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ISBN : 207270460X
Éditeur : Gallimard (11/05/2017)

Note moyenne : 2.62/5 (sur 12 notes)
Résumé :
À l’âge de quatorze ans, John Edgar Wideman découvre dans la presse américaine une photo du visage mutilé d’Emmett Till. Tout comme Wideman, ce dernier est âgé de quatorze ans, et tout comme Wideman, c’est un Noir américain. Cette image ne cessera de le hanter.
En 1955, Emmett Till prend le train à Chicago pour rendre visite à sa famille dans le Mississippi. Accusé d’avoir sifflé une femme blanche, l’adolescent noir est kidnappé et assassiné. Ses meurtriers,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
montmartin
  27 décembre 2017
1955, Emmett Till, 14 ans, est enlevé, torturé et assassiné à Chicago parce qu'il était noir et qu'il avait prétendument sifflé une femme blanche. le jour du procès des deux assassins mille personnes se pressent au tribunal plus qu'un jour de foire. Vingt-deux places pour les journalistes blancs, quatre seulement pour les noirs.
Un jury d'une blancheur immaculée largement constitué de fermiers. En plus Louis, le père d'Emmett, a été pendu en 1945 pour viol et meurtre commis en Italie, tel père, tel fils. Quel est votre verdict ? Non coupables ! Les deux prévenus sont tout sourire quand des félicitations leur sont adressées, après le verdict ils allument des cigares.
L'auteur va reprendre le dossier Louis Till, un dossier classé confidentiel et déclassé et divulgué à la presse,comme par hasard quelques jours avant le procès des assassins de son fils. Louis un mari violent qui dépense son salaire à jouer aux dés ou aux cartes . Sa femme lui a donné sa chance des tas de fois, maintenant c'est trop tard. Louis obligé de s'engager pendant la guerre pour échapper à la prison. Ne pas mélanger les contingents blancs et noirs, traiter les soldats de couleur avec respect, mais ne pas entretenir avec eux des liens d'amitié. Louis condamné à mort pour avoir été de la mauvaise couleur, au mauvais endroit au mauvais moment.
Procès d'une époque où tous les individus noirs de sexe masculin étaient coupables de vouloir violer les femmes blanches, aucun soldat noir pendu ne pouvaient être innocent.
Le livre n'est pas toujours facile à lire, car l'auteur fait des sauts dans le temps, mélange fiction, faits réels et souvenirs d'enfance, mais il constitue un plaidoyer conte la justice inégale suivant la couleur de la peau de l'accusé. Une réflexion utile sur la question raciale aux Etats-unis mais aussi sur les relations entre père et fils dans la communauté noire américaine.
Rien ne prouve que Louis était innocent, mais tout démontre que son procès fut bâclé, voir orienté et surtout la certitude qu'Emmett a payé de sa vie l'erreur de son père.

Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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JeanPierreV
  16 février 2018
Les deux assassins d'Emmet Till, jeune gamin de quatorze ans sortiront libres du tribunal, libres, la cigarette au bec et hilares. le jury du Mississipi composé exclusivement de blancs, a délibéré pendant une heure...une heure pendant laquelle les membres ont également mangé le repas qu'ils avaient demandé qu'on leur porte. Emmet était un gamin noir venue de Chicago . Il avait eu l'audace insolente de siffler une femme blanche. Alors il l'ont enlevé, tabassé à coups de poings, en lui écrabouillant le visage, tué d'une balle dans la tête, et ont jeté à l'eau, "le corps mutilé avait été jeté dans les eaux de la Tallahatchie lesté d'un cylindre d'égreneuse à coton de trente-cinq kilos arrimé à son cou par du fil barbelé".
Roman ? Non, triste réalité d'un meurtre raciste commis en 1955, vérité des images trouvées sur le Net du visage du gamin, des mines réjouies des deux meurtriers sortant libres, de la salle du tribunal qui les a relaxés.
La maman tentera de les faire rejuger, non plus pour crime, mais pour enlèvement...En vain...Le tribunal refusera de réexaminer le dossier car Louis Till, père d'Emmet, soldat noir engagé dans l'armée américaine combattant en Europe avait été condamné à mort pour viol et meurtre d'une femme blanche en Italie et mourut par "Asphyxie par pendaison juridique" selon le certificat de décès militaire
Affligeantes réalités de cette démocratie américaine qui refuse de juger une affaire du fait du passé du père d'une victime, qui lie deux affaires indépendantes l'une de l'autre.
Les faits sont avérés. Ce n'est pas une élucubration, c'est le cauchemar de la réalité.
John Edgar Wideman, auteur noir décortique ces deux affaires, qui n'en sont qu'une : le racisme de la société américaine et de l'armée américaine
C'est un livre éprouvant et exigeant...un livre qu'on ne peut lire en se laissant passivement emporter par l'auteur, en suivant le fil d'une histoire.
Éprouvant d'une part, car il plonge le lecteur dans le passé vieux de soixante à soixante-dix ans des États Unis racistes. Une armée qui avec ses boys blancs libérait l'Europe, des boys qu'on retrouvera sur toutes les photos d'époque..les soldats noirs quant à eux étaient affectés aux régiments non combattant du train, des transmissions....des soldats qu'elle cachait et que des tribunaux militaires punissaient, pendaient et enterraient à part dans les cimetières militaires de France. le dossier militaire de Louis Till porte la mention "mort hors combat dû au comportement du soldat". Cette société américaine apportait la liberté mais brimait certains de ses soldats et écrivait "Il est conseillé à l'ensemble des hommes de traiter (les soldats de couleur) avec respect mais de ne pas entretenir des liens d'amitié avec eux"
Éprouvant aussi pour le lecteur, du fait de nombreuses redites, de digressions de l'auteur, mêlant son passé personnel, son vécu de gamin noir et celui d'Emmet Till. Ils avaient tous deux le même âge. Ils ont tous deux connu la condition des noirs. L'auteur arrive à consulter le dossier du procès du père du gamin, un dossier fouillis dont il écrira "ce désordre peut se révéler rédhibitoire."...Malheureusement il n'arrive pas à lui donner une plus grande clarté...il y a trop d'aller-retours, de digressions personnelles ou historiques. Une condamnation à mort vraiment pas claire. Cette impression de désordre pourrait également s'appliquer à s'appliquer également à plusieurs passages de ce livre
'ai par contre beaucoup apprécié cette découverte de la société américaine, cet aspect trop méconnu de l'armée américaine, bien éloigné des images du débarquement, des GI blancs offrant des cigarettes, embrassés par les parisiennes..
C'est sans aucun doute pour cela aussi qu'il mérite d'être lu

