ISBN : 2070355527
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 170 notes) Ajouter à mes livres
Sartre répondait exactement au voeu de mes quinze ans : il était le double en qui je retrouvais, portées à l'incandescence, toutes mes manies. Avec lui, je pourrais toujours tout partager. Quand je le quittai au début d'août, je savais que plus jamais il ne sortirait de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par saphoo, le 23 mars 2011

    saphoo
    Parmi les auteurs à redécouvrir, découvrir, lire ou relire, Simone de Beauvoir me faisait de l'oeil. N'ayant que très peu abordé son œuvre, j'ai préféré la connaître elle avant tout. Et qui mieux que soi pour parler de sa propre existence. Toute biographie soit-elle de qualité, n'est pas l'image parfaite de l'intéressé et aucun auteur aussi talentueux soit-il ne peut prétendre connaître la réelle personnalité de quiconque. Je préfère donc les autobiographies par la justesse des sentiments peints, pour cette image conforme à l'originale, et cette harmonie de l'âme et de l'être qui s'en dégage.
    Cette autobiographie couvre la vie de Simone de sa naissance à ses 20 ans, aux prémices de son idylle avec JP Sartre. Lire la vie des autres n'est pas forcément intéressant, mais ce qu'il l'est, c'est de découvrir le contexte dans lequel se déroule cette existence. Une belle peinture du Paris au début du XX siècle, de la condition de cette nouvelle bourgeoisie, de la place des femmes à cette époque et encore plus de ces femmes qui revendiquent leur liberté, leur droit à l'éducation, et à leur émancipation. Ca peut sembler ridicule à notre époque, mais vouloir suivre sa propre route pour une femme, n'était pas permis. Simone a dû tailler son propre chemin loin de celui indiqué par sa mère. Elle s'éloigne de cette éducation engoncée que ses parents lui imposaient : religion catholique, mariage de bonne figure mais arrangé, une femme bien rangée en somme. Les aléas de l'histoire feront que les malheurs des uns font le bonheur des autres. En effet, la première guerre mondiale a eu raison des horizons dorés que miroitaient les parents de Simone. Les filles Beauvoir devront assumer leur destin en travaillant et faire une croix sur un mariage de bonne fortune, par manque de moyens donc de dot honorable pour un mariage pas moins honorable.
    Simone ne se plaint pas de ce régime, et trouve son plaisir dans ses études et s'investit corps et âme à poursuivre son chemin. Je fus impressionnée par la masse de travail qu'elle accomplit, son appétit pour les lettres et la philosophie. Son courage et sa détermination, son intelligence et sa perspicacité à réussir.
    Le cheminement je dirais même l'évolution de cette chrysalide, d'une enfance bien tranquille à cette vie de jeune étudiante un peu gauche et pas très féminine mais déterminée, reflète quelque peu le destin de chacun. Histoire intemporelle, pour des soucis qui sont encore d'actualité encore plus prononcés aujourd'hui. Qui n'a pas chercher sa voie, qui n'a pas douté face à un avenir incertain. Qui n'a pas évoqué ce mal être, de trouver sa place en ce bas monde. Qui n'a pas remis en cause ce même monde. Au delà de cette autobiographie, Simone de Beauvoir pose des questions existentielles, la place de l'être humain dans une société décrite, ici celle du début du XX siècle, mais les problèmes sont les mêmes encore en ce début du XXI, sans doute d'une toute autre ampleur et teneur, mais la finalité reste identique. Cette forme de moule que nous impose le cocon familiale, nous oblige notre condition sociale, déplait à Simone, elle veut devenir : elle et seulement elle sans moule ni forme obligés.
    Une plume affirmée, un peu à l'image du titre, un peu trop rangé à mon goût, manque de poésie et de liberté, toutefois j'ai apprécié cette lecture, malgré quelques longueurs, des épisodes qui se répètent, comme l'existence en somme. La routine d'une vie, les années pour Simone reviennent inlassablement avec la même monotonie, seulement vers la fin de ses études, elle se dévergonde quelque peu avec sa sœur Poupette, bravant les interdits, elles se paient une tranche d'osé dans les bars parisiens.
    Ce premier volet de sa vie, nous dessine agréablement, le sillon de son œuvre littéraire. On devine sans l'avoir lue auparavant, des réflexions profondes même si on n'adhère pas à ces idéaux et ses courants, il est toujours intéressant de soulever le voile de l' inconnu. Cette première approche, je donne l'envie d'aller à sa rencontre, en lisant un ouvrage ou deux, j'ai repéré un essai à la bibliothèque, je ne sais pas encore quel livre me tentera, mais après avoir cheminé à ses côtés je suis certaine d'y trouver une lecture intéressante.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/03/23/20703533.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par sallycinnamon, le 18 mai 2012

    sallycinnamon
    Ce livre m'a transportée, au tant par la force des idées, l'intelligence extrême de l'auteur qui transparaît à chaque page de cette autobiographie, voilà ce livre est merveilleusement intelligent et bien écrit.
    Un livre important, un livre qui donne à réfléchir, un livre avec lequel on adorera "avoir un débat" : être en accord ou en désaccord complet avec l'auteur; réfléchir, comprendre, analyser... Mais cela n'est jamais lourd ou fastidieux
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    • Livres 5.00/5
    Par Glacha, le 23 avril 2012

