ISBN : 275780068X
Éditeur : Points (2006)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 113 notes) Ajouter à mes livres
Etretat. Sur le balcon d'une chambre d'hôtel, un homme veille. Au bout de son regard : Les falaises éclairées d'où s'est jetée sa mère vingt ans plus tôt. Le temps d'une nuit, le narrateur déroule le film de sa vie, cherche dans sa mémoire rétive les traces de sa mère d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 29 décembre 2011

    brigittelascombe
    Pluie à Etretat de Monet, cadre mélancolique à souhait pour camper le décor du deuil inachevé,celui de la mère "fragile, discrète", "inutile et blême" qui s'est donné la mort sur ces Falaises au bout de la nuit d'un enfant à jamais esseulé.
    Chaos.
    Etrange rituel en ce lieu où Olivier Adam, traumatisé à jamais, revient et revient encore pour la faire revivre,mirage au feu des bougies proche des hallucinations d'antan.
    Falaises aux murs crayeux incompressibles où s'inscrivent les colères injustes d'un père en souffrance,la solitude face à l'indifférence de la famille,les paumes des règlements de compte,les peurs inassouvies,les silences tissés de violence partagés avec le frère à présent évanoui pour de bon,la bande suicidaire aux dérives en tous genres,les mots scandés une possible reconstruction, loin de l'alcool qui tue, à travers l'écriture, Claire au "rire comme du cristal" et leur petite Chloé, l' enfant de l'amour qui sauve.
    Un début de Monet, une fin de Münch qui court comme Un cri sur la plage d'Etretat pour percer les Falaises en souffrance.
    Beau.Dur.Emouvant et terriblement bien écrit à l'encre tumultueuse de pleurs d'enfant, un enfant aux poings fermés de combattant.
    Olivier Adam a publié entre autre A l'ouest, Poids léger (adapté au cinéma en 2004) et Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004)
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 23 mai 2011

    Malaura
    Du balcon de sa chambre d'hôtel, un homme regarde les Falaises éclairées d'Etretat.
    Il y a vingt ans jour pour jour, sa mère se jetait du haut de ces parois blanches le laissant seul avec son frère Antoine et leur père, à jamais anéantis, brisés, inconsolables.
    Alors pendant toute une nuit et tandis que Claire, sa femme, et Chloé sa petite fille dorment paisiblement, lui invoque les fantômes d'un passé tragique, un travail de mémoire qui débute le jour du suicide maternel; il a alors onze ans. Avant il n'y a rien qu'un flot d'images brumeuses, un no man's land irréel et insaisissable que le traumatisme du suicide à partiellement effacé.
    Durant cette longue nuit, Olivier laisse affleurer les souvenirs de son enfance saccagée ; son père devenu odieux, son frère tentant l'oubli dans la fuite, ses amis, tout aussi abandonnés et sans repère, êtres malmenés par la vie qui tentent de se raccrocher fébrilement les uns aux autres sans trouver la force de s'affranchir du malheur.
    Récit fragmenté, morceaux de puzzles agencés par vagues successives au gré de la mémoire, le narrateur "déroule le film de sa vie" jusqu'à la découverte d'un "abri ou le vent siffle moins fort", une éclaircie incarnée dans les visages lumineux De Claire et de Chloé.
    Né en 1974 en région parisienne, Olivier Adam reprend les thèmes abordés dans ses précédents romans, l'enfance brisée, la solitude (« On ira voir la mer ») le deuil, la disparition d'un être cher (« La Messe anniversaire ») dans ce récit poignant, sombre et triste, bouleversant de retenue et de détresse à fleur de peau.
    Explorant les replis secrets de la mémoire, il nous livre un roman intimiste souligné par l'emploi de la première personne du singulier et évoque le vide existentiel avec une écriture fluide et sobre, un style à la fois contenu et cru.
    Avec « Falaises », l'auteur, qui a également écrit plusieurs romans pour la jeunesse et dont la précédente œuvre « Poids légers » a été adaptée au cinéma, confirme ce côté "écorché vif" qui le place dans la lignée des écrivains mélancoliques.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lali, le 25 octobre 2011

    Lali
    « Ce qui s'efface de nos cerveaux s'efface aussi de nos corps, de notre sang, de notre vie, ne nous laisse aucune trace, ne creuse aucune empreinte, sinon celle d'un vide absolu, vertigineux et froid. »
    Cette phrase, à la toute fin de Falaises, le roman d'Olivier Adam inspiré par sa propre vie, pourrait à lui seul le résumer tant elle exprime clairement la boucle bouclée après la longue introspection d'un homme au début de la trentaine vingt ans jour pour jour après le suicide de sa mère.
    Quels souvenirs lui restent-ils de celle qui s'est jetée d'une falaise? Quelles traces conserve-il de sa vie avant et après ce geste irréparable qui brisera les vies de trois personnes? Quelles conséquences ce geste aura-t-il sur son mal de vivre, son errance, sa quête éperdue? C'est cela qu'Olivier Adam relate ici, sans fausse pudeur. Dans l'ordre et dans le désordre, à mesure que lui revient son passé. En pièces détachées, pas intactes, imbibées d'alcool. C'est cela que livre ici le romancier et cinéaste, alors qu'il regarde sa fille dormir et que lui vient cette assurance qu'il sera toujours là pour elle, lui l'enfant sans mère, l'enfant au père désintéressé ou absent, l'adolescent brisé, révolté, qui avait tout pour devenir un délinquant, mais qui un jour a croisé celle qui sera son étoile.
    C'est cela, tout cela, qu'Olivier Adam nous donne avec ce livre, un peu de lui, de sa vie, de ce qui lui reste d'une mère dont l'image s'est effritée, de sa vie sans elle. Avec des énumérations à la tonne, qui peuvent parfois agacer, mais qui ont quelque chose de nécessaire. La paix ne peut venir qu'après avoir tout dit, alors qu'une petite fille dort sans savoir ce que son père porte en lui de chagrin qu'il a choisi cette nuit-là de jeter de la falaise. Une fois pour toutes.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=44943
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    • Livres 3.00/5
    Par IzaBzh, le 15 juin 2011

    IzaBzh
    Amis dépressifs, évitez ce roman ! C'est un livre très noir, dur, glauque, dont j'ai poursuivi la lecture jusqu'à la fin parce qu'il est bien écrit et ne laisse pas insensible. Un roman sur l'enfermement, l'incommunicabilité, la mémoire, la dépression, le suicide, la résilience. Il n'y a pratiquement pas de dialogues et pour cause : les personnages ne se parlent pas, n'arrivent pas à verbaliser leurs sentiments. Ce sont des thèmes qui m'ont touchée, mais justement parce qu'ils m'ont touchée et qu'il est si noir, malgré la note d'espoir de la fin, je n'ai pas envie d'approfondir ma connaissance du monde de cet auteur.
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    • Livres 3.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem, le 24 juillet 2009

    muet-comme-un-carpe-diem
    Faut-il comparer le romancier à l'artisan perfectionniste qui cent fois remet son ouvrage sur le métier pour peaufiner sa création au risque d'être perpétuellement insatisfait ?
    Faut-il comparer le romancier au laboureur qui creuse son sillon toujours plus profondément dans l'espoir d'une meilleure récolte quitte à ébrécher la lame de sa charrue sur les pierres du terrain ?
    Faut-il comparer le romancier au meurtrier qui ne peut que céder à l'envie irrépressible de revenir sur le lieu de son crime tout en sachant que cela pourrait causer sa perte ?
    Faut-il comparer le romancier à la victime qui pour surmonter un traumatisme devra bon gré mal gré affronter des images obsédantes à la manière de Sysiphe poussant son rocher ?
    Toujours est-il qu'au fur et à mesure que l'on découvre l'oeuvre d'un auteur on ne peut ignorer la récurrence de certains thèmes d'un texte à l'autre.
    Comme le faisait remarquer une lectrice sur le site des rats de bibliothèque, Olivier Adam développe dans Falaises des situations d'ores et déjà abordées dans ses romans pour la littérature de jeunesse : la perte d'un ami au sein du groupe (La Messe anniversaire), Lorette l'adolescente mal dans sa peau (On ira voir la mer), et la maman dépressive qui part seule la nuit caresser les arbres (Sous la pluie).
    On pourrait ajouter à cette liste le rapport conflictuel au père qui pousse un frère à prendre la tangente et la complicité fraternelle quasi incestueuse qui avaient d'ores et déjà évoqués dans Je vais bien ne t'en fais pas, l'invitation à se pencher sur la vie des Sans-papiers qui sera le thème principal dans A l'abri de rien, l'anorexie comme façon de s'effacer du monde décrite dans A l'ouest, la scène de bagarre durant un enterrement comme dans Poids léger, l'alcoolisme qui rampe dans le recueil de nouvelles Passer l'hiver.
    Mais cette liste de topos n'aurait aucun intérêt si elle n'était pas au service d'un leitmotiv constant chez Olivier Adam : derrière les failles qui tendent aux abîmes de ses personnages se profile une aptitude à rencontrer l'autre, à le comprendre, à l'accompagner sans chercher à se substituer à lui, à préserver du vent glacial du cynisme ces braises fragiles de tendresse qui maintiennent en vie en dépit des vagues à l'âme qui viennent se fracasser sur les Falaises du désespoir.

