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Joan Titus-Carmel (Éditeur scientifique)
EAN : 9782864320531
98 pages
Verdier (01/03/1990)
4/5   19 notes
Résumé :
Le haiku, "sorte de balafre légère tracée dans le temps", comme dit Roland Barthes, réussit à exprimer en peu de mots ce que l’encre suscite en quelques traits de pinceau dans la calligraphie ou la peinture : un moment privilégié, un instant de lumière, un éveil. L’un et l’autre naissent d’un même souffle, d’un même élan, au terme d’un intense recueillement. Tenu au bout des doigts, le pinceau, gorgé d’encre, est suspendu verticalement au-dessus du papier puis, d’un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
cicou45
  15 février 2015
Si j'ai lu cet ouvrage à ce moment précis, ce n'est pas sans raisons. Il est vrai que j'ai toujours été attirée par la philosophie et la littérature japonaise mais à peine hier, j'ai ou assister à une initiation à la calligraphie japonaise organisée à la médiathèque de ma ville par le vice-consul du Japon à Marseille (eh oui, rien que ça !). Dans quelques jours, j'assisterais (étant donné que je suis en congés, j'en profite) à une initiation sur l'écriture des haïku et encore après, à un atelier origami. Pourquoi tant de festivités autour du Japon me demanderez-vous ? Tout simplement parce que ma ville (enfin certaines services plus précisément) organise actuellement un festival "Couleurs Japon en février"...et tout cela pour mon plus grand plaisir ! C'est donc dans cette ambiance très particulière que j'ai eu envie de découvrir cet ouvrage et là encore, je ne suis pas déçue ! Certes, tout comme pour un recueil de poésie, il est tout autant difficile de rendre compte (voire de vous faire un résumé) de ce que j'ai lu et des émotions que j'ai ressenties car elles sont propres à chacun. Je peux cependant vous dire qu'en introduction, j'ai beaucoup appris sur la langue japonaise et ses origines ainsi que sur la manière dont un haïku se compose : soit 5 syllabes, puis 7 et de nouveau 5 mais peut-être saviez vous déjà tout cela. le poète écrit également en respectant les cinq saisons (la période de Noël comptant pour une saison supplémentaire) et il y a donc beaucoup de thèmes se reflétant à la nature dans ce recueil mais aussi à l'amour et au temps qui passe. Trop de petits moments magiques que nous ne savons pas apprécier à leur juste valeur et c'est réellement dommage ! Tout cela, Ryokan, ce moine du XIII e siècle la rappelle sans cesse au lecteur en le mettant en garde que demain, il sera probablement trop tard !
Sur la page, vous pourrez trouver la version originale en japonais, sa traduction phonétique et sa traduction en français...de quoi vous ravir à la fois les yeux, peut vous permettre de jouer an lisant le japonais version phonétique à voix haute et enfin vous combler avec ces merveilleuses choses simples de la vie qui sont pourtant si simples et que l'on a trop souvent tendance à oublier ! A découvrir !
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DorpheeTheDog
  17 janvier 2022
Apparemment, en japonais, "aware" désigne un "sentiment diffus de tristesse et de douce mélancolie éprouvée par un esprit zen saisi par l'harmonie essentielle entre les hommes et les choses de la nature". Donc en fait il n'y a pas que les anglais et JCVD qui soient aware ! Et Ryokan, lui, il est très très aware ! Il se fond dans les herbes comme un poisson dans l'eau, et la nature c'est un peu son lit où il fait dodo :
« Un calme parfait
Sur un oreiller d'herbe
Loin de ma cabane »
Il faut dire qu'il était moine bouddhiste, donc il se satisfaisait de moins que la plupart des zumains et des chiens. Même ses puces il en prend soin, par souci de respect de la nature et de ses petites bêtes. Ils font tous partie de la même grande famille ou quelque chose comme ça. On dirait qu'il n'a absolument pas envie de se gratter, c'est très impressionnant !
