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ISBN : 2330012861
Éditeur : Actes Sud (05/12/2013)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 27 notes)
Résumé :
C'est un monde entre Ettore Scola et Liberator, Fellini et le douanier Rousseau ou encore Agotha Kristov que peint Miroslav Sekulic dans ses Deux saisons croates (suivront deux autres saisons). Il écrit une fable de l'enfance féroce. Un orphelinat imaginaire hors-d'âge abrite des enfants en guerre contre les clans voisins, des enfants qui ont tatoué sur le corps tout le passé de l'ex-Yougoslavie. " Bourdon et Pelote - deux pensionnaires de cet orphelinat - se souvie... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Tumbleweed
30 avril 2016
Ibro devrait être un enfant mais il a tant de souvenirs que son innocence a ployé sous le fardeau de ses premières années. Son nom, sa famille, son histoire n'existent plus. Dans le foyer où il a été placé avec sa jeune soeur, on le surnomme Pelote tant il est renfermé et impénétrable. Pelote est de ces êtres qui se livrent peu préférant le silence au verbiage inutile et pesant. Pour s'évader, il a pris l'habitude de sniffer de la colle, son père, lui, c'était l'alcool…Chacun ses travers. Sa nouvelle vie dans son institution est à l'image de l'ancienne, rude et impitoyable. Quand il ne s'abandonne pas aux vapeurs des solvants, Pelote traîne dans les rues avec deux amis Capot et Bourdon. Ensemble, ils accomplissent quelques menus larcins et tentent d'échapper aux guérillas menées par les bandes adverses. Tous les trois rêvent d'un Ailleurs, loin de la monotonie de l'orphelinat et des coups. Tous trois voient leurs espoirs s'envoler dans les regards las et désoeuvrés des adultes qui les entourent.
Le temps d'un été et d'un automne, Miroslav Sekulic-Struja, artiste croate de génie, invite le lecteur à marcher dans les pas de Pelote et à découvrir son histoire. Si le scénario de ce magnifique album paraît des plus sombres, le dessin coloré, lumineux et minutieux apporte une dimension solaire à ce premier opus consacré au personnage de Pelote. Multipliant les techniques, utilisant le crayon comme la peinture et variant les supports, Miroslav Sekulic-Struja, en puisant dans les souvenirs de son enfance croate, fait de chaque planche un régal pour les yeux. de son oeuvre émane un esprit tzigane, à la fois triste et enjoué, un désordre saisissant comme on pourrait en trouver dans les films de Fellini ou Kusturica. Il y a de la noirceur tapie au creux de cette explosion de teintes qui transforment les lieux les plus misérables en scènes de théâtre réinventées. Et dans les regards que l'étincelle a définitivement quittés se cachent les espoirs de ceux qui ne croient plus. Dans la cohue de la page où se cognent les couleurs, où les bâtiments délabrés tiennent debout par miracle, on s'attend à trouver dans la foule une Gesolmina, un Zampano ou un Antonio, le voleur de bicyclette. Furieusement vivant et troublant au possible, ce premier volume de Pelote dans la fumée se découvre et se lit à l'infini tant il recèle d'émotions et de trésors dissimulés au coeur de ses pages.
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Slava
11 janvier 2015
Quelque part, en Croatie, au bord d'une ville industrielle et d'une plage touristique, vivent une bande d'amis liés à leur situation d'orphelins misérable. Ils vivent dans un orphelinat où la loi du plus fort prime. Alors, ils passent leurs temps dans la rue, à coup de rapine et de bagarre. Parmi eux, Ibro alias Pelote qui a une soeur et qui voit souvent le monde avec surréalisme. Un jour, son père revient les voir et avec lui, les souvenirs du passé...
Pelote dans la fumée est une BD singulière.
Les dessins sont magnifiques, délicieusement colorées et atypiques. Il y a toujours une pointe de surréalisme dans cet univers. Mais pourtant, si les dessins sont bien jolies, les thèmes et l'histoire ne l'est guère. Car souvent, le dessin si beau, le moment où il situe est noir, sombre.
