> André Markowicz (Traducteur)
> Francis Marmande (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2868697992
Éditeur : Actes Sud (1992)


Note moyenne : 4.31/5 (sur 58 notes) Ajouter à mes livres
Réfugié dans son sous-sol, le personnage que met en scène Dostoïevski ne cesse de conspuer l'humaine condition pour prôner son droit à la liberté. Et il n'a de répit qu'il n'ait, dans son discours, humilié, diminué, vilipendé les amis de passage ou la maîtresse d'un soi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 18 mars 2011

    zohar
    Souterrain, certes ! Mais incroyablement bavard. « Les Carnets du sous-sol » est comme un long monologue intérieur où l'écrivain russe défie l'homme dans ses comportements admis, et ses repères moraux et/ou sociaux.
    «Je suis un homme repoussoir, voilà ce que je suis.», écrit Dostoïevski dans ses carnets ! Pour cause, son anti-héros (un petit fonctionnaire) est un homme mesquin et méprisant.
    Emmarbré dans son sous-sol, et derrière une méchanceté sans borne, ce dernier déverse tout son fiel et ses angoisses contre l'espèce humaine.
    Par sa franchise et sa subjectivité haineuse, il ne voit que des actions tendancieuses derrière les actes gratuits : tout son comportement découle de cette idée là !
    Homme plat et sans relief, il se croit pourtant supérieur aux autres : « je suis seul, mais eux, ils sont tous ». En effet, dans sa quête de dévalorisation, notre anti-héros montre sa colère envers « les hommes d'action » : ceux qui vivent leur vie et agissent sans réfléchir.
    En revanche, « l'homme de conscience » comme lui, est celui qui pense : trouvant dans la connaissance des raisons pour ne pas agir !
    Parallèlement au thème de la conscience, le narrateur expose, également, dans Les Carnets du sous-sol, son deuxième grand thème : la raison ! le narrateur se révolte aussi contre le déterminisme au nom duquel l'homme essaie toujours d'expliquer ses actions sous l'égide des lois de la raison. Convaincu de son destin d'exception, l'anti-héros du roman de Dostoïevski, est un personnage qui doute (un doute omniprésent) et par corrélation, il ne peut comprendre les autres vu son conflit intérieur qui le ronge déjà.
    Dostoïevski nous montre dans ce roman son grand talent en matière de psychologie. C'est un texte violent et tranchant dont les pages ouvriront la voie aux plus grands maîtres de la littérature contemporaine, notamment Kafka.
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    • Livres 4.00/5
    Par alaiseblaise, le 11 avril 2011

    alaiseblaise
    Ce petit roman, d'une centaine de pages, est parfois titré «L'esprit souterrain».
    Finkielkraut, dans son excellent essai sur la littérature «Un Coeur Intelligent» le surnomme «L'enfer de l'amour-propre».
    Cette oeuvre noire fait partie de la bibliothèque idéale du philosophe.
    «Je suis un homme malade, je suis un homme méchant» prévient le narrateur dès la première phrase. Réfugié dans un sous-sol, un homme sans nom, petit fonctionnaire (s'agit-il de Dostoïevski lui même?) monologue, peste contre la nature humaine, le monde entier et... lui même.
    Haineux, il rejette tout... jusqu'aux promesses de l'amour... Les pages qui relatent la relation tumultueuse et désespérante de notre «héros» avec une prostituée sont remarquables.
    «(...) mais elle avait parfaitement compris que j'étais un monstre, un homme incapable de l'aimer (...) c'est sa présence qui m'était odieuse, insupportable. Je voulais qu'elle disparaisse. "La paix", je voulais ça; je voulais rester seul dans mon sous-sol. "La vie vivante", par manque d'habitude, elle m'avait écrasé tellement que j'avais du mal à respirer.»
    Un roman dérangeant qui, parfois, nous renvoie notre propre image.
    Un livre anarchiste, véritable manifeste, qui a sûrement inspiré Céline ou Camus.
    Selon moi, un premier chef d'oeuvre nihiliste et déjà sartrien du maître russe!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par papillon_livres30, le 28 mars 2010

