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Lise Caillat (Traducteur)
EAN : 9782266310925
416 pages
Pocket (02/03/2023)
3.6/5   30 notes
Résumé :
Juin 1940. Trois soeurs vivant en Libye - le « quatrième rivage » italien - sont séparées de leurs parents et envoyées pour trois mois dans le camp fasciste de la tour Balilla, sur la côte toscane. Mais au lendemain de leur arrivée, Mussolini déclare la guerre. Pour les centaines de jeunes filles du camp, le retour à la maison devient impossible et la colonie se transforme en séjour au long cours.
Sara, Angela et Margherita grandissent en se pliant à la disci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Voilà un premier roman qui ne devrait pas rester longtemps seul dans la bibliographie de Manuela Piemonte tant il présente toutes les caractéristiques permettant d'ouvrir toutes grandes les portes du succés pour cette auteure italienne , une de plus parmi la liste déjà bien fournie des talents littéraires de " La Botte " .Le sujet est difficile mais s'avère être d'un grand intérêt puisque consacré aux camps de propagande fasciste crées par Mussolini , camps dits de " vacances " pour des enfants innocents lancés dans ce " monde " par des des "politiques " avides et des parents soumis à défaut d'être convaincus .
Parties de Libye parmi d'autres centaines de compagnons d'infortune , trois soeurs , Sara , Angela et et Margherita vont devoir s'adapter , subir les remontrances et autres humiliations de certains camarades d'infortune et d'un encadrement plutôt strict .Elles découvriront le monde qu'on leur offre , assisteront à la " chasse " aux juifs et à tous ceux et celles qui osent exprimer des opinions peu pertinentes aux yeux de ceux qui les encadrent .
Le récit est pudique , narré sans pathos mais avec une certaine force , les mots , les phrases se mettent au service d'un fait reconnu mais qu'on aurait préféré , sans doute , laisser " englué " parmi les secrets du passé .
Les personnages , notamment les trois héroïnes , prennent de la consistance au fur et à mesure que leur espoir de retrouver leurs parents s'amenuise , le Duce ayant déclaré la guerre qui empêche tout " retour en arrière ".
Un livre puissant , instructif , humain qui ne peut laisser les lecteurs et lectrices indifférents .Un livre qui , en " fouillant " un passé peu glorieux , devrait sensibiliser ceux qui le lisent aux " atrocités cachées "des guerres .Une leçon , ô surement pas , non , bien mieux que ça , un sujet de méditation .
j'espère bien que Manuela Piemonte poursuivra sa quête littéraire .Ce qui est certain , c'est que je la suivrai .
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Les romans servent à voyager comme le disait Victor Hugo, mais ils permettent aussi d'apprendre. Notamment des faits historiques et pour le coup, j'ignorais que l'Italie avait des colonies en Libye avant la Seconde Guerre mondiale.


Cela a son importance ici puisque c'est le point de départ du livre où nous allons découvrir nos protagonistes, au nombre de 3. Trois soeurs Sara, Angela, Margherita âgés respectivement de 9,7 et 5 ans. Ces trois enfants vivent une vie paisible et simple avec leurs parents agriculteurs en Libye. Les revenus de la famille sont modestes et les assiettes ne sont pas toujours pleines. L'élément déclencheur va être l'entrée en guerre de l'Italie dans les prémices de la Seconde Guerre mondiale, décidé par le Duce, Benito Mussolini. Au passage, on prendra un rappel de ce qu'était cet horrible personnage avec son idéologie tordu et ce culte de la personne digne des plus grands communistes.


Couplé à la déclaration de guerre, tous les enfants des ressortissants italiens vivant en Libye et plus largement en Afrique, seront transportés sur les terres de la mère patrie pour être placé dans des camps qualifiés de « vacances » pour rendre la chose plus belle. Les enfants arrachés aux parents partent plus ou moins avec du baume au coeur pensant réellement partir en vacances.

Au final, c'est un camp fasciste, ou les enfants sont formés à devenir des femmes dans les canons misogynes de l'époque à savoir de bonne mère de famille. Elles seront encadrées par des surveillantes sous la coupe d'une directrice des plus stricte.

