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ISBN : B009D011K6
Éditeur : Buchet-Chastel (2012)


Note moyenne : 3.51/5 (sur 129 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal.

Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien.

Il n’a pas tout à fait choisi d’être là, mais sa vie s’est faite comme ça. Paul n’a qu’une rage : il ne veut pas finir seul, san... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par genou, le 15 mai 2013

    genou
    Ces gens-là
    Paul, un agriculteur de quarante six ans, vit dans un hameau perdu du Cantal entre deux oncles qui l'ont recueilli et une sœur omniprésente. Il ne veut pas vieillir comme ces « vieux garçons ensauvagés de solitude et de boisson après la mort des parents ». Annette a neuf ans de moins, c'est une « accidentée de la vie », vivant dans le Nord où elle élève seule Eric son fils après la rupture avec un mari alcoolique et violent, allant de métier en métier. Il veut faire sa vie quand elle souhaite refaire la sienne. Une petite annonce dans « le chasseur français » les réunira. Après de brèves rencontres au buffet de la gare de Nevers, elle accepte de le rejoindre avec son fils et après tout, « La campagne, pourquoi pas. »
    Au hameau, ils sont tolérés mais pas accueillis ; la sœur de Paul voit en Annette une usurpatrice et les oncles observent. le roman raconte « une guerre qui, pour rester sourde, n'en serait pas moins longue et difficile, guerre d'usure et de patientes tranchées. » Au fil des jours et des saisons, du noir de la vraie nuit de la campagne, pour elle qui n'a connu que la ville toujours éclairée, au printemps quand « le pays était un bouquet, une folie, la cour vide, ourlée de vent vert, écrasée de soleil neuf », Annette, en écoutant les bruits de la maison va difficilement prendre sa place dans cet univers taiseux et taciturne. On pense à Brel, « Faut vous dire Monsieur que chez ces gens là, on ne cause pas, Monsieur, on ne cause pas », on épie. L'auteur a su parfaitement traduire la difficulté de vie pour ces gens pudiques qui ne savent pas les mots et qui s'expriment mieux par un geste, un regard car « les mots ne venaient pas à Annette ». A Paul ou Eric, aux oncles et à la sœur, non plus. Cette famille où on ne parle pas est un puzzle de solitudes qui jamais ne s'assemblent. Cette incapacité des mots explique l'absence de tout dialogue direct entre les personnages de cette histoire. Elle explique aussi la passion d'Annette pour les mots croisés et de son fils pour les dictionnaires, deux éléments qui ouvrent une perspective de bonheur, et « si c'est pas sûr, c'est quand même peut-être, parce que les autres veulent pas » pour citer Brel à nouveau. On reste accroché au livre, tenu en haleine, ayant trop peur que le silence qui peut parfois être fiel ne conduise au renoncement de ces deux-là qui tentent malgré tout de surmonter « les vieilles plaies de solitude et de peur ». A vous de découvrir la suite.
    Ce roman ne s'apparente en rien aux romans de terroir ou régionalistes. Marie-Hélène Lafon va bien au delà. Elle a un style très personnel pour décrire situations, personnages et lieux en longs paragraphes, énumérations sans ponctuation comme pour créer un sentiment d'urgence, imposer un rythme à sa phrase, mots choisis avec amour. Car cette femme sait et surtout aime écrire.
    Bien que la seconde partie du livre traînaille un peu, « L'annonce » est une belle découverte et un vrai plaisir de lecture.
    Les critiques éclairs (9)
    - Authenticité et simplicité : (1/9)
    Deux mots, éveillent l'attention d'Annette, dans L'annonce d'un journal: célibataire et agriculteur. Elle vient de divorcer, l'abus d'alcool de son mari étant devenu invivable. Elle répondra à cette annonce, autant pour son fils Éric, âgé de 11 ans, que pour elle-même qui n'a que trente-sept ans. La campagne, pense-t-elle, sera bien pour Éric qui ne prendra jamais sa place en demeurant à Bailleul, dans le Nord. Paul, quarante-six ans, auteur de L'annonce, ne veut pas vieillir seul, sans femme. Il vit avec sa sœur, Nicole, et deux oncles célibataires avec lesquels il partage les travaux de la ferme. Annette et Paul se donnent rendez-vous à Nevers, chacun faisant la moitié du chemin. Annette, juge que Paul pourrait être un bon parti, elle désire tant recommencer sa vie ailleurs, loin. Elle ira donc, avec Éric, vivre chez Paul, à Fridières. Paul, de son côté, réalise que cette femme avenante et attentive est pour lui; elle sera à ses côtés, jours et nuits, pour y vivre et durer. Sitôt que les travaux de rénovation du logement seront terminés, ils emménageront.
    Pour Éric, l'accueil que lui a fait la chienne Lola, l'a aidé à s'acclimater. Les potins du village allaient bon train, au sujet des deux arrivants. le plus difficile, pour Annette, sera de se familiariser avec ces « taiseux » habitués de communiquer du regard et des gestes de la main, sans oublier la sœur Nicole qui a tendance à surveiller son territoire. Somme toute, l'adaptation se passe bien et ils aiment la campagne. Terminé pour Paul, sa vie d'agriculteur seul, après le dur labeur des journées, il retrouve sa petite famille. Marie-Hélène Lafon touche un sujet d'actualité qui se passe au Québec. Certains jeunes, passionnés de l'agriculture, qui veulent continuer la ferme familiale, ne trouvent pas de femmes pour épouser ce style de vie dure. Les plus tenaces glissent vers l'isolement et pas d'enfants pour la relève.
    D'un style surprenant, mais efficace, des mots justes, recherchés, et parfois même des mots inventés, tels que: femme « bustée », « enfançon », font de cette histoire ordinaire, un récit d'une authenticité remarquable. L'auteure nous raconte le quotidien réel de cette union d'accommodements. On y croit et on apprécie ses longues phrases descriptives et sa ponctuation inusitée qui nous force à voir la vraie signification de chaque mot. Compte tenu de leurs différences, de leurs souvenirs des expériences vécues, autant à la ville qu'à la campagne, l'union d'Annette et Paul durera-t-elle? Il n'en tient qu'à vous à le déceler. - Saumar -

