ISBN : 2070729958
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
« J'avais depuis longtemps le désir de réaliser un film sur un héros, un vrai, si possible mort jeune et beau, quand j'appris l'histoire de Thomas Elek, dit « Tommy », un lycéen parisien, Juif hongrois, qui combattit le nazisme aux côtés du groupe Manouchian, et figura ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par kathy, le 17 mai 2012

    kathy
    Le tombeau de Tommy, qui oscille entre roman et biographie, fait partie de ces livres qui – me semble-t-il- passent « à la trappe du succès », sans que l'on sache pourquoi…. ?
    Je ne saurais donc que vous le conseiller, car bien PLUS qu'un livre sur la résistance, c'est un livre fait pour MAINTENIR LA VIE.
    L'histoire : Le tombeau de Tommy ou Comment filmer un héros ?
    Il s'appellait Thomas Elek, alias Tommy, mort fusillé au fort du Mont Valérien, à 19 ans.
    Il était Juif d'origine Hongroise et se rapprocha du groupe FTP-MOI de Manouchian qui s'est illustré en menant contre l'occupant une série d'attentats spectaculaires. Son nom et sa photo figuraient, parmi dix autres, sur l' « Affiche rouge » - placardée par les Allemands avec la mention :
    « ELEK JUIF HONGROIS, 8 DERAILLEMENTS ».
    Elle s'appelait Hélène. Hélène Elek. La mère de Thomas.
    Résistante communiste, aimante et affolée, elle donna à son fils tout son Amour comme une Arme. L'un et l'autre se vouaient amour et complicité. Il la voulait toute à lui. Elle le voulait près de lui : toujours disponible pour qu'il se blottisse contre elle tel un enfant apeuré ; toujours prête à entendre le récit de ses exploits.
    Ce sont ces scènes qui vont entraîner le narrateur-réalisateur dans l'aventure d'un film. Inspiré qu'il était par la vie brève et fulgurante du héros bien réel que fut Tommy. Pour le réaliser, il cherche l'acteur IDEAL pour incarner le rôle. Il souhaite, avant tout, ne pas trahir LA mémoire, et proposer au spectateur des images justes, fidèles.
    Après de nombreux casting ratés,… un jour d'hiver, alors que le cinéaste marche dans la rue, vient vers lui « une silhouette penchée, ondulante, couronnée de blond et perchée sur des roulettes ». C'est Gabriel.
    Gabriel d'une beauté juvénile, « nimbé d'évidence et de mystère », dont « la grâce de danseur effleure les ombres et l'intensité du regard cherche la lumière ». Gabriel EST celui qui interprétera le rôle de Tommy.
    Une fois la distribution des rôles faite, c'est une projection à trois voix qu'Alain Blottière fait défiler sous nos yeux.
    Pour moi, la force de ce livre, réside dans la quête d'un IDEAL et la force de CONVICTION pour y accéder.
    Pour moi, Tommy, Hélène et Guillaume sont HABITES.
    Habités par une force qui les guide dans leur intention de promouvoir, de propulser, de faire (re)-connaître des idées, des convictions, des sentiments, face à la barbarie, l'intolérance, le scepticisme, le désenchantement. Cette force de conviction, cette croyance, donne sens à leurs actes, à leur vie. Elle les anime pour, au final, rayonner de ses bienfaits POUR et SUR les Autres.
    Cette sorte de vitalité universelle, propre à l'homme, ne serait-elle pas, alors, le moteur de changement, qui donnerait sens à leur vie ?… (et à la vie)
    Ecrit dans une langue simple, forte et pudique, Alain Blottière, tout en nous éclairant sur le destin de Thomas Elek – depuis son enfance d'émigré hongrois jusqu'à son exécution-, tout en nous impliquant dans la description du scénario du film – reconstitution sobre de moments clés de la vie de Tommy-, tout en s'interrogeant quant à l'identification dévorante de Guillaume pour Tommy, -identification qui lui servira de tremplin pour « grandir »-, rend un hommage bouleversant à la mémoire de tous les jeunes résistants.
    Au final, un livre magnifiquement BEAU.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    lilyetseslivres

