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EAN : 9782253005667
256 pages
Le Livre de Poche (01/09/1975)
3.47/5   346 notes
Résumé :
Cette célèbre évocation du Québec traditionnel au début du 20e siècle compte plus de 150 éditions traduites en 25 langues. Adapté plusieurs fois au cinéma - on se souvient de l'interprétation de Carole Laure dans le rôle de Maria - ce drame mettant en scène la vie pittoresque et courageuse des pionniers canadiens français est publié ici pour la première fois en France dans la version originale de l'auteur. Dans un petit village du Lac Saint-Jean, au nord de la vill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
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Louis Hémon - Maria Chapdelaine - 1913 : Grand classique de la littérature canadienne, "Maria Chapdelaine" aurait pu être écrit par Pierre Loti, écrivain dont Pierre Hémon l'auteur imitait quelque peu le style. Il était fort estimable de posséder comme son illustre devancier cette capacité de changer en émotion pure une poignée de mots jetés sur une page blanche. L'écriture était simple comme les acteurs de ce roman qui jour après jour travaillaient la terre en se battant contre les éléments et la nature hostile. Il en fallait de la robustesse et du courage pour que chaque jour, chaque semaine, chaque année aussi l'aube se transforme en chant du départ vers des travaux dignes de ceux affligés aux forçats coupables des pires méfaits. Alors que les hommes s'usent à la tâche défrichant constamment une foret envahissante pour faire pousser le grain, les femmes assurent le train de vie de la maison. Mais leur sort est peu enviable lui aussi car toute la journée il faut tenir l'intérieur, préparer la nourriture pour les travailleurs affamés, entretenir un potager entre autre, le tout sans eau courante et sans les facilités de la vie moderne. La famille est alors le ciment qui permet à tous ces gens de se soutenir, de vivre et de connaitre le bonheur. Maria Chapdelaine se distingue des autres jeunes femmes de la communauté par sa beauté et par sa grâce. Il est temps pour elle de se marier et alors qu'elle a le choix entre épouser un paysan comme ses frères ou un commerçant qui l'emmènera à la ville pour vivre une vie confortable de femme de notable, Maria choisit François Paradis un homme des bois qui fait commerce de la fourrure. Peu de choses pourtant les ont liées jusque-là, l'effleurement d'un regard, la torture d'un manque qui ne se définit pas encore, une lumière qui les environne et que rien ne peut assombrir. C'est lors des nombreuses veillées qui rassemblent les habitants de ce pays de misère que ces deux-là se sont aimé sans jamais se le dire. Mais le bonheur qui se présente à eux va se perdre en même temps que François dans le froid implacable d'un hiver précoce. "Maria Chapdelaine" dans son écriture empreinte de sobriété et de noirceur dramatisait l'image d'Épinal du joyeux colon défricheur de nouveaux territoires pour le bien être de l'humanité. Les coups du sort et la mort comme celle de la mère épuisée par des années de labeur faisait basculer alors l'équilibre fragile qui permettait à cette société de tenir debout. Ce livre poignant devait sa célébrité en France à une adaptation télévisuelle qui eut beaucoup de succès dans les années 80 avec l'oubliée Carole Laure en vedette. le lire c'est sentir encore les odeurs fortes d'érable et de pin qui sont les marqueurs d'un Canada légendaire mais si dur pour ceux qui l'ont construit et exploité... déchirant
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Louis Hémon, auteur français quasi méconnu en France et auteur emblématique du Québec, a réussi, alors qu'il n'était qu'un immigré de fraîche date et n'a vécu que quelques mois dans le Saguenay, à écrire un roman qui est un ode à la terre canadienne et un magnifique témoignage de la vie au Québec au début du XXe siècle. On sent qu'il apprécie et admire ces pionniers venus de France pour s'installer dans une région aux hivers rudes, à la fois hostile et fascinante et s'y enraciner.
A travers le destin et les choix de Maria, l'auteur dépeint un peu plus d'une année de vie d'une famille de colons, une tranche de vie à la dure vers 1910 près de la rivière Péribonka. Je n'ai pas été fascinée par le destin de Maria, qui fait face à ses obligations en se sacrifiant. D'autres personnages m'ont plus attirés : ses parents, sa mère, et surtout son père, éternel pionnier, toujours prêt à recommencer ailleurs, une fois qu'il a «fait une belle terre». Il y a aussi François Paradis, qui a encore plus la bougeotte, puisqu'il a choisi d'être un « homme des bois », mi-trappeur, mi-bucheron. Avec une écriture fluide et simple, émaillée d'éléments du parler québécois bien intégrés, l'auteur a su me faire apprécier les paysages, la vie rude et simple du lieu et de l'époque, et les hommes qui se sont installés dans ces contrées. Un livre «de terroir» d'excellente qualité, à la hauteur de Pagnol ou Giono.
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« Et nous nous sommes maintenus, peut-être afin que dans plusieurs siècles encore le monde se tourne vers nous et dise : Ces gens sont d'une race qui ne sait pas mourir… Nous sommes un témoignage. » p. 129

