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Critiques sur Gemma Bovery (40)
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LePamplemousse
  04 octobre 2014
Cette adaptation très libre du "Madame Bovary" de Flaubert donne un petit coup de jeune à une oeuvre assez tristounette et un peu désuète, du moins, à mes yeux.
Certes le roman graphique n'est pas non plus une farandole de "joyeuseté" et de bonne humeur mais les dessins très travaillés et plein de tendresse rendent moins moroses les faits qui s'y déroulent.

Transposée à notre époque en Angleterre et en Normandie, l'histoire de Gemma, une jeune femme indécise de nature et pas toujours portée sur la rigolade, est véritablement agréable à lire.
Le texte est omniprésent et l'histoire étant racontée par une tierce personne, nous avons la sensation de regarder évoluer chacun des personnages.

Etant normande moi-même, j'ai bien retrouvé l'ambiance et les décors proches de Rouen et la présence assez importante d'anglais venus habiter dans d'anciennes fermes et chaumières typiques certes mais souvent en mauvais état.
Je n'ai pas encore vu le film adapté de la bande dessinée mais j'ai hâte de découvrir Fabrice Luchini dans le rôle du boulanger, personnage assez emblématique et pas franchement sympathique.
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Aelinel
  26 novembre 2016
Après Tamara Drewe, réécriture de Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy, Posy Simmonds rempile avec Gemma Bovery, inspiré du fameux roman de Gustave Flaubert, Emma Bovery.

Gemma, qui vient tout juste d'être larguée, fait la rencontre de Charlie, plus âgé qu'elle et fraîchement divorcé. Tous les deux tombent rapidement amoureux et officialisent leur union. Malheureusement pour Gemma, son couple pâtit des nombreuses intrusions de l'ex-femme de son mari, cette dernière n'hésitant pas à utiliser ses deux enfants pour faire culpabiliser Charlie. Gemma décide alors son mari à déménager dans la campagne normande, loin des turpitudes de Londres et de l'emprise toxique de son ex-femme.
Quelques mois après, Gemma, éternelle insatisfaite, est prise de lassitude. Son nouveau voisin, le boulanger Raymond Joubert ne peut s'empêcher de voir en elle l'héroïne du fameux roman de Gustave Flaubert, Emma Bovary…

Encore une fois, la réécriture d'un classique sous le format du roman graphique (mixte entre la bande dessinée et le texte) est une pure réussite. Posy Simmonds parvient parfaitement à se réapproprier l'oeuvre originale sans redite tout en offrant à son lecteur une adaptation très contemporaine. Elle n'hésite d'ailleurs pas à inclure dans son intrigue des faits sociétaux très actuels comme le divorce avec la garde des enfants, l'expatriation des Anglais en France, leur désillusion, l'adultère, etc… L'auteure rend également ses personnages attachants malgré leur faille, leur défaut ou leur mauvaise action. C'est cela d'ailleurs qui est notable car elle n'use d'aucun manichéisme : personne n'est complètement noir ou blanc et cela rend les personnages tellement humains. Les dessins sont également très réussis et aident le lecteur à s'immerger dans l'histoire.

En conclusion, Posy Simmonds a, une nouvelle fois, réussi son pari : celui de transposer un classique du XIXème siècle à une situation plus contemporaine. le roman graphique a été adapté au cinéma par Anne Fontaine avec Gemma Arterton et Fabrice Luchini. Il me tarde donc de le découvrir, ayant déjà beaucoup aimé la version cinématographique de Tamara Drewe avec la même actrice, sorti en 2010.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Under_The_Moon
  11 février 2013
Je garde un souvenir très amusé de Gemma Bovery.

La 1ère raison est que ma mère me l'avait offert quelques temps après que j'ai lu LA Madame Bovary de Flaubert, que j'avais détesté ! Bien sûr j'ai tout de suite compris l'ironie du cadeau, mais, après tout, je me suis dit "pourquoi pas ? "

Aujourd'hui encore je me dit que j'ai bien fait. La narration de Posy Simmonds est bien moins ennuyeuse que celle de Flaubert . La forme qu'elle a choisi, celle du roman graphique, y est sans doute pour beaucoup c'est certain.

Ce que j'ai aimé aussi c'est ce mélange de français et d'anglais (j'ai lu la traduction française, pas la version originale) qui donne un charme à toute cette mise en scène. de cette façon, j'ai compris pourquoi les Anglais aiment Madame Bovary. le cadre de la campagne normande où Madââme s'ennuie et cherche le frisson fait un écho très net à la campagne anglaise avec ses petits cottages avec autours ... des moutons pour tenir compagnie aux vaches !

