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Aurélien Boivin (Préfacier, etc.)
ISBN : 2894060599
Éditeur : Bibliothèque Québécoise (07/01/1995)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Ce roman de F.-A. Savard est un classique de la littérature québécoise. Il raconte la lutte du vieux Menaud pour délivrer son peuple de l'asservissement des étrangers, entendons des Anglais, qui se sont emparés de la Montagne, microcosme du pays.On assiste à la mort de Joson, fils unique de Menaud, emporté par la débâcle.Menaud, rongé par la douleur, tente de rallier à sa cause les habitants de Mainsal.Seul le Lucon, son fils spirituel, accepte de le suivre et d'aff... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  20 janvier 2017
Avec Menaud, maître-draveur de Félix-Antoine Savard (1896-1982) c'est une immersion totale dans le Québec du début du 20ème siècle (après les années 30), au nord ouest de la Malbaie dans le comté De Charlevoix, une région forestière et lacustre avec la découverte des Menaud dont le chef de famille, le père, maître-draveur, est le digne et fier représentant d'une lignée de pionniers français, et le pilier central du récit.
En rencontrant cette famille, on embrasse ses convictions, ses idéaux, ses revendications, ses peurs et ses émotions exprimés tour à tour par le père, le fils, Jason, et la fille, Marie.
On découvre aussi une activité spécifique de ses régions boisées: la drave, consistant à dégager et diriger le bois flotté, et le quotidien des forestiers au fil des saisons le temps d'une année.
Autre personnage central, La Noire (nom donnée à la rivière Malbaie), elle traverse le Parc National des Hautes Gorges de la Rivière Malbaie que les hommes craignent et respectent car sans elle au printemps il n'y aurait pas de drave et donc pas de travail.
Et les hommes qui ont choisi ce rude et dangereux travail font corps avec La Noire, et font partie du camp des loups de bois par opposition à ceux qui ont choisi le travail de la terre, une vie beaucoup plus sédentaire …
Ce texte c'est aussi le refus et le combat à mener contre la dépossession de terres convoitées par les étrangers, les Anglais : Menaud, maître draveur, personnage marqué est le symbole de cette résistance et incarne le peuple canadien français.
Comme un psaume de l'épigraphe à la fin du récit, la voix de Louis Hemon rythme ce combat et la montée dramatique dans la narration:
« Nous sommes venus il y a trois cent ans et nous sommes restés... » (Maria Chapdeleine)
Un magnifique texte, poétique et lyrique notamment avec la personnification de la Noire qui se transforme en véritable monstre et une nature magnifiée .
Je ne ferais qu'évoquer rapidement la polémique autour de ce texte qui a été remanié plusieurs fois par son auteur Félix-Antoine Savard et, utilisé selon les époques à des fins différentes (politique, indépendantiste, écologique).
Pour moi, la lecture de ce texte à été un vrai plaisir alliant la découverte de la drave dans cette magnifique contrée et le partage des sentiments avec une famille authentique par le biais d'une intrigue amoureuse et un drame familial.
Un régal. Un hymne à la liberté.
Un livre débusqué encore une fois chez Emmaüs.
Ah , j'oubliais ne lire la présentation qu'une fois la lecture terminée car elle dévoile une partie de l'histoire.
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jimpee
  28 novembre 2012
J'ai entendu parler de ce livre dans les guides sur le Québec car ce roman se passe dans la province du Charlevoix. On en parle comme d'une roman culte et je l'ai ramené.
C'est un roman qui fait sans cesse référence à Maria Chapdelaine : Menaud est obsédé par un passage sur la perte des valeurs et la méfiance vis à vis des étrangers qui prennent les terres. C'est une ode à la liberté et à une conception d'un ancien mode de vie au Québec, encore très pionnier, et sans doute en voie de disparition au moment de l'écriture du livre.
Menaud vit avec son fils Joson et sa fille Marie. Fermier, il reste homme des bois. Il travaille pour des anglais au convoyage des coupes de bois (la drave) mais cela le perturbe car il a le sentiment de trahir son pays et se considère comme leur valet. Il voit d'un mauvais oeil le penchant de sa fille pour le Délié qu'il soupçonne de prendre le parti des étrangers. Joson va se noyer lors de la drave et Menaud sombre petit à petit dans la folie.
Le Délié annonce que les terrains de chasse où les villageois allaient en toute liberté vont être concédés, qu'il va en devenir le gardien et qu'ils sont désormais interdits aux habitants. du coup, Menaud part vers le Nord, dans ces territoires, pour les protéger et affronter le Délié. Il manque d'y mourir et il est sauvé par le Lucon, un ami de Joson qui l'a accompagné.
Marie se détourne du Délié, coupable d'avoir trahi les ancêtres, et se rapproche du Lucon. Tous les deux hésitent entre une vie de paysans tranquilles et bien installés ou le maintien d'un espoir, d'une tradition de liberté et le refus des nouvelles règles, ce qu'ils choisiront au risque du banissement.
On retrouve certains aspects de Maria Chapdelaine : comme dans le roman de Louis Hémon, le paysan rêve de liberté, garde son âme de pionnier et de coureur des bois et la fille se soumet au choix raisonnable en laissant ses rêves s'envoler.
C'est sans doute un livre qui marque les québécois et résonne de leur passé, on peut dire que cela se veut une imitation de Maria Chapdelaine. Comme souvent la copie ne vaut pas l'original, même si le style est assez agréable et même lyrique dans ses descriptions de la nature.
Lien : http://jimpee.free.fr/index...
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Moan
  14 avril 2012
Roman historique sur le milieu de la drave. Un draveur manoeuvre après le dégel, le bois accumulé tout l'hiver pour lui faire descendre la rivière.
Vie de draveurs québécois dans un milieu hostile.
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cafeaulait
  10 septembre 2017
Publié en 1938. Une grand classique de la littérature québécoise, dite du terroir. Tout se passe autour de cette terre qu'il va gagner puis perdre peu à peu.
Le paysan travaille durement la terre pour la défricher, la cultiver et la transmettre comme bien à ses descendants. Elle représente la richesse du cultivateur, mais aussi sa fragilité. À une époque où l'industrialisation et l'urbanisation brisent le lien du cultivateur à sa terre, on fait face à ce changement brusque dans les valeurs profondes de tout un peuple qui lutte pour sa survie.
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Cielvariable
  06 avril 2013
Roman du terroir, roman historique québécois, avec la particularité d'une écriture colorée et poétique, particulièrement riche en figures de style (dont énormément de métaphores).
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   19 décembre 2016
Les tentes avaient été dressées une quinzaine de jours auparavant par les draveurs du "temps de glace".
On appelle ainsi, au pays du Québec, ceux qui, dès la première fonte des neiges vont ouvrir les chenaux des rivières et préparer la grande drave.
C"est, de toutes, la corvée la plus dure et la plus hasardeuse.
Les hommes ont à se battre contre le froid, la neige et l'eau.
D'une étoile à l'autre, ils doivent dégager les billes encavées dans la glace, courir sur le bois en mouvement, s' agripper aux branches, aux rochers de bordure quand l'eau débâcle et qu'elle veut tout emporter comme une bête en furie.
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CielvariableCielvariable   21 mai 2012
C’est la drave.