Par endroits, ce séjour débutera bien pour nos trois soeurs, pensant être en vacances pour 3 mois, elles apprécieront la quantité de nourriture servie les jeux et l'éducation, qu'elles retrouveront après que leurs parents en Libye les est retirés pour les aider à la ferme.


Mais la guerre souhaitée par le Duce ne se déroulera pas comme il le souhaitait, et la vie à la tour, lieu de la colonie ou vivent les enfants, va devenir de plus en plus dure avec tous les désagréments liés à la guerre. Avec en point d'orgue le manque de nourriture, on suivra sur 7 ans la vie des filles.


Le livre est principalement composé de la vie dans ce camp, le rythme des chapitres n'est pas égal en fonction des événements racontés. En effet, on suit des enfants qui rencontrent des soucis d'enfants et qui se questionnent à hauteur de leur connaissance et de l'innocence qu'à un enfant.


Ce côté est vraiment bien dans le livre, c'est raconté principalement du point de vue des enfants et c'est tout à fait cohérent dans les réactions, les propos, les conflits rencontré.

Cependant, comme je le disais est plus ou moins inégale certains chapitres ont peu d'importance dans l'histoire. Ce qui est très appréciable en début de chapitre, ce sont les gros titres d'un des journaux de l'époque « La Stampa » à travers desquels ont va suivre l'avancée de la guerre en parallèle de la vie des filles à la tour.


