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ISBN : 207013850X
Éditeur : Gallimard (10/01/2013)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 204 notes)
Résumé :
Damien North est professeur de philosophie dans une université cossue. Veuf, il mène une vie triste et solitaire. Mais un jour, il est embarqué par la police qui l'accuse d'avoir téléchargé sur son ordinateur des images provenant d'un réseau pédophile... L'affaire fait grand bruit, d'autant que Damien est le petit-fils d'Axel North, figure politique historique.
L'inculpé a beau se savoir innocent, chacun se souvient d'un geste, d'une parole qui, interprétés ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
02 juillet 2014
Voilà un très bel ouvrage qui m'a fait froid dans le dos!
Un jeune enseignant, professeur de philosophie à l'université,veuf, célibataire, d'une timidité maladive, amoureux de Descartes dont il est train de lire un recueil d'articles.....va se voir accuser à tort d' avoir téléchargé sur son ordinateur des images provenant d'un réseau pédophile.......
En quelques heures,l'angoisse, la honte et l'épouvante s'abattent sur sa vie.....qui bascule....
Ce paisible professeur subit interrogatoire,arrestation arbitraire....immédiatement, la machine judiciaire se met en route, d'une manière glaçante....
Damien North coupable présumé se retrouve au fond d'un abîme social, ses proches le lâchent....il se retrouve acculé à plaider coupable sur les conseils de son avocat...afin de s'attirer la clémence des juges, le temps pense t- il, que l'affaire se dénoue et qu'il retrouve sa vie.....
Quoi de plus inacceptable dans cette société voyeuriste que la réserve d'un homme ?
Un homme seul, timide et démuni qui ne quémande que l'indifférence sera , en lieu et place, étiqueté , humilié, effacé par la société,jeté en prison, gommé en quelque sorte au point de douter de lui- même et de ne plus savoir qui il est?
Quelles seront les conséquences sur sa vie future?
Un roman à la Kafka, un engrenage absurde, la pédo pornographie est un crime monstrueux dont la société a peur à juste titre d'où l'hystérie collective quitte à condamner un innocent.....jusqu'à une photo de sa nièce ouvrant la voie à d'horribles suppositions....les dérives inquiétantes d'une société fascinée par les images....
L'auteur nous montre la justice comme une comédie sociale , un jeu malsain et pervers, une farce bête et grotesque où les conventions sociales cachent les arrangements et les faux semblants...où la dictature de l'opinion et le triomphe du virtuel, l'image, prennent une place prépondérante.....
C'est un fable morale puissante, fascinante de froideur, de non sens, de cynisme, une mise au ban précipitée, où,en plus,la réhabilitation en cas d'erreur judiciaire
devient de plus en plus....illusoire.
"Au fond, ce n'est pas parce qu'il a été innocenté qu'il est à tout jamais innocent", dit une de ses voisines.....
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canel
01 janvier 2016
Damien North est prof de philo en université. L'informatique, c'est vraiment pas son truc, et quand il demande à ses collègues spécialistes de le dépanner, il a l'impression qu'on se moque de lui et qu'on le prend pour une buse.
Coup de massue quand sa dernière "panne" s'avère être un blocage de son compte : il aurait téléchargé des centaines d'images à caractère pédopornographique. En plus, ce salaud a chez lui une photo de sa jeune nièce en maillot de bain.
Alors innocent ? Coupable mais en plein déni ? Le lecteur est dans le flou. North est un homme discret, « effacé », froid, vivant seul depuis le décès de son épouse survenu douze années plus tôt. Tout pour charger la barque : « Dans une société aussi ouverte et tolérante, le retrait, l'indépendance, toute tentative de préservation d'une forme de quant-à-soi étaient frappés de suspicion. »
Roman aussi dérangeant qu'intéressant. On est d'emblée mis mal à l'aise par les patronymes de certains protagonistes qui éveillent certaines images, par la sensation que l'histoire se passe dans un futur proche, et bien sûr par la situation cauchemardesque dans laquelle se retrouve cet homme.
Je me suis laissée porter par le récit, ne cherchant pas à savoir si North était coupable ou non, j'avais envie de croire à son innocence, même s'il m'inspirait plus de pitié que de sympathie.