    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-24372927.html
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2006
    Lecture jeune, n°117 - C’est à Etretat que revient le narrateur avec sa femme et sa fille : il a trente et un ans et vingt ans séparent cette nuit en quête de sa mémoire émiettée de celle où sa mère s’est suicidée du haut des falaises. Il passe ces heures d’insomnie dans le même hôtel proche des falaises qu’il y a vingt ans, aspiré dans une sorte de spirale des souvenirs, discontinue, avec des retours en arrière, tout au long d’une nuit en trois temps, comme trois grandes vagues de remémorations : la mort de la mère suivie de la sidération du frère tombé dans le coma, puis la dérive des deux frères vers les paradis artificiels pour fuir le silence total imposé par le père et enfin, le départ de Paris et la nouvelle vie sobre avec Claire, sa compagne, son abri. Au coeur du roman se télescopent une souffrance inextinguible, l’écho de la présence fantomatique de la mère, le silence et l’ennui. Au coeur du roman, il y a le manque criant d’amour et de confiance. Le narrateur brosse sans complaisant pathos de très beaux portraits de «paumés», à qui il porte une attention très touchante. Au bord du gouffre comme la mère, ils y basculent presque tous. En cette nuit de veille, le narrateur ramène à la conscience une multitude de sensations (couleurs, parfums, souvenirs tactiles, etc.) et d’images qui rendent le récit visuel, voire cinématographique. Le héros ne se révolte pas mais sauve son récit d’un total désespoir par l’évocation de la présence chaleureuse de sa petite fille et de sa femme, avec lesquelles «la vie commence» et grâce auxquelles il échappe à la malédiction familiale. Ce texte inspiré, bouleversant et tendre est une sorte d’épure où se fondent les thèmes du deuil, de la maladie, de la séparation, déjà présents dans les romans d’Adam pour la jeunesse comme La Messe anniversaire, Comme les doigts de la main, On ira voir la mer. Il fait écho à celui d’Arnaud Cathrine, Sweet Home, dont le point de départ, le suicide de la mère, est identique, même si le traitement romanesque est très différent (voir notice 39). Marie-Françoise Brihaye

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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 27 novembre 2010

    Nos vies sont les mêmes. Nos vies se débattent, crient dans la nuit, hurlent et tremblent de peur. Infiniment nous cherchons un abri. Un lieu où le vent siffle moins fort. Un endroit où aller. Et cet abri est un visage, et ce visage nous suffit.
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  • Par kathy, le 27 octobre 2010

    J'ai vu la voisine sortir de sa maison, ..... j'ai entendu ses mots quand elle a parlé de mon père, de sa maladie et du jour où l'ambulance était venue le chercher, des dizaines de fois où elle était allée le voir à l'hôpital et le pauvre homme, c'était sa seule visite, ses enfants l'avaient abandonné, si c'est pas terrible de nos jours la solitude, ces gens qu'on enterre sans personne, qui meurent sans que leurs enfants s'en soucient. Je me rappelle avoir pensé confusément que c'était aux parents de s'occuper de leurs enfants et pas le contraire.....
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  • Par Lacrymosa, le 20 novembre 2007

    Nos vies sont les mêmes. Nos vies se débattent, crient dans la nuit, hurlent et tremblent de peur. Infiniment nous cherchons un abri. Un lieu où le vent siffle moins fort. Un endroit où aller. Et cet abri est un visage, et ce visage nous suffit.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par kathy, le 27 octobre 2010

    En dépit de ce que j'avais pu lui raconter de mes relations avec mon père, elle concluait toujours de la même manière, par cette phrase imparable : "Mais ça reste ton père". Je n'ai jamais compris ce qu'on entendait par là, ce qui faisait des liens familiaux des liens si différents des autres qu'on ne puisse les rompre quant tout nous y menait, quand on finissait par les trouver trop lâches ou étouffants.
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  • Par FraHau, le 21 novembre 2010

    Ne pas tomber en miettes ni fondre en larmes. Ne pas m'enfoncer, me laisser entrainer par ceux qui sont loin désormais, à qui j'étais lié et dont le poids me leste.
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