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EAN : 9782378803100
L' Iconoclaste (12/10/2023)
4.21/5   33 notes
Résumé :
Une relecture féministe des mythes.
Déesses, héroïnes, guerrières, amantes, magiciennes, tisserandes... Injustement oubliées, les femmes de la mythologie grecque sont incandescentes. Elles ne demandent qu'à être reconnues : Aphrodite n'est pas une déesse vamp, mais la victime d'un mariage forcé.
Pénélope n'est pas l'épouse nunuche et infidèle qu'on a trop souvent présentée, mais la clé de voûte de l'Odyssée. Phèdre est scandaleuse parce qu'elle incarn... >Voir plus
Que lire après L'Odyssée des femmesVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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« […] je n'avais pas compris que la mise en récit des dieux et des héros nous était parvenue du seul point de vue masculin. Que cette histoire d'hommes, racontée par des hommes, pour des hommes cachait bien d'autres facettes. L'époque nous invite - il était temps! - à réexaminer nos représentations et nos présupposés. Toutes ces femmes, dans tous les domaines, qui ont été niées, gommées au fil des siècles, celles que Titiou Lecoq appelle « les grandes oubliées», apparaissent enfin au grand jour. Les figures féminines des mythes ne demandaient, elles aussi, qu'à sortir de l'ombre. J'étais loin de me douter que le voyage au pays des dieux que je m'apprêtais à accomplir allait se transformer peu à peu en une véritable odyssée des femmes. Que j'allais y rencontrer déesses, héroïnes, guerrières, amantes, magiciennes, fileuses et tisserandes, toutes celles qui tressent le fil de l'Histoire avec celui de la vie et de la mort. Car elles étaient bien là, présentes, incandescentes, et n'aspiraient qu'à être écoutées et reconnues. »

L'odyssée des femmes, Murielle Szac @szacmurielle @ed_iconoclaste #sortielitteraire

A l'instar du livre de Titiou Lecoq qu'elle cite d'ailleurs en début de son ouvrage, l'autrice nous offre ici un récit rafraîchissant et inspirant à la fois, une relecture des mythes où les femmes, déesses, nymphes, humaines de l'Antiquité, sont enfin remises à leur juste place, actrices de leur vie et de leur destin!

En dépoussiérant les mythes, l'autrice nous présente les femmes sous l'angle de leur agentivité, de leur capacité à s'accomplir, peu importe les obstacles qu'elles rencontrent, que ce soit l'infidélité, la trahison, l'abandon, le viol… toutes choisissent d'agir et non de subir, d'être et non pas de s'effacer ni d'accepter… elles sont libres, elles sont fières, elles sont femmes!

Toutes ces figures féminines de la mythologie sont superbement inspirantes!

« Pourtant, dans l'épopée comme dans la tragédie, la faible femme n'existe pas. Si elles sont toutes des mères, des épouses ou des amantes, elles possèdent autant de marge de manoeuvre et de pouvoir que les déesses. Ce sont la plupart du temps des femmes d'action. Leur particularité commune, leur force intrinsèque, est qu'elles occupent une fonction de premier plan, sans jamais rabaisser le rôle des hommes. Elles ont trouvé cet équilibre qui leur permet d'exister et d'agir librement sans que cela soit au détriment des héros masculins. La haine ou l'amour dicte leurs actes, la stratégie politique et la maîtrise du pouvoir économique en temps de guerre leur permettent de parvenir à leurs fins, le courage coule dans leurs veines. »

Ces femmes sont aussi terriblement humaines et l'autrice n'hésite pas à nous présenter également celles qui sont décriées depuis toujours, Clytemnestre, Phèdre, Médée... Elle nous donne un autre prisme de lecture, le point de vue féminin pour tenter de comprendre un geste, même quand il est atrocement inhumain!