La plume est sobre et efficace adaptée au point de vue des enfants ; pour un premier roman, c'est une réussite.
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Il s'agit d'un premier roman. Il a le mérite de mettre au jour une page de l'Histoire du pays, dont on parle très peu car elle est encore considérée comme taboue en Italie.
Autant dire que ce livre m'a beaucoup émue.
L'histoire débute en 1940 en Libye, alors colonie italienne.
Trois soeurs, Sara 9 ans, Angela 7 ans et Margherita 5 ans vivent heureuses avec leurs parents. La famille est pauvre mais survie en travaillant beaucoup. Les enfants vont cependant à l'école. Elles aiment la nature et désobéissent à leur mère pour aller sur la plage en pleine nuit, voir naitre les petites tortues. le seul livre qu'elles possèdent s'appelle "Les trois petits cochons" autant dire qu'elles le connaissent par coeur.
Les vacances d'été arrivent et les chemises noires imposent aux parents de se séparer de leurs enfants pour trois mois. Les petites filles, comme tous les enfants du village, sont alors envoyées en Italie dans ce qu'elles croient être une colonie de vacances.
Mais elles vont très vite déchanter car ce camp s'avère être un camp très strict, quasi militaire. Mis en place par les fascistes avant la guerre, les fillettes se retrouvent dans la célèbre tour Balilla, située sur la côte toscane.
Là-bas les filles et les garçons, dans des camps séparés, sont soumis à une discipline de fer. On leur rase les cheveux, on leur fait porter l'uniforme. Ils sont divisés en différents groupes et, leur nom est remplacé par un matricule que même les plus petits doivent retenir sous peine de sanctions. Parmi les sanctions, la plus terrible est le "trou" situé quelque part au milieu de la pinède...un endroit d'où les plus récalcitrantes reviennent anéanties.
La tour, de par son architecture, est également très impressionnante. L'escalier central en particulier est vertigineux. le jardin où elles ont le droit d'aller jouer, est plein de recoins et proche d'une pinède qui sépare les enfants de la mer.
Heureusement les soeurs peuvent continuer à se voir et à se soutenir mais ayant toutes les trois un caractère différent, elles ne réagissent pas de la même manière à la discipline du camp et à la propagande fasciste. Sara devient très vite responsable. Angela invente ses propres règles et les appliquent à la lettre quant à la petite Margherita, elle finit par se calmer ce qui inquiète beaucoup ses soeurs qui découvrent que l'infirmière abuse de petits cachets censés la rendre plus docile.
Ce qui avait commencé comme des vacances, malgré les contraintes imposées, avec des repas plus abondants et variés qu'à la maison, des baignades quotidiennes et beaucoup de jeux et de chants en groupe, se transforme très vite en cauchemar quand Mussolini déclare la guerre. Impossible pour les centaines de fillettes du camp de rentrer chez elles en Libye à la fin des vacances scolaires. Elles sont désormais "prisonnières" à des kilomètres de leurs parents. Malgré les nombreuses lettres qu'elles envoient pour donner de leurs nouvelles, aucune n'arrive de Libye...
Leur mère les a t-elle oubliées ?
D'abord je tiens à préciser que ce camp a réellement existé. J'ai aimé que ce roman mêle la petite histoire de ces trois soeurs à la grande Histoire. Cela m'a donné envie d'en savoir plus sur ce camp fasciste très peu connu, ce pan de l'Histoire italienne et bien entendu, sur la Libye.
Près de quinze mille enfants du "quatrième rivage"(c'est ainsi qu'on appelait la Libye) ont été envoyés dans ces camps et confiés à la GIL. La GIL (Jeunesse italienne du Licteur) remplace depuis 1938 l'ONB (ou Oeuvre Nationale Balilla). C'est une organisation de Jeunesse qui vise à "réorganiser la jeunesse d'un point de vue moral et physique" c'est à dire, vous l'aurez compris à s'occuper des enfants dès 5 ans, pour les endoctriner.
[...]
Le roman est très réaliste, étayé d'extraits de coupures de journaux de l'époque, de citations permettant de s'ancrer dans l'histoire. le style est simple et la lecture fluide.
Le lecteur sait très bien que ces petite filles n'ont pas réellement existé individuellement parlant, mais tous les faits décrits, les conditions de vie, la discipline, l'embrigadement, les conséquences de la guerre et les suites sont réels. L'auteur cite précisément ses sources documentaires.
C'est un livre émouvant parce qu'il nous parle de l'amour indéfectible qui unit les trois soeurs, malgré le contexte. La promesse faite à la mère par Sara sera lourde à porter et pourtant, oh combien utile à leur survie. Cet amour les aide à construire, malgré l'éloignement, leur identité de libyennes et les aide à tenir malgré les drames. Les documents de l'époque attestent que les fratries n'ont pas été séparées dans les camps.
Le roman ne cache rien des trahisons internes, des injustices (le règlement pour les enfants des colonies n'est pas le même que celui des petites italiennes d'origine, pareil pour l'enseignement et les salles de classe), du racisme entre enfants de colons et libyennes, des arrestations (comme celle De Mari, une des surveillantes opposée au régime, qui va bouleverser leur existence), de la traque des enfants juifs qui n'ont pas le droit d'être là et disparaissent mystérieusement pour un lieu inconnu.
Il ne cache rien non plus de l'après-guerre et des actions mises en place par les associations humanitaires. Cela fait froid dans le dos !
C'est un livre qui se lit d'une traite tant le lecteur veut en connaitre le dénouement et ensuite en savoir plus sur cette triste page de la Seconde Guerre mondiale. de plus l'histoire est découpée en grandes parties et en chapitres et s'étale des années 1940 à 1947, date de la fin de la domination italienne en Libye, ce qui facilite sa compréhension.
Chronique encore plus complète sur mon blog...
Lien : https://www.bulledemanou.com..
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Trois soeurs, trois gamines, un peu sauvages vivent dans un tout petit monde en Lybie où leurs parents se sont installées en espérant une vie meilleure qui n'est pas au rendez-vous. Un jour, L Histoire fait irruption dans leur vie, le Duce a décidé d'envoyer des enfants de toute l'Italie en colonie de vacances, quoi de mieux pour former de parfaits petits fascistes que de les endoctriner tôt en les coupant de tout lien familial...

Voilà les trois soeurs parties pour cette Italie qu'elles ne connaissent pas. Après avoir été tondues et uniformisées, elles doivent se plier au règles et à l'organisation de type militaire qui gèrent le lieu. Ce qui doit durer trois mois va s'éterniser, la guerre ne se passe pas comme le Duce l'espérait et les soeurs mais aussi les autres gamines voient leur retour repousser à un "bientôt" qui n'arrive jamais.

Chacune des soeurs va faire face et tenter de se construire une carapace pour tenir face à l'absence insupportable de leur mère, pour trouver leur place au milieu de toutes ses filles pas forcément gentilles, pour résister aux mouvements violents qu'elles perçoivent sans forcément les comprendre. Chacune va se construire un espace de protection bien fragile mais nécessaire et surtout elles vont cahin-caha prendre soin les unes des autres.

