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ISBN : 2283023483
Éditeur : Buchet-Chastel (2009)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 229 notes)
Résumé :
Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal.
Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n’a pas tout à fait choisi d’être là, mais sa vie s’est faite comme ça. Paul n’a qu’une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme.
Annette a trente-sept ans. Elle est la mère d’Eric, bientôt onze ans. Elle n’a jamais eu de vrai métier. Elle vient du Nord, de Bailleul. Annette a aimé le père d’Eric, mais ça n’a servi à rien, ni à le sau... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
marina53
24 novembre 2016
  • 4/ 5
À Fridières, dans la campagne cantalienne, Paul, agriculteur, vit toujours avec sa soeur et ses deux oncles dans la ferme familiale. Mais, à 46 ans, il a décidé qu'il ne vieillirait pas seul, comme eux. Aussi passe-t-il une annonce dans le journal pour rencontrer quelqu'un. C'est Annette, à des centaines de kilomètres de là, qui y répond. Elle veut s'offrir, ainsi qu'à son jeune fils, des jours meilleurs et aspire à de la quiétude. Elle débarque ainsi de Bailleul, dans le Nord, chez Paul...
Sans chronologie particulière, Marie-Hélène Lafon s'immisce au coeur de cette rencontre et dresse le portrait d'un couple naissant qui se découvre timidement. Deux âmes que la vie a malmenés. Deux êtres qui espèrent un tant soit peu de douceur, de sérénité et de bienveillance dans leur vie. Et pourquoi pas de l'amour... L'auteur suggère un tout, s'attarde sur de petits riens, donne à voir et à ressentir. Elle dépeint avec émotion ce monde de taiseux,où l'on se contente parfois de regarder et de penser, ce monde ancré dans la terre, presque immuable. Elle tresse avec délicatesse cette histoire d'amour sensuelle, à la fois puissante et tout en retenue. Un roman singulier, gracieux et authentique porté par de longues phrases, la ponctuation se faisant rare, agrémentées d'adjectifs ou de mots qui sonnent juste. Parfois d'un autre temps. Une écriture poétique qui s'apprivoise. Un portrait tout en nuances d'un monde rural.
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cicou45
16 octobre 2015
  • 4/ 5
J'ai eu l'occasion de rencontrer Marie-Hélène Lafon il y a peu et c'est à cette occasion que je lui ai, entre autre, acheté cet ouvrage, donc ouvrage dédicacé s'il vous plait ! qui plus est, j'avais un stress énorme en la rencontrant puisque je devais faire un article sur elle (entre autres, à le demande du directeur du journal pour lequel je travaille. Autant vous dire que je n'en n'ai pas dormi jusqu'à ce qu'il me dise que ce que j'avais fait était super). Bref, cette petite introduction passée, revenons-en à ce qui vous intéresse vous, chez lecteurs, à savoir ce que j'ai pensé du livre dont il est question ici mais avant cela, je voudrais revenir sur une chose qu'a dit Marie-Hélène Lafon lors de cette rencontre et qui m'a enfin fait comprendre comment il fallait lire ses écrits. Elle a explicitement déclamé qu'elle n'était pas "une raconteuse d'histoires (contrairement à l'autre auteur évoqué lors de cette rencontre mais une "travailleuse de verbe". Je pense que, une fois que vous savez cela, vous pouvez enfin comprendre l'écriture de Marie-Hélène Lafon, ce que je n'avais pas compris, moi, en lisant son dernier roman "Joseph". J'avais trouvé qu'il n'y avait absolument aucune action, ce qui est en quelque sorte le cas ici mais une fois les clés de lecture en main, j'ai pris plaisir à travers cette lecture.
Paul est un homme d'une quarantaine d'années, célibataire, agriculteur et vivant avec sa soeur et ses deux oncles dans la ferme familiale. D'un ennui à mourir me direz-vous...jusqu'à ce qu'il passe une "annonce" (d'où le titre du livre) dans laquelle il précise qu'il recherche une femme pour partager la fin de ses jours. C'est Annette qui y répondra, célibataire elle aussi mais avec un petit garçon de 7 ans prénommé Eric. Seul inconvénient, qui n'en sera rapidement plus un, ils vivent tous les deux aux extrémités de la France Tout va cependant se dérouler très vite : quelques coups de téléphone, plusieurs rencontres à Nevers, échange des albums photos et voilà notre Annette qui s'installe à Fridières dans la ferme familiale. Voici le décor mais pour ce qui est de l'intrigue - si intrigue réelle il y a - va être le fait de savoir si cette dernière, qui n'y entend rien aux affaires de la ferme, va se faire accepter ou non de sa future belle-famille et surtout si elle et son fils, s'acclimateront dans un environnement parfois hostile, dans une ferme où le paysan ignore le mot congés.