En définitive, dans cette oeuvre, Murielle
Szac nous prouve surtout que les femmes
de la mythologie sont toujours très
actuelles et peuvent nous inspirer de mille et une façons... la plus contemporaine
serait sans nul doute « Artémis la sauvage,
ancêtre de l'écoféminisme, adepte d'une
sororité sans faille, [...] la déesse la plus
actuelle du panthéon des divinités grecques. »

Un livre intéressant, riche, foisonnant, qui
nous permet de redécouvrir avec bonheur
les mythes, même les plus méconnus... un
ouvrage que j'ai particulièrement apprécié et que je recommande de partager largement!
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Beaucoup d'attentes pour ce livre, peut être est-ce la collection qui m'a renvoyé à ma lecture de Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq et incité à y voir un avatar que j'allais aimé. ça a été un bon moment de lecture mais qui m'a posé question de la démarche. L'objectif affiché est de faire une lecture des mythes et des légendes grecs par la femme, car bien souvent écrits, traduits par des hommes. Assez enthousiasmant ! Et de manière générale c'est ce qui est fait, on découvre et redécouvre des histoires plus ou moins connues. L'auteure a sans conteste une plume de conteuse efficace portée par la tendresse qu'elle porte à ces personnages. On est emporté par les péripéties avec efficacité.

Ce qui m'a gêné c'est la manière dont on nous vend ce livre, un essai sur la mythologie, une relecture féministe. Néanmoins l'autrice réhausse et dépeint des déesses, magiciennes et sorcières à hauteur d'une femme du XXIe siècle sans poser la question de la construction antique, de l'idéologique grecque où la femme est un homme raté, une aberration dont il faut souffrir l'existence pour pouvoir perpétuer la lignée des hommes. Toutes ces questions ne sont pas abordées, les femmes sont magnifiées et présentées comme fortes et puissantes mais c'est là occulter qu'elles sont sans cesse rabaissées, diminuées, violées et insultées et que leur rébellion se fait dans des limites bien circonscrites. Il a manqué à ce point de vue admiratif un peu de mesure et de complexité. Je vais citer l'historienne Aurélie Damet qui dans son ouvrage de la même année sur les femmes grecques écrit "L'histoire des femmes et de leur rôle dans les cités De Grèce ancienne s'écrit ainsi : il y a toujours un mais". Ici il n'y a pas de "mais". On parle des mythes grecques pour en tirer des modèles de femmes sans questionner le fait que la place que les Grecs leur ont attribuée est problématique. Peu de références également, à par les travaux de l'autrice elle-même, quand tant de spécialistes auraient pu apporter un éclairage essentiel et attendu.

Pour résumé, j'ai apprécié ce livre comme un libre d'histoires de la mythologie par les femmes mais n'y est pas trouvé la lecture féministe complexe attendue. En demi-teinte donc.
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Quel plaisir de découvrir un ouvrage qui met en avant ces déesses et héroïnes de l'Antiquité, celles que l'on avait coutume de présenter comme les faire-valoir de leurs homologues masculins parce que nous avions tout simplement oublié leur rôle prédominant dans la culture antique.
Il convient de rappeler que les cultes rendus aux déesses étaient très répandus dans l'Antiquité grecque et qu'elles étaient révérées non seulement par les femmes mais par toute la population et se trouvaient à l'origine des fêtes les plus prestigieuses qui ont laissé des traces durables dans l'art comme les fameuses frises des Panathénées du Parthénon d'Athènes.
Même ceux qui se targuent de bien connaître la mythologie trouveront leur compte dans cet essai séduisant qui met au goût du jour les modèles antiques et donne fortement envie de se plonger dans les autres ouvrages de l'auteur tels les "feuilletons" destinés aux jeunes qui découvriront de façon amusante et didactique les grands modèles qui ne cessent d'inspirer la littérature depuis plus de 25 siècles.
La plume bienveillante de Murielle Szac nous fait découvrir Médée la meurtrière infanticide sous une autre angle,, Pénélope retrouve toute son importance dans le récit des aventures de son célèbre mari . Les deux soeurs Hélène et Clytemnestre aux comportements si différents, sont finement analysées et j'ai beaucoup apprécié les références aux auteurs classiques regrettant toutefois que ne soit pas cité le célèbre sophiste Gorgias qui a rédigé une célèbre plaidoirie pour innocenter en quatre arguments la belle Hélène cause de tant de tourments !
Proposer comme modèle contemporain la chasseresse Artémis peut paraître audacieux alors que la chasse a si mauvaise presse dans le coeur de nos jeunes, qu'ils soient écologistes, végétariens ou simplement amis des animaux, mais néanmoins ce choix est particulièrement pertinent pour les jeunes filles d'aujourd'hui ainsi que l'auteur le prouve brillamment .
Pour moi cet essai fut une belle découverte et il est porteur d'espoir car il apporte la preuve que la relève est assurée pour faire vivre cette antiquité grecque si chère à mon coeur.
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Comme beaucoup de parents, j'ai fait la connaissance des talents de conteuse de Murielle Szac en lisant à haute voix les feuilletons d'Hermès et de Thésée, devant un auditoire aux yeux immenses, fixés sur moi avec avidité. Quelle joie de la retrouver dans un essai qui s'adressait plus spécifiquement à moi, et me proposait de parler féminisme ! Quand j'ai découvert l'existence de ce livre, j'ai tout de suite su qu'il me le fallait dans ma bibliothèque.

