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ISBN : 270718814X
Éditeur : La Découverte (2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.24/5 (sur 435 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Depuis cinquante ans qu'il arpente le globe, Nicolas Bouvier fait figure de référence pour tous les écrivains voyageurs. Ses livres sont rares pourtant et l'on n'y trouvera guère mention de records ou de raids spectaculaires.

Cet Usage du monde ne fait pas exception. Car l'écrivain suisse aime prendre son temps. Il attendra parfois dix ans, voire vingt, avant de relater, solidement mûries ses impressions de voyage. Cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
CraboBonn
CraboBonn20 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
Présenté comme un classique de la littérature de voyage, ce livre est surtout un livre d'ouverture sur le monde et un livre de découverte de l'autre et de soi. Mais n'est-ce pas là en fait l'essence du voyage ?
Que celui qui cherche un guide touristique passe son chemin. Ce livre est le témoignage d'un voyage tel qu'il ne pourra plus être refait. C'est l'histoire d'un périple de plus d'un an (entre 1953 et 1954) entre la Serbie et les portes de l'Inde. Un parcours lent où les deux voyageurs, Nicolas Bouvier et son ami peintre Thierry Vernet, vivront de leurs talents (journalisme, exposition de peinture, musique) et avanceront au fil du vent en fonction de leur bonne (ou mauvaise) fortune. Avec une vieille épave qui leur sert de monture, un magnétophone pour enregistrer les chants serbes, tsiganes ou perses, une machine à écrire pour mettre en forme les souvenirs, et quelques pinceaux et toiles, les deux compères vont traverser la Serbie, la Macédoine, la Turquie, l'Iran, l'Azerbahidjan (ils feront escale tout un hiver a Tabriz), l'Afghanistan, pour enfin rejoindre Khyber Pass, aux portes du Pakistan, l'oeil tourné vers l'Inde. Rien qu'à l'énoncé de ces destinations on comprend ce que leur témoignage a d'exceptionnel. Ils sont passé dans ces contrées avant qu'elles ne soient re-déchirées par les guerres, à une époque où la lettre, même dans ces contrées reculées, était encore le plus sûr moyen de communiquer et où la langue française avait encore une certaine aura.
Un livre d'une écriture très stylée (peut-être même presque précieuse), qui n'invite pas totalement au voyage (les galères y sont foison … y compris un pittoresque séjour en prison faute de pouvoir se payer l'hotel), mais qui se lit avec beaucoup de plaisir et avec lenteur. Il lui manque une seule chose (du moins à mon édition): une carte de géographie !
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Renod
Renod07 juin 2016
  • Livres 4.00/5
En 1953, à la fin du mois de juillet, Nicolas Bouvier quitte Genève au volant de sa vieille Fiat Topolino. Il se dirige vers Belgrade où il doit rejoindre son ami Thierry Vernet. Les deux hommes prendront ensuite la route vers la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan… « Nous avions deux ans devant nous et de l'argent pour quatre mois. le programme était vague, mais dans de pareilles affaires, l'essentiel est de partir. » Ce départ n'a pas besoin d'être justifié ou d'avoir une destination précise, le voyage comme expérience se suffit à lui-même.
Il connaitront au cours de ce périple des instants de grâces et des moments de profond désespoir. Ils endureront les climats les plus extrêmes, le rude hiver d'une région montagneuse ou la chaleur écrasante d'un désert rocheux. Ils feront les rencontres les plus diverses, croisant des personnages extraordinaires ou providentiels. La violence existe dans ces contrées reculées et il est souvent nécessaire de suivre son instinct pour éviter autant que possible le danger. Autres périls : les maladies. Ils devront faire face à la malaria, à la jaunisse ou aux fièvres de diverses natures. Ils rencontrent aussi des problèmes d'argent, ils doivent trouver sur place de nouvelles ressources pour continuer à voyager, et des problèmes mécaniques. Dans les cotes abruptes, ce sont les deux amis qui poussent la Fiat et ils traverseront le désert d'Iran à faible allure, bloqués sur la deuxième vitesse.
Nicolas Bouvier ne rédige pas un compte-rendu exhaustif de son voyage. Son récit comprend de nombreuses ellipses et semble n'être composé que de bribes. Il parvient pourtant à reconstituer ces univers en relevant des sons, des musiques, des langages, en saisissant les couleurs dominantes et les nuances de luminosité. le récit est fait de portraits saisissants, d'anecdotes parfois drôles, souvent terribles et de quelques maximes pleines de sagesse.

