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ISBN : 270718814X
Éditeur : La Découverte (2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.22/5 (sur 407 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Depuis cinquante ans qu'il arpente le globe, Nicolas Bouvier fait figure de référence pour tous les écrivains voyageurs. Ses livres sont rares pourtant et l'on n'y trouvera guère mention de records ou de raids spectaculaires.

Cet Usage du monde ne fait pas exception. Car l'écrivain suisse aime prendre son temps. Il attendra parfois dix ans, voire vingt, avant de relater, solidement mûries ses impressions de voyage. Cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
CraboBonn
CraboBonn20 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
Présenté comme un classique de la littérature de voyage, ce livre est surtout un livre d'ouverture sur le monde et un livre de découverte de l'autre et de soi. Mais n'est-ce pas là en fait l'essence du voyage ?
Que celui qui cherche un guide touristique passe son chemin. Ce livre est le témoignage d'un voyage tel qu'il ne pourra plus être refait. C'est l'histoire d'un périple de plus d'un an (entre 1953 et 1954) entre la Serbie et les portes de l'Inde. Un parcours lent où les deux voyageurs, Nicolas Bouvier et son ami peintre Thierry Vernet, vivront de leurs talents (journalisme, exposition de peinture, musique) et avanceront au fil du vent en fonction de leur bonne (ou mauvaise) fortune. Avec une vieille épave qui leur sert de monture, un magnétophone pour enregistrer les chants serbes, tsiganes ou perses, une machine à écrire pour mettre en forme les souvenirs, et quelques pinceaux et toiles, les deux compères vont traverser la Serbie, la Macédoine, la Turquie, l'Iran, l'Azerbahidjan (ils feront escale tout un hiver a Tabriz), l'Afghanistan, pour enfin rejoindre Khyber Pass, aux portes du Pakistan, l'oeil tourné vers l'Inde. Rien qu'à l'énoncé de ces destinations on comprend ce que leur témoignage a d'exceptionnel. Ils sont passé dans ces contrées avant qu'elles ne soient re-déchirées par les guerres, à une époque où la lettre, même dans ces contrées reculées, était encore le plus sûr moyen de communiquer et où la langue française avait encore une certaine aura.
Un livre d'une écriture très stylée (peut-être même presque précieuse), qui n'invite pas totalement au voyage (les galères y sont foison … y compris un pittoresque séjour en prison faute de pouvoir se payer l'hotel), mais qui se lit avec beaucoup de plaisir et avec lenteur. Il lui manque une seule chose (du moins à mon édition): une carte de géographie !
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litolff
litolff02 août 2014
  • Livres 5.00/5
8000km dans les cahots d'une Fiat Topolino, de Belgrade à la Khyber Pass, en passant par la Macédoine, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan : c'est le défi que relevèrent en 1954 Nicolas Bouvier et Thierry Vernet avant de restituer cette folle aventure dans L'usage du monde, merveilleuse épopée poétique et philosophique.
Certains voyageurs partent en Asie ou en Amérique du Sud, caméra autour du cou , au pas de course et dans les pas d'un guide avec la satisfaction béate de pouvoir raconter plus tard avoir « fait » la Thaïlande ou le Brésil ; et de résumer que finalement « on a bien mangé, mais rien ne vaut la cuisine de chez nous ! »… Foin de ce genre de touristes : lorsque Nicolas Bouvier et Thierry Vernet se mettent au volant de leur voiture à Belgrade, ils partent avec l'enthousiasme de jeunes gens : ils ont 24 ans et dix-huit mois devant eux, ils ne recherchent ni l'exotisme ni l'exploit, ils partent avec un accordéon, une guitare et un enregistreur, avec l'intention de gagner un peu d'argent pour subvenir à leurs besoins et surtout l'envie de découvrir, les paysages comme leurs habitants.
8000km au travers de routes non asphaltées, de déserts ou de lacets de montagne défoncés supposent une bonne connaissance de la mécanique bien sur mais aussi une bonne aptitude à lier connaissance, à rencontrer et à faire confiance aux habitants qu'ils devront inévitablement solliciter pour dépanner ou porter leur voiture perpétuellement en panne, et qu'ils vont d'ailleurs plus souvent pousser que conduire.
S'ensuivent dix-huit mois d'un voyage joyeux qui s'apparente parfois à l'errance, parfois à la survie, dans des régions montagneuses ou désertiques, voire mal famées.
