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Les enfants d'Aliel tome 2 sur 5
EAN : 9782970126652
291 pages
Auto édition (09/09/2019)
4.36/5   44 notes
Résumé :
Les Synalions se croient à l’abri au sein de la Horde des Vents Levés, chez les éleveurs de chevaux. Mais Orga veille et les feux de camp pourraient bientôt éclairer une autre danse que celle de la cérémonie du cheval de feu. Des guerriers durnachs tournent leurs armes contre leur propre peuple. La quête du dernier Synalion prend l’allure d’un galop effréné et le tumulte des émotions chahute la fragile cohésion du groupe. Si Irika s’embrase, Carson s’efface, Nouak s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Après avoir posté une critique mitigée du tome 1, il me semble nécessaire de donner mon avis sur le tome 2 qui gagne nettement en qualité.
On retrouve presque les mêmes défauts que dans le premier, mais de façon vraiment nettement moindre. Je vais lister ce que j'avais noté dans ma première critique et revenir sur ce qui a changé ou pas

- L'histoire clichée : sur ce point, je trouve que l'histoire s'éloigne de sa base clichée, ou disons qu'elle prend sa personnalité, même si elle se base sur certains archétypes classiques (je le redis, ça n'est pas forcément un défaut) de fait, l'histoire gagne en identité propre, c'est un bon point.
- L'héroïne, Lilas. Je la trouvais plate et transparente dans le premier tome, ce n'est plus le cas ici. On entre davantage dans sa tête, on suit ses doutes profonds, ses peurs. Elle devient un bon personnage.
- Les invraisemblances : il y en a toujours, comme par exemple subir une blessure presque mortelle et être à cheval ou s'entraîner dès le lendemain. Des objets d'armurerie ou d'orfèvrerie crée en une journée/soirée, etc. J'en ai noté plusieurs comme ça au fil du récit. Rien de rédhibitoire ceci dit, mais je suis assez sensible à ce genre de choses.
- le point chevaux : c'est bien mieux ici même s'il y a plusieurs approximations qui ne sont en rien déconnantes, faut vraiment être dedans pour tiquer. Il y a un net meilleur travail à ce niveau là, et même si ce n'est pas parfait, ce n'est plus gênant
- le chapitrage : même écueil que le tome 1 sur leur longueur, et un oeil rapide sur le tome 3 me dit que ce sera pareil jusqu'au bout. En soi, le rythme de ce tome est bien meilleur, donc la longueur est moins pesante, mais elle devient problématique quand on suit deux groupes de personnages à deux lieux différents. Chacune de leur partie finit sur un cliffhanger, mais la longueur de chapitre suivant dilue la tension. Il y a même une fois où j'avais oublié où j'vais laissé Lilas, et pourtant, elle était vachement en mauvaise posture.
- le manichéisme : C'est plus subtil ici, j'aime vraiment beaucoup cette idée de gens infectés par le mal et qui fait ressortir les plus grosses pulsions : de violence, sexuelle, de possessivité. ... Il y a notamment ce passage vraiment très intéressant, que je mets sous spoiler, à savoir Autre point bien : ce n'est pas parce que tu n'as pas été infecté par Orga que tu ne peux pas être méchant (cf les bandits et voleurs de chevaux. Tout con hein, mais c'est bien et important de le souligner.
- La sexualisation des ados : Ce qui fait que je reste à 3,5 en note et que je ne mettrai pas plus. J'étais gêné par la sexualisation d'Irika, 14 ans, mais ici, dans ce roman, on a quand même une scène de cul entre une adulte et un enfant de 12 ans. Je suis surpris que personne n'ait relevé ça dans les critiques, parce que c'est franchement problématique. Pour dire, je ne suis même pas sûr que ce soit légal (cf le cas du très mauvais Hansel et Gretel d'un auteur québécois que je ne veux pas citer pour pas le taguer ici. Sara Schneider ne mérite vraiment pas d'être mise en parallèle à cette bouse) S'entend que ce n'est pas tant le propos qui gêne, mais il aurait été plus indiqué de ne pas montrer cette scène. le gosse se fait manipuler par une personne infectée, mais il manque très clairement quelque chose dans le texte pour dire que ce n'est pas bien. Là, si j'avais un doute auparavant avec le tome 1, il devient clair que je ne ferai jamais lire ça à des enfants ou jeunes ados.
- J'ajoute un point, du coup : le ton. On ne sait pas si c'est jeunesse ou adulte. Il y a beaucoup d'éléments qui penchent en faveur du jeunesse, mais beaucoup trop d'autres qui penchent du côté adulte (violence, vulgarité, sexe) le roman a le cul entre deux chaises et ne trouve pas son ton.
- la fin : bien mieux ici, le tome se tient en lui-même avec une fin ouverte qui marche, même si elle est alimentée à coup de scénarium pour faire avancer l'histoire. Petit point qui m'a fait rire :

