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La Déconfiture tome 1 sur 2
EAN : 9782754816915
96 pages
Futuropolis (25/08/2016)
3.51/5   95 notes
Résumé :
D’une écriture sobre et parfois crue, Pascal Rabaté ravive notre mémoire sur cette période noire et porte un regard sensible sur la débâcle de 1940, conjuguant dialogues à tableaux muets où le dessin révèle tout, même l’indicible. Il rend un bel hommage à ceux qui ont continué à vivre en ces temps de guerre, prenant le parti de rire des pires situations, l’option sans doute la plus salvatrice et celle qui fédère encore au mieux les hommes entre eux. Et nous, qu’auri... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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La débâcle française de 1940 vue à travers les dessins et le texte de Pascal Rabaté est effectivement une vraie déconfiture littéraire et artistique, du moins pour cette première partie.

L'auteur met en scène des soldats ignares, pleutres, d'un humour minable sur les événements qu'ils subissent bien plus qu'ils ne les vivent. Certes, il n'existait pas de moyen pour inverser la situation militaire sur le sol français, mais on dirait que l'auteur s'est employé à illustrer les plus bas comportements des hommes à cette époque.

Toutefois, un colonel accomplit un geste d'honneur en se suicidant tout en criant "Vive la France!", mais il le fait devant ses soldats, ce qui ne va pas leur inculquer le courage qui leur manque. Dommage qu'il n'ait pas songé à rejoindre un général inconnu à Londres, pour se trouver peut-être à ses côtés sur les Champs-Elysées le 25 août 1944.

Ces hommes désorganisés se transforment en pillards de maisons, s'en prenant même à la littérature hugolienne. Ils n'ont même pas le respect des morts dont ils creusent les tombes.

Pour le dessin, c'est aussi noir et peu valorisant que le texte. Je lirai quand même le tome 2 sans conviction.

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« Putain d'époque, neuf mois à peigner la girafe et bing, c'est la joyeuse pagaille. »

Décembre 2020 ? Non, mai 1940.

Loin de sa femme et de leur bébé, Amédée est un jeune soldat sur les routes, et c'est la pagaille, en effet, une pagaille qui n'a rien de joyeux.

Les soldats se croisent, les Allemands arrivent, les slogans de propagande tombent des avions, on (re)trouve des copains, on en voit d'autres mourir - bim, d'un coup, 'une dragée en pleine tête' ; des maisons et des animaux sont abandonnés ; les civils fuient avec des charrettes couvertes de matelas, et parmi eux des vieux grommellent qu'ils se sont battus, eux, dans les tranchées - une autre époque, des hommes, des vrais !

Cette 'drôle de guerre', on la connaît via nos cours d'Histoire, des livres, des films.

Elle prend un relief particulier avec Rabaté. Avec un dessin épuré, il dresse le portrait réaliste d'une guerre absurde (mais je n'en connais pas de subtile ♪♫ ô drââââmes...), via des situations & dialogues tour à tour tragiques et amusants, toujours bien vus.

On finit avec ce virage brutal, avant de se rendre à l'évidence et à l'ennemi :

« C'est la déroute, on l'a dans l'os. Tout ce qu'il nous reste à faire, c'est saboter notre matériel pour qu'ils [les Boches - sic] ne s'en servent pas.

- Et après ?

- Il n'y a pas d'après. »

J'espère qu'il trouvera quand même quelque chose à raconter pour le 2e opus, Rabaté. Mais je lui fais confiance.

Une idée du ton plein d'humour malgré le sujet :

« Si on perd la guerre, qu'est-ce qu'il va se passer ?

- Ça changera le Tour de France. »

-----

♪♫ Quand les Russes, les Ricains f'ront péter la planète

Moi, j'aurai l'air malin avec ma bicyclette

Mon pantalon trop court, mon fusil, mon calot

Ma ration d'topinambour et ma ligne Maginot... ♪♫

• Renaud, 'Le déserteur' (in 'Morgane de toi', 1983)

>> https://www.youtube.com/watch?v=vvolGwaMOUs

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Comme toujours quand je passe à ma bibliothèque, je jette un petit coup d'oeil dans les nouveautés bd et romans graphiques, que je découvre au fil du temps, comme une petite pause dans mes lectures (cela n'a rien de péjoratif....)

Aujourd'hui j'ai été attiré par le titre de cet album, je l'ai ouvert, les illustrations à la plume, au crayon m'ont interpellée : c'est très graphique, simple, dépouillé, ensuite la Déconfiture...... hum hum, bon allez je le mets dans mon sac.

On fait la connaissance de Videgrain, soldat dans le 11ème régiment lancé en pleine débâcle sur les routes de France parmi les gens qui fuient vers ..... vers où ce n'est pas le plus important, mais ils fuient. Ils sont régulièrement mitraillés par les avions allemands, les morts s'accumulent et sont laissés dans les champs, soldats, civils. Les images parlent d'elles-mêmes. Cruauté de la guerre qui n'épargne personne : les militaires se posent la question de ce qu'ils font là, impuissants.

Videgrain se retrouve seul sur cette route et verra les effets de la guerre sur ces compatriotes, dans les maisons où il s'arrêtera, à la recherche de son régiment, assistera à des scènes cruelles et le mettra à rude épreuve.

Il est difficile de rester insensible à la violence des situations, connues mais qu'il est toujours bon de rappeler à mon sens, de ce début de deuxième guerre mondiale, cette drôle de guerre où chacun se pose la question de sa place, de son utilité et du manque d'informations et de directives parmi les armées.