Dans ces pages qui passent très vite, l'autrice revisite les figures féminines des mythes grecs, essentiellement les déesses, pour s'interroger sur le statut patriarcal de ces histoires. Dans chacune, elle trouve quelque chose à admirer, que ce soit l'utilité de leur charge symbolique, leur statut de femmes fortes et indépendantes, leur refus de plier devant les pères et les maris. Même les déesses qu'on adore détester, comme Héra, se retrouvent en quelque sorte réhabilitées par ce nouveau regard.
Personnellement, cette démarche que je trouve louable m'a par moments perturbée, car à vouloir glorifier le féminin à tout prix, Murielle Szac en arrive parfois à célébrer des situations qui posent question (par exemple, l'utilité des femmes au foyer ou la démarche de vengeance). L'ensemble est un peu fouillis, il ne faut pas demander à ce livre davantage que ce qu'il est, à savoir un essai d'interprétation et de réflexion personnelle, qui se lit très bien.

Restent les questions essentielles posées par la démarche de relecture féminine des mythes : les grecs, parce qu'ils disposaient d'un panthéon mixte où les femmes étaient presque aussi bien servies que les hommes, portaient-ils un regard différent sur la féminité ? Dans la dimension excessivement patriarcale des mythes tels que nous les connaissons, quel est le rôle du filtre exclusivement masculin posé par ceux qui les ont traduits, contés, interprétés et réécrits à travers les siècles ? Avec d'autres comme Madeline Miller, Marine Carteron, Isabelle Pandazopoulos... Murielle Szac fait partie de ces conteuses actuelles qui nous offrent une véritable autre version des mythes, donnant une vraie place aux femmes. Celle-ci est sans doute plus intéressante à considérer du point de vue de notre époque que de celui du passé, car comme le dit Murielle Szac elle-même, ces histoires millénaires restent de très bonnes clefs pour nous confronter à la complexité du monde dans lequel nous vivons et des relations humaines en général.
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Murielle Szac est reconnue pour son exploration et sa diffusion de cette mythologie grecque que l'on connait depuis toujours - le croit-on.
De son propre aveu pourtant, dès les premières lignes de "L'Odyssée des femmes", elle nous confie avoir découvert que la lecture qu'elle en avait était somme toute assez masculine.

Et elle nous offre ici une superbe occasion de redonner aux femmes toute leur place dans ces récits de bravoure, d'aventures, de rebellion, de luttes, car elles n'ont bien-sûr pas été en reste (et on peut même dire qu'un certain nombre de ces héros bien connus doivent beaucoup à ces héroïnes qui le sont parfois bien moins, tiens).

Ainsi, nous (re)découvrons avec joie et curiosité les destins de ces dernières, déesses ou non.
Celles qui ont résisté, se sont opposé, ont combattu même, ou ont fait changer le cours de l'Histoire. Celles dont nous sommes les héritières (et les héritiers) aujourd'hui, dans ce monde où la cause des femmes n'est jamais gagnée.
Les mythes grecs font partie des textes les plus étudier à l'école, et il est indispensable que les plus jeunes y voient des modèles de femmes fortes et fières.

J'ai dévoré ce livre en deux jours dès sa réception, et y suis depuis revenue, pour m'imprégner une nouvelle fois de la personnalité et du parcours d'Artemis, ma préférée ❤
Peut-être l'une des plus libres. Liberté de ton, liberté de choix, respect de la liberté des autres. Comment cela pourrait-il ne pas résonner !