Une écriture superbe bien qu'avec des phrases interminables mais qui coulent de source et sont tout à la fois fluides et légères. le contenu, lui, l'est parfois moins mais je ne vais pas tout vous dévoiler non plus ! A découvrir et à faire découvrir !
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Malaura
05 septembre 2011
  • 3/ 5
Parce qu'il refuse de finir sa vie tout seul, Paul, 46 ans, exploitant agricole dans une ferme du Cantal, passe une petite annonce dans un journal.
C'est Anne, qui y répond.
Cette femme de 37 ans vit dans le Nord avec son fils de 11 ans.
Elle aussi est seule depuis qu'elle a tourné le dos aux années de violence passées auprès d'un homme alcoolique.
Quelques coups de téléphone, deux-trois rencontres et Anne accepte de venir vivre à la ferme.
Mais la cohabitation avec les oncles et la soeur de Paul s'avère difficile...
Les mots de Marie-Hélène Lafon s'égrennent posément, sûrement, chacun d'eux justement calibré, mûri, poli comme un caillou roulant en bouche.
Se déroulant en longues phrases amples, ils disent le monde rural, les difficultés de s'implanter en milieu paysan, les silences "gras" des taiseux, les efforts, les petitesses...
Ils racontent surtout, dans une langue riche et stylisée, l'histoire d'amour d'êtres ordinaires, qui s'unissent en un compagnonnage pratique et raisonnable pour s'arracher à la solitude qui les guette.
Un beau roman.
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Macha_Loubrun
04 septembre 2013
  • 4/ 5
Les coups durs, les coups, ils connaissent Paul et Annette, ils sont du même pays des enfances douloureuses et des vies rudes même si des centaines de kilomètres les séparent. Bailleul dans le Nord, c'est loin de la ferme où Paul vit à Fridiers dans le Cantal. Alors c'est au café de la gare à Nevers qu'ils ont décidés de vivre ensemble. Ça fait moins de frais pour se rencontrer suite à « L'annonce » et Eric le fils d'Annette grandira loin de son père alcoolique et brutal, désormais en prison pour plusieurs années.
Elle a trente sept ans et lui quarante six ans. Ce sont deux timides, des taiseux qui veulent vivre encore une belle tranche de vie avec quelqu'un, mettre obstinément un peu de baume au coeur sur leurs bleus à l'âme. Mais Paul ne vit pas seul à la ferme de ses deux oncles âgés, il y aussi Nicole, sa soeur. Elle règne sur la maison, il règne sur l'étable depuis que leurs parents les ont placés à la ferme à l'adolescence. Ils ont gagnés de haute lutte ce statut et l'arrivée d'Annette et de son fils risque de mettre en péril ce fragile équilibre.
Les frontières invisibles, les territoires affectifs, les sentiments enfouis, c'est la vie à la ferme de Salers que Marie-Hélène Lafon décrit en profondeur à travers de longues phrases qui vont jusqu'au bout des choses sans pour autant rentrer dans d'inutiles fioritures littéraires. Elle ne juge pas, elle raconte comment ces êtres ont charpentés, cloisonnés leurs vies, et en tire un infini pouvoir.
Paul a aménagé un charmant nid douillet sous les combles avec une cuisine américaine qui fera débat entre les oncles et Nicole qui ironise. Et quand « La Montagne » arrive chaque jour à la ferme chacun se l'approprie, annonce des décès pour les uns, actualité locale pour les autres et mots croisés pour Annette avant d'être brulé.
Ce sont comme d'étranges petits ballets qui se jouent dans ce beau roman d'amour qui fut pour moi un joli coup de coeur.
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paroles
13 août 2014
  • 5/ 5
Pourquoi a-t'elle choisi Didier ? Qu'est ce qui l'a poussé à le choisir lui ? La réponse, elle ne l'a pas. La vie avec lui a été dure, moche, difficile. Comment faire face à la violence, à l'alcool ? Elle ne sait pas. Elle a trop traîné à se séparer de lui. À partir avec l'enfant. À accepter de se retrouver seule avec le petit. Mais, elle l'a fait enfin. Et la grand-mère était là, à les aider tous deux. Une petite vie à trois s'est construite, doucement, au calme, sans tapage.
Elle a trente sept ans maintenant. Son petit en a douze. Ils vivent là haut dans le Nord. Un petit boulot à l'usine, une petite vie. de la solitude en abondance. Et l'avenir alors ? L'avenir, elle veut le changer. Alors elle répond à une petite annonce de rencontre. Elle a osé. Elle l'a fait. L'homme est doux, c'est ce que dit l'annonce. Mais il faut encore oser et continuer, se rendre au premier rendez-vous. Ce sera à Nevers, mi parcours pour chacun. Là, elle fera la connaissance de Paul, des mains de Paul, des mots de Paul. Il est agriculteur et vit à Fridières dans le Cantal. "Elle aimait le mot agriculteur. C'était un vrai métier, pas une de ces misères à goût de vomi, pas un boulot d'esclave à domicile, de chair d'usine, d'hôtesse de caisse." Avec lui, elle se construira peut-être un avenir, pour elle, mais surtout pour lui, son petit...

