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EAN : 9782267043778
Christian Bourgois Editeur (29/04/2021)
3.64/5   18 notes
Résumé :
« Au premier abord, elles sont invisibles. Et puis, un beau jour, vous commencez à les remarquer. ».

Trois vieilles dames zagreboises s'offrent des vacances luxueuses dans un spa. Beba, une ancienne infirmière aux cheveux blonds et aux seins énormes, cite constamment des poèmes qu'elle n'a jamais appris et mélange ses phrases. Il est possible qu'elle gagne des milliers de dollars au Casino du spa. Kukla, une grande vierge élégante, autrice anonyme d'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LambertValerie
  10 juillet 2021
Baba yaga à pondu un oeuf est une étonnante découverte de Dubravka Ugresic. Elle est avant tout reconnue comme un auteur yougoslave, d'un père croate et d'une mère bulgare.
Cette reconnaissance en tant que yougoslave s'inscrit dans la bouche d'un de ses héros, un jeune bosnien à qui elle fait dire:
" Je suis comme l'ex-Yougoslavie, comme un ragoût à la bosnienne, je suis un peu de tout.
Cette défiance à l'égard de tous les nationalismes lui vaut d'ailleurs d'avoir été contrainte à l'exil.
Ce roman est un peu déroutant car il se compose de deux parties distinctes, et un espèce de glossaire plutôt, à mon sens réservé à un public ciblé qui voudrait tout connaître de ce qu'est une Baba yaga.
Après ces précisions, j'avoue avoir été enchantée par son écriture tendre et acide, dans la première partie du livre, elle raconte et décrit la vieillesse de sa propre mère, ses manies de vieille dame, ses obsessions et ses peurs. Cette première partie est littéralement savoureuse. Elle part, tel un "badal", une sorte de pèlerin, à la recherche des souvenirs du passé de sa mère à Varna, sur la côte bulgare.
Ce " périple" lui permet de croiser et décortiquer tous ces liens qu'on appelle la filiation et qui nous offre un véritable témoignage d'amour et d'affection.
La deuxième partie du livre nous conte, l'histoire de trois petites vieilles qui s'offrent un séjour dans un spa près de Prague. En lisant leurs aventures un peu déjantées, je songeais beaucoup au film : Grand hôtel Budapest. le destin croisé de ces trois amies et leurs progénitures méconnues ou mal connues disséminées dans le monde.
Au total, un livre inégal, mais à mon sens vaut le détour, ne serait-ce que pour cette formidable première partie.
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jmb33320
  14 juillet 2021
« - Les vieilles sorcières pondent de bons oeufs » répliqua David.
Kukla se dit que le croate du jeune homme n'était pas aussi bon que ce qu'il lui avait semblé initialement. Qui sait d'où lui venait cette malheureuse expression…
- Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par là ?!
- C'est un vieux dicton polynésien. Ça veut dire que que les vieilles femmes sont porteuses de bonnes choses. »
C'est un bien étrange roman que celui-ci. D'abord par sa construction : les deux premières parties relèvent entièrement de l'art du roman. Mais la troisième, et dernière, s'apparente à un volume de la série « pour les nuls » consacré au mythe de la sorcière Baba Yaga dans tous ses états. Evidemment j'ai appris bien des choses sur cet archétype féminin, présent dans les sociétés slaves mais aussi, dans des incarnations proches, tout autour du monde.
Si cette dernière partie est érudite, elle est tout de même rattachée aux deux parties romanesques qui précèdent avec des surlignages, parfois bien lourds, de ce qu'il nous a été donné de lire précédemment… Et c'est ce qui est dommage, car ce ton, entre rêve, cauchemar et poésie, tel que j'ai pu l'apprécier notamment dans la seconde partie, n'est plus du tout là dans le dernier tiers de ce livre original.
Il y a également de grands moments comiques dans la seconde partie. Nous suivons alors Pupa, Beba et Kukla, les trois vieilles dames indignes, dans un grand hôtel thermal tchèque. Elles ont cassé leur tirelire pour l'occasion, alors que leurs ressources sont maigres. Leur arrivée dans ce monde huppé va provoquer bien des accidents !
