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ISBN : 2266115006
Éditeur : Pocket (2001)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 297 notes)
Résumé :
C'est à Londres, en 1943, que Joseph Kessel, conteur inégalable et premier chroniqueur de notre temps, a écrit "L'armée des ombres", qui n'est pas seulement l'un de ses chefs-d’œuvre mais le roman-symbole de la Résistance que l'auteur présente ainsi : "La France n'a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n'a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie [...]

Jamais la Fr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
09 juin 2016
  • 5/ 5
Ecrit en 1943. Pleine guerre. Ecrit par un Résistant. A chaud, au coeur de l'action. Joseph Kessel, alors membre du réseau Carte, témoigne. Pas de son courage, pas de son héroïsme, pas de son engagement. Pourtant aussi méritoires que ceux de ses compatriotes. Il s'efface devant le courage, l'héroïsme et l'engagement de ces anonymes unis pour la plus grande des causes à défendre : la liberté.
Son ambition : raconter aussi fidèlement que possible la France souterraine, la France combative, celle qui lutte pour son honneur. Mettre dans la lumière la France de l'ombre.
Son angoisse : manquer justement de fidélité, et ne pas honorer à leur juste valeur ces héros. Car si tout est authentique, Kessel doit modifier, déformer les profils pour protéger leur vie et éviter toute représaille.
Ses héros : simples, discrets, ordinaires. Garagiste, ingénieur, mère de famille, instituteur, plus de barrière sociale. Juste une même colère, une même résolution, une même hargne.
Son écriture : sobre, humble, sur la réserve mais ferme. La main qui trace les mots ne tremble pas, ne doute pas, ne laisse pas place à la rêverie. Une main déterminée. A l'image de ces résistants : Gerbier, Jean-Francois, Mathilde, le Bison et tous les autres.
 
Kessel n'esquive pas les sentiments pour autant, laissant surgir le temps d'un paragraphe exaltation, doute, colère, dépit mais jamais longtemps. Pas le temps de tergiverser, pas le temps de s'attendrir, pas le moment de s'apitoyer sur les jours heureux. L'action domine dans les coeurs. On pèse alors chaque mot, on surveille chaque geste. Tout acte est réfléchi, plus de place à l'instinct. Des amitiés naissent mais la méfiance règne. La trahison n'est jamais loin, et la Gestapo rôde. Pourtant, jamais une plainte, jamais un regret, jamais une larme. Ni la peur de l'arrestation, ni l'angoisse de la torture, ni la mort ne peuvent les arrêter. Car ils le savent : " La Résistance a pris la forme de l'Hydre. Coupez-lui la tête, il en repousse dix, à chaque jet de sang."
Non, L'armée des ombres n'est pas un livre de plus sur la Résistance. L'armée des ombres est Le livre à lire sur le sujet.
Car à n'en pas douter, la fiction, aussi réussie soit-elle, n'égalera jamais la puissance émotionnelle du témoignage de l'intérieur.
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zwyns
17 février 2016
  • 5/ 5
Un portrait de la Résistance Françaises à ses débuts.Dans ce magnifique roman Joseph Kessel nous parle peu de l'organisation de celle-ci,et des grosses têtes qui la couvrent.
Il s'attarde plus sur les tâcherons ;si je puis utiliser ce terme quelque peu réducteur; qui vont faire le noyau de ce Résistance.
Des femmes,des hommes,qui issus de tous milieux vont affronter avec courage,la Gestapo et la sinistre Milice de Doriot.
Si ,les principaux dirigeants organisent tout depuis le Royaume_Uni,les petites mains à l'oeuvre sur
le Continent ,tels radios ,sauveteurs d'aviateurs Alliés,espions Français de l'Organisation Todt,liquidateurs de traîtres ou personnes ayant trop parlé,saboteurs d'installations Allemandes,messagers....et j'en passe ont donnés à la France souvent sans reconnaissance de sa part.Encore une fois Kessel,nous a ébloui par la simpliçité de son texte,par son ton dramatique.
