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Critiques sur Un automne de Flaubert (15)
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lucia-lilas
  23 mars 2020
Ah, le voilà mon coup de coeur ! Et je ne perds pas de temps pour le dire, comme ça, même si vous ne lisez que les premières lignes de ma chronique, au moins, vous le saurez !
« Un automne de Flaubert »… déjà, ce titre, quelle merveille, j'en aime tous les mots (oui, je sais, il n'y a que deux substantifs, mais lesquels...) et ce bandeau (moi qui déteste les bandeaux) représentant un tableau d'Eugène Boudin… Impossible de résister...
Ah, ce roman… passionnant par son contenu : la cinquante-troisième année de Flaubert - sachant qu'il mourra à 57 ans, il est quasiment rendu à la fin de sa vie -, où il alla, ce qu'il fit de cette année-là, l'état d'esprit dans lequel il se trouve etc. etc ... tout cela m'a intéressée et m'a beaucoup émue aussi. J'ai été élevée au biberon flaubertien (je vous l'avais déjà dit, je crois) et j'ai lu un certain nombre de biographies sur Flaubert. Mais là, et c'est ça qui est complètement magique, Alexandre Postel nous le rend VIVANT, notre bonhomme. Oui, il est là, devant nous, inquiet à cause de problèmes financiers (ce à quoi il n'a jamais été confronté auparavant,) fatigué par la vie, fragilisé par une santé défaillante, inquiet quant à sa capacité à faire une phrase, triste, mélancolique, ne supportant plus la médiocrité ambiante et pourtant, pourtant, tellement plein de vie, insatiable bouffeur, fou de bains de mer (vous aviez déjà imaginé, vous, Flaubert nageant ? Hugo, oui, mais Flaubert?), curieux comme pas un, sensible, plein d'humour, d'idées, de liberté d'esprit... Oui, il est là, en chair et en os, débarquant en l'année 1875 à Concarneau (il veut voir la mer), où il va observer les dissections de son ami et naturaliste Georges Pouchet qui découpe au scalpel tout ce qui lui tombe sous la main en fait de turbot, homard ou lièvre de mer. Flaubert regarde la vie quitter ces pauvres bestioles et soudain, le processus de création littéraire émerge en lui, l'imagination s'active mystérieusement, l'inspiration prend forme, se nourrissant de cela même qui lui semble en tous points éloigné...
Fascinante alchimie...
Le soir, tandis que l'odeur des sardines se dissipe doucement sur la ville, coincé dans sa petite chambre d'hôtel, il commence l'écriture de « La légende de saint Julien L'Hospitalier ». Et là, Alexandre Postel nous offre le fascinant spectacle de la création littéraire et de ce goût d'écrire qui revient : l'on voit, en effet, comment s'élabore, dans l'hésitation, le tâtonnement, les errements, une phrase parfaitement rythmée dans laquelle chaque mot est pesé, soupesé, pensé, examiné, comme au scalpel, fond et forme, sens et sonorité…
Et le prodige a lieu là, sous nos yeux.
Et c'est magique !
Flaubert a vaincu, il s'est hissé encore une fois au sommet, est parvenu au sublime, terrassant la mélancolie et les premières ombres de la mort.
Et puis, encore une chose… Allez, cerise sur le gâteau… l'écriture flaubertienne d'Alexandre Postel est un délice, n'ayons pas peur des mots… On y sent une fréquentation régulière et assidue des romans du bonhomme, un goût puissant pour lesdits écrits et surtout une sympathie profonde pour celui qui signait « ta vieille nounou décrépite » lorsqu'il écrivait à sa nièce…
Un texte remarquable. Mon coup de coeur.
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Komboloi
  18 février 2020
Alexandre Postel nous propose dans ce court roman de suivre un épisode de la vie du célèbre écrivain, Gustave Flaubert. Lorsque ce roman s'ouvre, force est de constater que tout va mal pour notre cher Gustave. Son avenir financier semble très incertain en raison des mauvaises affaires de son neveu par alliance, il est en pleine dépression et ses travaux d'écriture semblent au point mort.