Une histoire bien française avec un humour oh so British : un régal !
Gemma Bovery aura donc réussi à me réconcilier un peu avec l'oeuvre originale.
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Arakasi
  21 décembre 2012
Avant « Tamara Drewe », Posy Simmonds s'était déjà attaquée à la revisitation d'auteurs classiques européens. Pour notre plus grand orgueil franchouillard, c'est au chef-d'oeuvre de Gustave Flaubert, « Madame Bovary », qu'elle a rendu hommage cette fois – et avec autant de charme que de talent ! Si l'histoire se déroule majoritairement en France, c'est en Angleterre que débutent les événements. Gemma Bovery est une jeune britannique de bonne famille, en apparence comblée de tous les bienfaits : la beauté, l'intelligence, un sens artistique aigu et un époux plus âgé qui l'adore. Mais Gemma souffre d'un mal aussi vieux que le monde. Elle s'ennuie. Mortellement.

Pour fuir Londre et sa grisaille, elle arrive à convaincre son mari de déménager en Normandie, cette terre promise remplie de gens adorables et de verts pâturages. Pendant les premières semaines de vie campagnarde, Gemma est aux anges, mais très vite l'ennui s'installe à nouveau avec tout son lot de petites exaspérations quotidiennes : les français sont des ploucs, son mari un mollasson, leurs voisins anglais des imbéciles… le seul qui trouverait grâce aux yeux sévères de Gemma serait, à la rigueur, le jeune nobliau qui vient de s'installer dans le manoir voisinant leur ferme pour réviser son examen de droit. Il est mignon comme tout, ce petit français, et que ne ferait-on pas pour échapper au morne train-train ? Mensonges, adultères, intrigues, la vie de Gemma prend soudain un tour bien plus passionnant ! Mais toute cette belle histoire ne pourra pas durer éternellement et le drame attend au détour d'un sentier…

L'histoire est connue et la fin en est dévoilée dès les premières pages – Gemma Bovary a été retrouvée morte dans la cuisine de sa ferme – toute la question étant de savoir quels événements ont entrainé cette tragique conclusion. Posy Simmonds fait preuve d'un indubitable talent à ce jeu et d'un grand sens de la narration qui font de « Gemma Bovery » un ouvrage passionnant à découvrir (y compris pour les lecteurs de Flaubert qui savent déjà à quoi s'en tenir). La bande dessinée possède toutes les qualités qui m'avaient tant séduite dans « Tamara Drewe » : un style d'écriture sensible et léger, un humour à la fois ironique et cruel et des personnages aussi attachants qu'agaçants. On retrouve également le même format original associant passages en bande dessinée et paragraphes romancés. Encore une fois une excellente bande dessinée ; Posy Simmonds est décidément un auteur à suivre !
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Bazart
  03 octobre 2014
J'ai beaucoup apprécié le film (plus encore que le film de Jean Becker), charmante chronique d'Anne fontaine, qui retrouve là le meilleur de son cinéma, entre comédie très efficace sur le choc des cultures et peinture au vitriol d'un microcosme.

Anne Fontaine a donc adapté un célèbre roman graphique britannique éponyme, lui-même inspiré évidemment comme son titre l'indique, par le chef-d'oeuvre de Flaubert, est qui est construite sur l'air du diction "la nature imite l'art".

Publié en France en 2000, son Gemma Bovery est ressortie à la rentrée, augmenté d'une série de dessins inédits, et d'une préface d'Anne Fontaine expliquant les partis pris de son adaptation et les raisons de son coup de coeur pour cette oeuvre là. On apprend notamment que le roman graphique, genre à la frontière de la littérature et de la BD classique, est plus «libre» dans sa forme qu'une BD classique et utilise des outils de narration plus proches que ceux du 7ème art.

On entre ainsi dans le scénario d'un roman graphique comme dans un film et il n'est donc guère étonnant qu'après Tamaa Dreve adapté par Stephen Frears en 2009 (une adaptation qui m'avait laissé un peu mitigé), Anne Fontaine ait souhaité également mettre en image un roman graphique de P Simmonds.

J'ai lu le roman graphique de Posy Simmonds après avoir vu le film d'Anne Fontaine, et je pense que si j'avais fait le contraire, le film m'aurait très certainement moins enthousiasmé.

Il y a quand même des différences notables entre le livre et le film, ce dernier se concentrant bien sur le personnage de Luchini, impeccable en maître ès fantasmes, dont le seul plaisir est d'essayer de faire coïncider réalité avec fiction (littéraire)...

