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ISBN : 2253006866
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 244 notes)
Résumé :
Jean Rezeau a beau être maintenant éloigné de sa mère, la terrible Folcoche, sa tyrannie le poursuit.
Des années de haine ne l'ont pas préparé à l'amour et il faudra qu'il fasse son apprentissage. A travers différentes expériences, Jean s'y appliquera et, peu à peu, il découvrira le bonheur. La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman d'Hervé Bazin un des meilleurs réquisitoires contre un certain type d'oppression... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
isabelleisapure26 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. »
Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde.
Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires contre un certain type d'oppression familiale.
Il s'agit pour moi d'une deuxième lecture et quelques trente ans après ma première découverte, j'ai retrouvé dans ce texte toute la force de l'écriture d'Hervé Bazin, un écrivain majeur du XXème siècle.
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kathy
kathy11 août 2011
  • Livres 4.00/5
Hervé Bazin, après « vipère au poing » -roman dans lequel Jean Rezeau était un enfant victime de l'oppression maternelle- nous propose dans « la mort du petit cheval » de retrouver Jean, adulte.
Indépendant, maître de sa vie, quasi distancié de l'oppression familiale, il réussi habilement à déjouer l'un après l'autre les tours de Folcoche, sa mère, et même, lors de la succession de l'héritage à lui infliger sa dernière humiliation qui la forcera à sortir définitivement de sa vie. La victime, ce n'est plus Jean ; c'est Folcoche.
Bazin dans ce roman cherche à nous montrer comment malgré toutes ces années d'oppression familiale Jean Rezeau a réussi à se forger un caractère de vainqueur, à provoquer « la mort du petit cheval » en évitant, comme le lui avait prédit sa mère, de courir à sa perte. Il accède enfin au bonheur. Mais cette lutte a été, et est encore, pour Jean un combat quotidien. S'il a réussi à se libérer de l'héritage familial (au propre comme au figuré) il n'en demeure pas moins qu'il reste le fils de sa mère, lié à elle par LE lien filial. La mémoire ne s'efface pas. Il restera toujours au plus profond de Jean des stigmates de non-amour et de maltraitance.
La lecture de ce roman nous permet dès lors de nous interroger sur la capacité de réagir à l'âge adulte en cas de maltraitance. La personne est-elle condamnée? Hervé Bazin nous montre que l'on peut ne pas répéter ce qui s'est passé (choix conscient ou non). Boris Cyrulnik appelle cette faculté : la résilience ; cette capacité de l'enfant maltraité à réussir et se développer, en dépit de l'adversité, et à refuser le statut de victime. Sachons cependant que la résilience ne se construit pas seulement à l'intérieur de la personne, ni exclusivement grâce à son entourage, mais par un entre maillage serré entre les deux. Les facteurs de résilience procèdent donc à la fois du ressort social et psychologique. Jean Rezeau a su faire appel à l'interaction de ces deux compétences.
Sachant, à mon avis que nous ne sommes pas tous « égaux » devant la résilience (comme devant la vie ….). Interrogeons-nous en effet sur les futurs parcours de vie des deux frères de Jean, et en particulier sur celui de Fred….