Un livre à faire lire aux ados,et même au vieux,pour nous replonger dans cette période particulièrement de cette période noire de l'Europe;
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IreneAdler
12 novembre 2012
  • 5/ 5
Des hommes qui vont à la mort en chantant. Des femmes, qui d'agent de liaison, deviennent chef de maquis. Des personnes que tout oppose, classe sociale, opinions politiques, éducation, se lient d'amitié, font des "coups", s'évadent, sont exécutées, torturées. Se trahissent parfois, parce qu'ils ne sont que des hommes et ont des points faibles.
L'Occpation a réveillé l'instinct de survie physique et psychologique, l'animal en chaque homme. Un sursaut de conscience face à l'horreur nazie.
Même si Kessel ne rapporte les actions que d'un seul groupe, c'est toute la Résistance qui est ici saluée, honorée par un texte écrit par un résistant, pendant la guerre.
La Résistance pendant qu'elle se bat, s'invente, se mythifie.
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Ancolie
04 juillet 2012
  • 4/ 5
Quel précieux roman que celui-ci. Ecrit en 1943, il nous apporte un témoignage sur la résistance française face à l'occupant au début de la seconde guerre mondiale. Nous suivons le parcours d'hommes et de femmes qui décident de défendre leur patrie et s'ils sont ordinaires, il en ressort que leurs actions sont extraordinaires. Femmes au foyer, garagistes, policiers, rentiers, curés de campagne,… les résistants sont de tous bords, de tous genres. Sabotages, courriers, refuges, assassinats,… toutes les actions sont nécessaires et salutaires pour l'armée de l'ombre. La lutte pour la liberté a malheureusement un prix que tous acceptent de payer : emprisonnement, torture, suicide, condamnation à mort.
L'intérêt de ce roman qui finalement n'en est pas vraiment un – on pourrait plutôt parler de « roman-reportage » - est de plonger au coeur de la résistance et cela sans recul, tout est pris au vif et il en ressort une grande sincérité et une force incroyable. Un texte à lire et à relire.
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oran
31 juillet 2016
  • 5/ 5
Lu le roman, vu le film de Jean Pierre Melville.
Revu le film, relu le livre, plusieurs fois.
Désormais, je ne peux plus dissocier le personnage de Philippe Gerbier de Lino Ventura qui incarne avec un réalisme époustouflant ce résistant .
Kessel concluait sa préface en donnant une dernière précision : tout ce qu'il donnait à lire avait été vécu par des gens de France et souhaitait avoir conservé, le plus fidèlement possible leur image.
Son vœu est exaucé au-delà de ses espérances.
Parmi les romans qui évoque la Résistance, c'est, pour moi un des meilleurs. Il est magistral.
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Citations & extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
SarpouSarpou09 octobre 2007
Ces gens auraient pu se tenir tranquilles. Rien ne les forçait à l’action. La sagesse, le bon sens leur conseillait de manger et de dormir à l’ombre des baïonnettes allemandes et de voir fructifier leurs affaires, sourire leurs femmes, grandir leurs enfants. Les biens matériels et les liens de la tendresse étroite leur étaient ainsi assurés. Ils avaient même, pour apaiser et bercer leur conscience, la bénédiction du vieillard de Vichy. Vraiment, rien ne les forçait au combat, rien que leur âme libre.
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PingouinPingouin21 avril 2012
Tu comprends, ils sont venus dans leurs chars, avec leurs yeux vides. Ils pensaient que les chenilles des chars sont faites pour tracer la nouvelle loi des peuples. Comme ils avaient fabriqué beaucoup de chars, ils avaient l'assurance d'être nés pour écrire cette loi. Ils ont en horreur la liberté, la pensée. Leur vrai but de guerre c'est la mort de l'homme pensant, de l'homme libre. Ils veulent exterminer tout ce qui n'a pas les yeux vides. Ils ont trouvé en France des gens qui avaient les mêmes goûts et ceux-là sont entrés à leur service. Et ceux-là t'ont mis à pourrir ici, toi qui n'avait pas commencé à vivre. Ils ont fait mourir le petit Armel. Tu les as vu livrer le malheureux qui croyait au droit d'asile. En même temps, ils publiaient que le conquérant était magnanime. Un immonde vieillard essayait de suborner le pays. "Soyez sages, soyez lâches" enseignait-il. "Oubliez que vous avez été fiers, joyeux et libres. Obéissez et souriez au vainqueur. Il vous laissera vivoter tranquilles." Les gens qui entouraient le vieillard calculaient que la France était crédule et qu'elle était douce. Qu'elle est le pays de la mesure et du juste milieu. "La France est tellement civilisée, tellement amollie, pensaient-ils, qu'elle a perdu le sens du combat souterrain et de la mort secrète. Elle acceptera, elle s'endormira. Et dans son sommeil nous lui ferons des yeux vides." Et ils pensaient encore : "Nous ne craignons pas les enragés. Ils n'ont pas de liaisons. Ils n'ont pas d'armes. Et nous avons toutes les divisions allemandes pour nous défendre." Tandis qu'ils se réjouissaient ainsi, naissait la résistance.