Pour finir, je reprends les dernières lignes du texte « Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.»
Au cours du voyage, le jugement et la compréhension s'effacent pour laisser la place à l'ouverture, la curiosité et l'intuition. C'est ce qu'il entend lorsqu'il écrit que « le voyage permet de sortir de soi, c'est une purge de l'âme. » Il s'agit d'être présent et ouvert au monde, sans préjugé.
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Andr
Andr08 mars 2016
  • Livres 5.00/5
"L'usage du monde" est un carnet de voyage exceptionnel ! Nicolas Bouvier , âgé de 24 ans , et son ami peintre Thierry Vernet partent à bord d'une Fiat Topolino à l'été 1953 de Belgrade pour rejoindre plus d'un an plus tard le Pakistan aux portes de l'Inde. Ils traversent successivement la Serbie , la Macédoine , la Turquie , l'Iran , l'Azerbaïdjan et l'Afghanistan.
Chaque étape est une occasion nouvelle de découvrir l'Autre. de nombreuses rencontres et anecdotes pittoresques ponctuent ce récit.
Un chef d'oeuvre à (re)découvrir !
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litolff
litolff02 août 2014
  • Livres 5.00/5
8000km dans les cahots d'une Fiat Topolino, de Belgrade à la Khyber Pass, en passant par la Macédoine, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan : c'est le défi que relevèrent en 1954 Nicolas Bouvier et Thierry Vernet avant de restituer cette folle aventure dans L'usage du monde, merveilleuse épopée poétique et philosophique.
Certains voyageurs partent en Asie ou en Amérique du Sud, caméra autour du cou , au pas de course et dans les pas d'un guide avec la satisfaction béate de pouvoir raconter plus tard avoir « fait » la Thaïlande ou le Brésil ; et de résumer que finalement « on a bien mangé, mais rien ne vaut la cuisine de chez nous ! »… Foin de ce genre de touristes : lorsque Nicolas Bouvier et Thierry Vernet se mettent au volant de leur voiture à Belgrade, ils partent avec l'enthousiasme de jeunes gens : ils ont 24 ans et dix-huit mois devant eux, ils ne recherchent ni l'exotisme ni l'exploit, ils partent avec un accordéon, une guitare et un enregistreur, avec l'intention de gagner un peu d'argent pour subvenir à leurs besoins et surtout l'envie de découvrir, les paysages comme leurs habitants.
8000km au travers de routes non asphaltées, de déserts ou de lacets de montagne défoncés supposent une bonne connaissance de la mécanique bien sur mais aussi une bonne aptitude à lier connaissance, à rencontrer et à faire confiance aux habitants qu'ils devront inévitablement solliciter pour dépanner ou porter leur voiture perpétuellement en panne, et qu'ils vont d'ailleurs plus souvent pousser que conduire.
S'ensuivent dix-huit mois d'un voyage joyeux qui s'apparente parfois à l'errance, parfois à la survie, dans des régions montagneuses ou désertiques, voire mal famées.
Le récit de Nicolas Bouvier restitue avec une grande érudition et une précision d'orfèvre les contrées que traversent les deux compères et sa plume poétique et pleine d'humour témoigne de la tendresse qu'il éprouve pour tous les personnages improbables dont ils croisent la route.
Pour avoir arpenté quelques régions du globe un peu de la même façon, j'ai ressenti un peu de mélancolie à l'idée de ce voyage que plus personne ne fera. Alors bien sûr, lorsqu'on ferme ce livre, on n'a qu'une envie, faire son baluchon et sauter dans une Fiat… mais entre temps, certaines parties du monde se sont disloquées et recomposées, l'Iran n'est plus le même et l'Afghanistan… encore moins !
