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ISBN : 2266115006
Éditeur : Pocket (2001)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 248 notes)
Résumé :
C'est à Londres, en 1943, que Joseph Kessel, conteur inégalable et premier chroniqueur de notre temps, a écrit "L'armée des ombres", qui n'est pas seulement l'un de ses chefs-d’œuvre mais le roman-symbole de la Résistance que l'auteur présente ainsi : "La France n'a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n'a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie [...]

Jamais la Fr... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
IreneAdler12 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Des hommes qui vont à la mort en chantant. Des femmes, qui d'agent de liaison, deviennent chef de maquis. Des personnes que tout oppose, classe sociale, opinions politiques, éducation, se lient d'amitié, font des "coups", s'évadent, sont exécutées, torturées. Se trahissent parfois, parce qu'ils ne sont que des hommes et ont des points faibles.
L'Occpation a réveillé l'instinct de survie physique et psychologique, l'animal en chaque homme. Un sursaut de conscience face à l'horreur nazie.
Même si Kessel ne rapporte les actions que d'un seul groupe, c'est toute la Résistance qui est ici saluée, honorée par un texte écrit par un résistant, pendant la guerre.
La Résistance pendant qu'elle se bat, s'invente, se mythifie.
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Ancolie
Ancolie04 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Quel précieux roman que celui-ci. Ecrit en 1943, il nous apporte un témoignage sur la résistance française face à l'occupant au début de la seconde guerre mondiale. Nous suivons le parcours d'hommes et de femmes qui décident de défendre leur patrie et s'ils sont ordinaires, il en ressort que leurs actions sont extraordinaires. Femmes au foyer, garagistes, policiers, rentiers, curés de campagne,… les résistants sont de tous bords, de tous genres. Sabotages, courriers, refuges, assassinats,… toutes les actions sont nécessaires et salutaires pour l'armée de l'ombre. La lutte pour la liberté a malheureusement un prix que tous acceptent de payer : emprisonnement, torture, suicide, condamnation à mort.
L'intérêt de ce roman qui finalement n'en est pas vraiment un – on pourrait plutôt parler de « roman-reportage » - est de plonger au coeur de la résistance et cela sans recul, tout est pris au vif et il en ressort une grande sincérité et une force incroyable. Un texte à lire et à relire.
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Pingouin
Pingouin23 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Nous nous sommes tous un jour ou l'autre questionné à ce sujet, pas toujours en imaginant le même contexte, mais la question intrinsèque reste la même : "Et moi, qu'aurais-je fait ?".
Voilà ce qu'eux ont fait, tous ces résistants, ceux-là qui forment une partie de la fierté de la France ; ceux-là qui ne se sont pas tus lorsque tout les y incitait ; ceux-là qui couraient à une mort certaine afin de conserver la fierté et la liberté que beaucoup d'autres avaient troqué juste pour avoir la possibilité de vivoter tranquillement dans la honte qui, au vu des actions de la résistance, les entachait pour le reste de leur vie ; ceux-là forment L'Armée des ombres, et ce livre nous conte quelques unes de leurs histoires.
Le roman est formé en trois parties, la première sous forme de roman classique, l'on passe ensuite à une longue série où de simples "notes" s'enchaînent, parfois des anecdotes sans aucun lien avec les précédentes, mais qui ont au moins le mérite d'être véridiques -dans la limite du possible, il ne faut pas omettre le fait que ce livre a été écrit en 1943, de fait et pour des raisons évidentes et nécessaires d'anonymat, les noms et lieues ont été modifiés-, puis la troisième partie qui se rapproche de la première dans la forme.
Écrit dans un style agréable sans être simple, c'est un enchaînement de fierté -d'être Français-, de joie -de constater la survie d'un personnage que l'on apprécie-, de peine -d'accepter la mort d'un que l'on apprécie également-, de surprise -d'apprendre la fierté et la bonté de l'être humain, comme sa petitesse et sa méchanceté, selon la situation- et d'intérêt -tout cela reste passionnant du début à la fin. C'est un livre dur, le fait de se dire que tout ce qui y est exposé peut-être considéré comme la réalité nous confisque la phrase de secours "c'est de la fiction" et nous oblige à regarder cette première en face, aussi dur et gratifiant que cela puisse être.
J'y ai appris énormément de choses, sur la résistance d'abord, sur la nature humaine ensuite, les différentes citations extraites de sa lecture et disponibles un peu plus bas vous permettront d'en avoir un aperçu correct.