    Glacha
    J'ai été passionnée par ce roman, cette autobiographie de Simone de Beauvoir qui "traînait" dans ma bibliothèque depuis quelques années. Mémoires d'une jeune fille rangée est le premier tome de son autobiographie, elle y parle de son enfance, de son adolescence et de sa vie d'étudiante jusqu'à ses 20 ans et sa rencontre avec Jean-Paul Sartre. J'ai beaucoup aimé le style d'écriture, et de me plonger dans la vie de cette jeune fille bourgeoise qui peu à peu se pose beaucoup de questions sur la vie, la religion, la bourgeoisie.
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  • Par Aela, le 17 février 2011

    Aela
    Le premier volume des souvenirs autobiographiques de Simone de Beauvoir. C'est le récit du détachement progressif d'une jeune fille de la bourgeoisie des valeurs et des comportements de son milieu d'origine. Une indépendance conquise qui rayonne pendant les études de Beauvoir et lors de sa rencontre avec Sartre.
    Un témoignage exceptionnel sur la vie intellectuelle, politique et sociale de son temps.
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    • Livres 3.00/5
    Par Carotte, le 24 mars 2008

    Carotte
    Autobiographie en quatre parties qui retrace l'évolution de la pensée de Simone de Beauvoir de son enfance à sa vie de jeune adulte en passant par les affres de l'adolescence. Cet ouvrage permet de découvrir le monde bourgeois et ses préjugés pendant la période de l'entre deux guerre. La partie qui m'a semblé la plus intéressante est celle qui décrit les débuts de l'amitié entre Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre.
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Citations et extraits

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  • Par Carotte, le 15 mars 2008

    Depuis sept ans , je me confessais deux fois par mois à l'abbé Martin; je l'entretenais de mes états d'âme; je m'accusais d'avoir communié sans ferveur, d'avoir prié du bout des lèvres, trop rarement pensé à Dieu; à ces défaillances éthérées, il répondais par un sermon d'un style élevé. Un jour, au lieu de se conformer à ces rites, il se mis à me parler sur un ton familier. "Il m'est venu aux oreilles que ma petite Simone a changé... qu'elle est désobéissante, turbulente, qu'elle répond quand on la gronde... Désormais il faudra faire attention à ces choses." Mes joues s'embrasèrent, je regardait avec horreur l'imposteur que j'avais pendant des années pris pour le représentant de Dieu : brusquement il venait de retrousser sa soutane, découvrant des jupons de bigote; sa robe de prêtre n'était qu'un travesti; elle habillait une commère qui se repaissait de ragots.
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  • Par lapucelaurence, le 04 mai 2011

    Demain j'allais trahir ma classe et déjà je reniais mon sexe; cela non plus, mon père ne s'y résignait pas: il avait le culte de la jeune fille, la vraie. Ma cousine Jeanne incarnait cet idéal: elle croyait encore que les enfants naissaient dans les choux.

    Mon père avait tenté de préserver mon ignorance; il disait autrefois que lorsque j'aurais dix-huit ans il m'interdirait encore les Contes de François Coppée; maintenant, il acceptait que je lise n'importe quoi: mais il ne voyait pas beaucoup de distance entre une fille avertie, et la Garçonne dont, dans un livre infâme, Victor Margueritte venait de tracer le portrait.

    Si du moins j'avais sauvé les apparences ! Il aurait pu s'accommoder d'une fille exceptionnelle à condition qu'elle évitât soigneusement d'être insolite: je n'y réussis pas. J'étais sortie de l'âge ingrat, je me regardais de nouveau dans les glaces avec faveur; mais en société, je faisais piètre figure.

    Mes amies, et Zaza elle-même, jouaient avec aisance leur rôle mondain; elles paraissaient au "jour" de leur mère, servaient le thé, souriaient, disaient aimablement des riens; moi je souriais mal, je ne savais pas faire du charme, de l'esprit ni même des concessions.

    Mes parents me citaient en exemple des jeunes filles "remarquablement intelligentes" et qui cependant brillaient dans les salons. Je m'en irritais car je savais que leur cas n'avait rien de commun avec le mien: elles travaillaient en amateurs tandis que j'avais passé professionnelle.