Dans la BD de Posy Simmons, le boulanger/ narrateur est toujours le témoin clé de son parcours, mais reste beaucoup moins acteur et bien plus en retrait que Lucchini. Et d'ailleurs, dans le film de Fontaine, les séquences les plus jouissives sont sûrement celles qui mettent en scène Lucchini et Gemma Atterton, avec quelques scènes supplémentaires par rapport au livre particulièrement jubilatoires (je pense à celle de la guèpe notamment).

bovery-livre3Pareil pour le sort réservé à Gemma : si les premières pages du roman graphique nous amènent immédiatement à connaître la mort de Gemma, ceci afin que le lecteur ait accès à ses journaux intimes, le film est plus flou sur la destinée de Gemma (désolé pour le spoil) avant la dernière demi heure, et le dénouement, qui là ressemble beaucoup plus à celui du livre.

En fait, le roman graphique axe beaucoup plus sur la vie de Charlie et sa femme avant de venir en Normandie, et les problèmes de Charlie et de son ex femme, qui sont totalement passés sous silence du film français.

On aime particulièrement la construction mêlant beaucoup de texte à quelques vignettes, complétant ou illustrant l'histoire et les dessins noir et blanc d'une beauté assez singulière, une construction qui permet croiser les points de vue de Gemma et de son voisin –et dans le présent et dans le passé-, et d'accéder à une multitude d'interprétations fort intéressantes.

Bref, si "Gemma Bovery" le film m'a sans doute plus emballé que Gemma Bovery le roman graphique, c'est certainement dû au fait que j'ai découvert le récit sur grand écran avant de le lire, car en dépit de ces quelques variantes que je viens d'énumérer, le film reste une adaptation fidèle- et particulièrement judicieuse- d'un roman graphique qui, de par sa construction et son idée de départ, s'avère être aussi original qu'ambitieux.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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colimasson
  17 avril 2013
A tous ceux qui auraient le malheur de penser que la Madame Bovary de Flaubert n'est qu'une oeuvre littéraire désuète, Posy Simmonds impose sa variante légèrement modernisée : Gemma Bovery. Variation libre qui nécessite quelques adaptations permettant au mythe de se renouveler et de correspondre plus parfaitement à notre siècle. Si Gemma Bovery, à la manière de sa consoeur littéraire, tient un journal intime dans lequel elle épanche ses peines, ce n'est pas ce manuscrit qui nous permettra de prendre connaissance des malheurs et des réjouissances de son existence mais le récit d'un de ses voisins. Celui-ci est un amateur de bons livres et, forcément, le jour où il entend parler de Gemma et Charlie Bovery, il ne peut s'empêcher de penser aux personnages illustres de Flaubert –Emma et Charles Bovary. le rapprochement est d'autant plus pertinent que la réalité rejoint rapidement la fiction, alors même que Gemma Bovery semble à peine connaître sa quasi-homonyme littéraire.


Après l'enthousiasme débordant de sa découverte de la Normandie, de ses petits villages tranquilles, de ses boutiques artisanales et de ses vastes plaines, Gemma Bovery découvre bientôt l'ennui le plus dévorant –ennui qui deviendra ensuite dégoût puis haine. Charlie écope des plaintes de son infortunée épouse, et l'harmonie de leur couple ne tarde pas à s'étioler. le narrateur de cette histoire –leur indiscret voisin- est émerveillé par la précision avec laquelle la réalité rejoint la fiction… Ne manque plus que Gemma se dégote un amant. Evidemment, Posy Simmonds ne pouvait pas nous épargner cette coïncidence. Les temps modernes sont ce qu'ils sont : Gemma rencontre l'éphèbe qui viendra la sauver de sa monotonie au Leclerc de Rouen. Flaubert avait su faire plus romantique en son temps.


La question de savoir si le destin de Gemma Bovery suivra jusqu'au bout celui d'Emma Bovary ne se pose malheureusement pas et fait perdre à l'album de Posy Simmonds une partie de son intérêt. En effet, les premières pages nous amènent immédiatement à connaître la mort de Gemma, ceci afin que le lecteur ait accès à ses journaux intimes. Laissés à l'abandon, ceux-ci seront alors découverts par le narrateur. Si cette révélation d'entrée de jeu fait perdre à l'histoire une partie de son ressort dramatique, elle permet en revanche de croiser les points de vue de Gemma et de son voisin –dans le présent et dans le passé-, et d'accéder à une multitude d'interprétations intéressantes.


