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ISBN : 207032351X
Éditeur : Gallimard (1986)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 283 notes)
Résumé :
"Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficu... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
ATOS01 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
« La perspective que nous adoptons, c'est celle de la morale existentialiste. Tout sujet se pose concrètement à travers des projets comme une transcendance ; il n'accomplit sa liberté que par son perpétuel dépassement vers d'autres libertés ; il n'y a d'autre justification de l'existence présente que son expansion vers un avenir indéfiniment ouvert. Chaque fois que la transcendance retombe en immanence il y a dégradation de l'existence en «  en soi », de la liberté en facticité ; une chute est une faute morale si elle est consentie par le sujet ; si elle lui est infligée, elle prend la figure d'une frustration et d'une oppression ; elle est dans les deux cas un mal absolu ».
Voilà posé en introduction l'intérêt de cet essai .
« Combattre le mal absolu », ce mal qui s'incarne dans le seul fait de refuser à celles, pourtant semblables, considérée comme « Autres», la possibilité de s'élever afin d'atteindre dans le plein épanouissement de ses libertés la complétude infinie et indéfinie d'elle même. Liberté, donc, mais avant études, analyses, dissection des mots, des mythes, des croyances, des systèmes sociaux, culturels, cultuels, économiques, des gouvernances, des lois, us, coutumes et rituels. Et cela en procédant à une première étude « microcosmique » du monde du vivant et en élargissant la focale de sa pensée sur l'échelle macro historique de l'humain. L'humain. Fait d' « humaine nature »… Qui ne cesse jamais de vouloir classer ses membres d'une façon pyramidale. Sexe, race, nations, continent, religion. Établissant moult évaluations perverses lui permettant de croire en l'établissement perpétuel de son règne. Force est de constater que cette évaluation architecturale est sous gouvernance masculine. Nous sommes nés dans une société dite moderne gouvernée par un système bourgeois patriarcal. Et même si en occident la condition de la femelle humaine a évolué, certaines libertés acquises, même si on nous vend trop vite l'image d'une femme modèle moderne, plus de la moitié de l'humanité sait que chaque espace gagné doit être chaque jour défendu, et qu'il reste encore de nombreux murs à abattre dans les tous les temples que les pouvoirs ont dressé pour se protéger .
Alors cet essai, n'est pas dépassé. Il n'est pas d'actualité. Parce que nous ne voulons pas ici faussement faire entendre que son contenu relèverait de l'épisodique. Il est Actualité. Comme tous les domaines sur lesquels la philosophie élabore sa pensée. Il touche à la définition de l'humain, de son identité, de son histoire, de ce qui demain lui permettra d'admettre la perfectibilité de l' « en soi » de chacun de ses membres. En un mot de se réaliser à travers la connaissance approfondie de son être rapporté à l'histoire d'un Ensemble.
La « nature », voilà le point de départ.Un point d'interrogation. Par nature, l'humaine porte la vie. Par nature il est donné à l'humaine la possible de porter la descendance. Disons simplement, que telle est établie sa destinée biologique. Un possible qui devint au cours de notre évolution une nécessite, un fait, plus ou moins un bienfait, jusqu'à en devenir , par concept mental, un devoir. Nous touchons là à l'idée de permanence, à l'idée même d'immortalité, donc à l'idée de la vie, de la Mort, de l'être et de son devenir face à la conception de son avenir. « C'est en exerçant l'activité sexuelle que les hommes définissent les sexes et leurs relations comme ils créent le sens et la valeur de toutes les fonctions qu'ils accomplissent : mais elle n'est pas nécessairement impliquée dans la nature de l'être humain ».
Libération donc face au précepte. Se libérer d'une destinée dite « naturelle ». Faire le choix. Être comme cela ou comme cela, par choix, mais opter pour la transcendance.
Faire usage ou non de sa possibilité d'être. Mais cela à la seule condition d'être totalement libre de ce choix et conscient du renoncement à soi même qu'il pourrait engendrer.