Une tranche de vie d'une famille de pionniers au Québec au début du XXe siècle.
Maria est l'aînée et vit avec ses parents et ses frères et soeurs au rythme imposé par les saisons : les fortes chaleurs de l'été et les rigueurs de l'hiver. C'est un pays rude où l'homme est soumis aux lois de la nature et à la parole divine. En effet, bien qu'ils habitent loin de l'église, ils vivent dans une grande ferveur religieuse.
Leur quotidien est consacré à « faire de la terre » à la belle saison (c'est-à-dire défricher la forêt pour cultiver ensuite le terrain) et repousser les rigueurs et dangers de l'hiver long et exigeant. Les veillées où les voisins les plus proches viennent partager les rires, souvenirs et nouvelles sont rares et fortement appréciées.
Trois prétendants tournent autour de Maria. Cependant la vie va-t-elle s'accorder au choix de son coeur ?

Ce roman est un réel hymne au Québec et ses pionniers ! L'auteur chante les éléments naturels avec passion dans leur beauté comme dans leur cruauté. Il exalte le labeur des hommes se ployant aux caprices de la nature et acceptant leur sort, soumis mais quand bien même heureux. Ils ont choisi de vivre dans ces contrées à conquérir. J'ai aimé toutes ces descriptions qui nous plongent aisément dans ce milieu. Même quand les personnages sont à l'intérieur de la maison, au chaud au coin du feu, la nature est toujours là, se faisant entendre au dehors.
Louis Hémon voue une véritable admiration pour ces pionniers venus de France et leur rend superbement hommage. Comme il l'écrit lui-même, ce roman est un beau témoignage de cette période où la conscience d'une identité québécoise s'éveille ou s'affirme.

Un roman fort, poignant, à connaître !
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J'ai découvert ce grand classique de la littérature canadienne alors que je n'étais qu'une jeune élève de 5ème. Dire qu'aujourd'hui je l'ai relu pour compléter l'item "pire souvenir scolaire" du challenge multi défis 2023.
Quel paradoxe ! Ce livre avait été un coup de coeur incroyable et si je devais citer un seul souvenir de mon année de 5ème ce serait cette lecture là ! Qu'est ce que j'ai pu l'aimer ! Qu'est ce que j'ai pu être triste pour Maria Chapdelaine !
J'ai gardé le souvenir de la découverte du Canada au début du XXème siècle. La dure vie des pionniers, l'hiver rigoureux, les hommes qui défrichent la forêt avec courage et fierté malgré une nature hostile, mais aussi les veillées, la joie d'être ensemble, la prière qui réconforte, la famille aimante.


Maria vit dans les bois avec sa famille. Elle est belle et en âge de se marier. Elle a le choix entre plusieurs prétendants qui pourraient lui offrir des modes de vie différents. Maria choisit François Paradis un jeune homme qui travaille également dans les bois qui fait commerce de la fourrure. Malheureusement François qui veut retrouver Maria pour les fêtes de Noël se perd dans la forêt.
C'est une histoire poignante qui m' a émerveillée quand j'étais toute jeune avec les descriptions de paysages, la douceur et la simplicité de Maria et cette histoire d'amour tragique.
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L'action de Maria Chapdelaine se passe à Péribonka, et c'est là que je l'ai lu pendant le temps des fêtes.

