, un dîner organisé par le commissaire Carpentier et des convives dont madame Genoveva et monsieur Edmon Forest. Elle et il espèrent plaider et obtenir la libération de leur fils emprisonné.
D'un coté, la nouvelle classe dirigeante, son maquillage culturel, son amour de l'opéra, sa mémoire d'un passé colonial et sa soif de reconnaissance. de l'autre ces bourgeois timorés mais riches et installés de longue date.
Une attente débordante de culture mais des rires inquiétants, un repas aux plats étranges, dont on devine la source hors du commun, des conversations aux mots acerbes, derrière des phrases plus convenues.
Le chantage, la rapine, le vol, le rapport de force brutal et la barbarie…
Mais qui sont réellement les coupables de ce déchaînement ?
Quelle est donc cette civilisation ? Qui sont les vulgaires ?
Aux lectrices et aux lecteurs de ne pas refermer simplement le livre après la gerbe, le basculement dans la folie et les derniers mots…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (5) Ajouter une citation
le-mange-livresle-mange-livres   04 avril 2012
On voyait des étoiles dans le ciel où régnait encore le bleu profond et mystérieux de la nuit, légèrement éclairé à l'horizon, au ras de la mer, par la lueur du jour qui se levait.Surgissant du large, une lumière vieil or estompait le bleu du ciel. l'air était frais et humide. Il pensa à sa mère. Il pensa aux femmes qu'il avait aimées, il n'y en avait pas tellement. Il se dit qu'elles lui tenaient compagnie et décida de s'accrocher à ces images réconfortantes autant qu'il le pourrait : des mains, des visages, des regards, de la douceur, des corps, des moments vécus ... il sentait qu'ainsi il ne mourrait pas seul.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
le-mange-livresle-mange-livres   04 avril 2012
Le couple Forest s'accrochait à ce cérémonial de sourires, d'embrassades, de poignées de main, comme à son unique planche de salut. Ils devinaient un terrain mouvant derrière la politesse bourgeoise, guindée et bien réglée qu'exprimaient les gestes et les paroles.
Commenter  J’apprécie          10
le-mange-livresle-mange-livres   04 avril 2012
Joli couple ! Peut-être y aurait-il matière à passer un bon moment. Les invités n'étaient pas sans défense. Ils pouvaient avoir du répondant. La nuit commençait à peine et elle s'annonçait plaisante et pétillante comme le champagne.
Commenter  J’apprécie          10
le-mange-livresle-mange-livres   04 avril 2012
Boire du cognac seul, au crépuscule, était un plaisir encore plus intense quand on s'y préparait cérémonieusement et lentement, comme c'est d'ailleurs le cas pour tous les plaisirs.
Commenter  J’apprécie          00
le-mange-livresle-mange-livres   04 avril 2012
Quel sens avait ce souper ?
Commenter  J’apprécie          00

Lire un extrait
autres livres classés : dinersVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2366 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre