AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782354088408
300 pages
Mnémos (16/04/2021)
3.86/5   59 notes
Résumé :
La Terre d’après… À l’abri d’un baobab, une société utopique, soudée par des règles strictes et bienveillantes, semble profiter d’une vie paradisiaque, totalement apaisée et égalitaire.

Pourtant, l’un des membres de cette communauté ne peut s’empêcher de se poser mille et une questions, sur tout, y compris sur l’avant. Une particularité qui fait de Cami la personne idéale pour remplir une mission d’exploration – sous surveillance. C’est donc avec Paul... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,86

sur 59 notes
5
16 avis
4
9 avis
3
7 avis
2
2 avis
1
0 avis

HordeduContrevent
  06 août 2021
Ce que je préfère dans la SF ce sont les romans post-apocalyptiques. Certes, beaucoup d'auteurs ont écrit dessus à tel point qu'il est rare de voir des scénarios vraiment originaux émerger. C'est vrai. Mais les visions offertes de cet après qui nous pend au nez ont le don souvent de me fasciner. Sans doute parce que je lis assez peu de SF et que je suis du coup bon public. Je m'enthousiasme, mi- fascinée mi terrifiée, en véritable éponge je garde en moi, telles de drôles de collections, les images proposées. J'y pense souvent. Visions désertiques, visions sous-marines, visions optimistes, visions catastrophiques… after® ne fait pas exception et je vais garder longtemps les images de la Terre dans 3000 ans imaginées par la jeune Auriane Velten dont il s'agit du premier roman. Les images mais aussi le mode de vie, l'organisation sociétale que l'auteure propose. Fascinant…
J'ai profondément aimé ce livre. J'ai pu l'apprécier à sa juste valeur parce que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Tout s'éclaire peu à peu, au fur et à mesure de la progression de l'intrigue. C'est subtil et dévoiler certains éléments serait détruire cette découverte progressive qui m'a énormément plu et fascinée.
Le « tout » que j'évoque englobe à la fois notre devenir en tant qu'humains (que sommes-nous devenus des milliers d'années après ? comment vivons-nous ?) et en tant que société (quelle forme d'organisation suivons nous ? quelle technologie utilisons nous ?). Il englobe également notre humanité (quels sont les rapports entre les gens, entre les hommes et les femmes, avec les animaux, la nature ?), notre mémoire collective (Quel lien entretenons nous avec le passé ? Où en sont les connaissances scientifiques et techniques ?). Ce tout est abordé sous un angle philosophique, psychologique mais aussi poétique. Et c'est également ce qui fait la richesse de ce livre.
Sans dévoiler l'intrigue, voici le contexte de départ du livre : un grand cataclysme a décimé l'humanité qui vit aujourd'hui, à l'écart des terres renoncées, une utopie collective autour d'un baobab, le reste du paysage étant monochrome, terre ocre et végétation racornie. Nous nous situons dans 3000 ans. le millier d'humains restant suit aveuglément le Dogme dont il récite les mantras, ensemble de règles qui les empêchent d'exprimer leurs sentiments, d'être curieux ou créatifs, les humains doivent rester humbles, modestes, impassibles, égaux avec « touts » (humains, nature, animaux) sous peine de de se faire ôter leurs souvenirs. La curiosité, l'impatience, la colère ou la joie sont considérés comme étant hérétiques. Les humains sont ainsi strictement égaux et vivent en harmonie avec la nature jusqu'au jour ou Paule et Cami reçoivent pour mission d'explorer les terres renoncées.
« Une chose s'agite en moi. Ce sont des sentiments, je crois. Des choses que je ne suis pas censé éprouver. Je discerne une sorte de joie, d'avoir été choisi, et il y a aussi de la culpabilité, bien sûr. Et une sensation encore plus étrange, et désagréable ».
« Je sens une excitation monter en moi, impie, car “la tempérance, en toute occasion, est mon guide”, mais je n'ai jamais passé une nuit hors du village, loin de mes pairs et de la rassurante massivité des silos, érigés comme une forêt protectrice de notre sommeil ».
Le livre peut être déroutant au début car l'auteure a fait le choix d'une écriture inclusive, non pas celle que nous connaissons, qui parle par exemple d'ami.e.s (aucun mots à point ici) mais Auriane Velten a supprimé les « il » ou les « elle » pour des «ile » (que je prononçais ilé et qui renvoit au pronom « iel » employé parfois aujourd'hui), les « un » ou les « une » pour des « an », et les « mon » et « ma » pour « man » …J'ai joué le jeu (moi qui ai du mal avec l'écriture inclusive) en m'imprégnant et chose étonnante cette écriture m'a permis véritablement de rendre les personnages asexués. Je les imaginais physiquement neutres, non genrés. C'est une expérience intéressante : comment l'écriture peut modifier notre vision des choses. Et ce n'est pas qu'une posture de l'auteure car l'écriture inclusive fait sens ici étant complètement liée à l'histoire et à l'intrigue.
J'ai aimé les réflexions philosophiques sur la beauté, sur l'art, sur ce qui fonde notre humanité. J'ai apprécié l'univers dépouillé (on pourrait dire Lowtech) dans lequel nous plongeons, assez éloigné du nôtre, l'introspection et l'évolution des deux personnages. J'ai trouvé intéressants les points de vue alternés entre Cami et Paule, leurs pensées et leur psychologie que nous suivons tout à tour lors de cette quête. C'est un livre beau et touchant qu'il est impossible de lâcher une fois commencé. Sans parler de la couverture, magnifique, avec son somptueux baobab rouge.
« Son sérieux, sa rectitude ne forment que les couches extérieures, conformes à ce qu'ile devrait être, qui enveloppent un noyau limpide, prêt à tout admirer. Et puis, surtout, il y a cette envie de faire – ou, plutôt, de créer. Personne ne fait, n'a jamais fait, cela. Depuis plus de trois mille ans, nous ne faisons que répéter les mêmes gestes, et vivre des journées toutes identiques. Parce que, créer, c'est prendre un risque. Moi, je n'oserais pas ».

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7027
HundredDreams
  11 décembre 2021
La science-fiction est un genre littéraire qui m'a toujours séduite. La critique particulièrement convaincante de HordeduContrevent a été le déclencheur de cette lecture. Et c'est avec impatience et curiosité que j'ai commencé ma lecture.
Ce roman post-apocalyptique m'a charmée par l'originalité de son écriture et de son intrigue. En effet, on part totalement à l'aventure, ne sachant pas du tout où l'auteure veut nous emmener. On va ainsi de surprise en surprise pour aboutir à un dénouement étonnant.
*
Après l'Apocalypse, le monde n'est plus comme nous le connaissons. Les rares survivants se sont regroupés autour d'un baobab et suivent à la lettre les enseignements du Dogme. Toute initiative, toute curiosité sont prohibées et condamnées.
Chaque parole est mûrement réfléchie afin de ne pas paraître trop présomptueux, vaniteux.
« … la communauté s'est développée autour de son tronc gigantesque. Nous l'avons vu naître et croître, il est un peu comme notre enfant, ou du moins an membre de notre famille. Il a vécu presque aussi longtemps que nous, et nous est donc plus proche que n'importe quoi d'autre sur cette terre. En tout cas, je ne vois pas d'autre explication rationnelle à l'attachement que nous éprouvons à l'égard de ce vieil arbre. Les autres villageoies auraient peut-être des idées différentes. Mais illes ne réfléchissent pas à ce genre de chose – et illes ont raison, eulx savent se raisonner, et se rappeler que les sentiments sont choses trop mystérieuses pour que nous puissions les percer à jour. Vouloir les comprendre est sûrement une entorse au Dogme et une nouvelle preuve de mon immodestie. »
Cami fait parti de ces très rares individus qui doivent se réfréner, se contraindre continuellement afin que leur curiosité naturelle et leur intelligence ne les fassent pas paraître arrogants, supérieurs, ou condescendants.
« Ile a raison : mon attitude est égocentrique, antidogmatique, hérétique. Mais je ne vois pas en quoi je nuis à la communauté ! »
Lorsque le Conseil lui confie la mission de retrouver des connaissances de l'Ancien temps dans les Terres Renoncées, il est très enthousiaste. Et même s'il doit se faire accompagner de Paule, garante du respect au Dogme, c'est pour lui l'occasion d'en apprendre plus sur son passé et le cataclysme qui a frappé la Terre.
« Avant de partir, j'étais aveuglé par les potentielles découvertes à faire, et les autres étaient préoccupés par le péril spirituel, mais personne n'a évoqué les dangers d'ordre physique. »
*
Premier roman d'Auriane Velten, ce roman fait montre d'une excellente maîtrise de l'écriture, d'un style très original, d'une intrigue parfaitement menée et de belles réflexions sur les notions d'humanité, d'altruisme et de mémoire, sur les thématiques de la liberté, de l'identité, de l'art, et des avancées technologiques.
L'écriture est très singulière et constitue un des atouts de ce roman.
Le procédé consistant à alterner les deux voix des protagonistes à la première personne du singulier est particulièrement efficace.
Paule et Cami s'efforcent de paraître neutres et de ne jamais dévoiler leurs sentiments, mais cette narration nous permet d'être au plus proche de leurs émotions. On pénètre dans leur esprit, on est face à leurs interrogations, leurs doutes, leurs peurs.
Chacun ayant un regard différent sur leur monde, il est vraiment très intéressant de suivre l'évolution de leur relation, de reconstituer leur évolution psychologique, morale, et de comprendre comment chacun va influer sur l'autre et le transformer.
A travers leurs personnalités très différentes, leurs pensées, leurs émotions, le lecteur ressent toute la pression et l'emprise qu'exercent les membres fondateurs du Dogme sur cette petite communauté. Car sous ses aspects utopiques, idylliques, bénéfiques et bienveillants se cache un véritable carcan.
« Illes sont tétanisés, cloués sur place, bras et jambes rectilignes, torses immobiles : seules leurs lèvres bougent, dans une discussion sans saveur. Mais pas inintéressante à analyser.
La nouveauté leur fait toujours cet effet. Comme illes se sentent en danger, illes se retranchent derrière le Dogme. Et leur volonté de le respecter – ou peut-être leur crainte de L'enfreindre ? – est si forte qu'elle les empêche d'émettre une idée nouvelle, alors même que leur problème est justement de savoir comment le respecter. Mais je ne peux pas leur expliquer tout cela, car ce serait aussi une infraction au Dogme. »
*
J'ai également apprécié l'utilisation d'un genre neutre qui apporte un caractère flottant et crée une distance, une confusion dans la tête du lecteur qui n'arrive pas à se les représenter dans leur globalité. Les pronoms, les déterminants, certains noms, les prénoms également, sont retouchés pour effacer toutes les appartenances à un genre.
J'ai mis un peu de temps à m'habituer à leur langage, mais c'est délicieux de ne pas tout comprendre dès le départ, de s'immerger tout doucement dans ce monde futuriste et monochromatique, de s'imprégner de ce nouveau langage dégenré jusqu'à ne plus y faire attention.
*
Pour conclure, ce roman dystopique assez court a tout ce qui faut pour séduire les lecteurs : une écriture inclusive ingénieuse, un duo atypique et attachant, une intrigue pleine de rebondissements, des réflexions philosophiques vraiment originales qui amènent à de nombreux questionnements sur notre besoin de savoir d'où l'on vient, sur les bienfaits, ou pas, du progrès.
Une très belle découverte, je me suis régalée, merci Chrystèle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4317
boudicca
  04 juin 2021
Auriane Velten fait son entrée sur la scène de l'imaginaire francophone avec « After », premier roman atypique s'interrogeant sur l'humanité et ce qui la caractérise. La jeune autrice y met en scène une Terre régénérée, bien des années après un cataclysme qui faillit mettre fin à toute vie sur notre planète. Notre vision de ce monde post-apo est toutefois extrêmement étriquée puisque l'histoire se concentre sur une seule communauté comptant relativement peu de membres et n'ayant aucun contact avec d'autres potentiels humains. D'apparence utopique, la société telle que dépeinte ici vit en harmonie totale avec la nature et ses habitants et a érigé la modestie et l'égalité au rang de vertus suprêmes. Obéissant scrupuleusement au « Dogme », credo qui rythme leur vie depuis toujours, les membres de cette curieuse tribu partagent ainsi leur temps entre des activités essentielles à leur survie et de longues phases d'introspection, exercice qui leur permet de s'assurer de vivre conformément au Dogme et à ses règles (ne pas s'estimer supérieur aux autres, respecter son environnement, ne pas chercher de gloire personnelle…). Présenté ainsi, le quotidien de ces humains post-apo ne paraît guère passionnant, et force est de reconnaître que c'est bien le cas, sans qu'aucun d'entre eux n'en paraisse aucunement troublé. Aucun sauf Cami, personnage qui sera notre principal guide tout au long du récit et qui se démarque de ses congénères par des pensées souvent en décalage avec le Dogme et une curiosité insatiable pour tout ce qui concerne l'humanité avant le cataclysme. Et cela tombe bien, car les trois membres du Conseil chargé d'administrer la communauté lui confie une mission extraordinaire qui va lui permettre d'assouvir quelque peu sa soif de connaissance : pénétrer dans les « terres renoncées » sur lesquelles s'étaient implantés les humains avant la catastrophe afin de tenter de comprendre un peu mieux qui ils étaient et les causes de leur disparition. Sans doute conscient des failles dogmatiques de leur envoyé, le Conseil lui adjoint un autre membre de la communauté, Paule, deuxième personnage phare du roman dont la tâche consiste à aider Cami tout en surveillant son comportement afin d'éviter toute entorse au code qui régit la vie de la tribu.
Le monde post-apo tel que dépeint ici par l'autrice n'a pas grand-chose à voir avec ce que l'on trouve traditionnellement dans ce type de roman. L'humanité d'Auriane Velten n'a aucun souvenir du monde avant le cataclysme qui semble avoir détruit tout ce qui pouvait nous paraître familier, si bien qu'on pourrait presque être sur une planète totalement différente, voir dans un autre monde. le voyage des deux protagonistes sur les terres renoncées nous offre malgré tout quelques points de repères qui nous permettent de comprendre que l'action se passe dans ce qui était autrefois Paris et sa périphérie, puisque Cami se base pour son exploration sur d'anciennes cartes faisant notamment mention de noms de musées. L'univers de l'autrice est donc très dépouillé, et il en va d'une certaine manière de même de l'intrigue qui, loin de privilégier l'action, repose en grande partie sur l'introspection des deux protagonistes et l'évolution de leur mentalité. Cela influe évidemment sur le rythme du récit qui se révèle parfois un peu trop monotone. Certes, les découvertes réalisées par Cami et Paule vont constituer des étapes narratives importantes, mais, si les objets découverts ont pour les personnages l'attrait de la nouveauté, ce n'est pas le cas des lecteurs qui peuvent parfois être déçus de voir l'histoire prendre autant son temps ou au contraire frustré du caractère très ordinaire des artefacts retrouvés. Il serait toutefois erroné de croire que le récit ne comporterait aucun rebondissements : ces derniers sont présents et l'un d'eux (de taille !) va complètement remettre en cause la façon dont le lecteur perçoit les personnages. La construction narrative est donc intéressante et permet de peu à peu passer outre la lenteur et le manque d'entrain apparent des personnages. Ces derniers constituent en effet un autre aspect très particulier du roman et ne facilitent pas vraiment l'implication émotionnelle du lecteur. En effet, bien qu'apparemment utopique, la société mise en scène ici repose sur un certain nombre de valeurs et de règles qui rendent très difficile l'identification aux protagonistes dont on est parfois tenté de remettre en cause l'humanité.
Et c'est justement là le propos central du roman de l'autrice : qu'est ce qui fait de nous des humains ? Une simple enveloppe physique ? Une manière d'appréhender et d'habiter le monde ? Un mode de pensée ? Auriane Velten s'interroge en profondeur sur le sujet, et questionne astucieusement notre rapport au monde et aux autres, nos envies de création ou encore notre perception de l'art et du beau. Au fur et à mesure de leurs découvertes, les deux personnages vont ainsi voir leurs certitudes constamment remises en question, ce qui va enfin leur permettre de se « dégeler » un peu, et de laisser libre court à de vraies émotions. Cami, de part son hostilité incontrôlée mais manifeste au Dogme, se montre rapidement attachante mais il faut au lecteur davantage de temps pour appréhender Paule qui finit toutefois par se révéler très touchant. Reste à aborder la question de l'écriture et, là encore, l'autrice opte pour un pari audacieux puisque l'ensemble du roman est écrit en écriture inclusive. Or, si je trouve la démarche tout à fait pertinente et intéressante, il faut admettre que ce n'est pas toujours simple pour le lecteur qui aura dans un premier temps un peu de mal à lire le texte de manière fluide. En effet, si beaucoup d'entre nous sont aujourd'hui assez familiers de l'emploi du pronom « iel » (ou ici « ile »), d'autres formulations peuvent parfois s'avérer plus difficiles à appréhender (je pense notamment à l'emploi du « a » comme marque du neutre, ce qui donne « chacan » au lieu de chacun/chacune ; « al » au lieu de le/la ; « man » au lieu de mon/ma…). Loin de n'être qu'une posture, le choix de ce type d'écriture fait toutefois parfaitement sens ici puisqu'il est étroitement lié à l'intrigue elle-même, si bien qu'on finit par s'y faire après un temps d'adaptation qui variera en fonction des lecteurs.