Sur les points positifs listés précédemment :
- le style et les descriptions : Il y a des petits problèmes de registre par moments, notamment l'usage fréquent de "rigoler" au lieu de "rire", qui fait tache dans le texte global, mais dans l'ensemble, ça va. Niveau descriptions, je trouve quand même qu'elles tendent à casser le rythme, mais elles sont plutôt bien faites.
- Les personnages : même s'ils sont archétypaux, on en vient à s'attacher à eux. Un point qui pour moi est une grande force, c'est l'incompréhension mutuelle qui sonne très vraie et naturelle. Exemple : Lilas qui surinterprète les pensées de Vionel, ce qui fait bien écho à son manque de confiance en soi. Ou encore Irika qui n'a pas de notion de diplomatie, très cohérent avec son caractère et la façon dont elle a grandi.
Jaz prend en maturité et ne m'agace plus comme dans le tome 1, ce qui est tant mieux car il se retrouve protagoniste de l'arc le plus intéressant du roman à mes yeux (question de goût, pas de qualité intrinsèque) J'aime particulièrement le fait que malgré tout ce qu'il doit porter et la maturité qu'il affiche, il y a bien des moments où il n'est rien de plus qu'un enfant de 10 ans : je trouve ceci très bien dosé.
Bémol niveau persos, et écueil fréquent quand il y a une multitude de persos : Carson est vraiment transparent dans ce tome, alors qu'il a été le protagoniste de plusieurs chapitre dans le tome 1 et presque présenté comme le second perso principal. Bon, qu'il soit transparent, c'est ironiquement drôle dans son cas, mais quand même, on aurait gagné à le voir davantage.
- Les créatures répugnantes : on en apprend plus sur leur fonctionnement, leur menace prend de l'ampleur là où on aurait pu croire au tome 1 que leur présence était aléatoire ou anecdotique. On voit aussi davantage l'influence d'Orga de façon concrète, c'est très bien. Sur ce point, j'ai préféré les débuts de chapitre de ce tome ci d'ailleurs, pas forcément centrés sur Orga elle-même (mais encore une fois, question de goût)
- le pouvoir spécifique de chacun : toujours une bonne idée, mais assez mis en retrait dans ce tome. Néanmoins, ça se justifie bien par l'enchaînement des évènements (plein d'endroits où il n'y avait pas lieu d'utiliser les pouvoirs). J'ai apprécié qu'à un moment on parle du fait que Lilas a fait de trucs de fou dans le tome 1, mais pas dans le tome 2. Tout ça me fait penser à ce diction, dont je me souviens approximativement, qui dit que ça ne sert à rien de mettre un poisson au pied d'un arbre pour lui apprendre à grimper. Il y a une bonne mise en place de l'idée qu'un pouvoir donné a besoin du bon contexte pour s'exprimer. L'acharnement à apprendre l'épée à Lilas alors que ça ne lui va pas illustre bien ceci (prends un bâton ma grande)

En conclusion, je dirais que ce tome-ci est plus professionnel, et ça vaut le coup de passer le premier pour arriver à celui-ci. Je vais lire la suite assurément.
Pour ma notation, même principe que le tome 1 : je ne peux pas ne pas sanctionner cette problématique sexualisation des ados, et même pré-ado ici. Oui les enfants et ados ont une sexualité/un éveil à la sexualité, ce ne sont pas des anges asexués. Mais il y a une façon de l'exprimer et pour moi ici, ça ne convient vraiment pas et je suis très très loin d'être prude, tout en ayant l'habitude de lire des choses bien plus crues. Seulement ici ça ne colle pas au récit, je ne vois pas où l'autrice veut en venir avec son caillou sentient dans le slip ou ses cuisinières libidineuses. (on parle d'une agression sexuelle en vu d'obtenir des renseignements, je ne vois pas pourquoi ça devrait être montré/décrit : on peut dire que la scène a eu lieu, mais pas en la décrivant, c'est ce point qui est problématique.)