Merveilleuse écriture de Marie-Hélène Lafon qui explore avec finesse les sentiments et émotions de ses personnages, tous des taiseux. Des phrases longues, presque sans ponctuation pour décrire les non-dits pleins de pudeur, mais aussi les peurs, les ressentiments, les jalousies, les étonnements, la vie. Les décors sont tout autant dépeints avec précision et tiennent également une place importante dans le roman.
La campagne, la vie d'agriculteurs, la vie de célibataires isolés sans joie, sans partage sont remarquablement décrits, sentis, révélés.
C'est un beau roman, c'est une belle histoire
C'était sans doute un jour de chance...
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Les critiques presse (1)
Lexpress20 juillet 2011
Marie-Hélène Lafon traite cette histoire d'amour toute simple avec une sensibilité éloignée de toute niaiserie et une écriture digne du meilleur Pierre Michon. Emouvant et juste.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina5324 novembre 2016
Toute son attention avait été happée, dévorée par les mots de Paul. Et par ses mains. Qui parlaient avec lui, soutenaient sa parole, la relançaient ou reposaient à plat sur la table, dans les creux de silence, et frémissaient comme mues de l'intérieur par de sourds tressaillements qui disaient ou tentaient de dire ce que Paul taisait, ce qu'il gardait tapi sous le flot de choses audibles.
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marina53marina5324 novembre 2016
Les deux tilleuls dans la cour, l’érable au coin du jardin, le lilas sur le mur, tout bruissait frémissait ondulait; c'était gonflé de lumière verte, luisant, vernissé, presque noir dans les coins d'ombre...
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marina53marina5324 novembre 2016
Elle apprenait la lumière qui réveillait chaque chose, l’une, l’autre ensuite, visitée prise nimbée ; les prés, les arbres, la route en ruban bleu, les chemins tapis, les vaches lentes et les tracteurs matutinaux, cahotants, volontiers rouges.
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nadejdanadejda05 octobre 2014
La grange était saine, le bois n’y pourrissait pas, les métaux ne s’y corrompaient pas ; la grange était parcourue de vents cathartiques et d’hirondelles enivrées, de fragrances définitives et de touffeurs estivales ; la grange coiffait la maison et les corps, couvrait bêtes et gens, pesait sur eux, puissante altière incorruptible ; la grange était vaisseau, cathédrale, carapace mue obscurément, parcourue de craquements intestins, objet des soins constants du couvreur supplié ; on ne trahissait pas la grange et elle ne vous trahissait pas. Une grange effondrée, à bout, défaite, éventrée par les hivers et les arbres, comme on en avait beaucoup vu, comme on en voyait encore dans les pays hauts et perdus, une grange morte, était une plaie honteuse. Paul vivrait dans la grange tutélaire, il avait taillé dans sa lumière, tranché l’espace sous ses nervures de bois roux, monté les murs de parpaings grumeleux et ménagé une porte intérieure qui lui permettait d’accéder au théâtre de ses quotidiennes opérations sans passer par le territoire des oncles et de la sœur. Paul aimait la pièce, sa pièce, où l’on posait le corps recru après le gros travail, où l’on mangeait et vivait, où l’on était à soi. 
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parolesparoles15 août 2014
Annette s'accommoda de la Dyane et réciproquement. Annette n'avait toujours conduit que les voitures des autres, voitures d'hommes, de son père au début, de Didier ensuite, de Paul enfin. Elle s'efforça sans tergiverser et s'appliqua ; elle sut retrouver les réflexes qu'elle croyait oubliés, enfouis, tant ils étaient liés pour elle à ces soirées noires où elle ramenait à la maison un Didier hébété d'alcool, éructant des soliloques enragés quand il n'avait pas exigé, la repoussant sans ménagement en de pataudes empoignades, d'officier lui-même, sous le prétexte que même dans cet état ahurissant, il resterait toujours meilleur chauffeur qu'elle ; il aurait pu être pilote, lui, pilote de rallye ou de moto ou d'avion ou d'hélico de bombardier de n'importe quoi, comme tous les hommes de sa famille c'était dans le sang ça s'apprenait pas il avait pas appris...
Annette savait, avait su tout de suite quand, à Nevers, en janvier, elle avait été assise pour la première fois à côté de Paul dans la lourde voiture grise, que celui-là, l'homme de l'annonce, le doux, l'agriculteur qui avait avalé tous ces kilomètres de route pour la connaître, n'était pas de cette chapelle des fous du volant.
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