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ISBN : 2130369995
Éditeur : Presses Universitaires de France (01/09/1981)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Doctrine et mouvement religieux dont l'origine remonte au IIIe siècle de notre ère, le manichéisme a été longtemps considéré et traité comme une « hérésie » ou une secte chrétienne. En réalité, il est, au sens plein du terme, une religion : une religion de type dualiste et d'essence « gnostique », mais qui, eu égard à son originalité foncière, est inassimilable à toute autre, et qui, en raison de sa cohérence dogmatique, de la rigidité de sa structure et de ses inst... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  04 juillet 2016
Ce "Que sais-je?", complétant le beau livre de François Decret sur Mani, ne fait pas double emploi avec lui, car il met l'accent sur l'histoire des idées et des doctrines au milieu desquelles Mani a évolué, et donne synthétiquement une idée assez claire de son apport personnel. Tout en demeurant sobrement scientifique, l'auteur ne cache pas la sympathie que lui inspire cette austère religion totalement disparue, et dont il ne reste plus qu'un mot insultant.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   04 juillet 2016
Plus probable donc, ainsi que le confirme le fragment Stein, Mani prit soin d'expliquer par l'iconographie (le mot appartient aux Kephalaia) le contenu, autrement plus complexe, de son recueil de Légendes. En effet, celles-ci offraient un imbroglio de situations, de personnages et de lieux cosmiques tel que tout lecteur ou auditeur risquait à tout moment de perdre le fil. Mani se décida, pour répondre aux besoins de la catéchèse et peut-être aussi à la demande de l'un de ses disciples, à fixer par le pinceau quelques scènes clés que son imagination de poète et de visionnaire avaient créées dans la Pragmateia : la terre de la lumière, les mondes antinomiques, le combat des deux principes, défaite puis sauvetage et enfin victoire d'Ohrmizd, appel de l'Esprit vivant, mise en place de la démiurgie, envoi du Troisième Messager. Chaque tableau était accompagné d'une légende au sens strict, c'est-à-dire d'une notice explicative permettant de "lire" le tableau, l'ensemble de ces explications formant en quelque sorte le guide ou commentaire suivi du volume : c'est l'Ardahang wifras dont on possède quelques fragments en parthe et en moyen-perse.

Le succès de ce recueil d'illustrations fut immense non seulement chez les manichéens mais au-dehors. Comme en témoigne au XI°s Abu l-Ma'ali-ye 'Alavi, et avec lui bien des poètes et des littérateurs persans, l'Iran islamique ne ménagea pas son admiration à l'auteur de l'Image. Combattu comme prophète, ou plutôt supplanté dans cette fonction par un autre prophète venu d'Arabie, mais toujours admiré comme peintre et artiste, tel est le Mani entré dans la mémoire collective de ses compatriotes depuis l'hégire jusqu'à nos jours !

p. 56
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   04 juillet 2016
Le musulman al-Biruni a été, à ma connaissance du moins, le seul écrivain antique à reconnaître que le genre de vie imposé aux religieux manichéens était d'une très haute valeur morale. Prétendre, ajoutait-il, que Mani aurait autorisé la pédérastie est grotesque ! Cette éthique, tenue pour diabolique et insane en Occident, fut celle-là même que contribua à adoucir les moeurs des peuplades de la Haute-Asie : "Le pays aux moeurs barbares où fumait le sang se change en une contrée où l'on se nourrit de légumes ; l'Etat où on tuait se transforme en un royaume où on exhorte au bien" (traduction Pelliot). Ces lignes, extraites de l'inscription trilingue de QaraBalghasun racontant les débuts du manichéisme dans l'empire ouïghour de l'Orkhon, permettent de mesurer l'impact civilisateur d'une telle éthique en terre turco-mongole dans la seconde moitié du VIII°s.