Un mot final sur l'édition : je le lis en e-book et c'est vraiment nickel, rien à redire. La carte est juste un peu difficile à lire, mais c'est bien là le seul problème. Point que je n'ai pas relevé au premier tome mais valable pour lui aussi : pas de coquilles ou de fautes. Je crois en avoir vu une seule dans ce tome 2 : il y a un paquet de maison d'édition pro qui devraient en prendre de la graine.
Quant à la couverture, elle illustre une anecdote du roman , et je ne vois pas non plus bien le rapport du titre avec l'ensemble. Et je suis désolé de le dire, mais elle ne fait pas pro, mais ça c'est valable pour l'ensemble de la série. Et ça m'emmerde de dire ça parce que c'est du bon boulot avec une belle compo et qui illustre vraiment le roman au contraire d'un bon paquet de couverture dites pro, mais c'est juste la réalité du marché qui est très normée (bien malheureusement) sur ce point.

Comme d'hab, je suis dyslexique : je me relis, je corrige ce qui est souligné en rouge, mais possible qu'il reste un paquet de fautes. Je fais ce que je peux, merci de votre compréhension (bon et quand même même je serai juste nase en orthographe, ça ne serait pas une raison pour me bâcher hein :o)
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J'étais sortie mitigée du tome 1, mais ce tome 2 est très sympa !

* Évolution des personnages *
Je n'appréciais pas Lilas dans le tome 1, qui en est pourtant le personnage principal. Je la trouvais trop plate, simplement douce et gentille mais sans autre trait de personnalité. En à peine un chapitre de ce tome, je l'ai trouvée déjà beaucoup plus intéressante. Elle est toujours douce et gentille, mais sa personnalité est mise en perspective et engendre du conflit : elle ne pourra pas devenir la guerrière qu'elle doit être si elle reste juste « gentille ».

L'émancipation de Jaz par rapport à sa soeur Lilas lui permet d'agir de lui-même et de prendre des décisions. Il devient plus intéressant lui aussi.

Irika est toujours aussi farouche mais s'ouvre déjà un peu plus, ou en tout cas apprend à le faire. Ça fait du bien de la connaître davantage !

Je veux voir plus Carson !! C'est le grand absent de ce tome et c'est triste parce que je l'appréciais beaucoup dans le premier. Après, ça va bien avec la thématique qu'il porte, puisqu'il est invisible et souffre ne pas apparaître important aux yeux des autres... J'espère qu'on le verra davantage dans les suites !

Vionel incarne la droiture. Il a beaucoup de mal avec la douceur et la naïveté de Lilas qui les mettent en danger, elle en premier. C'est assez intéressant de les voir se confronter.

Tous les personnages sont très caractérisés, chacun a un trait principal, qui définit aussi sa personnalité, son apparence, son intelligence et son pouvoir.
De même pour les différents pays, chaque culture a une caractéristique très marquée. C'est amusant de découvrir les différentes civilisations, avec leurs petits détails sur leurs modes de vie, leurs légendes, la perception des étrangers et les relations diplomatiques entre eux.

* Toujours ce mélange « roman jeunesse » et ambiance sombre *
Le style me semble moins enfantin, ou alors c'est le point de vue de personnages plus matures qui apporte un changement.

Il y a toujours ces scènes extrêmement violentes qu'on ne voit pas venir. Elles sont même pires que dans le premier tome, assez dérangeantes, même si la plupart restent hors-champ ou ne sont que suggérées.