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michdesol
  25 avril 2018
L'éternel problème du racisme aux Etats-Unis traité ici à travers le « procès » livré à un soldat noir accusé de viol, et celui des meurtriers de son fils, finalement acquittés.
C'est tentant. Mais que c'est confus ! Tout s'emmêle, le procès du père, celui du fils, les états d'âme de l'auteur. Je me suis perdu dans ce fatras, je n'ai pas su m'en tirer , et le livre m'est tombé des mains 25 pages avant la fin.
Je m'en veux un peu !
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danielegodardlivet
  26 janvier 2018
Un très grand livre par son style et sa construction. la vie de l'auteur, celle du jeune noir dont il raconte la mort et celle de son père condamné par un tribunal militaire pendant la seconde guerre mondiale s'entremêlent et s'influencent; une très belle manière d'écrire une vie ! Il est toujours difficile (pour un français) de s'identifier à un afro-américain dans une société dont toutes les traces ségrégationnistes n'ont pas disparu, ce qui rend la lecture un peu difficile et explique sans doute le faible attrait qu'a suscité ce livre (1 critique) malgré le prix qu'il a reçu. Lisez la très belle critique de l'autre lectrice, bien supérieure à la mienne.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
montmartinmontmartin   24 décembre 2017
Rien ne ressemble plus à la vérité que la vérité, quoique en vérité, la vérité elle-même ne ressemble pas à la vérité. Alors on crée de la fiction.
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michdesolmichdesol   25 avril 2018
L'armée ment et le gouvernement aussi. Mentent sans arrêt, à tour de bras. Quand ces faux jetons de Japs ont bombardé Pearl Harbor, on a été pleins à s'engager vite fait, nous les Noirs. On voulait s'enrôler parce que c'est notre pays à nous aussi. Le seul qu'on a, et un homme c'est son devoir de défendre son pays. On a signé comme le vieil oncle Sam disait de faire, avec son doigt crochu pointé vers tout le monde. Mais l'armée ment. Ils veulent pas de soldats noirs.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juillet 2018
Scénario classique. Des Blancs outragés s’en prennent à un jeune Noir accusé d’avoir importuné une Blanche. La même histoire, toujours la même vieille histoire du Mississippi, l’affaire Till qui se répète, mais le scénario, les rôles sont comme mélangés : le Nord au lieu du Sud, le jour au lieu de la nuit, le Noir qui sort une arme au lieu du Blanc, l’accusateur blanc qui meurt, l’accusé noir qui reste en vie, et dans cette affaire new-yorkaise le tribunal déclare coupable le tireur noir, contrairement à la justice du Mississippi qui déclara innocent le tireur blanc qui avait tué Emmett Till. Cette toute dernière version du scénario est modifiée mais pas au point de masquer sa ressemblance avec l’original. Sans quoi son but se perdrait de vue, n’est-ce pas ? Juste assez similaire et différente à la fois pour donner l’impression que l’animosité entre Noirs et Blancs change. Alors qu’en réalité elle ne change pas, sinon en pire.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juillet 2018
Certains historiens soutiennent que la ville italienne doit son nom aux poules que ses fondateurs trouvèrent sur place en arrivant pour implanter là une ville fortifiée, au Moyen Âge. D’autres affirment que les poules de Livourne — de robustes petites volailles connues comme des pondeuses prolifiques — sont ainsi nommées en l’honneur de la ville où elles furent initialement élevées. Si Livourne, ville située près de Gênes, dans le nord-ouest de l’Italie, sur la mer Ligurienne, joua un rôle important dans la courte vie de Louis Till (vingt-trois ans), on ne court sans doute aucun risque à supposer qu’il se fichait éperdument de savoir si les poules avaient donné leur nom à la ville ou le contraire.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juillet 2018
Le véritable moment d’horreur, c’est celui où notre cerveau mort doit affronter le fait qu’en tant que nation nous ne souhaitons pas mettre fin à ça… Alors endossons tout le fardeau de culpabilité qui pèse sur les épaules de ces deux pitoyables péquenauds blancs. Ils ne sont guère que les porte-flingues que nous avons engagés. (New York Post)
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