    papillon_livres30
    C'est le monologue tragique d'un homme qui vit dans un sous-sol, humilié par la vie, et par l'indifférence des autres qui ne remarquent jamais sa présence. Un homme paradoxal, héros quand il tente de tout faire pour s'en sortir, pour se faire remarquer, mais il finit toujours par se faire détester des autres. A la fin, il raconte sa seule expérience de la débauche où il se contente de donner des leçons de morale à une jolie prostituée, mais il agit en anti-héros, lorsqu'il se met, pour se venger à son tour de toutes ses humiliations passées, à la rabaisser moralement, alors qu'elle semblait prête à l'aimer d'un amour sincère.
    Le monologue douloureux et parfois violent d'un écorché-vif, incapable d'aimer et de se faire aimer, et qui n'éprouve de liberté que dans sa solitude, et de force dans ses livres.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par sbrodj, le 20 juin 2011

    sbrodj
    Un petit roman du grand auteur russe pour celles et ceux que ses romans fleuves effraient. le journal d'un homme "méchant", d'un homme "malade" qui vit reclus dans sa cave. Magnifique texte !
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    • Livres 5.00/5
    Par 270778, le 27 avril 2010

    270778
    Or, ce qui survint, c'est ceci : Lisa, que j'avais humiliée, écrasée, en comprit beaucoup plus que je ne me l'étais imaginé. Elle comprit d'abord ce qu'une femme comprend avant tout quand elle vous aime – je veux dire : que moi-même, j'étais malheureux.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par papillon_livres30, le 28 mars 2010

    Laissez-nous seuls, sans les livres, et nous serons perdus, abandonnés, nous ne saurons pas à quoi nous accrocher, à quoi nous retenir; quoi aimer, quoi haïr, quoi respecter, quoi mépriser?
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  • Par diborde, le 14 octobre 2011

    Je le répète, je répète et j’insiste : les hommes spontanés, les hommes d’action sont justement des hommes d’action parce qu’ils sont bêtes et limités. Comment j’explique cela ? Très simple : c’est cette limitation qui leur fait prendre les causes les plus immédiates, donc les causes secondaires, pour des causes premières ; ainsi parviennent-ils plus facilement et plus vite que les autres à se convaincre d’avoir trouvé la base indubitable de leur affaire – et ça les tranquillise ; et c’est là l’essentiel. Parce que, pour se mettre à agir, il faut d’abord avoir l’esprit tranquille, il faut qu’il n’y ait plus la moindre place pour les doutes. Mais, par exemple, moi, comment ferais-je pour avoir l’esprit tranquille ? Pour moi, où sont-elles donc, les causes premières qui me serviront d’appui, où sont les bases ? D’où est-ce que je les prendrais ? Je m’exerce à penser ; par conséquent, chez moi, toute cause première en fait immédiatement surgir une autre, plus première encore, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Telle est l’essence de toute conscience et de toute pensée.
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  • Par papillon_livres30, le 29 mars 2010

    Je me fis cueillir, par un officier, dès le premier pas. Je me tenais devant le billard et je barrais la route, sans le savoir, lui, il voulait passer ; il me prit donc par les épaules et, sans rien dire, sans me prévenir, sans m'expliquer, il me déplaça de l'endroit où j'étais jusqu'à un autre, et il continua, comme s'il ne m'avait pas remarqué. J'aurais pu pardonner, sans doute, les coups mais je ne pouvais absolument pas pardonner qu'il me déplace et que, d'une façon aussi radicale, il ne me remarque pas.
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  • Par papillon_livres30, le 28 mars 2010

    Le roman a besoin d'un anti-héros et là, exprès, sont réunies toutes les caractéristiques d'un anti-héros et puis, surtout, cela fera une impression des plus désagréables,parce que nous avons tous perdu l'habitude de la vie, nous sommes tous plus ou moins boiteux.
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  • Par diborde, le 14 octobre 2011

    - Ha! ha! ha! mais après ça, vous trouverez même du plaisir dans une rage de dents! vous esclafferez-vous.
    - Eh quoi? - Même dans une rage de dents, il y a du plaisir, vous répondrai-je. J’ai eu une rage de dents pendant un mois; je sais de quoi je parle. Sauf que, c’est le cas de le dire, la rage, on ne la garde plus muette, on geint; mais ces geignements-là ne sont pas sincères, ce sont des geignements retors, et tout le sel est là, qu’ils soient retors. Ces geignements traduisent le plaisir de celui qui souffre; s’il n’en ressentait pas de plaisir, il ne geindrait pas.
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