Il y a des idées à développer mais elles ne le sont pas assez, voire pas du tout. Par exemple, il y a une femme attirée par un homme sexiste ne parlant que par des insultes, et il lui rappelle son mari qui la battait. Je ne vois pas bien l'intention derrière... Il semble y avoir un propos de fond, mais ça manque d'explicitation.
Bon, il faut qu'on en parle, mais c'est quoi ce délire de parler des décolletés et peau exposée des deux filles ? Irika est super jeune, donc c'est vraiment gênant.
Idem pour la pierre de Jaz qu'il met dans son sous-vêtement. D'ailleurs je n'ai toujours rien compris à sa relation avec ce caillou, et le livre n'apporte aucune explication dessus.
Je ne vais pas les tous lister, mais plein de petits détails de ce genre sont assez malaisants. Je ne sais pas si c'était le sentiment recherché chez le lecteur. 

* La construction de l'intrigue *
Les scènes d'actions sont très bien écrites au niveau du rythme, de la lisibilité et des enjeux. Cependant je ne les trouve pas toujours bien amenées, et certains éléments importants tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. On va avoir une phrase perdue dans un paragraphe qui n'a rien à voir donnant une information nécessaire pour la suite. Ce procédé n'est pas discret, et quand on revient dessus après coup c'est assez maladroit.

J'ai vu venir des événements quand ils étaient bien amenés, mais c'était une bonne chose. Ça me forçait à rester attentive et à réfléchir à la situation pour trouver des solutions.

Quand les Synorgoths, les monstres de la grande méchante Orga, mordent quelqu'un, ils injectent un venin qui transforme en la pire version de soi-même, en faisant jaillir les pulsions mauvaises.
C'est un concept intéressant. Il est bien exploité mais pas encore de manière très poussée. Il y a quand même plein de bonnes idées évoquées : pour certains, ces pulsions sont la violence ou le viol, pour d'autres ça va être le commérage...
Il y a aussi un peu l'idée en filigrane que le mal ne vient pas que d'Orga, mais aussi de l'inaction face à elle.

La fin utilise encore ce qui m'avait dérangée dans le premier tome : un personnage qui ne peut pas parler donne juste la direction qu'il faut prendre. C'est beaucoup trop facile comme scénarium !

En conclusion, c'est quand même très sympa, et beaucoup de choses sont très prometteuses pour la suite. Alors que j'étais restée mitigée en sortie du premier tome, j'ai véritablement hâte de connaître la suite cette fois-ci !
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C'est avec un énorme plaisir que j'ai retrouvé les personnages de cette série que j'affectionne tant. L'autrice confirme dès le début la qualité de sa plume et le lecteur replonge directement dans son univers, comme s'il ne l'avait jamais quitté. Nous retrouvons tous nos personnages où nous les avons quittés et l'histoire reprend son cheminement comme si de rien n'était.

Comme à chaque fois, quand nous les croyons sortis d'affaire, l'autrice nous réserve des retournements de situation qui font tout basculer et replonger nos héros dans des batailles et des événements sombres. Orga est toujours là, où qu'ils aillent, et elle veille, bien décidée à prendre le dessus sur Aliel et à asseoir sa supériorité. Nos héros auront fort à faire face à elle et aux obstacles mortels qu'elle sème sur leur longue route pour trouver le dernier Synalion.

Ce deuxième tome poursuit donc l'aventure, mais il s'avère être plus un tome intermédiaire au niveau du fil rouge. Il nous permet de découvrir davantage la personnalité de nos personnages, les doutes qui les assaillent, les relations qui se tissent entre eux. Il en profite aussi pour nous en présenter de nouveaux personnages et nous plonger plus au coeur de la machination d'Orga, nous montrant à quel point elle est déjà présente à de nombreux endroits. Plus aucune place n'est sûre et l'avenir s'annonce très sombre. Nous sentons aussi que nos héros grandissent et évoluent, de quoi nous orienter vers un récit plus dur.

Je suis vraiment toujours aussi fan de cette histoire et de ses personnages auxquels je me suis tant attachée. J'ai plus que hâte de découvrir le tome suivant, car je sens que les événements qui nous attendent encore vont être passionnants et sombres, de quoi vouloir l'avoir entre les mains rapidement. Je ne suis pas passée loin du coup de coeur pour cette suite, il m'a peut-être juste manqué un peu plus d'avancée dans le fil rouge, mais toutes les informations données ici sont importantes aussi cette transition était obligatoire et c'est vraiment un peu du chipotage de ma part.