C'est une histoire tragique où la misère, la pauvreté, la violence gangrènent l'enfance déjà gâchée des orphelins. Tous ont un lourd passé et ce qu'ils vivent est loin de les arranger malheureusement. Pourtant, le surréalisme, je l'ai dit, plane merveilleusement sur leur quotidien.
Le passé de Pelote est encore plus fascinant que sa vie actuelle. Misérable, elle était cependant entrecoupée de moments furtifs de magies.
Cependant, le contexte de la BD n'es pas vraiment défini. Est-ce que cela a lieu avant la guerre ? Pendant la guerre ? Où après ?
Personnellement, je vois que la guerre est présente malgré tout dans cette BD. Seulement quelques cases la présentent, sous forme de guerre fantaisie mais révélateur de la souffrance enracinées au pays.
Mais je voudrais bien voir la suite. Et comprendre un peu plus le contexte.
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barjabulette
23 janvier 2014
Reçu dans le cadre de masse critique décembre 2013, et attendu très impatiemment. Enfin, je l'ai reçu et dévoré.
Maintenant, se pose à moi un problème draconien... Comment vais je critiquer cet ouvrage. Souvent, on fait une critique positive d'un livre qui nous a plu parce que l'histoire est belle.
Dans ce cas ci, l'histoire est terrible, et je l'espère pas autobiographique. Il s'agit d'une histoire d'une tristesse indescriptible et pourtant,tellement possible dans notre monde de fous. Je suis persuadée que cette histoire est le quotidien de certains enfants d'aujourd'hui.
Un quotidien fait de vols, de rapines, de galères, de déchetteries et de prostitutions.
L'histoire donc, est terriblement triste.
Les dessins, par contre, sont EXTRAORDINAIRES ! d'une beauté dans l'expression à couper le souffle.
Lorsqu'on regarde la bd, on dirait, parfois, qu'à cause du dessin ou des couleurs (je ne sais pas) il y a des effets. Comme un regard qui vous suit par exemple.
De plus, lorsque le dessinateur veut insister sur un fait, il dessine dans 3 ou 4 cases le même dessin mais avec sensiblement une différence, je trouve le procédé génial.
Une toute toute belle bd, l'histoire fait un peu penser aux misérables de Hugo. Les dessins à eux seuls valent la peine de découvrir le livre !
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Chri
29 mars 2016
« le garçon s'appelle Ibro, mais comme il est toujours renfermé dans son monde compliqué et impénétrable…ceux qui le connaissent l'appellent Pelote»
Ces copains ne sont pourtant pas mieux lotis, tous échoués à l'assistance publique.
En arrière-plan on aperçoit le monde qui produit et consomme à outrance, un monstre à vrai dire.
Dans un florilège de couleurs et de détails, le monstre expose quelques vitrines mais surtout des grands tas d'ordures, des terrains vagues, théâtres de bagarres sanglantes entre bande rivales.
Au premier plan, il reste une bande d'espace vital extrêmement réduite. le responsable du foyer des jeunes démunis le reconnait. Il faut une énorme force d'âme et de la chance pour s'en sortir.
On pense que c'est toujours possible. La grande soeur s'en est peut-être sortie, elle étudiait beaucoup. Il y a peut-être aussi une toute petite place pour des âmes de poètes.
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lalydo
03 février 2014
Premier tome d'un diptyque, Pelote dans la Fumée raconte le quotidien de gamins ballottés férocement par la vie. Vivant dans un orphelinat, leur quotidien est fait de bagarres, de privation, d'humiliation, de vol… et surtout de solitude.
C'est dans cet univers fantasque et désabusé, à la Fredrico Fellini, que Miroslav Sekulic-Struja plante son décor. Menée par des personnages tous plus improbables et exubérants les uns que les autres, l'histoire se passe dans une période indéfinie, dans un lieu qui l'est encore moins, où seule la vie de ces gens désoeuvrés mène la danse.
Et on suit la vie de ces gamins, dont Ibro dit Pelote, qui essaient de s'en sortir. Leur réconfort? Un peu de sucrerie, « l'affection » d'une prostituée mais aussi et surtout, beaucoup de colle.