Ce n'est pas forcément le style que je préfère mais il est traité avec réalisme et sensiblerie.


Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Juin 40. La débâcle. Les soldats montent au front de façon plus ou moins désordonnée. La population fait le chemin inverse, à pied, à cheval, en voiture ou en charrette. Un exode de masse, cible idéale pour les avions de la Luftwaffe canardant sans distinction civils et militaires. Seul au milieu de la route, Amédée Videgrain a perdu son régiment. Il a été chargé par son sergent d'attendre le camion de la croix rouge devant récupérer les corps de ses camarades fauchés par les mitrailleuses allemandes. Au moment de repartir, sa moto reste en rade. Obligé de poursuivre son chemin à pied, Amédée va errer plusieurs jours à travers champs, parcourant des villages évacués, logeant dans les ruines de maisons éventrées par les bombes. Un chemin semé d'embuches qui le mènera enfin à destination. Pour le pire, uniquement pour le pire…

Amédée est paumé au sens propre comme au figuré. Il se demande ce qu'il fait là et il se demande où il doit aller. Sa route croise celle de bonnes soeurs en godillots, d'infirmiers dépassés par les événements, de fossoyeurs désabusés, de vaches abandonnées ou encore de cochons cannibales. Son errance souligne à merveille la confusion totale régnant sur les routes de France à l'époque. Une France déboussolée où tous les repères semblent s'être effondrés d'un seul coup.

Avec sa bichromie de noir et de gris ombrée de sépia et sa ligne claire précise contrastant avec le chaos ambiant, Rabaté offre une narration simple, directe, limpide. Une sobriété de circonstance en permanence au service du récit.

La Déconfiture, c'est la quête absurde d'un homme qui ne fait que suivre le mouvement sans réellement comprendre ce qui se passe. Entre situations surréalistes et dialogues à l'humour féroce, Rabaté propose un album tragi-comique permettant de suivre la défaite de l'armée française à travers les yeux d'un soldat placide, incrédule, ni patriote forcené ni déserteur dans l'âme. Hâte de retrouver Amédée pour connaître la suite (et la fin) de ses pérégrinations. Et ravi de retrouver un Rabaté en pleine forme après le décevant « Vive la marée ! ».


Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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La débâcle et l'exode en juin 40, ce gigantesque mouvement de troupes et de réfugiés, vu de façon méticuleuse au travers du regard d'un seul soldat.

Il a perdu son régiment, il subit les bombardements, il croise la France en déroute - qui, de plus, l'engueule : "En 14 on se battait, nous !"

Cette débâcle ramène chacun au basique, au fondamental : trouver à "grailler" ; trouver un coin pour "poser culotte" ; se réchauffer à la camaraderie des autres paumés.

Des hommes, des véhicules en rade, des champs à perte de vue : réduit à l'essentiel, le dessin de Rabaté déborde de talent.

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critiques presse (4)
ActuaBD
15 décembre 2016
La débâcle de juin 1940 à hauteur d’hommes : du très bon Rabaté !
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest
12 septembre 2016
Excellente relecture d’un épisode peu glorieux, La déconfiture pique là où ça fait mal et s’amuse quand il le faut. Suite et fin dans le deuxième tome.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi
26 août 2016
Si l’album ne révolutionne pas la vision de la débâcle et de l’exode, et réinvestit au final des thèmes classiques, il n’en reste pas moins un bel ouvrage touchant qui donne envie de poursuivre la route avec Amédée dans le second volume de ce diptyque.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom
23 août 2016
Rabaté démontre ici, une fois de plus qu’il est un fin narrateur et qu’il sait se documenter au mieux pour rendre crédible son histoire, mais, surtout, qu’il est aussi l’un de nos plus remarquables dessinateurs
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation

[ un jeune soldat en permission, à sa femme ]

- Pourquoi je n'ai pas déserté ? Pourquoi je ne déserte pas ?

- On ne peut pas vivre en dehors de l'Histoire... Ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est toi. C'est la dictature en Espagne, en Italie, en Allemagne, tu crois que tu supporterais l'idée de n'avoir rien fait pour les empêcher d'arriver... Viens, faisons l'amour encore une fois.

- On le fera comme si c'était la dernière.

- Plutôt comme si c'était la première.

(...)

- Est-ce qu'on a eu raison Juliette ? Est-ce qu'on a eu raison ?

(p. 63-65)

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[ dans une maison désertée ]

- Bon allez, le casse-pipe nous attend, on prend les conserves, le vin et on calte.

- Tu ne prends pas de bouquins ?

- Pour t'en servir comme papier cul, j'aime autant pas. Et puis on est des gens bien élevés. On garde certaines règles, même dans la déroute. La survie oui, le pillage non ! On laisse les lieux comme on les a trouvés et on ferme la porte derrière soi.

(p. 57)

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- Vous faites quoi ici ?

- On est emballeurs chez Borgnol, on fait des lits à la pioche et on borde à la pelle. Dix gars à enterrer, on nous a laissé en arrière-garde pour faire les trous. (...) Eh ouais, on devrait se préparer à faucher les blés et on enterre les copains.

(p 29-30)

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-- Viens, faisons l'amour encore une fois.

-- On le fera comme si c'était la dernière.

-- Plutôt comme si c'était la première.

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- Victor Hugo qui finit dans les toilettes, tu te rends compte que tu t'es torché avec les écrits du plus grand écrivain français, c'est presque pire qu'un autodafé.

- La prochaine fois je te demanderai. Victor Hugo, je croyais que c'était une rue ?

- De mieux en mieux.

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