«  la femme est adaptée aux besoins de l'ovule plutôt qu'à elle-même.De la puberté à la ménopause elle est le siège d'une histoire qui se déroule en elle et qui ne la concerne pas personnellement ».
La destinée biologique ne peux soumettre le destin unique d'un être. Tendre à se libérer , se désencarter, de ce qui serait appelée loi naturelle, voir d'un inconscient naturel, d'une objectivité essentielle, et cela par la pleine conscience des capacités son être, par une subjectivité existentielle. La sexualité de notre corps fait partie intégrante de nous, mais il n'explique pas tout. Notre rapport au corps, à la matière,leur imprégnation, implication, interaction, leur niveau de langage, il faut comprendre, questionner l'ensemble. Ainsi il faut interroger le rapport de l'humain au monde. Et pour cela comprendre l'histoire de ce rapport.
« L'homme n'est pas une espèce naturelle : c'est une idée historique. » Merleau-Ponty.
L'humaine fut, et est majoritairement, toujours aliénée, reléguée, maintenue, en son état d'immanence. Elle incarne l'immanence. Celle qui maintient, celle qui transmet, celle qui doit veiller à le reproduction. Reproduction, maintien, génération de la chair. Soutenue par l'élaboration pure et simple d'un conservatisme de lois veillant à ce que ce projet soit assujetti et maintenu.
N'est elle pas devenue l'arbre du fruit mais également la pécheresse du jardin ? Sainte ou démon. L'humain qui la définit ainsi ne peut choisir. Entre ces deux mensonges se cachent sans aucun doute la question de propre incarnation. L'humain ne doit donc plus choisir, mais se réfléchir. C'est l'heure sans doute , le siècle, le moment de la confrontation.
« La femme n'est pas une réalité figée, mais un devenir ; c'est dans son devenir qu'il faudrait la confronter à l'homme, c'est à dire qu'il faudrait définir ses possibilités : ce qui fausse tant de débats c'est qu'on veut la réduire à ce qu'elle a été, à ce qu'elle est aujourd'hui, cependant qu'on pose la question de ses capacités ; le fait est que des capacités ne se manifestent avec évidence que lorsqu'elles ont été réalisées ; mais le fait est aussi que lorsque l'on considère un être qui est transcendance et dépassement, on ne peut arrêter les comptes ». « Dans l'humanité les « possibilités » individuelles dépendent de la situation économique et sociale. » Dans un sens positif ou négatif. Ainsi peut on voir des bourgeoises totalement aliénée à leur situation sociale, et d'un autre côté voir une ouvrière prendre parole et pleine conscience de soi. L'inverse est tout autant possible. le fait est que la relation sociale et économique ne doit à aucun moment être écarté de l'analyse historique. Cette relation est un facteur, le terreau dans lequel se développe et perdure le mal mais il reste à étudier le germe et l'enracinement de l'idée qui a créé l'image de « l'Autre ».
L'humain, le mâle, quant à lui veut vivre sa transcendance. Se déplacer, aller plus loin, se dépasser, s'élaborer lui même. Inventer, risquer, créer. Découvrir, explorer, trouver de nouvelles prairies. Enfin : posséder. Transcendance vers une liberté. Une conquête que lui imposerait sa destinée biologique…. le biologique explique t il la propriété privée, le libéralisme, l'intérêt outrepassant le besoin, la guerre, les extrémisme politique et religieux ?… On voit bien que la nature de l'homme ne tient pas , ne suffit pas face à l'idée de la transcendance, mais il est étrange de voir comment par contre on voudrait qu'un naturel féminin colle parfaitement à l'idée de l'immanence...
« Mais l'humain n'est pas une espèce naturelle »...Le cerveau de l'humain est bien trop grand pour se loger éternellement dans une caverne... L'inconfort s'installe.
«  C'est dire que nous intéressant aux chances de l'individu, nous ne nous définirons pas ses chances en termes de bonheur, mais en terme de liberté ». Être heureux ? Être Libre ? Faut il choisir ? Que dit le maître ? Que doit comprendre l'esclave, ? Quel visage prend le seigneur ? A quel titre ? de quel droit ?