L'auteur crée un univers oppressant, pesant, rehaussé par des dessins naïfs, extrêmement colorés mais également méticuleusement travaillés et d'une richesse incroyable au niveau des détails. Ces illustrations apportent une profondeur à l'histoire, tout en apportant, étrangement, une sorte de légèreté.
Il m'a fallu un peu de temps pour entrer dans l'histoire, cette bande dessinée étant loin d'être banale, et lorsque ce fut fait, c'est une grande frustration qui s'est emparée de moi… j'ai eu envie de courir chercher le second tome et de connaître la suite.
Cette BD hors-norme mérite que l'on s'y intéresse, ne serait-ce que parce qu'elle est croate, même si elle surprend beaucoup. Aujourd'hui encore mes sentiments sont très mitigés… j'attends de lire le second tome afin de me faire une idée complète de cet ovni…
Merci à Babelio et les Editions Actes Sud BD pour cette lecture!
Lien : http://lalydo.com/2014/02/pe..
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Les critiques presse (2)
Telerama15 janvier 2014
Au fil d'un expressionnisme rien moins que misérabiliste, le récit penche vers la fable (faussement) naïve, s'exacerbe en parade carnavalesque ou « s'hyperbolise » en noir mélodrame quand le réel se dissout en mauvais rêve.
Lire la critique sur le site : Telerama
ActuaBD07 janvier 2014
C’est un monde cru et coloré, à fleur de peau, que nous fait découvrir Sekulic, d’une poésie rugueuse, d’une infinie tendresse.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
TumbleweedTumbleweed30 avril 2016
Certaines images restent gravées dans la mémoire. Elles jaillissent parfois comme dans un rêve troublant pour disparaître aussitôt semblables à des feuilles brûlées.
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jovidalensjovidalens30 mai 2016
Il n'y a pas si longtemps, ils étaient six dans cette baraque.
Ils n'avaient qu'un seul lit déglingué...
...mais, comme par miracle, ils savaient tous s'y serrer comme des souris.
Et les rêves ?
Les rêves entraient alors par les fenêtres aux carreaux cassés, accompagnés du clair de la lune et de l'odeur des pains de la boulangerie voisine et se mettaient à tournoyer autour de leurs têtes et le grognement dans leurs ventres ne partait qu'avec les premières sirènes des bateaux du matin.
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SlavaSlava07 juin 2015
Je n'en peux plus de cette chaleur... Ça fait plus de trente ans que je travaille dans cette maudite institution, je ne sais même plus combien d'enfances sont passés. Beaucoup trop, sans doute. Le pire, c'est qu'avec le temps, on les oublie, comme s'ils n'avaient jamais existé. Il est ingrat, ce travail... Tous ces gosses aux yeux absentes, plongés dans leur enfance perdue... Rares sont ceux qui arrivent à tromper le sort auquel ils semblent condamnés. Mais peut-être... qu'un jour, il y aura un changement, une amélioration.
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SlavaSlava07 juin 2015
De sa baraque verte, Pelote ne garde que quelques souvenirs : les visages émaciés et pâles de ses parents, de son frère et de sa sœur aînés, les fumées noires et la puanteur provenant de la déchetterie... un téléphone rouge... quelques rats, des bouteilles de bière... et la fumée, toujours la fumée... ainsi qu'un seau contenant un mélange transparent et gluant qu'il aimait inhaler... et le plancher très dur contre le quel il se cogna la tête, un jour, en tombant.
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SlavaSlava23 janvier 2015
Parfois, au printemps... de rares tendres odeurs se répandaient, invitant les habitants à sortir devant leurs maisons et leurs baraques d'ouvriers pour s'y asseoir jusque tard dans la nuit... imaginer une meilleure vie ne serait-ce que dans les chansons.
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Videos de Miroslav Sekulic (5) Voir plusAjouter une vidéo
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Programmation et infos sur www.bdangouleme.com ou sur les réseaux avec @actudufauve #partageonslaBD
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