    Je préparais cette année les certificats de littérature, de latin, de mathématiques générales, et j'apprenais le grec ; j'avais établi moi-même ce programme, la difficulté m'amusait; mais précisément, pour m'imposer de gaieté de cœur un pareil effort, il fallait que l'étude ne représentât pas un à-côté de ma vie mais ma vie même: les choses dont on parlait autour de moi ne m'intéressaient pas.
    Je n'avais pas d'idées subversives; en fait, je n'avais guère d'idées, sur rien; mais toute la journée je m'entraînais à réfléchir, à comprendre, à critiquer, je m'interrogeais, je cherchais avec précision la vérité: ce scrupule me rendait inapte aux conversations mondaines.

    Somme toute, en dehors des moments où j'étais reçue à mes examens, je ne faisais pas honneur à mon père; aussi attachait-il une extrême importance à mes diplômes et m'encourageait-il à les accumuler. Son insistance me persuada qu'il était fier d'avoir pour fille une femme de tête; au contraire: seules des réussites extraordinaires pouvaient conjurer la gêne qu'il en éprouvait.
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  • Par cequejelis, le 05 octobre 2011

    Je me suis mis à tenir un journal intime ; en exergue, j'écrivis : " Si quelqu'un, qui que ce soit, lit ces pages, je ne lui pardonnerai jamais. C'est une laide et mauvaise action qu'il fera là. Prière de respecter cet avertissement en dépit de sa ridicule solennité. " En outre, je pris grand soin de le dérober à tous les regards. J'y recopiais des passages de mes livres favoris, je m'interrogeais, je m'analysais je me félicitais de ma tranformation. En quoi consistait-elle au juste ? Mon journal l'explique mal ; j'y passais quantité de choses sous silence, et je manquais de recul.

    Folio n° 786, p. 260
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  • Par lireanimes, le 22 mai 2008

    Je compris qu’il considérait le mariage comme une solution et non comme un point de départ. Pas question de s’élever ensemble vers des cimes : si je devenais Madame Laiguillon, je serais vouée à l’entretien d’un « foyer clos ». Peut-être n’était-ce pas absolument inconciliable avec mes aspirations personnelles ? Je me méfiais des conciliations et celle-ci en particulier me paraissait périlleuse. Quand je partagerais l’existence de Jacques, j’aurais bien du mal à me défendre contre lui puisque déjà son nihilisme me contaminait. […] Nous n’avions foi ni l’un ni l’autre dans les valeurs traditionnelles ; mais moi j’étais décidée à en découvrir ou à en inventer d’autres […]. Je cherchais un dépassement.
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  • Par saphoo, le 23 mars 2011

    Quand les abeilles bourdonnaient, quand les volets verts s’ouvraient dans l’odeur ensoleillée des glycines, déjà je partageais avec cette journée, qui pour les autres commençait à peine, un long passé secret. Après les effusions familiales et le petit déjeuner, je m’asseyais sous le catalpa, devant une table de fer, et je faisais mes devoirs de vacances ; j’aimais ces instants, où, faussement occupée par une tâche facile, je m’abandonnais aux rumeurs de l’été : le frémissement des guêpes, le caquetage des pintades, l’appel angoissé des paons, le murmure des feuillages ; le parfum des phlox se mêlait aux odeurs de caramel et de chocolat qui m’arrivaient par bouffées de la cuisine ; sur mon cahier dansaient des ronds de soleil. Chaque chose et moi-même nous avions notre place juste ici, maintenant, à jamais.”
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Vidéo de Simone de Beauvoir

Cette pièce est une adaptation du livre de Simone de Beauvoir "Le deuxième sexe". Elle est signée Michelle Brûlé qui est aussi sur scène aux côtés d'Anne-Laure Tondu. Leur duo autour de l'écrivain et philosophe est rythmé par des chansons réalistes accompagnées à l'accordéon. "La ballade de Simone" permet de découvrir toute la complexité d'une femme et plus généralement de l'être humain et des sentiments amoureux. La pièce rappelle comment Simone de Beauvoir, qui partageait sa vie avec Jean-Paul Sartre, a aimé follement un homme tout en écrivant un livre qui marquera des générations de femmes, faisant d'elle une pionnière de l'émancipation féminine. En 1947, alors qu'elle est en pleine écriture du "Deuxième sexe", Simone tombe amoureuse de l'américian Nelson Algren, l'auteur de L'homme au bras d'or, qui fut adapté au cinéma par Otto Premingher. Son amour est tel qu'elle est prête à briser cet équilibre de sexes qu'elle recherche tant : "je serai sage, je ferai la vaisselle" écrit-elle








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