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ISBN : 2253005665
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1975)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 203 notes)
Résumé :
Cette célèbre évocation du Québec traditionnel au début du 20e siècle compte plus de 150 éditions traduites en 25 langues. Adapté plusieurs fois au cinéma - on se souvient de l'interprétation de Carole Laure dans le rôle de Maria - ce drame mettant en scène la vie pittoresque et courageuse des pionniers canadiens français est publié ici pour la première fois en France dans la version originale de l'auteur. Dans un petit village du Lac Saint-Jean, au nord de la vill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
book-en-stock
  15 janvier 2017
« Et nous nous sommes maintenus, peut-être afin que dans plusieurs siècles encore le monde se tourne vers nous et dise : Ces gens sont d'une race qui ne sait pas mourir… Nous sommes un témoignage. » p. 129
Une tranche de vie d'une famille de pionniers au Québec au début du XXe siècle.
Maria est l'aînée et vit avec ses parents et ses frères et soeurs au rythme imposé par les saisons : les fortes chaleurs de l'été et les rigueurs de l'hiver. C'est un pays rude où l'homme est soumis aux lois de la nature et à la parole divine. En effet, bien qu'ils habitent loin de l'église, ils vivent dans une grande ferveur religieuse.
Leur quotidien est consacré à « faire de la terre » à la belle saison (c'est-à-dire défricher la forêt pour cultiver ensuite le terrain) et repousser les rigueurs et dangers de l'hiver long et exigeant. Les veillées où les voisins les plus proches viennent partager les rires, souvenirs et nouvelles sont rares et fortement appréciées.
Trois prétendants tournent autour de Maria. Cependant la vie va-t-elle s'accorder au choix de son coeur ?
Ce roman est un réel hymne au Québec et ses pionniers ! L'auteur chante les éléments naturels avec passion dans leur beauté comme dans leur cruauté. Il exalte le labeur des hommes se ployant aux caprices de la nature et acceptant leur sort, soumis mais quand bien même heureux. Ils ont choisi de vivre dans ces contrées à conquérir. J'ai aimé toutes ces descriptions qui nous plongent aisément dans ce milieu. Même quand les personnages sont à l'intérieur de la maison, au chaud au coin du feu, la nature est toujours là, se faisant entendre au dehors.
Louis Hémon voue une véritable admiration pour ces pionniers venus de France et leur rend superbement hommage. Comme il l'écrit lui-même, ce roman est un beau témoignage de cette période où la conscience d'une identité québécoise s'éveille ou s'affirme.
Un roman fort, poignant, à connaître !
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nath45
  27 juillet 2017
Je referme ce classique de la littérature canadienne, un roman mythique, une histoire d'amour, celle de Maria Chapdelaine, l'héroïne de ce roman qui vit avec sa famille au milieu des bois, loin des premiers villages. Elle doit choisir entre trois hommes, trois perspectives de vie.
Louis Hemon nous décrit si bien la vie dure des cultivateurs qui défrichent la terre et pour cause, c'est lors de son séjour au Québec qu'il écrivit Maria Chapdelaine.
Un roman fort aux belles descriptions de paysages, des personnages très attachants qui malgré la dureté du travail, du climat restent joyeux, aiment la vie et restent attachés à leurs valeurs, une belle découverte littéraire, un réel plaisir de lecture.
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Sallyrose
  07 octobre 2018

Ce roman est paru en 1914, quelques mois après le décès de l'auteur, français.
Il raconte la dure vie des Canadiens français qui subissent la rigueur des longs hivers, ne disposant que de quelques semaines pour cultiver une terre qui s'avère ingrate.
Il décrit également le courage et l'abnégation de ces personnes qui n'ont que des ambitions simples, celles qui leur permettent de vivre de leur labeur en toute honnêteté.
D'ici de là, certains viennent des « Etats » et vantent les mérites de la vie urbaine, effrayant plus que suscitant l'envie. Ce qu'ils décrivent ne ressemblent à rien de ce que ces agriculteurs connaissent. Néanmoins, ils sont septiques de ce mode de vie éloigné des valeurs religieuses qui semblent donner à tous en échange de rien si ce n'est l'oisiveté et le plaisir.