Quelle est notre histoire ? Quels furent à travers l'histoire de l'humanité notre rapport au corps, à l'autre, à la sexualité, au désir, au plaisir, à l'amour, à la procréation, à l'avortement,
Immanence pour l'Autre. Mais qui est l'Autre ? Quel est cette idée de l'Autre ? Quand , pourquoi et par qui cette Autre a t elle été construite ? L'Autre, la femelle. Celle qui est différence, inconnue, celle qui attire et révulse à la fois, la mère, le ventre de la mère, la femme, la charnelle celle à laquelle on s'attache, à laquelle on se lie, se confie, et que l'on combat « en soi ».
L'Autre que l'on ne reconnaît pas en son « en soi ». L'Autre éternelle et immuable, qui recèle et qui conserve, qui a les bras remplis de gerbes , de descendance, l'Autre qui, ainsi faite, a les deux bras tellement remplis qu'elle ne s'accomplit pas ailleurs qu'elle ne le doit.
Alors Beauvoir va vite très vite, la tâche est immense, l'humain s'est mis en marche depuis si longtemps et sur la terre entière.
L'Autre, que l'on vénère, que l'on craint, objet de magie, de péché, tantôt déesse tantôt sorcière, sourcière /incendiaire. Bref l'Autre, la presque demeurée animale.
L'humanité a t elle élaborer la théorie de la différence par crainte de faire face à sa plus élémentaire substance ? A t on crée un leurre, une fausse idée, perverti l'altérité?
le premier tome du deuxième texte est extrêmement dense, mais il contient ce qui peut aujourd'hui nous faire mieux comprendre la complexité de toutes les interactions et réactions humaines qui ne cessent de surgirent, ressurgirent, naître et mourir. L'Autre, est ici est femelle puisque tel est le sujet de cet essai. Mais cette réflexion portée sur l'Autre peut nous amener à établir le schéma mental de l'élaboration de tout Autre. L'Autre faisant toujours face à soi il convient donc d'en un premier temps de ne pas méconnaître cet en soi à partir duquel nous élaborons depuis des millénaires tous les déclinaisons, inclinaisons, torsions, et perversions d'un réel à partir desquels nous inventons toujours l'Autre qui n'est en fait que l'image retour de nous mêmes.
Bien sûr, beaucoup , notamment ceux qui se considèrent exemptés par ce sujet du seul fait du privilège d'être « bien nés » relégueront cet essai au rayon d'une histoire dépassée. D'autres l'ignoreront. Mais pour celles qui n'y ont malheureusement pas accès. C'est à celles là , mais aussi à ceux, et celles également qui les maintiennent et les contraignent à vivre un état qu'ils déclarent naturelles, à tous , il faut que ce livre soit lu, enseigné, traduit, transmis, étudié, discuté. Qu'il soit ainsi débattu de cet essai. «  La biologie ne suffit pas à fournir une réponse à la question qui nous préoccupe : pourquoi la femme est elle Autre ? Il s'agit de savoir comment en elle la nature a été reprise au cours de l'histoire ; il s'agit de savoir ce que l'humanité a fait de la femelle humaine. »
Ce n'est pas un essai appelant une révolution mais une totale exhortation à notre évolution.
Dans « les proscrits » , en une seule phrase, Balzac a fait passer Dante de la verticalité à l'horizontalité.
Dans cet essai, Beauvoir, invite l'humaine à dépasser une horizontalité par la pensée de sa verticalité, un ordre que l'auteure a souhaité transmettre pour donner plein sens au devenir de l'humanité. Lecture à poursuivre.