En bref, j'ai adoré cette immersion dans cette république pas comme les autres. Je ne peux que vous conseiller de prendre ce bol d'air qui fait du bien.
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C'est avec appétit que j'ai poursuivi ma découverte de ce qui m'apparaît comme un classique moderne de la fantasy, avec son histoire et son monde à la fois uniques et immédiatement familiers. Je n'ai pas été déçu : ce deuxième volume tient toutes ses promesses et est en tous points l'égal du premier.

En ce qui me concerne, c'est le langage qui m'offre le plaisir le plus immédiat lorsque je découvre un roman de Sara Schneider. Son style est un bijou, avec un art consommé du mot juste, une gourmandise des mots, mais également une retenue qui lui interdit d'en faire trop et de verser dans le tape-à-l'oeil. A chaque page, on s'émerveille de la facilité apparente avec laquelle elle conjure des images dans notre tête, trouve de nouvelles manières de décrire des choses familières, et s'arrange toujours pour que les descriptions et l'exposition ne soient pas des corvées mais des cadeaux. C'est une leçon, et tout auteur intéressé par cet aspect de l'écriture serait bien avisé de s'y plonger.

L'autrice a toujours autant de facilité à dessiner des personnages mémorables et attachants. Chacun des protagonistes du roman bénéficie d'une voix propre, immédiatement identifiable, de valeurs, et de méthodes spécifiques, de failles et de taches aveugles. Ce qui est encore plus admirable, c'est que malgré le fait que chacun d'entre eux joue un rôle très spécifique dans l'histoire, Sara Schneider les fait évoluer et modifie leurs priorités et leurs relations au gré des épreuves qu'ils traversent. C'est encore plus réussi que dans le premier volume.

Parmi les gloires qui sont spécifiques à ce roman, il faut absolument citer l'introduction des guerriers durnach, dont on découvre la culture focalisée autour du cheval. Si vous avez l'impression d'avoir déjà lu tout ce que la fantasy avait offrir au sujet des civilisations équestres, ce livre vous fera changer d'avis : sans trop en dévoiler, les durnach ont une culture profondément originale, cohérente et fascinante, qui plus est parfaitement intégrée au narratif. On découvre leurs valeurs et leurs usages, sans gaspiller une seule page qui ne serve pas également le récit ou les personnages. C'est élégant et fascinant. Moi qui d'ordinaire suis assez peu sensible à tout ce qui tourne autour du cheval, ce roman est venu me chercher et m'a convaincu de m'y intéresser. Tout cela est, osons le dire, triomphal.

Un autre aspect du livre qui m'a donné envie d'applaudir concerne une intrigue secondaire qui occupe une place importante, et qui tourne autour du personnage de Jaz, le jeune frère de Lilas qu'on avait cru, un peu hâtivement, placé dans une voie de garage de l'intrigue. Il se retrouve embarqué dans une enquête policière diabolique, qui ne cesse de se corser et de réserver des surprises au lecteur. Ces passages m'ont pris par surprise et constituent au final ma partie préférée du « cheval de feu ».

Le début du roman m'a toutefois laissé perplexe. On retrouve nos héros qui profitent d'une halte pour prendre un peu de repos et se recentrer. Ces pages sont agréables à lire, elles permettent de découvrir la culture durnach et d'approfondir les relations entre les personnages, ce qui est appréciable. Par contre, j'ai perçu un léger flottement, face à des protagonistes dont je ne comprenais plus tellement les priorités et les objectifs. C'est un segment de l'histoire sans enjeux forts, ce qui est déconcertant pour entamer un roman. On comprend mieux l'origine du phénomène quand on comprend que « le cheval de feu » est en réalité, sauf erreur, la seconde moitié du premier tome original, qui a été coupé en deux. Ces chapitres auraient sans doute trouvé leur place plus naturellement au milieu d'un livre que dans les premières pages.