Maria Chapdelaine est une jeune fille en âge de se marier et va être confrontée à des choix difficiles pour faire le tri entre ses prétendants. Bien que la cruelle nature lui enlève celui qui a su lui inspirer des sentiments, elle ne cèdera pas au chant des sirènes et pensera trouver son salut dans la répétition et le respect des valeurs inculqués par ses parents.
Ce roman a fait l'objet de nombreuses polémiques et j'ai beaucoup apprécié la préface de Aurélien Boivin (Editions Bibliothèque québécoise) qui met l'auteur et le texte dans leur contexte de façon simple et didactique mais aussi avec suffisamment d'enthousiasme pour ne pas retarder sa lecture.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman emblématique des commencements des immigrés au Québec donnant une envergure de courage et de pureté à ce peuple fondateur.
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AMR
  14 décembre 2016
J'ai lu pour la première fois Maria Chapdelaine pendant mon adolescence, dans l'édition de la Bibliothèque Verte… C'était beau et merveilleusement triste. Je me souviens d'être restée sous le charme de François Paradis et de m'être interrogée sur le destin et le sacrifice de cette jeune femme, dans ces terres lointaines et inhospitalières. Et puis, il y avait des tournures de phrases, des expressions et des mots que je trouvais magnifiques, des patronymes particulièrement évocateurs… Mon premier contact littéraire avec le Canada Français.
Puis, je l'ai relu beaucoup plus tard dans une optique studieuse d'approche d'un des textes reconnus comme fondateurs de la littérature québécoise et considérés comme emblématiques d'une littérature du terroir.
Paradoxalement, ce roman est l'oeuvre un français, un breton de passage au Québec.
Maria Chapdelaine est sans doute inspiré de ce que Louis Hémon a pu observer de la vie locale lorsqu'il était ouvrier agricole dans la région de Péribonka, la ville du roman. Écrit en 1913, ce court roman au caractère très documentaire, à la limite du reportage, de l'ethnographie et de la littérature, sera publié au Canada à titre posthume, Louis Hémon trouvant la mort entretemps dans un accident de train. le véritable succès de cette oeuvre sera plus tardif, vers 1921, quand elle sera publiée en France, devenant un classique incontournable étudié à la fois comme un document sur les moeurs du Canada Français et comme un roman.
Ce roman met en avant les valeurs de la terre et cible les excès de la religion ; en effet, Louis Hémon était athée et plutôt libertaire, opposé au mariage de surcroit. Aussi, il y a une grande part d'ironie et de critique des moeurs pieuses des Canadiens dans le récit, notamment lors de l'évocation des prières non exaucées de Maria ou dans les propos de piété conventionnelle du prêtre. D'ailleurs, le clergé canadien s'était montré très hostile à ce roman à sa sortie. On peut dire que les valeurs du terroir triomphent à la fin même cela reste un peu ambigu : Maria répond à des voix qui exaltent une conscience tellurique mais, en même temps, elle reste dans la lignées des femmes soumises qui l'on précédée.
On peut aussi parler de littérature document, d'ethnographie… En effet Maria Chapdelaine, écrit pour un lectorat français dans un français très académique ponctué de mots et d'expressions spécifiques du Québec, décrit en détails les façons de vivre, de s'habiller ou de se nourrir, les travaux saisonniers des personnages et la faune et la flore du pays au gré des mois et des saisons qui rythment les chapitres. L'accent est mis sur la dureté du climat et sur les difficiles conditions de vie des habitants. La description des paysages et les portraits des personnages dépaysent le lecteur et l'emmènent à Peribonka ; il s'agit bien de représenter, presque comme dans un reportage photographique.
Les prétendants de Maria sont divisés en trois stéréotypes : habitant, coureur des bois et émigrant. Eutrope Gagnon est l'habitant persévérant, qui 
cultive la terre dont il a hérité ; son nom est ordinaire, très courant au Québec. 
François Paradis, au contraire, ne supporte pas la sédentarité ; il a vendu la terre de son père et est parti travailler le bois, chasser et commercer avec les Indiens ; il sera victime de son intrépidité, puisqu'il meurt 
en s'égarant dans le bois glacé ; son patronyme est aussi lourd de sens, entre prémonition et ironie. Lorenzo Surprenant incarne une troisième voie car il refuse radicalement la dureté 
de la vie au Québec, celle des habitants comme celle des coureurs des bois ; il s'exile aux Etats-Unis et fait fortune ; un regard onomastique reconnaît sans peine sa différence et sa modernité. 