Astrid Shriqui Garain
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lecassin
lecassin27 novembre 2012
  • Livres 2.00/5
« le deuxième sexe » constitue une étude fouillée qui pose, entre autres questions, la question de l'existence ou non d'une identité féminine innée, pour mieux la récuser : « on ne naît pas femme on le devient »…
S'appuyant sur l'infériorisation de la femme à travers les âges dans tous les domaines de la société, hors la maison, Simone de Beauvoir s'attache à démontrer que tout, les parents, la société, la religion, formate les femmes dans leur infériorité par rapport au « mâle » ; et que mariage et enfants sont un piège qui les cloue à la maison et les empêche de se réaliser en tant qu'individu à l'extérieur. D'où le militantisme de Simone de Beauvoir pour une égalité homme/femme qui selon elle rendrait les deux plus libres…
Le deuxième sexe constitue un des piliers du néo-féminisme post soixante-huitard qui connaîtra son apogée dans le milieu des années soixante-dix. le slogan, car c'en est un, «On ne naît pas femme on le devient » faisant écho à l'autre, celui du mouvement de mai 68, «Il est interdit d'interdire».
Quoiqu'il en soit, les faits sont là…présentés, détaillés, analysés. Il n'en reste pas moins que l'interprétation qu'en fait Simone de Beauvoir est parfois un peu « tirée par les cheveux ». Un grand texte, à lire, tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un texte militant : le credo d'une femme engagée pour la reconnaissance du droit des femmes.
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ahasverus
ahasverus31 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
"En voyage le natif s'aperçoit avec scandale qu'il y a dans les pays voisins des natifs qui le regardent à son tour comme étranger.", écrivait Simone de Beauvoir. "Aucune collectivité ne se définit jamais comme Une sans immédiatement poser l'Autre en face de soi. Il suffit de trois voyageurs réunis par hasard dans un même compartiment pour que tout le reste des voyageurs deviennent des autres vaguement hostiles."
Or ce monde est un monde d'hommes : l'histoire, les statues, les tableaux, les films, la littérature, tout concourt à la glorification des grands hommes, et tout ou presque fut fait par eux. Les femmes ne sont majoritairement que d'ennuyeux seconds rôles, et dans cette circonstance, la femme est l'Autre, cet autre dont l'anthropologue Sonia Darthou écrivait récemment qu'il peut surgir et venir vous perturber, vous paniquer ou vous méduser ; cet Autre que les villageois du Rapport de Brodeck, suspicieux, avaient éliminé ; cet Autre qui sème le trouble dans le pensionnat de jeunes filles de Mrs Farnsworth chez Thomas Cullinan ; cet Autre dont l'intérieur reste toujours dans une pénombre un peu inquiétante, et qu'il faut au moins surveiller, au mieux contrôler.
Qu'est-ce qui a permis à l'homme d'imposer à l'Autre une telle souveraîneté universelle ?
Simone de Beauvoir répond au travers d'un essai philosophique dont le premier tome, d'environ 500 pages, fut écrit en 1948-1949. Parcourant l'histoire, les mythes, la biologie et l'éducation, elle date l'asservissement de la femme à son rôle de porteuse au sein du clan préhistorique, dans lequel l'homme devait avoir les mains libres pour défendre le groupe. La condition féminine serait le résultat de cette position secondaire, la consécration de l'existence humaine n'étant pas, au contraire de la vie animale, la reproduction mais la transcendance : dépasser la vie pour le bien de l'espèce. Et la femme, animée d'un même sens de la vie, "applaudit avec l'homme le chasseur qui meurt pour la tribu".
Sculptés durant des millénaires, à coups de religions, de morale, de mythes, d'outils culturels en tous genres, les stéréotypes de l'homme-guerrier et de la femme-vassale, sont devenus des modèles toujours enseignés. Servantes adorées, les princesses, auxquelles on ne demande que d'être belles et parées, attendent que des chevaliers, auxquels on ne réclame que d'être braves et armés, viennent les choisir, les délivrer, et illuminer leurs existences. de ce mensonge perpétuel sur lequel repose notre modèle social naît une constante et mutuelle déception dont l'homme reste cependant le principal usufruitier. Mais son tour de force a été que la femme elle-même se considère en tant qu'étrangère sur sa propre terre, et qu'ainsi elle adhère et concourt au maintien de sa position subordonnée et l'inculque à ses jeunes soeurs
.