Pour se ressourcer, l'écrivain prend la direction de Concarneau. le lecteur est ainsi invité à suivre cette période qui va permettre à Flaubert de se remettre le pied à l'étrier. Promenades, bains de mer, repas parfois gargantuesques à base de fruits de mer et rencontre de deux mondes, le monde littéraire avec le monde des sciences, de par les discussions et interactions que va avoir l'écrivain avec deux hommes de sciences. Petit à petit, l'inspiration revient et Flaubert va recommencer à écrire.

Je suis loin d'être un expert de Gustave Flaubert et je serai donc bien incapable de dire ce qui relève de faits historiques avérés ou ce qui relève de la fiction. Ce que je peux dire, par contre, c'est que cette plongée dans la vie de cet homme et aussi dans le processus d'écriture m'a complètement happé. Ce roman se lit d'une traite, en raison de sa petite taille évidemment, mais aussi et surtout en raison d'une plume de très grande qualité. Quelques passages autour de la science prennent peut-être un peu trop de place mais ce n'est pas dérangeant tant cette rencontre entre deux mondes que tout semble opposer est fascinante.

Ce roman d'Alexandre Postel est donc une belle découverte et on prend un plaisir certain à suivre cette tranche de vie de Gustave Flaubert. Dommage que cela soit si court car on en redemande !
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chocoladdict
  25 février 2020
// L'ENVIE D'AVOIR ENVIE ⚓// Si Flaubert avait été un contemporain de Johnny, il aurait probablement chanté L'envie ou alors Noir c'est noir, comme le nuage qui plane sur sa vie en 1873.

Flaubert a 53 ans, il a déjà écrit les romans qui passeront à la postérité (Madame Bovary, L'éducation sentimentale, salammbô) et il traverse un épisode dépressif. Non seulement il craint la ruine financière mais l'inspiration semble l'avoir définitivement quitté, sa main tremble dès qu'il l'approche d'une feuille de papier. ⚓
Il n'a envie de rien mais se décide tout de même à partir passer l'automne à Concarneau. Est-ce les descriptions des sardinières, de la ville close, des marins rentrant au port, de l'atmosphère du bord de mer mais c'est à partir de ce moment que j'ai commencé à apprécier ce roman.

Au contact de deux hommes de science qui n'ont rien à voir avec la littérature, Flaubert sort peu à peu de sa léthargie. Les passages les plus intéressants pour moi sont ceux où il se remet enfin à écrire et où l'on assiste à la naissance d'une phrase, modelée, taillée, recoupée, retravaillée jusqu'à ce qu'elle glisse sans accrocher dans la bouche de celui qui la prononce.

Si la lecture d'Un automne de Flaubert n'a pas été déplaisante, elle a pâti du fait de passer juste derrière la lecture d'Une machine comme moi d'Ian McEwan. C'est injuste mais c'est ainsi. Est ce que cela vous arrive ou est ce qu'aucune de vos lectures ne déteint sur les autres ? ⚓
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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jg69
  01 avril 2020
1875. A cinquante-trois ans, Gustave Flaubert traverse une grosse crise dépressive. Il a déjà écrit les romans qui le rendront célèbre (Madame Bovary, L'éducation sentimentale...) mais, menacé de ruine financière, il ne parvient plus à écrire, l'inspiration l'a quitté, il se sent fini... Il décide de partir à Concarneau pour y passer l'automne. Il va séjourner dans une pension de famille dont les chambres donnent sur le port, il rejoint là-bas son ami Pouchet qui dirige la station de biologie marine et étudie les mystères de la vie dans la solitude de son laboratoire.