Le père de Maria est à la fois un habitant et un pionnier puisqu'il a du mal à s'installer, toujours en quête de nouvelles terres à cultiver. La famille Chapdelaine représente la nature sauvage et cela explique le côté inaccessible de Maria, admirée et convoitée par de nombreux hommes : c'est « une belle grosse fille, et vaillante avec ça » mais qui habite de l'autre côté de la rivière, là où il n'y a plus de chemin d'accès.
Les hommes affrontent l'extérieur tandis que les femmes règnent sur la maison, espace clôt mais convivial, lieu des veillées notamment. Maria et sa mère servent les hommes quand ils reviennent des pénibles travaux de défrichement, se relaient pour surveiller la longue cuisson des fournées de pain… le thème de la fenêtre est récurrent, comme une frontière entre deux mondes : calfeutrées en hiver, les fenêtres s'ouvrent pour l'arrivée du printemps. C'est en regardant par la fenêtre que Maria anticipe les changements de saisons et rêve à ses amours.
Maria Chapdelaine est un court roman dans lequel je trouve de plus en plus de niveaux de lectures. À lire où à relire.
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grasshopers
  05 novembre 2016
Alors comment dire ? au vu de l'enthousiasme suscité par ce livre, je m'attendais à passer un bon moment. Que nenni !! j'ai eu du mal à "rentrer dedans" et en toute honnêteté la vie au Québec au siècle dernier, ne m'a pas fait rêver une seconde.
C'est fort dommage, car l'écriture est fluide et plaisante et ce texte est une ode à la terre du Canada.
Alors non, malgré ma bonne volonté je n'ai pas accroché... dommage, cette fois le destin d'une femme qui fait face à ses obligations en se sacrifiant ne m'a pas transportée.
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Lazlo23Lazlo23   27 octobre 2015
Les paysans ne meurent point des chagrins d'amour ni n'en restent marqués tragiquement toute la vie. Ils sont trop près de la nature et perçoivent trop clairement la hiérarchie essentielle des choses qui comptent. C'est pour cela peut-être qu'ils évitent le plus souvent les grands mots pathétiques, qu'ils disent volontiers «amitié» pour «amour», «ennui» pour «douleur», afin de conserver aux peines et aux joies du cœur leur taille relative dans l'existence à côté de ces autres soucis d'une plus sincère importance qui concernent le travail journalier, la moisson, l'aisance future.
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luis1952luis1952   19 juillet 2012
François Paradis regarda Maria à la dérobée, puis détourna de nouveaux ses yeux en serrant très fort ses mains l'une contre l'autre. Qu'elle était donc plaisante à contempler ! D'être assis auprès d'elle, d'entrevoir sa poitrine forte, son beau visage honnête et patient, la simplicié franche de ses gestes rares et de ses attitudes, une grande faim d'elle lui venait et en même temps un attendrissement émerveillé, parce qu'il avait vécu presque toute sa vie rien qu'avec d'autres hommes, durement, dans les grands bois sauvages ou les plaines de neige.
Il sentait qu'elle était de ces femmes, qui lorsqu'elle se donnent, donnent tout sans compter: l'amour de leur corps et de leur coeur, la force de leur braset de leurs orteils nus dans la besogne de chaque jour, la dévotion complète d'un esprit sans détours.
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CielvariableCielvariable   11 avril 2013
Le coeur humain est ainsi fait que la plupart de ceux qui ont payé la rançon et ainsi la liberté-l'aise-se sont, en la conquérant, façonné une nature incapable d'en jouir, et continuent leur dure vie jusqu'à la mort ; et c'est à ces autres, mal doués ou malchanceux qui n'ont pu se racheter, eux, et restent esclaves, que l'aise apparaît avec toutes ses grâces d'état, inaccessible.