    - Simple et sincère : (2/9)
    Paul a 46 ans, il est agriculteur dans le cantal, il vit dans l'exploitation familiale avec sa soeur, une célibataire endurcie et deux vieux oncles pas toujours faciles à supporter. La solitude lui pèse, il n'a pas envie de continuer sa vie sans femme, alors il fait passer une annonce dans le "Chasseur Français". C'est Annette qui y répond, elle a 37 ans, elle vit dans le Nord avec son fils Eric âgé de 11 ans, qu'elle a eu avec Didier un alcoolique notoire qui lui a laissé de mauvais souvenirs. Ils se rencontrent à mi-chemin à Nevers où ils se découvrent et s'apprécient. Puis elle vient s'installer avec son fils dans la ferme de Fridières au grand dam de la soeur jusqu'alors maîtresse de maison. L'auteur raconte la vie rude de la ferme, la beauté de la campagne auvergnate à laquelle succombe Annette, les traditions familiales et les habitudes bien ancrées des anciens. Elle décrit ce couple maladroit qui s'apprivoise parce qu'il a envie de croire que le bonheur est possible. On sent que l'amour a une place dans cet univers âpre, rugueux et on se réjouit d'en recevoir une petite part au travers de mots particulièrement bien choisis. - Oops -
    - Critiques libres -

    Lien : http://www.critiqueslibres.org/i.php/vcrit/20922
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 05 septembre 2011

    Malaura
    Parce qu'il refuse de finir sa vie tout seul, Paul, 46 ans, exploitant agricole dans une ferme du Cantal, passe une petite annonce dans un journal.
    C'est Anne, qui y répond.
    Cette femme de 37 ans vit dans le Nord avec son fils de 11 ans.
    Elle aussi est seule depuis qu'elle a tourné le dos aux années de violence passées auprès d'un homme alcoolique.
    Quelques coups de téléphone, deux-trois rencontres et Anne accepte de venir vivre à la ferme.
    Mais la cohabitation avec les oncles et la soeur de Paul s'avère difficile...
    Les mots de Marie-Hélène Lafon s'égrennent posément, sûrement, chacun d'eux justement calibré, mûri, poli comme un caillou roulant en bouche.
    Se déroulant en longues phrases amples, ils disent le monde rural, les difficultés de s'implanter en milieu paysan, les silences "gras" des taiseux, les efforts, les petitesses...
    Ils racontent surtout, dans une langue riche et stylisée, l'histoire d'amour d'êtres ordinaires, qui s'unissent en un compagnonnage pratique et raisonnable pour s'arracher à la solitude qui les guette.
    Un beau roman.
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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 14 mars 2010

    Seraphita
    Annette, 37 ans, séparée de son conjoint Didier, vit dans le nord, à Bailleul, avec son fils Eric. Paul, 46 ans, est agriculteur à Fridières, dans le Cantal, où il vit en famille avec deux oncles et sa sœur, Nicole. Quand ces deux êtres que la solitude effraie se rencontrent à Nevers, une nouvelle histoire s'écrit, à l'unisson de deux voix, à laquelle se mêle une troisième, celle d'Eric.