Je connaissais l'oeuvre pour en avoir vu une adaptation cinématographique (probablement celle avec Carole Laure), et pour être allée au musée Louis-Hémon au moment de son ouverture; je n'en avais cependant pas gardé un souvenir impérissable. C'était sans compter la plume de Louis Hémon, pleine de vie et de lyrisme, et le plaisir que j'ai eu à le lire. Lorsque le roman est sorti, il lui a été reproché de s'être moqué des canadiens français; il est vrai qu'il lui arrive d'apparaître dans le texte et de faire son anthropologue (« Au pays de Québec… »), délaissant l'intrigue momentanément pour y aller de ses perceptions, fait un peu irritant, largement compensé cependant par son évocation du mode de vie astreignant, intimement relié à la nature et au passage des saisons qu'il excelle à décrire.

Sur l'arrivée du printemps: « Mai amenait une alternance de pluies chaudes et de beaux jours ensoleillés qui triomphait peu à peu du gel accumulé du long hiver. Les souches basses et les racines émergeaient, bien que l'ombre des sapins et des cyprès serrés protégeât la longue agonie des plaques de neige; les chemins se transformaient en fondrières; là où la mousse brune se montrait, elle était toute gonflée d'eau et pareille à une éponge. En d'autres pays c'était le renouveau, le travail ardent de la sève, la poussée des bourgeons et bientôt des feuilles, mais le sol canadien, si loin vers le nord, ne faisait que se débarrasser avec effort de son lourd manteau froid avant de songer à revivre. » (p. 45)