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brigittelascombe
brigittelascombe22 novembre 2011
  • Livres 4.00/5
"Heureux! Ca alors...
Ca alors, c'est la fin de tout! C'est la mort du petit cheval!"
Cette remarque virulente de "Folcoche", cette mère indigne que nous retrouvons dans La mort du petit cheval ,suite de Vipère au poing, en dit long sur son pouvoir destructeur et la haine développée en retour par ses fils (en particulier Jean Rézeau surnommé ironiquement Brasse-bouillon) dont elle essaye par tous les moyens d'empêcher le bonheur.
Ce roman nous conte le passage à l'âge d'homme de ce dernier, qui, timide, "le bachot en poche" tombe amoureux de sa ravissante cousine Micou aux prunelles "nuance layette" et apprend le jeu et l'enfance lors de vacances à Kervoyal dans la villa remplie de joie et de tendresse des Ledourd.
Mais c'est sans conter sur Madame Mère,intrusive et médisante garce, qui met son grain de poivre pourri dans les moindres relations.
Révolte. On coupe les vivres.Indépendance, amours multiples, mariage, bonheur.On déshérite!
Vlan!
Une superbe étude de moeurs, des portraits forts et cruels taillés au scalpel, empreints de violence. Un roman fort d' Hervé Bazin qui a pioché dans son propre "matrimoine" pour crier sa révolte familiale, surmonter sa haine et vivre enfin l'amour qui lui a fait défaut dans sa jeunesse.
Un classique incontournable!
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ADAMSY
ADAMSY17 mai 2014
  • Livres 4.00/5
Jean fait partie d'une fratrie de trois et n'a jamais été aimé par ses parents. Il surnomme sa mère Folcoche. Quant à son père, il lui reproche son manque de personnalité et le fait de suivre sa mère en tout point. Il est maintenant un jeune adulte et ses choix ne sont pas un hasard. Ses parents sont bourgeois mais Jean refuse cette bourgeoisie. Il agit de manière à contredire les envies et les sentiments de ses parents. Dans le domaine des études : il choisit des études de lettres et abandonne celles de droit. Dans le domaine de la politique, il s'engage à gauche. Dans le domaine du travail, il s'abaisse à faire des petits boulots d'ouvrir, à manier la pelle ou à vendre des chaussettes sur les marchés. Quant au choix de ses petites amies et de sa future femme, ils n'ont rien à voir avec celui de son frère qui a pris quelqu'un de son rang pour épouse ! Pour lui, c'est l'amour qui compte. Par contre, il se sent souvent incompris par son entourage.
On a une parfaite idée de la haine qui existe entre une mère et un fils mais aussi de la révolte qu'elle entraîne chez ce même fils. Je suis comme l'entourage, j'ai peine à imaginer que cela puisse exister !
C'est évidemment très bien écrit mais parfois, j'avoue que j'ai dû m'accrocher car l'écriture est d'une autre époque.
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Puck
Puck18 mai 2012
  • Livres 4.00/5
Après "Vipère au poing", voici la suite de l'histoire de Jean Rezeau. L'écriture est magnifique, Bazin décrit comme personne le cynisme, la haine et le combat psychologique que se mènent les personnages.
Un chef d'oeuvre. A lire et relire pour comprendre la haine ordinaire d'une famille.
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Citations & extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
ADAMSYADAMSY17 mai 2014
II m'est pénible de devoir mes études à la fortune des miens. Certes, je ne suis pas assez sot pour regretter l'instruction qu'ils m'ont donnée, mais maintenant que je parviens à l'âge d'homme, j'aimerais me devoir le reste. J'ai toujours jalousé les boursiers, à qui nul ne peut dire : "Vous avez eu de la chance d'être un fils à papa." J'envie les "dispensés de cours", qui travaillent chez quelque notaire et potassent toute la nuit. Non que j'aime jouer la difficulté : j'ai seulement horreur de la mentalité de ces petits séminaristes qui stimulent une vocation sacerdotale pour se faire offrir le collège et s'esbignent le lendemain du bachot. Leur mauvaise conscience sera demain la mienne. L'abomination de la désolation, ce n'est pas d'être un transfuge, ni même un ingrat. Tout le monde l'est plus ou moins. L'abomination, c'est d'être un faux homme nouveau. On peut tromper les gens, on ne se trompe pas soi-même. Ceux qui prétendent le contraire ont sans doute la chance de pouvoir domestiquer leur orgueil. Moi pas. C'est pourquoi cet orgueil s'irrite. Interminable jeunesse ! Pourquoi faut-il si longtemps exister avant de vivre, demander avant de prendre, recevoir avant de donner ?
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kathykathy07 août 2011
J'ai toujours pensé que la simplicité était proche parente de la pauvreté d'esprit. Beati pauperes spiritu...Fi donc! C'est une pauvreté dont nul n'a jamais fait voeu. Le seule insoutenable parmi les quatre calamités qui font les hommes pauvres d'esprit, pauvres d'argent, pauvres de chair ou pauvres de coeur.

Pauvre de coeur... voilà pourtant la vrai, la pire misère. La pire, parce que la plus tenace : la volonté permet de cultiver son esprit, d'acquérir de l'argent, de soigner son corps. Elle est bien moins efficace contre la misère des sentiments, surtout quand celle-ci est héréditaire.
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brigittelascombebrigittelascombe22 novembre 2011
Est-il possible que vivent sur cette terre des êtres aussi différents,aussi radicalement opposés que celle-ci et celle-là?

Celle-ci:l'ex-Folcoche.Celle-là:Micou.Folcoche et Micou, vinaigre et sirop,vipère et colombe,ma mère et ma...Ma rien du tout,pour bien dire.O précieux rien du tout.
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brigittelascombebrigittelascombe22 novembre 2011
Et Micou poussait son paroissien de mon côté pour que je puisse lire avec elle.J'y jetais les yeux,mais mon regard remontait très vite vers son décolleté qui laissait voir des salières creuses,où était tombé le poivre de menus grains de beauté.Ce poivre commençait à me brûler les yeux.
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brigittelascombebrigittelascombe22 novembre 2011
....brave homme,très serviable...

C'est drôle,mais quand j'entends ce mot dans la bouche de l'un des nôtres,il sonne exactement comme le mot serviette et donne l'impression d'être aussi facile à jeter dans le sac de linge sale.
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