Le récit de Nicolas Bouvier restitue avec une grande érudition et une précision d'orfèvre les contrées que traversent les deux compères et sa plume poétique et pleine d'humour témoigne de la tendresse qu'il éprouve pour tous les personnages improbables dont ils croisent la route.
Pour avoir arpenté quelques régions du globe un peu de la même façon, j'ai ressenti un peu de mélancolie à l'idée de ce voyage que plus personne ne fera. Alors bien sûr, lorsqu'on ferme ce livre, on n'a qu'une envie, faire son baluchon et sauter dans une Fiat… mais entre temps, certaines parties du monde se sont disloquées et recomposées, l'Iran n'est plus le même et l'Afghanistan… encore moins !
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Flodopas78
Flodopas7817 août 2015
  • Livres 5.00/5
Classique de la littérature de voyage, le récit de Nicolas Bouvier nous projette dans un monde aujourd'hui disparu, où peu d'occidentaux s'aventuraient. Parti de Genève à l'été 1953, accompagné de son ami Thierry Vernet, peintre et dessinateur, le jeune homme de 24 ans, traverse les Balkans, la Turquie, l'Iran et l'Afghanistan à bord d'une Fiat Topolino, dans des conditions parfois extrêmes. Ce voyage sur des routes le plus souvent rudimentaires est ponctué d'étapes plus ou moins longues pour permettre au duo de gagner leur vie grâce à leurs talents artistiques. Ainsi, ils passent l'hiver dans la ville de Tabriz, coupée du monde par la neige et le froid pendant 6 mois, et sont amenés à partager la vie rude d'un peuple pratiquant un islam modéré et accueillant. Après la traversée éprouvante du désert Baloutch, les deux voyageurs s'arrêtent à Quetta pour reprendre des forces. Leur voyage s'achève à Kaboul, centre du monde de par sa position géographique, au carrefour des grandes cultures de l'Inde, de l'Iran et de la Chine. le récit de Nicolas Bouvier est ponctué d'anecdotes, de rencontres multiples et savoureuses, agrémenté de références historiques et culturelles. Sa curiosité, son don de l'observation et son ouverture d'esprit nous ouvrent des espaces de beauté et de réflexion. La richesse de ses descriptions et la précision des mots utilisés nous restituent de façon vivante et imagée la vie quotidienne et l'environnement des personnes rencontrées ainsi que la grandeur sauvage des paysages traversés, nous invitant ainsi à partager toutes les émotions vécues par ce pèlerin des temps modernes.
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EFar
EFar26 juillet 2011
  • Livres 5.00/5
Gens pressés s'abstenir, c'est un livre qui prend son temps.
J'ai découvert en même temps Nicolas Bouvier et l'Usage du monde, et c'est un des meilleurs carnet de voyage que j'ai lu. Il n'y a pas que les qualités littéraires du récit - cet homme là écrit vraiment très bien - il y a surtout la lenteur du voyage, ce rythme qui fait que l'important c'est le trajet lui-même plutôt que la destination.
Ce voyage de la Suisse aux portes de l'Inde est long, très long. Nicolas Bouvier et Thierry Vernet (qui illustre cette épopée de ses dessins à l'encre) jouissent des rencontres, de simples observations, de leur distance au monde. Et leur patiente avancée sur l'échine du monde est fertile.
La vie intérieure de nos compères s'étoffe par la perte, quand le cheminement les dépouille de tout.
Cela ne va pas sans questionnement, et l'errance devient peu à peu intérieure.
Ce qui mène tout droit au Poisson scorpion, mais c'est une autre histoire.
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Andr
Andr08 mars 2016
  • Livres 5.00/5
"L'usage du monde" est un carnet de voyage exceptionnel ! Nicolas Bouvier , âgé de 24 ans , et son ami peintre Thierry Vernet partent à bord d'une Fiat Topolino à l'été 1953 de Belgrade pour rejoindre plus d'un an plus tard le Pakistan aux portes de l'Inde. Ils traversent successivement la Serbie , la Macédoine , la Turquie , l'Iran , l'Azerbaïdjan et l'Afghanistan.
Chaque étape est une occasion nouvelle de découvrir l'Autre. de nombreuses rencontres et anecdotes pittoresques ponctuent ce récit.
Un chef d'oeuvre à (re)découvrir !
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Les critiques presse (1)
Telerama09 décembre 2015
Au journal de Bouvier, cette édition soignée et fidèle à l'original joint les dessins à l'encre du talentueux Vernet — « mon frère jumeau », disait l'écrivain.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (100) Voir plus Ajouter une citation