Peut-être les Chapdelaine pensaient-ils à cela et chacun à sa manière ; le père avec l'optimisme invincible d'un homme qui se sait fort et se croit sage ; la mère avec un regret résigné ; et les autres, les jeunes, d'une façon plus vague et sans amertume, à cause de la longue vie assurément heureuse qu'ils voyaient devant eux.
Maria regardait parfois à la dérobée Eutrope Gagnon, et puis détournait aussitôt les yeux très vite, parce que chaque fois elle surprenait ses yeux à lui fixés sur elle, pleins d'une adoration humble.
Depuis un an elle s'était habituée sans déplaisir à ses fréquentes visites et à recevoir chaque dimanche soir, dans le cercle des figures de la famille, sa figure brune qui respirait la bonne humeur et la patience ; mais cette courte absence d'un mois semblait avoir tout changé, et en revenant au foyer elle y rapportait une impression confuse que commençait une étape de sa vie à elle où il n'aurait point de part.
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CielvariableCielvariable   11 avril 2013
Il hésita encore, et promena son regard autour de lui sur le sol blanc semé de souches brunes, sur le plateau austère qui un peu plus loin descendait d'une seule course jusqu'à la rivière glacée, comme s'il cherchait des arguments décisifs.
-Je ne sais pas quoi vous dire... Vous avez toujours vécu par icitte et vous ne pouvez pas vous figurer comment c'est ailleurs, et je ne suis pas capable de vous le faire comprendre rien qu'en parlant. Mais je vous aime, Maria, je gagne de bonnes gages et je prends pas un coup jamais. Si vous voulez bien me marier comme je vous le demande, je vous emmènerai dans des places qui vous étonneront ; de vraies belles places pas en tout comme par icitte, où on peut vivre comme du monde, et faire un règne heureux.
Maria resta muette, et pourtant chacune des phrases de Lorenzo Surprenant était venue battre son coeur comme une lame s'abat sur la grève. Ce n'étaient point les protestations d'amour qui la touchaient, encore quelles fussent sincères et honnêtes, mais les descriptions par lesquelles il cherchait à la tenter. Il n'avait parlé que de plaisirs vulgaires, de mesquins avantages de confortable ou de vanité ; mais considérez que ces choses étaient les seules qu'elle pût comprendre avec exactitude, et que tout le reste-la magie mystérieuse des cités, l'attirance d'une vie différente, inconnue, au centre même du monde humain et non plus sur son extrême lisière-n'avait que plus de force de rester ainsi impalpable et vague, pareil à une grande clarté lointaine.
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CielvariableCielvariable   11 avril 2013
Maria soupire ; mais l'infinie patience de sa race lui revient bientôt, et elle commence à penser à elle-même, et à ce que toutes choses signifient pour elle.
Pendant qu'elle était à Saint-Prime une de ses cousines qui devait se marier prochainement lui a parlé plusieurs fois de ce mariage. Un jeune homme du village et un autre, de Normandin, l'avaient courtisée ensemble, venant tous deux pendant de longs mois passer dans sa maison la veillée du dimanche.
-Je les aimais bien tous les deux, a-t-elle avoué à Maria. Et je pense bien que c'était Zotique que j'aimais le mieux ; mais il est parti faire la drave sur la rivière Saint-Maurice ; il ne devait pas revenir avant l'été ; alors Roméo m'a demandée et j'ai répondu oui. Je l'aime bien aussi.
Maria n'a rien dit ; mais elle a songé qu'il devait y avoir des mariages différents de celui-là, et maintenant elle en est sûre.
L'amitié que François Paradis a pour elle et qu'elle a pour lui, par exemple, est quelque chose d'unique, de solennel et pour ainsi dire d'inévitable, car il est impossible de concevoir comment les choses eussent pu se passer autrement, et cela va colorer et réchauffer à jamais la vie terne de tous les jours. Elle a toujours eu l'intuition confuse qu'il devait exister quelque chose de ce genre : quelque chose de pareil à l'exaltation des messes chantées, à l'ivresse d'une belle journée ensoleillée et venteuse, au grand contentement qu'apporte une aubaine ou la promesse sûre d'une riche moisson.
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Disparu jeune et ignoré de tous, Louis Hémon (1880-1913) devint après sa mort et par la grâce d'un seul roman, "Maria Chapdelaine", l'un des plus célèbres au...
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