Pendant deux mois, Flaubert côtoie Pouchet et un autre ami, deux hommes de science bien éloignés de la littérature. Les trois hommes se promènent sur la côte, prennent des bains de mer et dégustent les fruits de mer locaux. Flaubert observe les pêcheurs et regarde son ami disséquer des poissons vivants. Il se ressource auprès de ces scientifiques à l'esprit cartésien et peu à peu sort de son état dépressif. Un jour, dans sa petite chambre d'hôtel, il commence à écrire un conte médiéval d'une grande férocité...

Alexandre Postel s'est inspiré d'éléments avérés pour imaginer ce séjour de Flaubert en Bretagne. D'une plume incontestablement très élégante il décrit l'ambiance du port de Concarneau, les bateaux de pêche et leur cargaison de sardines, les odeurs de sardine, les cris des goélands, les marins qui raccommodent leurs filets bleus, le charme des lieux est merveilleusement bien restitué. Les passages où Flaubert sort de sa mélancolie et se remet à écrire m'ont particulièrement intéressée car Alexandre Postel décortique précisément le processus de création littéraire. La complémentarité entre science et littérature traverse ce récit de part en part mais j'ai trouvé éprouvantes et superflues les nombreuses descriptions très réalistes de dissection de poissons vivants. Un récit très documenté à partir de sources que l'auteur indique à la fin de son roman. Un moment de lecture plaisant.
Lien : https://leslivresdejoelle.bl..
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BurjBabil
  28 février 2020
Très bon roman qui sent bon la biographie de fin de vie d'un monument de la littérature Française. Ces pages décrivant un épisode important de la vie de Gustave Flaubert, s'appuyant sur sa correspondance avec sa nièce
Caroline (Caro, Carolo, Loulou . . . dans ses lettres) au moment où il craint pour ses fiances et son éventuelle obligation de vendre « sa » propriété Normande du Croisset, près de Rouen.
Il questionne sa nièce pour savoir si la maison va rester à sa disposition :
« Lis ce que la mère Sand m'écrit sur lui, (Croisset) : « Si ce n'était pas au-dessus de mes moyens je l'achèterais et tu y passerais ta vie durant. Je n'ai pas d'argent mais je tâcherais de placer un petit capital. Réponds-moi, sérieusement, je t'en prie. Si je puis le faire, ce sera fait. » – Hein ? Qu'en dis-tu ? »
Dans cette période d'incertitude où il va concevoir ses « trois contes », il s'isole plus ou moins à Concarneau pour y réfléchir, pour respirer le bon air marin en compagnie de gens simples.
L'auteur nous invite superbement dans l'intimité de ce géant de la littérature en imaginant les tourments et les affres que peut représenter pour quelqu'un qui, finalement, n'est qu'un rentier n'ayant jamais travaillé (ni même préparé un repas par exemple) la perspective de la faillite.
Un roman breton parlant d'un normand vraiment très immersif...
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Marech20
  07 janvier 2020
Un court roman sympathique qui nous fait découvrir Flaubert dans une mauvaise passe. Il se réfugie à Concarneau, se promène, se baigne, marche, regarder des dissections de poissons... Tout cela est avéré.
Et l'auteur, en essayant de se réapproprier le style de Flaubert, ou du moins, en le citant, va imaginer ce qu'il va se passer pour Flaubert et comment il va peu à peu reprendre la plume.
Le plus intéressant - outre le fait de "reconnaître" des endroits de Concarneau pour ceux qui y sont allés - est surtout de voir comment Flaubert travaillait, reprenait, ciselait ses phrases. Quel travail que celui d'écrivain!
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Passemoilelivre
  28 février 2020