A travers cette histoire, l'auteur nous invite à réfléchir sur la rumeur, sur le rôle des médias et des politiques dans ce genre d'affaires, et sur le système judiciaire français en matière de délinquance et criminalité sexuelles. Les pénalistes doivent trouver le bon dosage pour respecter la présomption d'innocence, protéger les citoyens, et éviter que la foule effrayée se substitue à la justice. Pas facile...
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paroles
06 septembre 2015
Comment en est-il arrivé là ? Que s'est-il passé et qu'est-ce qu'il n'a pas compris ? Il est veuf depuis quelques années et mène une vie solitaire. Sa seule passion, ou plutôt son seul intérêt, reste son travail, il est professeur de philosophie à l'Université.
"Dans une société aussi ouverte et tolérante, le retrait, l'indépendance, toute tentative de préservation d'une forme de quant-à-soi étaient frappés de suspicion."
Pourquoi l'accuse-t'on de pédopornographie ? Que font toutes ces images sur son ordinateur ? Et pourquoi d'un seul coup ses voisins, ses collègues, sa famille déforment-ils ses propos, ses actions ?
Tout le monde pense qu'il a vraiment regardé ces images ignobles sur Internet, pourtant il est innocent. Il est perdu, seul face à l'incompréhension. Alors, il accepte le compromis de son avocat : se déclarer coupable...
Magnifique petite histoire qui fait bien prendre conscience des bavardages des uns et des autres, des ragots, des fausses intuitions, des intentions déformées ou mal perçues, du désir de nuire. Magnifique petite histoire qui dénonce aussi la prépondérance des images dans notre société. La machine judiciaire infernale se met en route et rien, ni personne ne l'arrête. Il n'y a pas de fumée sans feu, c'est bien connu ! Et quand l'injustice apparaît, que le vrai coupable est retrouvé, les rumeurs vont-elles cesser ?

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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missmolko1
13 septembre 2015
Me voila bien embêtée au moment d'écrire cette critique.... J'étais certaine a la lecture de la quatrième de couverture que j'allais aimé ce roman, et puis il a remporté le prix Goncourt du premier roman (ce n'est pas rien tout de même !) et puis toutes ces critiques élogieuses.... Bref j'attendais beaucoup trop de ce livre et j'en ressors extrêmement déçue.
Tout d'abord, l'écriture de l'auteur, Alexandre Postel, est vraiment dense. Les phrases font parfois une demi-page et j'avais beaucoup de mal a ne pas perdre le fil. le texte est peu aéré et je peux vous dire que ça rend la lecture difficile.
Ensuite le personnage principal, Damien North est tellement passif, tellement énervant, que l'on a juste envie de le secouer. Il est tout sauf un personnage attachant.
Enfin, je pense avoir raté un élément au fil des pages, un élément perdu dans les longues phrases car je n'ai absolument pas compris la fin ?!?!
Bref c'est une grosse déception pour moi, dommage.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Unity
30 décembre 2014
Un homme effacé est très agréable à lire malgré son sujet difficile. Il est servi par une écriture maîtrisée, efficace, juste assez riche pour ne pas ennuyer le lecteur exigeant. On pourrait aussi se dire qu'elle n'a rien d'incroyable mais tout s'enchaîne parfaitement, avec des relances à chaque fin de chapitre qui donnent presque l'impression de lire un roman d'action à tiroirs, où l'on va de rebondissements en rebondissements. Pourtant, il n'en est rien. L'auteur parvient à nous faire suivre avec passion la vie et les malheurs d'un homme particulièrement ennuyeux.
Damien North est un peu l'archétype de cet enseignant timide que l'on trouve sympathique en classe, mais dont l'existence paraît terriblement sinistre. Cruel de réalisme, quoique peu de lecteurs voudraient s'identifier à lui, Monsieur North est un intellectuel solitaire, qui semble s'être toujours plus ou moins laissé porter par les événements, qui s'est vaguement amusé dans sa jeunesse, et ressemble déjà à un vieillard à quarante-cinq ans. Tel un automate de la vie moderne, il travaille sur son ordinateur, se rend à l'université, et s'occupe de son jardin. Imperturbable depuis plus d'une dizaine d'année, sa vie pourrait se poursuivre ainsi jusqu'à sa mort. On ne le sent pas malheureux, à l'inverse d'un héros de Huysmans dont il rappelle quelques traits, mais plutôt résigné à ce que rien d'incroyable ne puisse jamais lui arriver, formaté à être vide à l'intérieur et à s'en contenter.