Ce roman est un petit bijou. On vit au travers des fillettes ce moment traumatisant qui ne peut que changer un enfant. Leurs tourments sont admirablement rendus sans pathos, tout en finesse à hauteur d'enfant . Cette lecture m'a profondément émue ( et il m'en faut! )

Merci aux Editions Pocket et à Babelio pour l'envoi de ce livre.
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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1940, Libye. Sara, Angela et Margherita vivent heureuses avec leurs parents. Pourtant, tout va changer pour elles lorsqu'elles vont devoir se rendre en Italie dans ce que l'on va leur faire croire être une colonie de vacances. Les petites vont vite s'apercevoir que la vie dans ce camp n'a rien d'idyllique. Lorsque la guerre éclate, les petites sont bloquées dans cet endroit sans pouvoir rentrer chez elles en Libye afin de retrouver leurs parents.

Ce roman m'a totalement bouleversée. Il aborde une thématique dont j'ignorais tout. C'est une page noire de l'histoire de l'Italie que l'auteure a choisit d'aborder ici, et elle le fait avec brio et beaucoup de rigueur quant aux détails de l'époque et à cette situation terrible que vivent les trois soeurs.

D'emblée, je me suis attachée à ces trois soeurs qui sont très bien dépeintes et l'émotion est présente tout au fil des pages. J'ai eu une grande empathie pour elles, et j'ai été terriblement touchée par leurs liens familiaux. Elles se soutiendront face à toutes les épreuves.

Ce roman historique aborde une thématique que je n'avais jamais croisée dans mes lectures. J'ai trouvé que l'auteure le faisait avec beaucoup de minutie et une multitude de détails de l'époque vont faire leur apparition. On ressent le travail de recherches immense qu'elle a dû accomplir.

La plume de l'auteure est élégante et très riche en descriptions. Cela contribue à retranscrire cette époque. le roman est divisé en plusieurs parties et les chapitres sont de taille moyenne.

Un roman bouleversant décrivant une page de l'Histoire que je ne connaissais pas. À découvrir.
Lien : https://mavoixauchapitre.hom..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Elles avaient pris l'habitude de monter sur le toit pour voir la lune. D'abord Sara, quand elle n'arrivait pas à dormir, puis toutes les deux, les yeux écarquillés, allongées l'une contre l'autre pour se réchauffer...
La lune illuminait les rêves, promettant que bientôt elles seraient grandes, qu'elles trouveraient un sac rempli de pièces d'or...
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La guerre signifiait peut-être la même chose pour les adultes : perdre ses amis et son travail, ne plus avoir de quoi manger ni s'habiller. Elle [Angela] fixa une à une les surveillantes, leur mine toujours plus affligée, les rides creusées par les cris de colère, les ordres et les reproches, les mains lisses qui ne se fatiguaient jamais car le dur labeur revenait aux organisées. Elle devait trouver une solution, un moyen de partir...
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L'espace qui les sépare disparait : hier, le port et le départ. La bande des années et des kilomètres s'enroule, les tours s'écroulent, les directrices s'évaporent, chassées par le vent, le trou s'ouvre et un sourire radieux l'avale, les goélands volent au large le bec vide, les tortues se cachent dans leur carapace, et deux soeurs retrouvent l'étreinte de savon et de sueur, les bras enveloppants d'où elles sont parties.
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Au-delà des champs de blé et d'orge, au-delà des palmeraies et des routes qui fendaient le désert, à une matinée de charrette, le long de la côte se trouvait Tripoli. Eblouissante de jaune et de blanc, avec ses maisons à un seul étage où se reflétaient le soleil et la mer...
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Le prolongement du conflit aggrava la faim, qui telle une moisissure invisible transforma les soeurs, érodant peu à peu leur envie de jeux et de liberté, consumant leurs forces et leurs capacités à réagir...
Dans la tour et le jardin, entre-temps, tout avait continué à se dégrader comme s'était dégradé le front de Libye, sauvé en janvier 1942 et perdu en novembre, ainsi le racontaient les gens...
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