Le passage suivant a tout particulièrement attiré mon attention: « Partout l'automne est mélancolique, chargé du regret de ce qui s'en va et de la menace de ce qui s'en vient; mais sur le sol canadien, il est plus mélancolique et plus émouvant qu'ailleurs, et pareil à la mort d'un être humain que les dieux rappellent trop tôt, sans lui donner sa juste part de vie. » (p. 92) Louis Hémon a écrit Maria Chapdelaine en 1912-1913. Il n'en verra jamais la publication, en 1913, happé mortellement en juillet de cette même année par un train en Ontario, un accident inexpliqué. Il avait trente-deux ans. Une touchante postface de Bernard Clavel complète le livre, pour qui le roman avait fortement résonné.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec
27 février 2023
Il raconte l’histoire d’une jeune femme du Québec rural (Sara Montpetit) qui doit décider de son avenir en choisissant entre trois prétendants.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
Les paysans ne meurent point des chagrins d'amour ni n'en restent marqués tragiquement toute la vie. Ils sont trop près de la nature et perçoivent trop clairement la hiérarchie essentielle des choses qui comptent. C'est pour cela peut-être qu'ils évitent le plus souvent les grands mots pathétiques, qu'ils disent volontiers «amitié» pour «amour», «ennui» pour «douleur», afin de conserver aux peines et aux joies du cœur leur taille relative dans l'existence à côté de ces autres soucis d'une plus sincère importance qui concernent le travail journalier, la moisson, l'aisance future.
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Maria soupire ; mais l'infinie patience de sa race lui revient bientôt, et elle commence à penser à elle-même, et à ce que toutes choses signifient pour elle.
Pendant qu'elle était à Saint-Prime une de ses cousines qui devait se marier prochainement lui a parlé plusieurs fois de ce mariage. Un jeune homme du village et un autre, de Normandin, l'avaient courtisée ensemble, venant tous deux pendant de longs mois passer dans sa maison la veillée du dimanche.
-Je les aimais bien tous les deux, a-t-elle avoué à Maria. Et je pense bien que c'était Zotique que j'aimais le mieux ; mais il est parti faire la drave sur la rivière Saint-Maurice ; il ne devait pas revenir avant l'été ; alors Roméo m'a demandée et j'ai répondu oui. Je l'aime bien aussi.
Maria n'a rien dit ; mais elle a songé qu'il devait y avoir des mariages différents de celui-là, et maintenant elle en est sûre.
L'amitié que François Paradis a pour elle et qu'elle a pour lui, par exemple, est quelque chose d'unique, de solennel et pour ainsi dire d'inévitable, car il est impossible de concevoir comment les choses eussent pu se passer autrement, et cela va colorer et réchauffer à jamais la vie terne de tous les jours. Elle a toujours eu l'intuition confuse qu'il devait exister quelque chose de ce genre : quelque chose de pareil à l'exaltation des messes chantées, à l'ivresse d'une belle journée ensoleillée et venteuse, au grand contentement qu'apporte une aubaine ou la promesse sûre d'une riche moisson.
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L’apparition quasi miraculeuse de la terre au printemps, après les longs mois d’hiver... La neige redoutable se muant en ruisselets espiègles sur toutes les pentes [...]. Après cela, c’était l’été : l’éblouissement des midis ensoleillés, la montée de l’air brûlant qui faisait vaciller l’horizon et la lisière du bois, les mouches tourbillonnant dans la lumière, et à trois cents pas de la maison les rapides et la chute – écume blanche sur l’eau noire – dont la seule vue répandait une fraîcheur délicieuse. Puis la moisson, le grain nourricier s’empilant dans les granges, l’automne, et bientôt l’hiver qui revenait... Mais voici que miraculeusement l’hiver ne paraissait plus détestable ni terrible : il apportait tout au moins l’intimité de la maison close et au-dehors, avec la monotonie et le silence de la neige amoncelée, la paix, une grande paix...
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François Paradis regarda Maria à la dérobée, puis détourna de nouveaux ses yeux en serrant très fort ses mains l'une contre l'autre. Qu'elle était donc plaisante à contempler ! D'être assis auprès d'elle, d'entrevoir sa poitrine forte, son beau visage honnête et patient, la simplicié franche de ses gestes rares et de ses attitudes, une grande faim d'elle lui venait et en même temps un attendrissement émerveillé, parce qu'il avait vécu presque toute sa vie rien qu'avec d'autres hommes, durement, dans les grands bois sauvages ou les plaines de neige.
Il sentait qu'elle était de ces femmes, qui lorsqu'elle se donnent, donnent tout sans compter: l'amour de leur corps et de leur coeur, la force de leur braset de leurs orteils nus dans la besogne de chaque jour, la dévotion complète d'un esprit sans détours.
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Le coeur humain est ainsi fait que la plupart de ceux qui ont payé la rançon et ainsi la liberté-l'aise-se sont, en la conquérant, façonné une nature incapable d'en jouir, et continuent leur dure vie jusqu'à la mort ; et c'est à ces autres, mal doués ou malchanceux qui n'ont pu se racheter, eux, et restent esclaves, que l'aise apparaît avec toutes ses grâces d'état, inaccessible.
Peut-être les Chapdelaine pensaient-ils à cela et chacun à sa manière ; le père avec l'optimisme invincible d'un homme qui se sait fort et se croit sage ; la mère avec un regret résigné ; et les autres, les jeunes, d'une façon plus vague et sans amertume, à cause de la longue vie assurément heureuse qu'ils voyaient devant eux.
Maria regardait parfois à la dérobée Eutrope Gagnon, et puis détournait aussitôt les yeux très vite, parce que chaque fois elle surprenait ses yeux à lui fixés sur elle, pleins d'une adoration humble.
Depuis un an elle s'était habituée sans déplaisir à ses fréquentes visites et à recevoir chaque dimanche soir, dans le cercle des figures de la famille, sa figure brune qui respirait la bonne humeur et la patience ; mais cette courte absence d'un mois semblait avoir tout changé, et en revenant au foyer elle y rapportait une impression confuse que commençait une étape de sa vie à elle où il n'aurait point de part.
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