Auriane Velten signe avec « After » un premier roman très atypique qui interroge sur ce qui fait un être humain et sur notre rapport au monde. Bien qu'au premier abord difficile d'accès en raison d'une intrigue misant essentiellement sur l'introspection, un mode d'écriture déroutant et des personnages en apparence très rigides, l'ouvrage possède malgré tout de solides atouts, que ce soit en terme de construction ou de réflexion, et mérite, à ce titre, le détour.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
LillyMaya
  26 octobre 2021
J'ai reçu ce livre dans le cadre de la dernière Masse-Critique "Mauvais genre" du mois d'octobre.
J'avais sélectionné ce titre, suite à la lecture de son résumé, qui me semblait assez intéressant. Un monde post-apocalyptique, un avant inconnu, un après parfait : une communauté soudé, bienveillante...le rêve non ?!
Vous vous en doutez, un grain de sable va venir gripper ce monde parfait !
Ma lecture a très très mal commencé. En effet, dans cette société "égalitaire", il n'y a plus de genre. Si bien que cela a donné lieu a des choix d'orthographe qui ont gêné ma lecture. Au début, j'ai pensé à des coquilles, avant de comprendre que c'était volontaire.
"Illes", "an ouvrièr", "al personne", "man compagnant" etc... Je n'ai pas réussi à m'y faire. Et en même temps, pour les accords, c'était quand même le masculin qui l'emportait et heureusement que l'on nous a épargné les
".e.ée" etc... le texte aurait été illisible.
J'ai mis du temps à entrer dans ce récit, du temps à bien comprendre qui étaient Cami et Paule et tous les autres, à comprendre le fonctionnement de cette société qui se veut parfaite. Pourtant, je l'ai lu vite, parce qu'on souhaite savoir et comprendre cet avant qui a donné cet après. On découvre d'ailleurs que l'on est pas très loin de Paris, puisqu'on y parle de muzé* ! Celui du Louvres, celui de Cluni* et celui des Arts et Métiés*.
Le récit est intéressant dans les thèmes abordés, même si je trouve qu'il soulève plus de questions que de réponses ou que les réponses apportées sont trop peu développées. C'est donc une lecture en demi-teinte pour ma part, avec un sentiment de malaise qui domine.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
blamblinou
  26 avril 2021
Déjà, le post-apocalyptique, je crois que c'est mon genre préféré dans le domaine SFFF, alors forcément, ce roman partait pour me plaire. Un peu comme dans La route, de Cormac McCarthy, l'univers post-apocalyptique dans lequel nos personnages évoluent ne se dévoile que peu, par facettes, au fur et à mesure de leur utilité dans l'intrigue. after® se déroule après un cataclysme, longtemps après, nous le devinons, mais à vrai dire nous n'en savons pas beaucoup plus. le mystère est laissé aussi sur le lieu des événements, du moins au début, puisque ce n'est pas ce qui importe. de même, si vous cherchez un roman de science-fiction plein d'action et de rebondissements, passez votre chemin. le rythme de ce roman est lent, comme une invitation à la réflexion plus qu'à l'aventure. C'est ce qui me séduit dans cette catégorie de la littérature SFFF : ce sont des romans qui, souvent, se laissent deviner, et donnent la part belle au lecteur dans la construction de son expérience de lecture.
Dans ce roman, nous sommes plongés au coeur d'une société où la survie semble se dérouler, finalement, sans accroc et en parfaite harmonie. le Dogme régit cette société, qui impose de réfréner ses émotions et pensées négatives, d'accorder toujours de l'importance à l'autre, la même importance à chacun, pour vivre en parfaite égalité et humilité. Cela semble se dérouler avec une facilité déconcertante, sauf pour Cami, doté d'une grande curiosité, dont la soif ne demande qu'à être étanchée. C'est d'ailleurs vers Cami que l'on se tourne pour envoyer une mission dans les terres renoncées, cette zone abandonnée lors du cataclysme, à la recherche d'indices concernant le passé de l'humanité (notre présent, donc). Paule l'accompagne, qui se conforme en tous points au Dogme, et pourra donc juger des informations qu'il convient de rapporter au groupe, et celles qui devraient demeurer cachées.