Menaud, son fils et leurs compagnons font face à un embâcle. Soudain la rivière se met à frémir, à gronder, à se hérisser. La bête se dresse et à travers ce tumulte, Menaud entend un chant :

« Nous sommes venus il y a trois cents ans et nous sommes restés ! »

« Nous avons marqué un plan du continent nouveau, de Gaspé à Montréal, de Saint-Jean d’Iberville à l’Ungava, en disant : « Toutes les choses que nous avons apportées avec nous, notre culte, notre langue, nos vertus et jusqu’à nos faiblesses deviennent des choses sacrées, intangibles et qui devront demeurer jusqu’à la fin. »

« Car nous sommes d’une race qui ne sait pas mourir ! »
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CielvariableCielvariable   21 mai 2012
Et soudain...

« Une clameur s’éleva ! Tous les hommes et toutes les gaffes se figèrent immobiles...ainsi les longues quenouilles sèches avant les frissons glacés de l’automne. Joson, sur la queue de l’embâcle, était emporté, là-bas... Il n’avait pu sauter à temps.

Menaud se leva. Devant lui, hurlait la rivière en bête qui veut tuer. Mais il ne put qu’étreindre du regard l’enfant qui s’en allait, contre lequel tout se dressait haineusement, comme des loups quand ils cernent le chevreuil enneigé.

Cela s’agrippait, plongeait, remontait dans le culbutis meurtrier... Puis tout disparut dans les gueules du torrent engloutisseur.

Menaud fit quelques pas en arrière ; et, comme un boeuf qu’on assomme, s’écroula, le visage dans le noir des mousses froides. »
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CielvariableCielvariable   06 avril 2013
Et l'on n'entendait plus que le frappement du ros qui tassait la
tissure entre les fils de la chaîne.
Un rythme la berçait de droite à gauche. De ses deux bras harmonieusement
levés l'un après l'autre, elle semblait battre la mesure à
quelque mystérieuse musique, cependant qu'à la trame de cette
lourde étoffe grise, elle insérait toute la chaleur de son être pour
son père, pour Joson, qu'elle protégerait ainsi contre le froid qui
glace là-bas le coeur des hommes.
Et c'était sa manière à elle de dire à chaque coup de marchette:
« Une race qui ne sait pas mourir!»
Ce qu'elle faisait là, sa mère et bien d'autres femmes l'avaient
fait avant elle, entremêlant aux laines de subtils sentiments de
force, de résistance, et des prières même.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   04 avril 2013
Les paysans avaient appris de la terre la sagesse lente et calme, la volonté tenace de parvenir, la patience des lentes germinations, la joie des explosions généreuses de vie [...] Les coureurs des bois, eux, avaient conquis sur la forêt elle-même leur hardiesse au milieu des périls, leur endurance à la misère, leur ingéniosité dans tous les besoins. Ils s'étaient fait une âme semblable à l'âme des bois, farouche, jalouse, éprise de liberté ; ils s'étaient taillé un amour à la mesure des grands espaces. Ils avaient tous, depuis les lointaines et prodigieuses randonnées des leurs, dans le passé, un orgueil de caste et comme un droit d'aînesse sur le sédentaire des champs.
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