PasoaPasoa19 mai 2016
Ah ! Croyez-moi, reprit-il avec dévotion, on a beau dire ! La Perse est encore le pays du merveilleux.
Ce mot me fit songer. Chez nous, le merveilleux serait plutôt l'exceptionnel qui arrange ; il est utilitaire, ou au moins édifiant. Ici, il peut naître aussi bien d'un oubli, d'un péché, d'une catastrophe qui, en rompant le train des habitudes, offre à la vie un champ inattendu pour déployer ses fastes sous des yeux toujours prêts à s'en réjouir.
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PasoaPasoa19 mai 2016
A cause de l'habitude qui endort et console, la plupart d'entre eux ne savaient presque plus qu'ils avaient faim. Outre leurs trois verres de thé, ils déjeunaient d'un morceau de pain turc et d'un mince écheveau de sucre filé. Jamais, quand j'étais à leur table, ils ne commençaient sans m'offrir d'abord : Beffarmâid - c'est à vous - cette minable pitance qui s'en trouvait aussitôt sanctifiée. Si j'acceptais, c'en était fait du repas de la journée. Je me demandais quel ordre poussait ces ventres-creux à offrir ainsi machinalement le peu qu'ils possèdent ? Un ordre noble, en tout cas, bien ample, impérieux, et avec lequel ces faméliques sont plus familiers que nous.
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DunadanDunadan16 mai 2016
Par la suite, nous ne nous sommes jamais croisés sans qu'elle m'adresse un signe ou un clin d’œil de connivence ; avoir tous deux vu l'Allemagne - bien différemment pourtant - nous avions au moins ça à partager. Jamais non plus je n'ai pu oublier cette femme, ni sa façon d’accommoder les souvenirs. Passé un certain degré de coriacité ou de misère, la vie parfois se réveille et cicatrise tout. Le temps passe, la déportation devient une forme de voyage et même, grâce à cette faculté presque terrifiante qu'a la mémoire de transformer l'horreur en courage, un voyage dont on reparle volontiers.
Toutes les manières de voir le monde sont bonnes, pourvu qu'on en revienne. Paradoxe bien mortifiant pour ses bourreaux d'autrefois : le séjour d'Allemagne était devenu son principal sujet d'orgueil, une aventure que pouvaient lui envier tous les malheureux de Prilep qui avaient du se contenter d'être tourmentés chez eux.
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AnseaAnsea12 mai 2016
Ici, où l'on use les machines jusqu'à la ruine sans souci de les revendre, les garagistes ignorent ce répertoire de mimiques consternées ou méprisantes qui, chez nous, font honte au propriétaire d'un "clou" et l'obligent à acheter du neuf. Ce sont des artisans pas des vendeurs.
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lexotelexote05 juin 2010
J’aurai longtemps vécu sans savoir grand-chose de la haine. Aujourd’hui j’ai la haine des mouches. Y penser seulement me met les larmes aux yeux. Une vie entièrement consacrée à leur nuire m’apparaîtrait comme un très beau destin. Aux mouches d’Asie s’entend, car, qui n’a pas quitté l’Europe n’a pas voix au chapitre. La mouche d’Europe s’en tient aux vitres, au sirop, à l’ombre des corridors. Parfois même elle s’égare sur une fleur. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, exorcisée, autant dire innocente. Celle d’Asie, gâtée par l’abondance de ce qui meurt et l’abandon de ce qui vit, est d’une impudence sinistre. Endurante, acharnée, escarbille d’un affreux matériau, elle se lève matines et le monde est à elle. Le jour venu, plus de sommeil possible. Au moindre instant de repos, elle vous prend pour un cheval crevé, elle attaque ses morceaux favoris : commissures des lèvres, conjonctives, tympan. Vous trouve-t-elle endormi? elle s’aventure, s’affole et va finir par exploser d’une manière bien à elle dans les muqueuses les plus sensibles des naseaux, vous jetant sur vos pieds au bord de la nausée. Mais s’il y a plaie, ulcère, boutonnière de chair mal fermée, peut-être pourrez-vous tout de même vous assoupir un peu, car elle ira là, au plus pressé, et il faut voir quelle immobilité grisée remplace son odieuse agitation. On peut alors l’observer à son aise : aucune allure évidemment, mal carénée, et mieux vaut passer sous silence son vol rompu, erratique, absurde, bien fait pour tourmenter les nerfs – le moustique, dont on se passerait volontiers, est un artiste en comparaison.