Je découvre Dubravka Ugresic, autrice croate, avec ce roman. Mais je ne sais trop si je dois le recommander ou non. Si vous voulez tenter l'expérience, vous ne serez peut-être pas déçu, en tout cas pas par le style de la partie romanesque. Quant à moi je regrette encore de ne pas m'être arrêté à la fin de la seconde partie.
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Bookworm84
  19 juin 2021
Ce roman au titre et à la couverture évocateurs de la célèbre sorcière slave avait titillé ma curiosité lors de ma veille, à la bibliothèque municipale où je travaille. Je l'ai donc emprunté lorsqu'il est arrivé sur nos rayonnages.
En quatre jours, je l'avais lu ! 🙂 Baba Yaga a pondu un oeuf est un roman atypique. Il se divise en trois parties : dans la première, la narratrice (double de l'autrice) rend visite à sa mère restée à Zagreb, sa mère âgée dont la mémoire fuit et qui a besoin de l'aide de voisines pour subvenir à ses besoins. Sa mère, pour qui elle ira sur les lieux où la famille a vécu autrefois, pour raviver lien et souvenir. La deuxième partie – la plus longue – suit le trio mentionné sur la quatrième de couverture. Trois vieilles femmes en goguette – Pupa qui est impotente, Beba qui déprime et Kukla l'élégante – qui ont toute une vie derrière elles et qui, au fil de leurs aventures tragi-comiques, découvriront qu'elles ont encore toute une vie devant elle ! Enfin, la troisième partie est rédigée de la plume d'un personnage croisé dans la première partie, et nous dévoile tout le folklore lié à Baba Yaga, ainsi que la façon dont l'autrice a intégré ce thème dans son roman.
Baba Yaga est, bien sûr, une figure centrale dans ce roman. Elle n'apparaît pas en pleine lumière, mais cachée entre les lignes, dans des indices, des détails, des attitudes de personnages. de la même façon, l'oeuf du titre revient de façon récurrente au fil du roman, référence explicite à un conte qu'un personnage récite. Les contes slaves – dont Baba Yaga est issue – dansent là, entre les phrases, cachés derrière des petits détails que l'on se réjouit de saisir, tels des petits Poucets en promenade en forêt.
La vieillesse au féminin est aussi un autre thème central. Dubravka Ugresic dépeint, au fil des trois parties de son roman, différents aspects de ce troisième âge que notre société d'aujourd'hui a tellement en horreur qu'elle s'applique à bombarder les femmes de publicités pour cosmétiques rajeunissant. Être une femme vieille, c'est porter le double fardeau de son sexe et de son âge, dans un monde patriarcal. de fait, la troisième partie évoque sans fard cet aspect là. Son évocation de Baba Yaga m'a souvent fait penser à la section consacrée aux vieilles femmes dans Sorcières : la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet.
Le ton varie au fil des pages : la première partie pourrait paraître empreinte d'une mélancolie, d'une certaine tristesse à voir la mère de la narratrice figée dans ses petits rituels. La seconde, avec ses personnages secondaires hauts en couleur, quitte doucement cette mélancolie pour une attendrissante tragicomédie. La dernière, enfin, sous son vernis d'essai, offre une analyse cinglante de la société, avec un féminisme marqué. Les pages finales sont d'ailleurs un délice que je vous laisse découvrir ! Elles m'ont donné l'impression de voir Baba Yaga là, près de moi, souriant largement. Un sourire à la fois chaleureux et menaçant. Un sourire de vieille sorcière. Un sourire digne de l'ambivalence du personnage. Un sourire qui rappelle ce qu'elle était, autrefois, et ce qu'elle pourrait être, à nouveau.
Enfin, on ne peut pas mettre de côté les témoignages de la nationalité de l'autrice, qui a connu certaines périodes troubles de son pays. Ses personnages, principaux ou secondaires, ont tous vécu les remous qui ont parcouru l'Histoire de leur pays. Pupa, dont le douloureux passé ne sera dévoilé qu'à la fin de la deuxième partie. le passage du communisme au capitalisme sauvage, qui a modifié le quotidien de bien des gens, et pas toujours selon leurs espérances, pour ceux qui se battaient pour la liberté. La guerre en Yougoslavie, avec le personnage de Mevludin, qu'une blessure de guerre afflige d'une érection permanente qui le handicape au quotidien. Les familles éclatées par l'Histoire.