De manière générale, le roman, malgré toutes ses qualités, présente par moments une impression de dispersion : Lilas, qui était clairement le personnage principal du premier tome, est ici plus effacée et ne sert pas d'ancre au récit ; les protagonistes traversent des épreuves importantes mais n'accomplissent pas grand-chose de significatif dans leur quête. Au final, on aurait un peu de peine à décrire de quoi parle ce livre, en-dehors du fait qu'il propose la suite des aventures des enfants d'Aliel. C'est selon moi à la fois un péché et une bénédiction : cela affaiblit un peu la singularité de ce livre, mais renforce le côté feuilleton de ce qui est, au final, une saga à épisodes dont on se réjouit de découvrir la suite.

Bref, je ne vais sans doute pas trop tarder à lire le troisième tome, vous l'avez compris.
Lien : https://julienhirtauteur.com..
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Un 2ème tome encore meilleur que le précèdent. Tous (ou presque) les Synalions sont regroupés dans le Durna, à l'abri de la Horde des Vents Levés.

Suite à une grave blessure, Lilas n'a plus confiance en elle et le fait d'avoir un Vionel implacable pour qui la force ne réside que dans une arme et qui a décidé de tous les entraîner à devenir de bons combattants n'aide absolument pas. Au contraire…

Les différents Synalions prennent la mesure les uns des autres. Irika qui s'embrase au moindre commentaire, Nouak qui sautille en permanence, tant au niveau physique qu'intérieur. Il y a Jaz qui navigue entre tout le monde, Carson qui s'efface sans faire exprès, et nos deux »chefs »: Vionel le mercenaire et Lilas à la profonde empathie. Je n'oublie pas Flynn qui joue sur son apparence de chat mais qui, parfois, laisse apparaître qui il était. Sans oublier Locus, qui lui reste encore bien discret dans ce 2ème tome.

Tous ces tempéraments amènent une note explosive et en même temps, cela apporte des dialogues savoureux. Peu à peu, chacun trouve sa place. Les fêlures apparaissent, les forces également. On apprend à connaître davantage chacun et ce que je devinais apparaît peu à peu. Irika baisse doucement (mais sûrement) la garde. Vionel »s'humanise », Lilas lutte contre ses démons, Carson s'efface un peu moins, et Jaz… que dire de Jaz qui est incroyable.

Jaz est très mis en avant dans ce tome. Si au départ, on peut se demander pourquoi, la réponse finit par apparaître et elle est glaçante. Heureusement, il a plus d'un tour dans son sac et la princesse de la principauté du Nord, Eslina, est une femme forte et très intelligente qui va former un inattendu et excellent duo avec ce jeune garçon. J'espère qu'à la fin de ces aventures, Jaz aura un peu de peine. Il la mériterait!

Dans ce second tome, les pions d'Orga mis en place dans la 1er tome se déploient dangereusement et les Synalions devrons plus d'une fois pioché dans la force de leur groupe pour s'en sortir. La mort, les Aracs… la menace plane et les entoure… Au niveau géorgraphique, on découvre davantage les Principautés. Penterive, tout particulièrement, est une ville que j'aurais beaucoup aimé visiter. J'ai parfois l'impression de faire du tourisme avec cette saga, c'est assez agréable car chaque lieu a ses spécificités, qualités, défauts et ces pour ces endroits, pour ces habitants que les Synalions se battent.

Ce 2ème tome est excellent tant au niveau de l'action qui est encore plus présente que le précèdent que pour cette ambiance qu'il y a entre les Synalions qu'on apprend davantage à connaître personnellement et qui se révèlent également au sein du groupe.

Un coup de coeur!

Affaire à suivre cet été!
Lien : https://samlorenlivre.wordpr..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
— Les plus sages te diraient de retenir ta monture en début de course, d’observer tes concurrents et d’attendre le meilleur moment pour accélérer.
— Et toi ? Tu dis quoi ?
— Je n’ai jamais fait partie des plus sages…
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Le jeune homme recracha l’eau saumâtre qui s’insinuait dans sa bouche. Une trace de vase resta accrochée au fond de sa gorge. C’était le goût de sa terre. Il la respirait depuis sa naissance ; il en avait déjà deviné la saveur avant d’avoir le visage enfoncé dedans.
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