Cet excellent essai philosophique, moderne, intéressant, accessible, trouvera sa fin dans un second volume qui nous entraîne "vers la libération". Sachant que Simone de Beauvoir estimait que "Lorsque deux catégories humaines se trouvent en présence, chacune veut imposer à l'autre sa souveraineté" et que "si l'une des deux est privilégiée, elle l'emporte sur l'autre et s'emploie à la maintenir dans l'oppression", il se pourrait que le chemin à parcourir soit bien plus long qu'il n'y paraît, voire même que nous soyons incapables d'y accéder.
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Sharvey
Sharvey19 décembre 2013
  • Livres 4.00/5
Ce premier des deux tomes concernant la situation de la femme dans le monde qu'elle habite - et a habité - nous informe de façon assez exhaustive sur ce qu'est - et a été - historiquement la position de celle-ci. En débutant par cet élément fondateur qu'est la biologie - début qui est, heureusement, très bien détaillé - De Beauvoir nous relate ensuite ce qu'a été la vie de la femme historiquement, mais aussi mythologiquement, c'est-à-dire de quelle manière elle a, en tant que femme, traversé et marqué les consciences.
Ce livre est très bien fait. Il aborde la condition de la femme par ce qui la détermine en premier lieu, c'est-à-dire le fait biologique. On y apprend ainsi comment la femme, par la menstruation, la grossesse, est placée très rapidement (dès la puberté) face à l'immanence; tandis que l'homme, n'ayant pas à vivre d'événements aussi "traumatisants" physiquement parlant, se découvre plutôt comme aérien et transcendant. La femme se voit alors ramenée sans cesse à son immanence et finit par y rester coincée, par croire que sa vie ne consiste qu'en cela; tandis que l'homme ne ressentant pas le poids de ces chaînes, peut plus facilement se développer dans des sphères transcendantes et croire, à son tour, qu'il n'est pas, ou si peu, soumis aux aléas de la chair. Enchaînant ensuite avec les considérations historiques, De Beauvoir démontre bien comment cette inégalité physiologique, entres autres, a été utilisée âprement de façon à asservir et à soumettre la femme à travers les âges et les époques. Ainsi les hommes, plus souvent qu'autrement, en cherchant à affirmer leur volonté de puissance, n'ont pas eu de mal à écraser les femmes et à les reléguer à des rôles et à des positions de subalternes, voire même, dans certains contextes, d'esclaves. de même, la femme s'est vue déterminée comme altérité, elle s'est vue attribuée le statut de l'Autre, c'est-à-dire d'une conscience différente, séparée mais tout de même bien présente et pouvant entrer en conflit avec le sujet qui la rencontre. La conscience de l'homme, cherchant à devenir souveraine, travaillait ainsi à réduire cette Autre, à la dominer pour pouvoir régner. Elle était aussi la cible idéale sur qui l'on pouvait projeter tout ce que l'on arrivait pas à accepter chez soi, à savoir la peur, le dégoût, l'incertitude, la sentimentalité, etc. C'est de cette façon que toutes sortes de mythes ont existé - et existent encore - au sujet des femmes; on les voit, tour à tour: sorcières, enchanteresses, pécheresses, beautés, anges, nymphes, créations célestes, etc. malheureusement, ces mythes se placent en travers du chemin menant à l'épanouissement des femmes, mais aussi des hommes qui les côtoient et les côtoieront toujours.
Cette lecture a été très bénéfique pour moi, Elle m'a permis de prendre compte de cette réalité qu'est celle de la femme et de son être au monde. L'ouvrage comportant 400 pages, De Beauvoir prend bien la peine d'expliquer et de détailler à coups d'exemples et de faits historiques sa position. Nous pourrions lui reprocher, et cela ne serait pas inexact, une certaine tendance à tracer au crayon noir des éléments de la vie biologique ou historique ne laissant pas beaucoup de place pour la nuance, et pourtant l'exercice s'avère nécessaire pour qui cherche à faire un peu plus de lumière sur la question et, au final, pas si loin de la réalité puisque appuyé par des recherches et une réflexion sérieuse. En terminant, je dirais que ce livre est un livre essentiel pour toutes personnes s'intéressant au féminisme.