Au final, Baba Yaga a pondu un oeuf est un roman qui reprend avec subtilité et justesse une figure célèbre des contes slaves, la mêle au thème de la vieillesse féminine et au passé mouvementé du bloc yougoslave et de son éclatement, un roman au style charmant pimenté d'un peu de gouaille, digne des conteuses les plus douées, un roman qui revisite les thématiques des contes slaves pour mieux les intégrer à notre monde contemporain.
Un roman que je me suis régalée à lire, qui m'a fait m'interroger sur mon propre rapport à la vieillesse – après tout, personne ne peut échapper au cours du Temps ! – et qui m'a rappelé des lectures sur la figure de la sorcière. Je vous le recommande chaudement ! :)
Lien : https://lullastories.wordpre..
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Chouchane
  15 août 2021
Un roman qui laisse des traces surtout quand on est une femme. J'ai hésité à le lire car je n'aimais ni le titre, ni la couverture mais le sujet m'intriguait et je voulais en savoir plus sur Baba Yaga la terrible sorcière des légendes slaves. J'ai bien fait car malgré les bizarreries du récit, les lourdeurs parfois il souffle dans ces pages un incroyable vent de liberté et une réhabilitation des femmes et surtout des vieilles femmes.
Decoupé en trois parties, le roman met en scène des héroïnes atypiques.
Dans la première partie, une mère qui perd un peu la tête demande à sa fille (un double de l'autrice) qui s'occupe d'elle, de partir sur les traces de son passé.
Dans la seconde, trois vieilles femmes (pas des plus riches) décident de passer leur temps dans un spa de luxe, elles ne savent ni combien de temps, ni vraiment pourquoi elles font ça. Elle y croisent un tas de personnages tous plus loufoques les uns que les autres et vont voir leurs vies se transformer radicalement.
La troisième partie va éclairer les deux autres. En effet l'autrice a doté tous ces personnages d'au moins un attribut de la sorcière Baba Yaga. elle explique en quoi chacune des femmes croisées dans le roman porte un peu de sorcière en elle. Ces sorcières inventées par les hommes pour mette au bûcher des milliers de femmes qui étaient porteuses de savoirs : guérisseuses, un peu chamanes, un peu rebelles, vivant par choix à l'écart, libres et dans tous les cas dérangeant l'ordre que les hommes voulaient mettre en place. Au travers de la réhabilitation de Baba Yaga elle démontre comment au fil des siècles une vieille déesse puissante fut transformée en sorcière, comment être une femme et vieille est une double peine et pourquoi les femmes doivent réinvestir leur force créatrice.
Les dernières pages sont une claque terriblement juste, elle y énumère les affronts faits aux femmes et ça défile sur plusieurs pages : viols, esclavage, prostitution, épouses indiennes brûlées sur le bûcher de leur mari, visage vitriolé par des hommes jaloux, visages cachés, sexes mutilés, fillettes vendues pour leur virginité, femmes domestiquées, obligées de prier un Dieu mâle, sans oublier les souffrances de la chirurgie esthétique, les piqûres de botox, les femmes battues…. Les récits loufoques des premières parties prennent une tout autre teinte au dernier chapitre. L'autrice nous rappelle que Baba Yaga dormait avec son épée sous le coussin, Que vive la sorcière en nous !
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ledevorateur
  19 septembre 2021
Quel bonheur de retrouver Dubravka Ugrešić dans ce livre décapant ! À aucun moment de ma lecture, je n'ai boudé mon plaisir. C'est intelligent, drôle et ça fait du bien.
Après le musée des redditions sans condition, c'est mon deuxième livre de l'autrice croate. D'ailleurs la première partie de Baba Yaga a pondu un oeuf m'a fait penser à ce livre que j'avais beaucoup aimé.
La première partie seulement, parce que Baba Yaga a pondu un oeuf compte trois parties très distinctes. Autant dans la forme que dans le fond. Même si évidemment, on s'en doute un peu avec Dubravka Ugrešić tout finit par faire sens, même quand elle nous emmène dans des histoires abracadabrantesques, où on ne sait plus très bien qui est qui et pourquoi on lit ci ou ça, qui de l'oeuf ou de la poule, si la troisième partie répond à la première tout en analysant la deuxième, ou si c'est en fait l'inverse, au bout du compte tout est bien qui finit bien, on retombe sur nos pieds, la boucle est bouclée (et c'est plutôt épatant).