A part ça il se balade, il empoigne son baton de pèlerin pour gravir les pentes des montagnes, ou bien il se repose et observe les saisons. Il y a même une série de trois haïkus consacrés au dégel progressif d'un pré, c'est comme une chronophotographie. Il fait des pastiches d'Issa et de Basho aussi, car c'est la tradition au Japon, ils aiment bien bashoter.
« La première bruine
Une montagne sans nom
Que c'est agréable ! »
Bref, il ne se prend pas la tête, ne cherche pas de sens caché et se réjouit de chaque chose, des petits riens suffisent à le rendre content et à faire un poème qui peut vous rendre content aussi, car avec la poésie on se prend par la papatte (ou par la main) et on chante, oui oui oui ! les chats grincheux feraient bien d'en prendre de la graine, j'dis ça j'dis rien.
Et comme tout ça me met de bonne humeur, je propose un haïku que Ryokan aurait dû faire s'il m'avait rencontrée :
Nonos craquant
Devant l'âtre roux
Panier de chien
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mh17
  17 octobre 2019
Ce qui touche chez Ryokan, c'est sa simplicité. Il n'y a pas de mystère à percer, de symbole à décrypter, c'est une poésie très concrète. Il célèbre la nature et son quotidien d'ermite. Il s'émerveille du vent, des fleurs, du rossignol, des crapauds et même des puces. On l'entend frapper son écuelle de mendiant , on le voit profiter de son bain et de son oreiller d'herbe.
La traduction de Joan Titus-Carmel est d'une remarquable fluidité. La transcription des vers en écriture romane permet aussi de percevoir le rythme et les jeux de sonorités. L'introduction est très éclairante pour le néophyte.
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flolunaire
  12 février 2017
Un moine zen du XVIII° qui est, peut-être, un père spirituel de ce genre poétique comme le fut auparavant Basho. Une véritable volonté de croiser les connaissances livresques avec l'expérience de la vie et de la nature habite toute l'oeuvre poétique.
Utilisant les mots et expressions de saison, clichés de la forme, les syllabes enchainées par Ryokan gardent les saveurs et le poids des choses et des êtres. Un bel ouvrage qui met en regard texte français et japonais.
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lehibook
  20 mai 2020
Dans « Un bruit de balançoire » Christian Bobin adresse plusieurs textes à ce poète ermite japonais . Cela m'a amené à reprendre le recueil que je possédais et à retrouver la beauté fulgurante mêlée à la plus extrême simplicité qui caractérise ce maître du haïku . L'édition « Verdier » que je possède donne le texte en japonais à la fois en caractère occidentaux et en calligraphie japonaise (car Ryôkan fut aussi calligraphe » .
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
DorpheeTheDogDorpheeTheDog   15 janvier 2022
Une nuit d’été
pour compter toutes mes puces —
veillant jusqu’à l’aube
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PiatkaPiatka   25 mai 2016
Ah ! si tout le jour
je me sentais aussi bien
qu'au sortir du bain !
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cicou45cicou45   15 février 2015
"Le voleur part
n'a oublié qu'une chose -
la lune à la fenêtre"
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mh17mh17   26 avril 2019
L'automne prend fin
A qui pourrais-je confier
Ma mélancolie ?
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AkayashiAkayashi   26 mars 2016
Un calme parfait –
Sur un oreiller d’herbe
Loin de ma cabane
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Videos de Ryōkan Taigu (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ryōkan Taigu
Taigu RJÔKAN – Une Vie, une Œuvre : 1758-1831 (France Culture, 2002) Émission "Une Vie, une Œuvre », par Lydia Ben Ytzhak, diffusée le 22 décembre 2002 sur France Culture. Invités : Makiko Andro Ueda, Joan Titus-Carmel, Mitchiko Ishigami-Iagolnitzer, Corrine Atlan et Jacques Brosse.
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