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Luniver
Luniver13 octobre 2011
  • Livres 4.00/5
Un des piliers du féminisme.
L'essai est divisé en trois parties : partant du constat que la femme est considérée comme inférieure, la première partie tente d'expliquer cette différence à travers trois points de vue : biologique, psychanalytique, et celui du matérialisme historique, mais en conteste les résultats.
La deuxième partie brosse le portrait des relations hommes/femmes en Europe à travers l'histoire : on part de la préhistoire, où la femme est associée à la fécondité, en passant par l'antiquité, la religion, et les temps plus modernes. On s'aperçoit que les "avancées" sont plus dûes à un pouvoir qui tente d'en contrecarrer un autre qu'à une réelle volonté d'égalité.
La troisième partie traite des mythes construits. Ne connaissant que très peu les oeuvres évoquées dans cette section, je l'ai survolée (décortiquer des textes qu'on a pas lu, ce n'est pas très passionnant).
Qu'en penser au final ? Je me suis senti parfois perdu face aux interprétations que l'auteur tirait des faits, soit par manque de bagage pour comprendre de quoi il était question, soit par l'impression de se retrouver face à des explications un peu tirées par les cheveux. Mais de toute manière, la grande compilation de faits et d'exemples est suffisante pour prendre conscience que cette construction masculin/féminin est très artificielle, et permet de se forger sa propre opinion.
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Citations & extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
MeghMegh15 mai 2010
Personne n'est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu'un homme inquiet pour sa virilité.
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euphemieeuphemie14 octobre 2013
La consigne du de "l'amour conjugal" invite au contraire à tous les refoulements et à tous les mensonges. Et d'abord elle interdit aux époux de véritablement se connaître. L'intimité quotidienne ne crée ni compréhension ni sympathie. Le mari respecte trop sa femme pour intéressé aux avatars de sa vie psychologique : ce serait lui reconnaître une secrète autonomie qui pourrait s'avérer gênante, dangereuse; au lit prend-elle vraiment du plaisir? Aime-t-elle vraiment son mari? Est-elle heureuse de lui obéir? Il préfère ne pas s'interroger; ces questions lui semblent même choquantes. Il a épousé une "honnête femme" ; par essence elle est vertueuse, dévoué, fidèle, pure, heureuse, et elle pense ce qu'il faut penser.
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latracelatrace02 juin 2010
Le drame du mariage, ce n’est pas qu’il n’assure pas à la femme le bonheur qu’il lui promet-il n’y a pas d’assurance sur le bonheur, c’est qu’il la mutile, il la voue à la répétition et à la routine. Les vingt premières années de la vie féminine sont d’une extraordinaire richesse; la femme traverse les expériences de la menstruation, de la sexualité, du mariage, de la maternité; elle découvre le monde et son destin. A vingt ans, maîtresse d’un foyer, liée à jamais à un homme, un enfant dans les bras, voilà sa vie finie pour toujours
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picturapictura18 mars 2014
Mais le principe du mariage est obscène parce qu'il transforme en droits et devoirs un échange qui doit être fondé sur un élan spontané :il donne aux corps en les vouant à se saisir dans leur généralité un caractère instrumental, donc dégradant ;le mari est souvent glacé par l'idée qu'il accomplit un devoir, et la femme a honte de se sentir livrée à quelqu'un qui exerce sur elle un droit.
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MeghMegh15 mai 2010
Il est très difficile à une femme d'agir en égale de l'homme tant que cette égalité n'est pas universellement reconnue et concrètement réalisée.
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Videos de Simone de Beauvoir (62) Voir plusAjouter une vidéo
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Livres mentionnés dans la vidéo :
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Où me trouver :
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Intro : John Williams - Star Wars Theme
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