J'ai vraiment été bouleversé et je referme ce livre avec une fierté de mon pays et de mes ancêtres renouvelée. Un court et grand livre.
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litolff
litolff16 septembre 2011
  • Livres 5.00/5
Un hommage magnifique à tous ces combattants de l'ombre dont a été Kessel, à tous les résistants, les jeunes, les vieux, les femmes, les naïfs, les exaltés, les intrépides et les revanchards... La fraternité et la compassion éclairent ce texte qui, ainsi que l'a souhaité l'auteur, permet d'apprécier l'extraordinaire courage, la force de caractère et la détermination qui animaient ces hommes et ces femmes, prêts à l'ultime sacrifice pour sauvegarder l'indépendance de la France.
Dans un style vif et sec, alerte, presque journalistique, parfois télégraphique, un texte vibrant et salutaire pour faire vivre de l'intérieur le quotidien d'un réseau de résistance, d'en faire ressentir les enjeux de chaque instant, les craintes, les angoisses, le pessimisme, les aléas de motivation, la noirceur, mais également l'ambition, l'orgueil, l'espoir.
Un livre très fort et émouvant.
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lauredanse
lauredanse15 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
Un livre extrêmement poignant, fort, d'une grande humilité et qui porte la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale à la hauteur de toute sa grandeur, qui nous montre diverses visages de français qui se battent pour la liberté, dans l'ombre, bien qu'ils savent à l'avance qu'ils peuvent aller, dans la plupart des cas, directement à la mort. La fraternité dans toute sa splendeur. On revit toute la monstruosité que l'homme peut revêtir, par les tortures, toute sa manipulation, toute sa perversité et toute sa lâcheté.
La préface de ce livre est magnifique et démontre toute l'humilité et la sobriété de Joseph Kessel.
Dans ce livre, nous suivons le parcours de plusieurs personnes ordinaires, de toutes origines, de tous milieux, portés par une même voix, portés par le même espoir et qui choisissent de se défendre, de ne pas subir et de se sacrifier pour leurs convictions. Gerbier, ingénieur des ponts et chaussées, qui fait partie de l'état major d'un des groupements de la Résistance, est arrêté et enfermé dans un camp. Il y rencontrera Legrain, qui ne connait même pas la Résistance étant arrivé dans le camp bien avant qu'elle soit créée. A travers le récit de Gerbier il voudra les rejoindre et fera évader ce dernier, bien que lui ne pourra finalement pas partir. « Mais pour celui qui a senti cet éveil, ce premier frémissement, c'était la chose la plus émouvante du monde. C'était la sève de la liberté, qui commençait à sourdre à travers la terre française. Alors les Allemands et leurs serviteurs et le vieillard, ont voulu extirper la plante sauvage. Mais plus ils en arrachaient, et mieux elle poussait. Ils ont empli les prisons. Ils ont multiplié les camps. Ils se sont affolés. Ils ont enfermés le colonel, le voyageur de commerce, le pharmacien. Et ils ont eu encore plus d'ennemis. Ils ont fusillé. Or, c'était de sang que la plante avait surtout besoin pour croître et se répandre. le sang a coulé. le sang coule. Il va couler à flots. Et la plante deviendra forêt.(…) Celui qui entre en résistance vise l'Allemand. Mais en même temps il frappe Vichy et son vieillard, et les séides de vieillard, et le directeur de notre camp, et les gardiens que tu vois chaque jour à l'ouvrage. La résistance, elle est tous les hommes français qui ne veulent pas qu'on fasse de la France des yeux morts, des yeux vides. »
Nous suivrons alors Gerbier, et rencontrerons beaucoup de ces humbles et différents hommes et femmes qui auront décidés de défendre la liberté, quoiqu'il puisse leur en coûter, en passant par leurs réussites, à leurs arrestations, à leurs tortures, à leurs mises à mort, mais toujours avec une grandeur d'âme et d'être saisissante. Nous aimerons Legrain, Félix la tonsure, Jean-François, Mathilde, Lemasque, Saint-Luc et tant d'autres…. Dans la narration est intégrée les notes de Gerbier qui le font parler à la première personne, ce qui rend encore plus émouvant ce qu'il écrit de son travail de résistant et ce qu'il y voit, ressent et vit.
Je ne vais pas raconter davantage ce qu'il se passe dans le livre car le mieux est d'en prendre possession, pour vivre avec tous ces gens simples et vibrants d'amour de leur pays, la grande émotion, la grande admiration pour un peuple qui s'est soulevé en une seule et même force, alliant chrétiens, juifs, communistes, ouvriers etc, dévoué et se sacrifiant pour un seul et même but : la liberté.
Je ne peux que vous recommander cet ouvrage qui est un magnifique éloge à la Résistance et qui est superbement écrit. J'ai été vraiment émue et admirative. C'est un coup de coeur.
Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2013/01/15/j..
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Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE06 février 2016
Mon hôte maintenant est le baron de V…Et mon logement un beau château Louis XIII. La propriété comprend un parc, un bois, un étang, des terres étendues et riches. On ne peut imaginer un refuge plus sûr et plus agréable. Je vais pouvoir rétablir les liaisons et former des plans avec tranquillité. Le baron se met entièrement à mon service. C’est un personnage. Un long nez, le teint brûlé par le soleil et le vent, des yeux petits et durs, il tient à la fois du loup et du renard. Il n’aime que ses terres et la chasse. Ancien officier de cavalerie, bien entendu. Sa femme et ses enfants vivent dans la terreur. Le seul être qui lui en impose est sa sœur aînée, vieille fille qui ne quitte jamais sa culotte de cheval. Le baron de V…était un ennemi juré de la République. Il avait composé avant la guerre, avec ses métayers, ses valets de chiens et ses piqueurs, un peloton armé de fusils de chasse et de revolvers, qui était destiné à enlever d’assaut, à cheval, la préfecture voisine, en cas d’insurrection royaliste. Ce peloton, parfaitement organisé, parfaitement entraîné, existe toujours. Mais il agira contre les allemands. Les armes ne manquent pas. On fait de nombreux parachutages sur les terres du baron. Il n’appartient à aucune organisation de résistance. Mais il les aide toutes. Quand sa femme et ses enfants sont couchés, il part avec sa sœur, à cheval tous les deux, faire la réception des parachutes.