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PseudoPseudo19 décembre 2011
La France est une prison. On y sent la menace, la misère, l'angoisse, le malheur comme une voûte pesante et qui s'affaisse chaque jour davantage sur les têtes. La France est une prison, mais l'illégalité est une évasion extraordinaire. Les papiers ? On les fabrique. Les tickets d'alimentation ? On les vole, dans les mairies. Voitures, essence ? On les prend aux Allemands. Gêneurs ? On les supprime. Les lois, les règles n'existent plus. L'illégal est une ombre qui glisse à travers leur réseau. Plus rien n'est difficile, puisque l'on a commencé par le plus difficile : négliger ce qui est essentiel : l'instinct de conservation.
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VALENTYNEVALENTYNE06 février 2016
Mon hôte maintenant est le baron de V…Et mon logement un beau château Louis XIII. La propriété comprend un parc, un bois, un étang, des terres étendues et riches. On ne peut imaginer un refuge plus sûr et plus agréable. Je vais pouvoir rétablir les liaisons et former des plans avec tranquillité. Le baron se met entièrement à mon service. C’est un personnage. Un long nez, le teint brûlé par le soleil et le vent, des yeux petits et durs, il tient à la fois du loup et du renard. Il n’aime que ses terres et la chasse. Ancien officier de cavalerie, bien entendu. Sa femme et ses enfants vivent dans la terreur. Le seul être qui lui en impose est sa sœur aînée, vieille fille qui ne quitte jamais sa culotte de cheval. Le baron de V…était un ennemi juré de la République. Il avait composé avant la guerre, avec ses métayers, ses valets de chiens et ses piqueurs, un peloton armé de fusils de chasse et de revolvers, qui était destiné à enlever d’assaut, à cheval, la préfecture voisine, en cas d’insurrection royaliste. Ce peloton, parfaitement organisé, parfaitement entraîné, existe toujours. Mais il agira contre les allemands. Les armes ne manquent pas. On fait de nombreux parachutages sur les terres du baron. Il n’appartient à aucune organisation de résistance. Mais il les aide toutes. Quand sa femme et ses enfants sont couchés, il part avec sa sœur, à cheval tous les deux, faire la réception des parachutes.
C’est à ce féodal que m’a confié notre chef de secteur, secrétaire de syndicat. J’ai plaisanté le baron de V…sur sa complicité avec un révolutionnaire. Il m’a dit : "je préfère, Monsieur, une France rouge à une France qui rougisse".
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gillgill19 mai 2012
Il n'y a pas de propagande en ce livre et il n'y a pas de fiction. Aucun détail n'y a été forcé et aucun n'y est inventé. On ne trouvera assemblés ici, sans apprêt et parfois même au hasard, que des faits authentiques, éprouvés, contrôlés et pour ainsi dire quotidiens. Des faits courants de la vie française.
Les sources sont nombreuses et sûres. Pour les caractères, les situations, la souffrance la plus nue et pour le plus simple courage, il n'y avait qu'un tragique embarras du choix. Dans ces conditions l'entreprise semblait des plus faciles.
Or, de tous les ouvrages que j'ai pu écrire au cours d'une vie déjà longue, il n'en est pas un qui m'ait demandé autant de peines que celui-là. Et aucun ne m'a laissé aussi mécontent.
Je voulais tant dire et j'ai dit si peu....
(extrait de la préface de l'édition de poche parue en 1986)
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Joseph Kessel, témoin parmi les hommes. Entretiens avec Paul Guimard
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Avec son neveu, il est l'auteur des paroles d'un hymne à la révolte et à la résistance écrit à Londres dans les années 40 :

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