Evidemment, la mécanique parfaitement huilée de son quotidien prend un virement terrible le jour où la police le convoque pour détention d'images illicites. Il y a d'abord l'incompréhension, puis la juste assurance de se croire hors de portée, puisqu'il ne s'est rien passé. le pauvre North découvrira combien le monde a vite fait de condamner, et le fait que les images aient bien été téléchargées sur son ordinateur, n'est pas là pour clamer son innocence. Son vide intérieur le dessert, puisque, du point de vue des spécialistes qu'il rencontrera, sa vie n'a rien de très sain : solitude, célibat prolongé, unique expérience sexuelle avec une artiste du double de son âge… Damian North semble avoir tout de l'homme perdu, instable, proche de la dépression. Certains souvenirs évoquent de possibles traumatismes d'enfance, mais je ne les trouve pas particulièrement utiles. N'ayant aucun ami proche, et une entente assez relative avec son frère, l'enseignant fait figure d'un homme perdu dont on va soudain s'intéresser à l'existence sordide. Les soupçons vont naître dans le voisinage, dans son entourage, on se souvient de toutes ses attitudes troublantes et, puisque personne ne semble assez tenir à lui pour le défendre, la sentence arrive vite.
Nous suivons donc North dans son enfer, avec cette accusation injuste qui lui fera prendre conscience de l'inconnu qu'il est aux yeux de tous et, surtout, réveillera ses démons, lui fera craindre de posséder la perversion dont on l'accuse, par ce procédé psychologique qui fait qu'une fois un faux procès est mené par la vindicte populaire, on garde un sentiment de culpabilité, l'impression d'être du mauvais côté malgré soi. Toute cette partie est très bien vue.
J'ai trouvé plus dommage en revanche de ne pas réveiller un peu plus la conscience de Damien North, qui sera abattu mais restera inchangé. Il me semble que le roman aurait été plus fort si le drame l'avait réveillé, s'il avait montré une personnalité moins creuse que celle que l'on devine dès le départ, en rendant assez tristement compréhensible la défiance de son entourage. Après, le titre du roman va bien sûr dans ce sens, Un homme effacé présente la victime parfaite, le portrait de personnes qui pourraient aller en prison sans choquer, et dont on peine à compatir au malheur comme si leur existence si étrange et désolante le justifiait.
Le reproche plus sérieux en revanche est que les ficelles narratives qui permettent une telle histoire sont assez grossières. Si North est travaillé, tous les autres personnages, du voisinages, aux collègues et aux spécialistes ont des attitudes caricaturales qui sont plus vraisemblables que crédibles. le choix d'imaginer une ville, un pays dans une sorte de futur proche permet aussi de faire l'impasse sur un certain nombre de procédés judiciaires qui pourraient empêcher à la situation de tourner de cette manière, afin de nous prouver notamment que même la plus innocente des personnes peut avoir le profil parfait du coupable. Pourquoi pas… Sauf que les conclusions des médecins semblent particulièrement hâtives, un peu trop caricaturales pour rendre la critique réellement corrosive. de même, l'explication finale est assez délirante, et les réactions du voisinage peuvent laisser sceptique.
Si « Un homme effacé » se défend bien dans son écriture, et le traitement du personnage principal, de sa souffrance, je trouve le propos assez fluctuant. le décor planté autour du très vaporeux Damien North manque lui-même de consistance. Si la caricature avait été assumée jusqu'au bout, cela aurait pu donner quelque chose d'intéressant, mais le ton est un peu trop sérieux pour passer sur les irrégularités du roman. Un bon titre cependant, qui a le mérite de tomber juste sur la chose qui intéresse le plus, à savoir, les réactions d'un homme trop ordinaire face à une accusation aussi injuste que dégradante.
Lien : http://unityeiden.fr/un-homm..