C'est un roman plein de réflexion philosophique que nous offre ici Auriane Velten, et surprenant sur bien des points. D'abord, l'autrice a pris le parti d'écrire ce roman en écriture inclusive, du moins une forme bien à elle. Dans les premières pages, elle se débrouille pour esquiver les pronoms et autres mots genrés, si bien qu'on ne découvre ce point qu'au bout de quelques pages, une fois qu'on est déjà rentrés dans le roman et que cette découverte ne nous fera pas faire demi-tour. J'ai admiré à cette occasion le travail d'écriture, d'une grande ingéniosité, et très finement orchestré. Bien sûr, il y a des lecteurs que cette écriture inclusive va déstabiliser, peut-être certains seront énervés. Pourtant, ici, cela sert parfaitement l'intrigue, et nous amène à la première révélation de taille, qui donne tant d'impact à ce roman. Les recherches de Cami et Paule amèneront d'autres révélations tout aussi importantes, qui nous permettront de mieux situer les lieux et enjeux de l'intrigue. A partir de là, l'autrice opère un jeu subtil entre des informations et repères qui sont connues de nous, lecteurs, mais que l'humanité de ce roman découvre et apprivoise, grâce à la mission d'exploration de Cami et Paule. Cette construction est parfaitement maîtrisée, et nous amène à prendre un recul salvateur sur le monde tel que nous le connaissons, tout autant que sur celui présenté dans le roman.
J'ai beaucoup aimé ce court roman, mêlant science-fiction et philosophie. Il offre des réflexions intéressantes, et surtout, révèle chez cette jeune autrice des qualités d'écriture indéniables. Elle frappe fort avec ce premier roman, qui m'encourage à continuer mon exploration des catalogues des Indés de l'imaginaire. Cette lecture sort des sentiers battus, de ce que j'ai l'habitude de présenter par ici, mais je vous encourage à ne pas passer à côté sous prétexte que "la science-fiction, ce n'est pas pour moi". C'est fait avec beaucoup d'intelligence, et vous serez surpris d'y trouver des qualités qui manquent parfois aux romans plus classiques que vous connaissez.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
HordeduContreventHordeduContrevent   06 août 2021
Cette chose qu’ile fait, quoi que ce soit, est un choc pour mon esprit, comme peut l’être un orage, quand tonnerre, pluie et vent donnent toute leur puissance. Sauf que le résultat est aussi doux qu’un coucher de soleil, quand le ciel se pare de plus de nuances que je n’ai de mots pour les nommer. En fait, j’ai un mot, un mot très simple, pour dire ce que je ressens. Beau. Rien que le penser me semble être sacrilège. Pourtant, ça l’est. Beau. An être humain est en train, devant moi, de créer quelque chose de beau.

Pluie minérale : Paule vient de saupoudrer la terre de gravillons, qui rebondissent en riant. Je n’aurais jamais pu avoir une idée pareille. Agit-ile par intuition ? Ou y a-t-ile réfléchi à l’avance ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          238
HordeduContreventHordeduContrevent   06 août 2021
Ile secoue la tête avec horreur, et grimace en me demandant : « Tu veux dire que nous mangions de la nourriture solide ? Que nous pissions et déféquions ? — Oui. — Et la copulation aussi ? — Oui. »
Ile ferme les yeux, et je devine sans peine qu’ile convoque toute la stabilité du Dogme pour maintenir son calme.
Commenter  J’apprécie          80
HordeduContreventHordeduContrevent   06 août 2021
Cami a agi de sa propre initiative. Et contre le Dogme. Le Dogme préconise de rester humble face à ce que nous ne comprenons pas. Le Dogme préconise de rester loin de ce que nous ne maîtrisons pas. Mais Cami s’est rapproché, autant qu’ile a pu. Cela ressemble à de la curiosité. Ce n’est pas dans le Dogme. C’est une façon d’agir pré-cataclysmique.
Commenter  J’apprécie          60
SurLaBDSurLaBD   20 septembre 2021
C'est donc ça, le pouvoir ? Je pourrais faire prendre à tout un peuple, à toute une espèce, les décisions les plus folles. Oui, c'est ça le pouvoir. Horrifiant, dangereux ; et fascinant.
Commenter  J’apprécie          20
YuyineYuyine   18 juin 2021
Cette chose qu’ile fait, quoi que ce soit, est un choc pour mon esprit, comme peut l’être un orage, quand tonnerre, pluies et vent donnent toute leur puissance. Sauf que le résultat est aussi doux qu’un coucher de soleil, quand le ciel se pare de plus de nuances que je n’ai de mots pour les nommer.
En fait, j’ai un mot, un mot très simple, pour dire ce que je ressens. Beau. Rien que le penser me semble sacrilège. Pourtant ça l’est. Beau. An être humain est en train, devant moi, de créer quelque chose de beau.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : science-fictionVoir plus
Notre sélection Imaginaire Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura




Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3802 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre

.. ..