    Roman d'un tournage, roman en miroir où le passé prend corps dans le présent sous les traits d'un adolescent que rien ne prédisposait à priori à tourner un tel rôle, à l'endosser avec une telle force, comme si instinctivement tout l'y poussait, comme s'il en allait de sa vie même.
    Comment expliquer qu'un adolescent, à priori comme les autres, libre comme l'air, insouciant, bascule peu à peu dans une réalité à milles lieues de lui jusqu'à la faire sienne. Soixante cinq ans séparent Tommy et Gabriel, et toutes ces années ne comptent plus…
    « A ce moment-là, dès le premier jour de tournage avec Gabriel, après avoir entendu sa démarche et entendu sa voix, l'idée de possession m'est venue à l'esprit. Après mille précautions. Je n'ai jamais pensé à une incarnation surnaturelle, à un prodige spirite ou autre grande farce grand-guignolesque. Non, mais à un phénomène seulement étrange, qui venait peut-être de mon vertigineux désir de revoir Tommy revenir et s'incarner. »
    L'irruption de Gabriel dans le film, comme s'il était prédestiné, bouscule grandement les plans du cinéaste en même temps qu'il les sert et les magnifie au-delà de toute espérance. Et c'est là toute l'ambigüité… Au départ, il n'était pas question pour le cinéaste de réaliser un film trop « sentimental », trop facilement mélodramatique, d'où le choix de Tommy plutôt que celui de Rayman ou de Wajsbrot. « Je ne voulais pas aimer Gabriel, tout comme je ne voulais pas aimer Tommy. ». Une seule ligne directrice : être au plus proche de la réalité historique, ne pas trahir, ne pas inventer surtout, ne pas sur jouer, ni embellir, mais être au plus près de la réalité, telle qu'elle fut.
    Mais c'était sans compter Gabriel. Gabriel qui endosse le manteau de Tommy pour ne plus le quitter, Gabriel qui le rend présent, presque tangible. Gabriel qui se fait l'interprète (au sens premier du terme) de Tommy auprès du cinéaste…
    Etrange jeu de miroirs… Tandis que la caméra tourne, la vie de Tommy défile sous les projecteurs, dans toute sa complexité, alors que celle de Gabriel se métamorphose, s'emplit et bascule.
    « Comment filmer un héros ? »…
    Oui comment ? sans le diminuer, le tromper… ou sans l'incarner, totalement, sans restriction et sans limite, au péril de sa vie…
    Lente descente aux enfers dans un processus d'identification, de fusion, dangereuse et bouleversante. L'adolescent touche du doigt, dévoile ce que l'adulte ne peut percevoir, dans un face à face quasi mystique. Et tandis que le film s'infléchit, riche de cette confrontation entre deux adolescents que soixante cinq ans pourtant séparent, le cinéaste découvre, dans cette mise en abyme, un sentiment qu'il avait inconsciemment mis à l'écart, qu'il n'avait pas su voir, avant, l'attachement d'un père pour son fils, le secret de Gabriel, peut-être…
    Le tombeau de Tommy est aussi celui de l'enfance de Gabriel, de son innocence et de son insouciance. Gabriel n'est pas un acteur, il n'a pas joué, il a été… Tommy. Son double, celui qui le sauve de l'oubli, cette deuxième mort. Celui qui offre une sépulture, un "tombeau" à celui qui en fut privé, assassiné, un certain 21 février 1944, au Mont-Valérien. Mais le prix est lourd à payer, lourd de retentissements intimes, imprévisibles et dévastateurs…
    Comment filmer un héros ? Comment transmettre l'Histoire, celle de ces héros, si jeunes, dont l'existence après avoir été brisée, menace de sombrer dans l'oubli…
    Comment transmettre… Faire comprendre (prendre avec, tout contre soi) sans trahir…
    Histoire de transmission, d'héritage, de sens à donner à la vie….
    Il faut lire « Le tombeau de Tommy » et l'aimer dans toute sa complexité, dans ce face à face entre le présent et le passé, dans ce face à face avec un tout jeune homme, Tommy, qui va tout au bout de ses actes pour que l'espérance et la liberté ne soient pas de vains mots.
    Ce livre m'a transpercée plus que je ne saurais le dire.
    Un grand coup de cœur.