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Flodopas78
Flodopas7817 août 2015
  • Livres 5.00/5
Classique de la littérature de voyage, le récit de Nicolas Bouvier nous projette dans un monde aujourd'hui disparu, où peu d'occidentaux s'aventuraient. Parti de Genève à l'été 1953, accompagné de son ami Thierry Vernet, peintre et dessinateur, le jeune homme de 24 ans, traverse les Balkans, la Turquie, l'Iran et l'Afghanistan à bord d'une Fiat Topolino, dans des conditions parfois extrêmes. Ce voyage sur des routes le plus souvent rudimentaires est ponctué d'étapes plus ou moins longues pour permettre au duo de gagner leur vie grâce à leurs talents artistiques. Ainsi, ils passent l'hiver dans la ville de Tabriz, coupée du monde par la neige et le froid pendant 6 mois, et sont amenés à partager la vie rude d'un peuple pratiquant un islam modéré et accueillant. Après la traversée éprouvante du désert Baloutch, les deux voyageurs s'arrêtent à Quetta pour reprendre des forces. Leur voyage s'achève à Kaboul, centre du monde de par sa position géographique, au carrefour des grandes cultures de l'Inde, de l'Iran et de la Chine. le récit de Nicolas Bouvier est ponctué d'anecdotes, de rencontres multiples et savoureuses, agrémenté de références historiques et culturelles. Sa curiosité, son don de l'observation et son ouverture d'esprit nous ouvrent des espaces de beauté et de réflexion. La richesse de ses descriptions et la précision des mots utilisés nous restituent de façon vivante et imagée la vie quotidienne et l'environnement des personnes rencontrées ainsi que la grandeur sauvage des paysages traversés, nous invitant ainsi à partager toutes les émotions vécues par ce pèlerin des temps modernes.
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Les critiques presse (1)
Telerama09 décembre 2015
Au journal de Bouvier, cette édition soignée et fidèle à l'original joint les dessins à l'encre du talentueux Vernet — « mon frère jumeau », disait l'écrivain.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur26 août 2016
il y a plusieurs endroits où de grands braillards lyriques, le cœur sur la main, ignorants comme des bornes, ont voulu à toutes forces se risquer, et ont cessé de donner de leurs nouvelles. Pas besoin de brigands pour cela ; il suffit d'un hameau de montagne misérable et isolé, d'une de ces discussions irritées, à propos d'un pain ou d'un poulet où, faute de se comprendre, on gesticule de plus en plus fort, avec des regards de plus en plus inquiets jusqu'à l'instant où les bâtons se lèvent rapidement au-dessus d'une tête. Et tout ce qu'on a pu penser de la fraternité des peuples ne les empêche pas de retomber.
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gavarneurgavarneur24 août 2016
Sur le quai, deux hommes nettoyaient d'énormes tonnes qui empestaient le soufre et la lie. L'odeur de melon n'est bien sûr pas la seule qu'on respire à Belgrade. Il y en a d'autres, aussi préoccupantes : odeurs d'huile lourde et de savon noir, odeurs de choux, odeurs de merde. C'était inévitable : la ville était comme une blessure qui doit couler et puer pour guérir, et son sang robuste paraissait de taille à cicatriser n'importe quoi
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gavarneurgavarneur23 août 2016
Les Serbes sont non seulement d'une générosité merveilleuse, mais ils ont encore conservé le sens antique du banquet : une réjouissance doublée d'un exorcisme. Quand la vie est légère : un banquet. Est-elle trop lourde ? un autre banquet. Loin de dépouiller le vieil homme » comme nous y engage l’Écriture, on le réconforte par de formidables rasades, on l'entoure de chaleur, on le gorge de musique admirable.
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gavarneurgavarneur21 août 2016
[...]depuis mille ans, en Macédoine, l'histoire s'ingénie à brouiller les races et les cœurs. Pendant des générations, les Ottomans y ont divisé pour régner en dressant les uns contre les autres des villageois écrasés d'impôts. Lorsque l'Empire turc a faibli, les « grandes puissances » ont pris la relève ; c'était commode ce pays brûlé où l'on pouvait vider ses querelles par personnes interposées. On armait les terroristes ou les contre-terroristes, les cléricaux ou les anarchistes, et tant pis si les Macédoniens ne pouvaient plus souffler.
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liketheleafliketheleaf20 août 2016

Vers six heures du matin, les beaux jours de septembre, on peut surprendre Prilep navigant dans les brumes fraîche d’une belle aube d’été. Le premier soleil sèche la rosée dans les champs de tabac, éclaire les vols de tourterelles qui tournent autour du minaret. La ville montre une candeur adorable et une sorte de courage neuf que le chant des coqs exprime assez bien ; on lui pardonne son apathie, sa duplicité, tous ses péchés de la veille, et on lui souhaite un meilleur avenir.
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Videos de Nicolas Bouvier (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Bouvier
La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.
Dans la catégorie : Récits de voyagesVoir plus
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