Pas aussi superbe et racé que le Madame Bovary de Flaubert, ce Gemma Bovery de Posy Simmonds nous amuse toutefois en nous laissant imaginer ce qu'aurait pu écrire Flaubert s'il avait vécu à notre époque. Les tragédies modernes peuvent être tout aussi puissantes que celles qui peuplent notre littérature : il suffit de constater quels imbroglios financiers et sentimentaux découlent des divorces, remariages et familles composées ; et si les amours semblent plus artificiels parce qu'ils se nouent dans des centres commerciaux et connaissent leur point culminant dans des parkings souterrains, ils conservent encore toute leur intensité émotionnelle. Voilà de quoi contenter la curiosité des lecteurs indiscrets qui avaient déjà aimé Madame Bovary
Lien : http://colimasson.over-blog...
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edea
  10 mars 2013
J'avais découvert Posy SIMMONDS avec la lecture de Tamara Drewe il y a quelques mois et par la même occasion le roman graphique.

Une fois encore la magie opère, fabuleux détournement de l'étouffant "Madame BOVARY" de Flaubert à la sauce anglaise avec un second degrés très fin.

C'est l'histoire de Gemma qui épouse un homme divorcé, Charlie Bovery à la suite d'une rupture sentimentale douloureuse et humiliante. Pour fuir l'emprise de l'ex-femme de Charlie et ses intrusions fréquentes dans leur couple et la venue de plus en plus fréquente des enfants de Charlie dans leur appartement étroit, Gemma persuade son mari de s'installer dans un village bucolique de Normandie en France.

Après quelques mois, Charlie, restaurateur de meubles et bibelots ancien s'intègre parfaitement à cette vie calme qu'offre la campagne. Gemma quant à elle s'ennuie, n'a pas beaucoup de point commun avec son mari. Elle décide de reprendre en main sa vie en commençant par perdre le poids et reprend confiance en elle et fait une rencontre déterminante qui va être le début de sa perte.

Effectivement des le début, le narrateur Raymond Joubert nous apprend la mort de Gemma. Intrigué par cette jeune femme et la ressemblance de son patronyme avec la célèbre oeuvre de Flaubert, dés son arrivée au village, il se lance alors dans une enquête pour lever le mystère sur les conditions de sa mort, persuadé d'en être le principal responsable.

L'association du texte et des dessins est parfaite, j'ai retrouvé le même plaisir de lecture que pour Tamara Drewe, j'aime beaucoup le roman graphique, plus long à lire qu'une BD, plus approfondie, on entre dans le scénario comme dans un film. L'auteure nous balade dans une bien triste histoire de femme mal aimée. J'ai beaucoup apprécié les observations teintée d'humour des traits caractérisant les anglais et les français ! Une intrigue rondement menée qui tient bien le lecteur en haleine.
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chapochapi
  05 avril 2013
Réécriture réussie du roman de Flaubert. Gemma est une illustratrice et décoratrice anglaise aigrie après sa rupture avec un beau blanc-bec. Elle trouve du réconfort auprès de Charlie Bovery, divorcé, deux enfants, une mégère pour ex et peu d'ambition pour projet de vie. Après une vie en commun, ne supportant plus cette ex qui s'immisce dans leur vie et leur impose tout (de la garde des enfants à la marque des céréales et de la lessive), elle demande Charlie en mariage et l'invite à déménager de leur petit appartement, certes charmant, mais dans un quartier craignos de Londres. Lorsque son père ( ? à vérifier) meurt, elle décide d'utiliser l'argent pour acheter une maison en pleine campagne normande, sûre d'y trouver le calme, la vie bucolique, le charme paysan, le rythme de vie si particulier des français. Mais dès le premier hiver, elle déchante. Grommelle, regrette, évite les voisins anglais qui roulent sur l'or mais la payent pour de menus travaux de décoration. Lorsqu'un jour, elle tombe sur le jeune nobliau du village, venu s'isoler pour réviser ses examens de droit. Séduction, adultère, tout cela est connu. Un peu trop, d'ailleurs, pour le voisin boulanger qui n'en revient pas que « Gemma Bovary » soit venue s'installer en Normandie. Quand il découvre la relation adultérine, il s'inquiète pour sa jeune voisine, si semblable au personnage de Flaubert. Et puis, il est jaloux, bien qu'il peine à le reconnaître. Il tente donc d'intervenir et d'empêcher un drame inévitable à ses yeux. Mais la relation s'arrête d'elle-même, sans heurts. le voisin respire, mais pour peu de temps : le beau blanc-bec la retrouve par hasard et veut renouer avec Gemma, qui tombe d'abord dans ses bras avant de l'évincer. Pour le voisin, c'en est trop ! il identifie entièrement la voisine au personnage et craint maintenant pour sa vie ! [attention : spoiler] Il prévient donc Charlie, qui avait entre-temps quitté Gemma après la découverte de sa première relation. Par un concours de circonstances, lorsqu'il arrive sur place, le blanc-bec est aussi là, à tenter de sauver Gemma, étouffée par un morceau de pain offert par le voisin. La jeune femme meurt. Mais le voisin ne s'arrête pas là : il craint maintenant pour Charlie ! le parallèle est si évident pour lui ! Mais le veuf le rassure : Charlie ? non, c'est juste un surnom, il s'appelle Cyril. le roman se termine sur une petite pointe : de nouveaux voisins se sont installés, la femme s'appelle Jane, Jane Eyre.