    Lien : http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/search/label/Blotti%C3%A8re%2..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par FrancoisGe, le 26 avril 2012

    FrancoisGe
    Alain Blottière se met dans la peau d'un metteur en scène qui fait un film sur la vie de Thomas Elek, résistant fusillé pendant la seconde guerre mondiale pour avoir fait dérailler des trains.
    Tout au long du livre, on suit le récit, exprimé à la première personne, des recherches de documentaliste entreprises par le cinéaste et on découvre au fur et à mesure les scènes du film qu'il a tournées avec Gabriel dans le rôle de Tommy.
    Le ressort de l'intrigue tient aux conséquences de ce rôle. Pendant le tournage, Gabriel, l'acteur principal, semble habité par la personnalité du résistant Tommy et quand on sait que le personnage réel et mort fusillé, on nourrit les plus grandes craintes quant au sort final de Gabriel.
    À plusieurs reprises, l'auteur affirme, dans la bouche du cinéaste, qu'il ne veut rien inviter, ou du moins le minimum. J'aurais pourtant aimé qu'Alain Blottière ne reste pas à mi-chemin.
    Les petits paragraphes présentés en italique correspondent aux scènes du film qu'ils tournent. Chaque scène est séparée de la suivante par des justifications du cinéaste sur le résultat de ses recherches documentaires. J'ai pourtant eu l'impression que c'était l'auteur du livre qui parlait le plus souvent.
    Résultat : Il m'a été impossible de me plonger dans le film puisque les chapitres, les scènes, ne se suivent pas. Bien souvent, les explications données à la première personne par le cinéaste semblaient émaner d'Alain Blottière lui-même.
    J'aurais préféré lire une histoire sous forme de roman retraçant les activités de résistance de Thomas Elek. D'autant que l'auteur en a manifestement le talent. Ce livre est merveilleusement écrit et bien des phrases sont magnifiques de virtuosité et d'élégance.
    Un roman aurait évité ces coupures entre scène de film et explications sur la réalité de l'époque à la première personne des recherches de documents. Un roman m'aurait permis de m'identifier avec le résistant, de vivre ses actes de sabotage et de trembler avec lui pendant les jours les plus pénibles.
    Evidemment, sous forme de roman, cette histoire n'aurait pu contenir l'intrigue de l'identification de l'acteur avec le résistant. Mais cette question, si souvent annoncée au fil des pages comme finissant en tragédie connait finalement un dénouement qui m'a laissé sur ma faim.
    Je tire de cette lecture un bilan mitigé. L'architecture du livre faite d'une succession de plans de film et de chapitre d'explications ne m'a pas convaincu. L'écriture est pourtant sublime. En conclusion, je considère donc que l'auteur n'a pas tiré le meilleur parti de ses recherches, de cette histoire vraie poignante et de son talent.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Claude Arnaud pour le Magazine Littéraire

    Les intentions ou le brio éventuel d'un auteur ne suffisent pas toujours à expliquer pourquoi son livre est palpitant, tant cette qualité relève de l'indéfinissable : si ça marche, le livre est bon, même s'il n'... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 18 mai 2012

    Son sourire d'enfant, son sourire du plus beau de l'homme, est une lumière dans la nuit d'horreur que d'autres hommes, ivres d'instincts animaux, font tomber sur le monde.
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  • Par kathy, le 18 mai 2012

    Ce court bonheur fut-il terni par cette dernière humiliation de figurer ce à quoi les tâcherons de la propagande voulaient les réduire : des monstres épuisés, transis, hirsutes. Tommy dut ressentir durement cet outrage. Pourtant, sur ces photos, de tous les dix (jeunes résistants) émanent, à l'inverse, une noblesse d'hommes libres, un orgueil de vagabonds, un panache d'aristocrates au pied de l'échafaud. Tout le contraire de la vulgarité grégaire et lâche d'un matamore S.S., comprimé dans son ridicule uniforme amidonné.
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  • Par kathy, le 08 mai 2012

    On découvre dans cette scène la relation singulière qui se noua entre Hélène la rebelle et son fils en armes. Engagée elle-même dans la Résistance, la mère encouragea son fils au combat. Non pas directement, mais par un soutien et un amour constants, une présence affectueuse, un lien presque magique : "Je suis Antée, et toi tu es la terre, lui disait-il, quand je te touche, j'ai de la force".
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  • Par FrancoisGe, le 10 mai 2012

    Le regard de Tommy vers l'avenir sombre semblait vouloir se détourner de nous, du jeune Gabriel des années 2000, si vide, si seul, si privé d'idéal qu'il s'était laissé investir par un fantôme, et du vieux cinéaste impénitent chasseur d'émotions forcément éphémères, qui tentait en vain d'arrimer le temps.
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  • Par FrancoisGe, le 26 avril 2012

    Les archives... contiennent des trésors inestimables mais rangés au hasard de classements énigmatiques dans l'abandon des encres qui s'effacent et des papiers qui se déchirent.
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