Cafards, rats, corbeaux, vautours de quinze kilos qui n’auraient pas le cran de tuer une caille; il existe un entre-monde charognard, tout dans les gris, les bruns mâchés, besogneux au couleurs minables, aux livrées subalternes, toujours prêts à aider au passage. Ces domestiques ont pourtant leurs points faibles – le rat craint la lumière, le cafard est timoré, le vautour ne tiendrait pas dans le creux de la main – et c’est sans peine que la mouche en remontre à cette piétaille. Rien ne l’arrête, et je suis persuadé qu’en passant l’Ether au tamis on y trouverait encore quelques mouches.

Partout où la vie cède, reflue, la voilà qui s’affaire en orbes mesquines, prêchant le Moins – finissons-en…renonçons à ces palpitations dérisoires, laissons faire le gros soleil – avec son dévouement d’infirmière et ses maudites toilettes de pattes.

L’homme est trop exigeant: il rêve d’une mort élue, achevée, personnelle, profil complémentaire du profil de sa vie. Il y a travaille et parfois il l’obtient. La mouche d’Asie n’entre pas dans ces distinctions-là. Pour cette salope, mort ou vivant c’est bien pareil et il suffit de voir le sommeil des enfants du Bazar (sommeil de massacrés sous les essaims noirs et tranquilles) pour comprendre qu’elle confond tout à plaisir, en parfaite servante de l’informe.

Les anciens, qui y voyaient clair, l’ont toujours considérée comme engendrée par le Malin. Elle en a tous les attributs : la trompeuse insignifiance, l’ubiquité, la prolifération foudraoyante, et plus de fidélité qu’un dogue (beaucoup vous auront lâché qu’elle sera encore là).

Les mouches avaient leurs dieux : Baal-Zeboub (Belzébuth) en Syrie, Melkart en Phénicie, Zeus Apomyios d’Elide, auxquels on sacrifiait, en les priant bien fort d’aller paître plus loin leurs infects troupeaux. Le Moyen-Age les croyait nées de la crotte, ressuscitées de la cendre, et les voyait sortir de la bouche du pécheur. Du haut de sa chaire, saint Bernard de Clairvaux les foudroyait par grappes avant de célébrer l’office. Luther lui-même assure, dans une de ses lettres, que le Diable lui envoie ses mouches qui “ "conchient son papier” ".

Aux grandes époques de l’empire chinois, on a légiféré contre les mouches, et je suis bien certain que tous les Etats vigoureux se sont, d’une manière et de l’autre, occupés de cet ennemi. On se moque à bon droit – et aussi parce que c’est la mode – de l’hygiène maladive des Américains. N’empêche que, le jour où avec une esquadrille lestée de bombes DDT ils ont occis d’un seul coup les mouches de la ville d’Athènes, leurs avions naviguaient exactement dans les sillage de saint Georges.
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Vidéo de Nicolas Bouvier
La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.
Dans la catégorie : Récits de voyagesVoir plus
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En juin 1953 débute l’aventure. Nicolas et Thierry partent-ils à pied, en voiture ou à dos d’âne ?

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