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Les critiques presse (2)
Lexpress23 avril 2013
Alexandre Postel met en fiction l'un des pires travers de notre époque : la dictature de l'apparence, le triomphe du virtuel, la séduction de l'opinion. Le résultat est palpitant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse11 mars 2013
Le premier roman d'Alexandre Postel touche à une question hautement sensible dans les sociétés comme la nôtre où l'image occupe une place de plus en plus importante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel28 décembre 2015
Nathanaël paraissait avoir froid. Ses mains étaient agitées d'un léger tremblement.
- A un moment, donc, il nous demande de retirer nos chaussettes. Il nous dit qu'il n'y a rien de plus beau qu'un pied d'homme... Il nous parle des statues grecques, des pieds chinois... Il nous dit qu'on a bien de la chance d'avoir de longues jambes... que lui, il a les jambes courtes et grasses... Avec Boughezal on s'est regardés, on trouvait ça bizarre, mais on l'a fait... le whisky, la fête... on a enlevé nos chaussettes... on faisait semblant de trouver ça drôle, vous voyez ?
(p. 110-111)
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UnityUnity25 décembre 2014
Il s'en voulait de n'avoir pas su tenir sa langue. De n'avoir pas anticipé l'usage qui pourrait être fait de ses mots. Mais l'aurait-il pu ? Son imprudence était le signe le plus manifeste de son innocence. Il s'était exprimé en homme que cette affaire ne concernait pas, et non en suspect. Il allait devoir apprendre à se glisser dans la peau d'un suspect. Et vite. Avant que des êtres moins raisonnables que Victor Lim ne viennent l'égorger, ou que sa réputation ne s'en trouve à tout jamais dégradée. Plus que la déformation de ses propos par une journaliste en quête de sensationnalisme, plus que sa propre maladresse, c'était cette révélation qui le minait : s'il voulait conserver le moindre espoir de se blanchir, il devait laisser la noirceur entrer en lui.
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Annette55Annette5502 juillet 2014
Et je vous le demande moi: quelle élite est plus foncièrement, plus authentiquement démocratique que celle qui s'est donné pour mission de transmettre le savoir à ceux qui en sont privés?
Faire profession d'enseigner, n'est ce pas permettre à chacun d'accéder à l'élite?
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patatarte2001patatarte200126 septembre 2015
- La femme qui peint des huîtres...Tu sais quand ils me verront autrement ? avait -elle demandé un jour à North. Dans sa voix rôdait la torpeur mélancolique qui s'emparait d'elle aux heures où le soleil cognait trop fort. North avait secoué la tête.
- Quand les poulpes auront des gants.
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ADAMSYADAMSY19 décembre 2014
Ses jambes se balançaient gentiment dans le vide. L'air lui caressait les tempes. Pour la première fois depuis longtemps, pour la toute première fois de sa vie peut-être, North sentit qu'il était sur le point d'accéder à une certaine hauteur de vue. Ce n'était pas en parlant avec une inconnue qu'il règlerait ses problèmes. C'était là, dans le secret d'un bonheur haut perché. Là tout était cause, tout était vie, tout était beau ; là, tout était tout. Il aurait voulu se dissoudre dans les choses, y adhérer pour mieux les aimer ; il lui semblait que son corps tout entier allait se prolonger, se vaporiser dans la caresse de l'air, l'odeur du bois, le bruissement du feuillage, les rugosités de l'écorce et la grâce têtue des insectes.
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Videos de Alexandre Postel (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Postel
https://www.librairiedialogues.fr/livre/10774433-le-cas-malaussene-tome-1-ils-m-ont-menti-daniel-pennac-gallimard Lors de la rencontre avec Daniel Pennac, du 8 février 2017 à la librairie dialogues à Brest, l'auteur nous propose sa sélection de livres coups de c?ur du moment ! À savoir : - L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante (Folio) - La petite lumière d'Antonio Moresco (Verdier) - La porte de Magda Szabó (Viviane Hamy) - Les deux pigeons d'Alexandre Postel (Gallimard) - Et j'ai su que ce trésor était pour moi de Jean-Marie Laclavetine (Gallimard)
Entretien mené par Laurence Bellon. Réalisation : Ronan Loup.
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