p. 83
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enkidu_enkidu_   16 octobre 2016
Al-Biruni rapporte dans al-Athar un logion de Mani tiré du début du Shabuhragan : « La sagesse (hikma) et la connaissance (‘ilm après correction ; mss : a‘mal) sont ce que les apôtres de Dieu ne cessèrent d’apporter de période en période. Ainsi, elles sont apparues dans un des siècles (passés) par l’intermédiaire de l’apôtre appelé al-Bidada (= Bouddha) dans les contrées de l’Inde, et en un autre par l’intermédiaire de Zaradasht (= Zoroastre) dans le pays de Perse, et en un autre par l’intermédiaire de ‘Isa (= Jésus) dans le pays de l’Occident. Puis est descendue cette révélation et a paru cette prophétie en ce siècle présent par mon intermédiaire, moi, Mani, envoyé du Dieu de la vérité dans le pays de Babel. »
(...)
Le prophète cherchait à suggérer au guide de l’Iran que son nouveau règne voué à la domination politique de la terre coïncidait avec et serait facilité par l’instauration d’une religion universelle venue de l’un de ses sujets directs, héritier spirituel de Bouddha, de Zoroastre et de Jésus. Cette prophétologie porteuse de toute la sagesse et la science du monde (mp : xrad ud danishn), c’est-à-dire des anciens sages de l’humanité à tradition non écrite (Zoroastre, Bouddha et Jésus) et écrite (apocalypses), est le cœur même du manichéisme de Mani. L’originalité de ce dernier n’est pas le dualisme en tant que construction dogmatique – qui sera l’œuvre de ses disciples –, mais est d’avoir élaboré une ecclésiologie fondée sur une prophétologie universaliste.
(...)
Mani ne cessera de reprendre cette idée force devant ses disciples. C’est à un développement de ce genre qu’on a affaire dans le Keph. 154 ; ce texte copte résume admirablement le projet ecclésial et missionnaire de Mani :

« Celui (= Jésus) qui a élu son Église en Occident, son Église n’a pas atteint l’Orient. Celui (= Bouddha) qui a élu son Église en Orient, son élection (eklogê) n’est pas arrivée en Occident. Quant à mon espoir, je l’administre de façon à ce qu’il parvienne en Occident et qu’il soit porté pareillement en Orient. Et l’on entendra la voix de sa prédication en toutes langues, et elle sera annoncée en toutes villes. Mon Église est supérieure, en ce premier point, aux Églises précédentes car les Églises précédentes n’ont été élues que pour des lieux particuliers et des villes particulières. Mon Église, je l’administre de façon à ce qu’elle parvienne dans toutes les villes et que sa bonne nouvelle atteigne tout pays. » (chap. I)
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enkidu_enkidu_   16 octobre 2016
Droit, non violent, chaste, abstinent et pauvre, tel est donc le religieux manichéen qui pratique les cinq commandements dans lesquels Mani a enfermé l’idéal des béatitudes et des conseils évangéliques. Polémistes de tous bords ont ricané tant et plus sur les mœurs des manichéens. Bêtise et méchanceté sont insondables ! Le musulman al-Biruni a été, à ma connaissance du moins, le seul écrivain antique à reconnaître que le genre de vie imposé aux religieux manichéens était d’une très haute valeur morale. Prétendre, ajoutait-il, que Mani aurait autorisé la pédérastie est grotesque ! Cette éthique, tenue pour diabolique et insane en Occident, fut celle-là même qui contribua à adoucir les mœurs des peuplades de la Haute-Asie : « Le pays aux mœurs barbares où fumait le sang se change en une contrée où on se nourrit de légumes ; l’État où on tuait se transforme en un royaume où on exhorte au bien » (traduction Pelliot). Ces lignes, extraites de l’inscription trilingue de QaraBalghasun racontant les débuts du manichéisme dans l’Empire ouïghour de l’Orkhon, permettent de mesurer l’impact civilisateur d’une telle éthique en terre turco-mongole dans la seconde moitié du viiie siècle. (chap. III)
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