C’est à ce féodal que m’a confié notre chef de secteur, secrétaire de syndicat. J’ai plaisanté le baron de V…sur sa complicité avec un révolutionnaire. Il m’a dit : "je préfère, Monsieur, une France rouge à une France qui rougisse".
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SINCLAIRESINCLAIRE30 janvier 2016


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SarpouSarpou09 octobre 2007
Ces gens auraient pu se tenir tranquilles. Rien ne les forçait à l’action. La sagesse, le bon sens leur conseillait de manger et de dormir à l’ombre des baïonnettes allemandes et de voir fructifier leurs affaires, sourire leurs femmes, grandir leurs enfants. Les biens matériels et les liens de la tendresse étroite leur étaient ainsi assurés. Ils avaient même, pour apaiser et bercer leur conscience, la bénédiction du vieillard de Vichy. Vraiment, rien ne les forçait au combat, rien que leur âme libre.
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PingouinPingouin21 avril 2012
Tu comprends, ils sont venus dans leurs chars, avec leurs yeux vides. Ils pensaient que les chenilles des chars sont faites pour tracer la nouvelle loi des peuples. Comme ils avaient fabriqué beaucoup de chars, ils avaient l'assurance d'être nés pour écrire cette loi. Ils ont en horreur la liberté, la pensée. Leur vrai but de guerre c'est la mort de l'homme pensant, de l'homme libre. Ils veulent exterminer tout ce qui n'a pas les yeux vides. Ils ont trouvé en France des gens qui avaient les mêmes goûts et ceux-là sont entrés à leur service. Et ceux-là t'ont mis à pourrir ici, toi qui n'avait pas commencé à vivre. Ils ont fait mourir le petit Armel. Tu les as vu livrer le malheureux qui croyait au droit d'asile. En même temps, ils publiaient que le conquérant était magnanime. Un immonde vieillard essayait de suborner le pays. "Soyez sages, soyez lâches" enseignait-il. "Oubliez que vous avez été fiers, joyeux et libres. Obéissez et souriez au vainqueur. Il vous laissera vivoter tranquilles." Les gens qui entouraient le vieillard calculaient que la France était crédule et qu'elle était douce. Qu'elle est le pays de la mesure et du juste milieu. "La France est tellement civilisée, tellement amollie, pensaient-ils, qu'elle a perdu le sens du combat souterrain et de la mort secrète. Elle acceptera, elle s'endormira. Et dans son sommeil nous lui ferons des yeux vides." Et ils pensaient encore : "Nous ne craignons pas les enragés. Ils n'ont pas de liaisons. Ils n'ont pas d'armes. Et nous avons toutes les divisions allemandes pour nous défendre." Tandis qu'ils se réjouissaient ainsi, naissait la résistance.
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PseudoPseudo19 décembre 2011
La France est une prison. On y sent la menace, la misère, l'angoisse, le malheur comme une voûte pesante et qui s'affaisse chaque jour davantage sur les têtes. La France est une prison, mais l'illégalité est une évasion extraordinaire. Les papiers ? On les fabrique. Les tickets d'alimentation ? On les vole, dans les mairies. Voitures, essence ? On les prend aux Allemands. Gêneurs ? On les supprime. Les lois, les règles n'existent plus. L'illégal est une ombre qui glisse à travers leur réseau. Plus rien n'est difficile, puisque l'on a commencé par le plus difficile : négliger ce qui est essentiel : l'instinct de conservation.
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Joseph Kessel, témoin parmi les hommes. Entretiens avec Paul Guimard
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Avec son neveu, il est l'auteur des paroles d'un hymne à la révolte et à la résistance écrit à Londres dans les années 40 :

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