En disant ça, j'ai tout dit et je n'ai rien dit. Il faudrait quand même revenir sur le sujet principal du livre, Baba Yaga, cette sorcière des contes slaves, qui fait le lien entre les différentes parties du livre. Une sorcière ? En tout cas une vieille femme (qui a peut-être ou peut-être pas des pattes de poulet et pondu un oeuf). Et c'est là en fait qu'est le vrai sujet. La vieillesse des femmes. le vieillissement. Les vieilles. Et ça fait plaisir de lire un livre aussi drôle sur le sujet. Il s'ouvre sur trois vieilles. Et on va les suivre, de Zagreb où elles vivent à une station thermale en Tchéquie où elles vont vivre des aventures incroyables. Je ne vais pas en dire plus : je ne veux pas vous gâcher le plaisir. J'espère que vous rirez autant que moi !
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critiques presse (2)
LeDevoir   22 juillet 2021
Dubravka Ugrešić, née en 1949, à Kutina, en Croatie, nous offre un roman à la fois comique et profond sur le vieillissement féminin.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeMonde   29 avril 2021
L’écrivaine en exil, d’origine croate, fait une place de choix aux femmes âgées dans un grand roman de l’après (après la jeunesse, après l’écroulement des valeurs), drôle et féministe.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LambertValerieLambertValerie   08 juillet 2021
Elles roulent à côté de vous comme un tas de pommes fripées. Elles marmonent dans leur barbe, discutant avec leurs interlocuteurs invisibles comme des Indiens. Elles prennent le bus, le tram et le métro comme des bagages oubliés : elles dorment la tête posée sur la poitrine ou restent aux aguets, se demandant à quelle station il faut descendre et s'il faut descendre tout court. Parfois, vous vous arrêtez un instant devant les maisons de retraite et vous les observez à travers la baie vitrée : assises à table, elles passent les doigts sur des restes de miettes de pain comme sur du braille et envoient à quelqu'un leurs messages incompréhensibles.
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LambertValerieLambertValerie   09 juillet 2021
Avec la disparition de toutes les idéologies, l'imagination humaine n'avait plus que le corps comme refuge. Le corps humain est le seul territoire que son propriétaire peut contrôler, amaincir, réduire, agrandir, modeler, renforcer et conformer à son idéal...
Oui, Mr Shake trayait avec succès les mamelle d'une obsession.
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VincentGloecklerVincentGloeckler   02 mai 2021
Les arbres à la dense frondaison qui poussent sous les fenêtres sont hauts, ils arrivent jusqu'à l'appartement de maman, au sixième étage. Dans les frondaisons bruissent des milliers et des milliers de petits oiseaux. Lovés dans le torride air estival, nous vaporisons nos expirations, nous, les habitants, et les oiseaux. Dans le noir, des centaines de milliers de coeurs, humains et aviaires, battent à des rythmes différents. Les courants d'air apportent des plumes blanchâtres par les fenêtres ouvertes. Les plumes atterrissent comme des parachutistes.
(p.19)
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ChouchaneChouchane   11 août 2021
La vie est comme un jardin infini rempli d’oeufs de Pâques cachés. D’aucuns remplissent un plein panier, d’autres n’en trouvent pas un seul. C’était peut-être ça qu’il fallait apprendre à Wawa à chasser les merveilles, à ne rien laisser filer, à profiter de chaque seconde car seule la vie en ce bas monde est gratuite.
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ChouchaneChouchane   11 août 2021
Il suffit d’un éclairage différent et les choses que nous avons toujours connues deviennent tout d’un coup méconnaissables et étrangères
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Video de Dubravka Ugresic (1) Voir plusAjouter une vidéo

[Dubravka Ugresic : Le ministère de la douleur]
Dans les locaux de la Fondation Deutsch de la Meurthe à la Cité Universitaire Internationale de Paris, Olivier BARROT présente le roman de Dubravka UGRESIC "Le ministère de la douleur". Dans ce livre, l'écrivain croate traite de la question de l'exil et du rapport à la langue maternelle dans un pays étranger.
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