Merci beaucoup aux @ed_iconoclaste pour cet envoi et à Murielle Szac pour son travail si précieux !

   《La phrase à retenir》
"À l'inverse des fables ou des contes, les mythes ne mettent pas en garde contre tel ou tel comportement "mauvais" ou risqué, ils ne désignent pas un coupable. Mais ils induisent très fortement l'idée que si nous sommes libres de nos actes, nous devons en répondre devant une justice, celle des dieux ou celle des hommes."
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critiques presse (1)
MadmoizellePresse
16 octobre 2023
Non seulement cet ouvrage distille une érudition stimulante [...] mais sa forme est si joyeuse et vivante, qu’on croirait se plonger dans des contes étrangement familiers tant ils nous ramènent à toutes les variations de ce que c’est qu’être femme.
Lire la critique sur le site : MadmoizellePresse
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Zeus se trouve pris de terrifiants maux de tête. [...] Au point qu'Hermès, paniqué, court chercher son frère Hephaïstos, le dieu des forgerons, et le somme de fendre en deux le crâne de leur père avec sa hache pour en faire sortir le mal ! De la fente ainsi créée surgit une femme tout armée : c'est Athéna, la déesse de la Sagesse et de la Guerre. Il s'agit bien sûr du bébé que portait Métis dans son ventre avant de disparaître dans celui de Zeus. A l'inverse de Cronos qui conservait ses enfants dans son ventre pour les empêcher de vivre, Zeus a utilisé le sien comme une matrice. On peut sourire en pensant que les hommes qui ont inventé ces légendes cherchaient peut-être là une manière un peu désespérée, et en tout cas vaine, d'échapper à la loi de l'espèce qui veut que seul le corps féminin puisse mettre au monde les bébés.
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Si Pénélope ne porte pas la mémoire d'Ulysse, alors toutes les péripéties de son odyssée auront été vaines. Le but même de cette épopée est d'ailleurs d'aller tout raconter à sa femme. Lorsque le roi d'Ithaque croise l'ombre de sa mère aux Enfers, celle-ci le lui annonce très clairement : "Retiens bien tous les secrets du monde pour aller les dire à ta femme", lui conseille-t-elle. Et c'est ce qu'Ulysse fait au cours de la nuit de leurs retrouvailles. Athéna arrête le char du Soleil pour que la nuit dure autant que les amants le souhaiteront. Pour qu'ils aient le temps de se retrouver, mais aussi pour qu'Ulysse puisse tout confier à Pénélope. Sans elle, le récit n'existe pas. C'est elle qui fait exister la parole. Sans elle, le héros est mort.
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Helène avait voulu s'échapper de cette vie qui l'étouffait à petit feu, fuir l'ennui mortel qui la consumait. La voici retournée à la case départ, à sa cage dorée. Hélène a joué sa vie et celle des autres. Elle a perdu. Pourtant, les remords qui l'assaillent ne seront jamais des regrets d'être partie : elle assume, tête haute, jusqu'au bout sa soif de liberté. Si c'était à refaire, elle recommencerait. Son parcours de femme rejetant les cadres contraints de la vie maritale, prenant la parole dans le monde des hommes, est un exemple d'indépendance.
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Mon rêve ? Que chaque femme qui tremble aujourd'hui devant un homme, chaque mère qui redoute les accès de brutalité du père de ses enfants, chaque épouse qui doit encaisser accès de colère, virulence et despotisme d'un mari se mette sous la protection de Rhéa. Que la grande déesse primitive les inspire et leur montre le chemin de la libération. Même quand on partage la vie et le lit d'un Cronos, il y a toujours un moment où on peut donner un coup de pouce au destin, et sortir tête haute des griffes du monstre.
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Lorsqu'Héra découvrit cet assassinat, elle prit les yeux de son fidèle ami et les posa sur les plumes d'un grand oiseau capable de faire la roue. Ainsi naquirent les paons, qui devinrent son emblème.
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Vidéo de Murielle Szac
VLEEL 285 Rencontre littéraire avec Murielle Szac, Tosca, Éditions Emmanuelle Collas
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