Tout l'intérêt de ce roman graphique est de présenter une histoire désormais banale (une femme s'ennuie et trouve l'amour dans les bras d'un autre) sous l'éclairage volontairement oppressant de Flaubert. L'auteure s'amuse du voisin et du lecteur qui veulent voir, dans la proximité des noms, l'écriture d'un destin. Mais Gemma s'en moque : elle a bien l'intention de se le constituer, son avenir, pas de le subir ! Elle a des dettes ? elle travaillera d'arrache-pied pour y remédier, quitte à vendre la maison ; Charlie est parti ? elle prend conscience de sa bêtise et décide de revenir vers lui. Elle a eu des relations ? c'est elle qui y a mis fin. Non, Gemma n'est pas Emma et leur destinée, n'en déplaise aux lecteurs, ne sont pas superposables.

Indirectement, on prend conscience que la société et la situation des femmes ont bien évolué depuis Flaubert : Charlie a eu une vie avant Gemma, qui elle-même travaille et se montre financièrement indépendante ; sa relation adultère ne choque personne même si elle fait mal à son mari et l'ennui de la jeune femme perdue en pleine campagne normande paraît normal à tout le monde. de fait, plus aucune critique ne pèse sur Gemma et la compréhension remplace l'opprobre. le récit est mené par le voisin boulanger qui raconte les événements, de manière rétrospective puisque la mort a déjà eu lieu. Mais le discours indirect libre de Flaubert est maintenu grâce aux dessins qui mettent en scène Gemma et ses pensées, auxquelles le voisin a accès par l'intermédiaire du journal intime de la jeune femme. Ainsi, cela permet de respecter et de moderniser les voix narratives et de jouer sur les connaissances des personnages.
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Ladydede
  17 février 2013
Gemma Bovery raconte l'installation d'un couple d'Anglais en Normandie. Au début, tout va très bien. Mais très vite, Gemma s'ennuie et commence à regretter son ancienne vie...
Gemma Bovery est la première bande dessinée ou plutôt le premier roman graphique de l'anglaise Posy Simmonds. En effet, cet ouvrage se présente vraiment à la fois sous la forme de bande dessinée et d'une autre partie sous la forme de la narration, dictée par le boulanger Joubert, voisin éperdument amoureux de Gemma. Posy Simmonds joue bien évidemment sur la ressemblance de la Madame Bovary de Flaubert et c'est bien évidemment la force de Gemma Bovery. J'avoue que je me suis mise à la lecture de ce roman graphique par curiosité, sachant que je n'ai pas encore lu le grand chef d'oeuvre de Flaubert. le crayon de l'auteure est extrêmement soignée et intelligent. La lecture de Gemma Bovery a pour moi été un véritable plaisir !
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chartel
  17 décembre 2008
"Gemma Bovery" de Posy Simmonds est bien une bande dessinée, mais, pour être plus précis, il faudrait parler de roman graphique. le texte y tient en effet une place importante s'associant à un dessin monochrome porté par un trait noir fin et précis. C'est ce qui fait la force de cette oeuvre. Posy Simmonds nous impressionne par sa grande maîtrise picturale, mais aussi par son sens de la narration.
L'histoire savamment construite qui, vous l'aurez compris d'après son titre, fait écho au célèbre roman flaubertien, est portée par un narrateur affreux, exaspérant mais hilarant : un certain monsieur Joubert, le boulanger du village normand de Bailleville et voisin d'un jeune couple anglais venu chercher en France l'authenticité perdue de la vie anglaise.
Bien qu'ayant eu du mal à entrer dans l'histoire – j'ai surtout pu le faire à partir de la réelle entrée en lice de Joubert – j'ai été séduit par la distance ironique et critique prise par l'auteur, offrant une peinture sociale assez plaisante. Des bobos londoniens aux provinciaux normands, chacun y dévoile ses faiblesses, ses bassesses et ses ridicules. Mais, au-delà des personnages, c'est la distance prise avec le roman de Flaubert qui est intéressante. Une appropriation réussie qui permettra même à ceux qui ne connaissent pas "Emma Bovary" de lire sans manque l'histoire de son double.
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