Gustave Flaubert, écrivain prolifique et incontournable du 19ème siècle éprouve un passage à vide à l'automne 1875 à l'âge de 53 ans. Il décide de prendre l'air marin à Concarneau où il est sûr de retrouver une compagnie agréable en la personne du docteur Pouchet directeur du muséum naturel local, qui y effectue des recherches sur de nombreuses espèces de la faune marine. Alexandre Postel imagine un emploi du temps et les états d'âmes qui auraient pu animer Flaubert durant cette période de presque vacance littéraire. L'environnement, la pension de famille, l'activité sardinière, les travaux du docteur Pouchet sont décrits de façon précise et réaliste. Pendant cette période, Flaubert rechigne à parler littérature avec ses amis, mais le naturel revient au galop et l'auteur nous expose les affres de la création littéraire, avec une phrase de « la légende de saint julien l'hospitalier » qui est travaillée et torturée dans tous les sens pour parvenir au résultat souhaité. Ce court roman n'évoque que deux mois de la vie de Flaubert, mais il nous offre un point de vue intéressant sur l'humanité ordinaire d'un homme célèbre et sur la difficulté et le travail nécessaires à la création littéraire.
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julienleclerc45
  17 janvier 2020
Le titre de ce roman est une invitation à un voyage aux teintes mélancoliques dans l'intimité d'un écrivain. Dès le début, Alexandre Postel explique son cadre de jeu fictionnel, partir des mots de Flaubert pour tisser un imaginaire entre l'émotion et la création. Comme dans L'Ascendant, un de ses précédents romans, les premières pages esquissent rapidement le personnage principal, ses doutes, ce qui anime un malaise intérieur aux contours indéfinissables dont les vibrations sont tellement fortes qu'elles expliquent le voyage vers Concarneau. Alexandre Postel parvient à aller au coeur du doute. En 1875, Flaubert, d'après des éléments avérés, ne va pas bien. Il cherche la voie de la guérison. Tout un équilibre confortable est renversé et ce voyage sans but visé ni avoué est un combat. Ne pouvant pas dire que je connais Flaubert (autant l'homme que l'oeuvre), j'ai été touché par tout l'environnement quotidien, humain, sensible et intellectuel du célèbre romancier tel que l'imagine Alexandre Postel. Face au déraillement d'un cadre qui permettait l'écriture et la présence de l'art, Flaubert est vraiment bouleversé. Il perd pied et doit retrouver le but de sa vie, écrire. Quand l'auteur met en scène Flaubert face à l'écriture, le livre prend une dimension très intime portée par la puissance lyrique de la création. Par petites touches, le lecteur voit l'artiste à sa table de travail. le soin apporté à la construction d'une histoire, au rythme d'une phrase. Tout est présent dans ce livre sans que Postel tombe dans les pièges de l'analyse littéraire ou le nombrilisme intellectuel. Il évite les pièges pour composer un roman, éloge de la fiction et de l'imaginaire, mais un imaginaire sincère. Il ouvre tout cela en installant l'homme dans un cercle réduit d'intimes, d'un être en observation des comportements et qui revient à son écriture, à sa littérature. Cet homme – Flaubert – qui m'a semblé si présent au fur et à mesure de la lecture est confronté à des extrait de ce conte médiéval, exercice devenu épreuve de vérité. Parvient-il encore à faire une phrase ? Cette interrogation si simplement posée quand elle rentre dans la tête d'un écrivain devient un enjeu dramatique fort. Alexandre Postel nous y mène avec plaisir.
Lien : https://tourneurdepages.word..
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ProfesseurDan
  13 janvier 2020
Un livre intéressant pour qui s'intéresse à la vie de Flaubert et à ce qu'est le processus de création littéraire. Pour moi, malheureusement, deux éléments ont été rédhibitoires dans cette lecture : la référence incessante aux progrès de la science qui ne m'intéressent pas et l'histoire sur laquelle Flaubert travaille (celle de Saint-Julien l'Hospitalier) qui est extrêmement scabreuse.
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JPN
  14 février 2020
Excellent livre d'Alexandre Postel. L'écriture est belle, le thème intéressant, on devine l'enseignant à travers les lignes.
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