    « L'annonce » est un court roman (un peu moins de 200 pages) qui peut paraître de prime abord assez déroutant. le style est étrange, l'écriture plutôt dense. Parfois, l'auteur aligne plusieurs mots (noms, verbes, …) sans les séparer de virgules, ce qui, à la fois, rend la lecture difficile, mais en même temps offre un souffle à la phrase.
    Les digressions sont multiples, les aller-retour entre passé et présent sont nombreuses. Tantôt le lecteur est emmené vers la vie commune d'Annette et Paul à Fridières, tantôt il est transporté dans le passé de la vie de tel ou tel personnage, ou à l'époque de la première rencontre à Nevers entre Annette et Paul.
    Les mots choisis par l'auteur sont précis, les descriptions nombreuses et travaillées. La vie paysanne à Fridières est bien rendue, dans sa dureté, sa simplicité, mais aussi sa beauté. J'ai été déroutée au départ par l'écriture un peu alambiquée de Marie-Hélène Lafon qui nous emmène dans de multiples digressions, mais je me suis laissée porter ensuite par cette description d'une histoire d'amour qui se cherche, qui s'éprouve, qui se trouve finalement, par cette analyse fine du passé familial de chacun des protagonistes.
    Annette est une femme meurtrie par l'existence qui croit en le pouvoir de l'amour et le recherche. Son conjoint était alcoolique et la battait. Paul est un homme que la solitude effraie et qui ne veut pas finir célibataire. Ce roman explore la manière dont deux solitudes vont se rencontrer, à la croisée des chemins, explorant la géographie de la France. Eric, le fils d'Annette, va souder leur destin.
    J'ai eu l'impression d'un roman en recherche : recherche généalogique, explorant les histoires familiales de chacun, recherche d'un chemin à tracer à deux, d'un sens à donner à deux existences, recherche de mots à compiler, d'un livre à faire naître, d'une écriture en cheminement, en travail.
    Un beau livre, dont le style et l'écriture peuvent sembler difficiles d'accès a priori.
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    L'annonce, de Marie-Hélène Lafon, c'est l'histoire de deux solitudes qui, en dépit des circonstances, veulent encore croire à la possibilité d'un avenir.
    Deux adultes, plus très jeunes mais pas encore vieux, qui veulent repartir de zéro et tirer un trait sur leur vie “d'avant” : pour Annette, un mariage avec un mari alcoolique et violent qui enchaînait les séjours en cure de désintoxication et en prison ; pour Paul, une première relation avortée, quelques années auparavant, pour cause d'incompatibilité avec les autres occupants de la ferme.
    La vie à la ferme est rude. Physiquement, on imagine bien comment le travail de la terre peut être harassant, combien les bêtes peuvent exiger d'attention, ne tolérant pas la moindre inflexion dans le déroulement de leur journée.
    Dans le hameau de Fridières, il en va des bêtes comme des humains, sclérosés dans un monde d'habitudes et de traditions, où l'imprévu et la nouveauté n'ont pas leur place. La vie à la ferme, l'organisation des journées de travail, la réalisation même des tâches, c'est comme si tout avait été décrété une fois pour toute, des années auparavant, sans que personne n'imagine aujourd'hui revenir dessus. Tout est décidé à l'avance, la vie comme un train électrique pour enfant, suit immuablement les mêmes rails, sans jamais en dévier. le rituel de la lecture de La Montagne à la ferme en est l'exemple frappant.
    Contrairement à sa sœur Nicole, Paul ne peut se contenter de cet avenir tout tracé, qui l'étouffe. Au fil du temps, il a réussi à faire évoluer un peu les choses, lentement, soucieux de ne braquer personne.
    Annette devra elle aussi composer avec les autres membres de la famille, essayer de se faire accepter et de trouver sa place dans cet environnement austère et hostile, où même si chacun garde ses sentiments pour soi, tous lui font comprendre qu'elle est une étrangère, qu'elle n'est pas ici sa place.
    Malgré tout, la cohabitation s'organise entre, le rez-de-chaussée où les oncles et Nicole continuent à habiter et l'étage où se sont installés Paul, Annette et Eric (surnommés les Américains, à cause de la cuisine de la même nationalité que Paul leur a aménagée). Devenus inséparables, l'enfant et la chienne de la ferme, Lola, vont faire faire office de zone neutre entre les deux camps.
    En à peine plus de 200 pages, dans un style ciselé et précieux, Marie-Hélène Lafon explore deux années d'une histoire d'amour, fragile, tout en devenir, âpre mais non dénuée de sensualité, où le silence et la pudeur des sentiments prennent toute la place. Une histoire entre deux êtres décidés à devenir maîtres de leur destin, qui devront apprendre à se connaître, et lutter contre le poids des usages et des préjugés campagnards. Une histoire qui, comme Nevers, à mi-parcours entre Bailleul et Fridières, se situe dans une zone intermédiaire, quelque part entre passion et habitude.
    "« Annette se tenait debout devant la vue, suivant, comme du doigt, les nervures des ombres couchées en bêtes dociles au flanc des arbres dont elle ne savait pas le nom. Elle ne demanderait pas à Paul, elle n'était pas une écolière, elle n'était pas en voyage d'agrément ni en séjour chez de lointains cousins, elle ne donnerait pas dans le tourisme éclairé, elle n'avait pas loué un gîte pour les vacances, n'explorait pas méthodiquement l'exotique contrée, faune flore et autochtones inclus. Il s'agissait de faire sa vie là, de commencer de recommencer là. Elle attendrait que Paul dise, l'air de rien, comme en passant, ce qu'il y avait à savoir, sans donner de leçon. »"
    C'est une très belle découverte que celle que je viens de faire avec ce roman de Marie-Hélène Lafon. Ce fut également pour moi un voyage nostalgique dans le passé, auprès des membres de la branche paysanne de ma famille (comme une preuve ultime de l'immuabilité de la mentalité des campagnes ?).

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/L%27annonce
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 juillet 2011

    brigittelascombe
    Quelle est donc cette annonce dont nous parle Marie Hélène Laffon?
    La petite annonce passée dans le journal qui va unir les destins de Paul, 46 ans, solitaire en mal de solitude,célibataire endurci, agriculteur à Fridières et Annette, blessée par l'existence, divorcée, un enfant,ouvrière à Bailleul?
    Ou clin d'oeil à l'Angélus de Millet, cette attente fébrile de regain face à la terre ingrate?
    Marie Hélène Laffon se dit "écrivain de sillon". Ses origines campées dans la terre, elle a écrit une dizaine de romans situés dans le monde paysan. L'annonce a obtenu le prix Page des libraires.
    Et ce monde clos, Annette, la simple, pleine d'espoir et d'optimisme, avec son petit Eric pour seul bagage, va devoir l'affronter.
    Paul est "calme et décidé", mais c'est un taiseux.
    Il leur faudra apprendre à se connaitre et à parler.
    Annette, au départ découragée par les animaux, la soeur Nicole qui régente tout, et la nuit qui monte à l'assaut, et ce silence qui envahit tout, et ce corps d'homme dont elle ignore tout, va s'accomoder, car c'est toujours mieux que rien, puis va s'apprivoiser,puis...
    Elle en a essuyé des platres:le divorce,la violence, le chomage, alors, cette annonce..Faut faire avec!
    Une écriture apre comme une terre que l'on défriche et des grains qui se sèment et reviennent en mantra, pour bien les planter, bien profond!
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Chloé Brendlé pour le Magazine Littéraire

    On croirait presque à une histoire d'amour à la Giono, avec Annette, la femme qui « vient de la ville », du nord de la France, et Paul, l'agriculteur du Cantal (Fridières) aux mains calleuses. La première a... > lire la suite

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)

Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 20 juillet 2011
    Marie-Hélène Lafon traite cette histoire d'amour toute simple avec une sensibilité éloignée de toute niaiserie et une écriture digne du meilleur Pierre Michon. Emouvant et juste.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par genou, le 15 mai 2013

    Annette regardait la nuit. Elle comprenait que, avant de venir vivre à Fridières, elle ne l'avait pas connue. La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l'assaut, elle prenait les maisons, les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'insinuait, noyait d'encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l'effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volet disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires
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  • Par genou, le 15 mai 2013

    ils avaient raconté que leur propre père avait planté le gros prunier de derrière quand ils avaient douze ou treize ans, son âge; ils s’en souvenaient, et d’où venait le prunier, de chez une dame de Lugarde qui avait un vrai verger et à qui leur père avait rendu un service. Ils avaient grandi avec l’arbre; pour finir le prunier ne valait guère mieux qu’eux, ne donnait pas tous les ans et n’en faisait qu’à sa tête. Ils répétaient ça, l’air content, en avançant un peu le menton, presque comme s’ils allaient rire ; mais ils ne riaient pas.
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  • Par genou, le 15 mai 2013

    Les oncles remuaient d’obscures pensées, souterraines, infusées, anciennes, pas forcément hostiles, que l’on ne connaîtrait pas. On se contenterait de rôder autour d’elles, de les supposer, elles flotteraient en brume diaphane autour de leur corps sec et léger

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  • Par genou, le 15 mai 2013

    On ne gratterait pas les vieilles plaies de solitude et de peur, on n'était pas armé pour ça, pas équipé; on s'arrangerait autrement

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  • Par litolff, le 15 novembre 2010

    La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l’effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la n nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volent disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires.
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Vidéo de Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon - "Album" et "Les pays" .
Marie-Hélène Lafon vous présente ses ouvrages "Album" et "Les pays". Parution le 6 septembre 2012 aux éditions Buchet-Chastel. Rentrée littéraire automne 2012.Notes de Musique : 20th Century Classics: Milhaud - 3 Concerto for marimba, vibraphone and orchestra/ Lent








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