Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 222889401X
Éditeur : Payot et Rivages (2001)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 241 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Depuis cinquante ans qu'il arpente le globe, Nicolas Bouvier fait figure de référence pour tous les écrivains voyageurs. Ses livres sont rares pourtant et l'on n'y trouvera guère mention de records ou de raids spectaculaires. Cet Usage du monde ne fa... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (30)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par CraboBonn, le 20 janvier 2013

    CraboBonn
    Présenté comme un classique de la littérature de voyage, ce livre est surtout un livre d'ouverture sur le monde et un livre de découverte de l'autre et de soi. Mais n'est-ce pas là en fait l'essence du voyage ?
    Que celui qui cherche un guide touristique passe son chemin. Ce livre est le témoignage d'un voyage tel qu'il ne pourra plus être refait. C'est l'histoire d'un périple de plus d'un an (entre 1953 et 1954) entre la Serbie et les portes de l'Inde. Un parcours lent où les deux voyageurs, Nicolas Bouvier et son ami peintre Thierry Vernet, vivront de leurs talents (journalisme, exposition de peinture, musique) et avanceront au fil du vent en fonction de leur bonne (ou mauvaise) fortune. Avec une vieille épave qui leur sert de monture, un magnétophone pour enregistrer les chants serbes, tsiganes ou perses, une machine à écrire pour mettre en forme les souvenirs, et quelques pinceaux et toiles, les deux compères vont traverser la Serbie, la Macédoine, la Turquie, l'Iran, l'Azerbahidjan (ils feront escale tout un hiver a Tabriz), l'Afghanistan, pour enfin rejoindre Khyber Pass, aux portes du Pakistan, l'oeil tourné vers l'Inde. Rien qu'à l'énoncé de ces destinations on comprend ce que leur témoignage a d'exceptionnel. Ils sont passé dans ces contrées avant qu'elles ne soient re-déchirées par les guerres, à une époque où la lettre, même dans ces contrées reculées, était encore le plus sûr moyen de communiquer et où la langue française avait encore une certaine aura.
    Un livre d'une écriture très stylée (peut-être même presque précieuse), qui n'invite pas totalement au voyage (les galères y sont foison … y compris un pittoresque séjour en prison faute de pouvoir se payer l'hotel), mais qui se lit avec beaucoup de plaisir et avec lenteur. Il lui manque une seule chose (du moins à mon édition): une carte de géographie !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par EFar, le 26 juillet 2011

    EFar
    Gens pressés s'abstenir, c'est un livre qui prend son temps.
    J'ai découvert en même temps Nicolas Bouvier et L'usage du monde, et c'est un des meilleurs carnet de voyage que j'ai lu. Il n'y a pas que les qualités littéraires du récit - cet homme là écrit vraiment très bien - il y a surtout la lenteur du voyage, ce rythme qui fait que l'important c'est le trajet lui-même plutôt que la destination.
    Ce voyage de la Suisse aux portes de l'Inde est long, très long. Nicolas Bouvier et Thierry Vernet (qui illustre cette épopée de ses dessins à l'encre) jouissent des rencontres, de simples observations, de leur distance au monde. Et leur patiente avancée sur l'échine du monde est fertile.
    La vie intérieure de nos compères s'étoffe par la perte, quand le cheminement les dépouille de tout.
    Cela ne va pas sans questionnement, et l'errance devient peu à peu intérieure.
    Ce qui mène tout droit au Poisson scorpion, mais c'est une autre histoire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 01 février 2012

    le_Bison
    Nicolas Bouvier, une invitation aux voyages. le lire me donne envie de récupérer ma vieille Renault 4 (à défaut de Fiat Topolino) et de partir sans but précis, juste à la rencontre des visages et des paysages. Car en plus de nous conter son expérience, Nicolas Bouvier nous ouvre au Monde, aux autres. Cette pérégrination de sa Suisse natale à Kaboul est une expérience indescriptible. Certes, c'est une toute autre époque de nos jours, et il me parait plus que difficile de refaire un tel parcours, sans avoir l'air d'un « touriste ». Pourtant, je me prends au jeu, je parcours le monde avec lui ; il n'est plus le seul à croiser des autochtones, moi aussi je bois des rakis avec quelques gueules cassées issues des fins fonds des terroirs locaux. Moi aussi je chemine à travers les Balkans, traverse la Turquie, franchit l'Iran, tutoie les sommets afghans et pakistanais… Il y a des livres qui vous transforment, qui vous font prendre conscience du monde qui vous entoure. Il y a des romans qui devraient se trouver sur une table de chevet et qui pourraient être lus maintes fois, sans s'en lasser, et toujours en découvrant une nouvelle facette de l'âme humaine. « L'usage du monde » de Nicolas Bouvier en fait partie. le seul souci, c'est qu'il me faudrait plus d'une table de chevet tant ce genre de romans me passionnent et semblent si merveilleux, entre poésie et philosophie. Nicolas Bouvier, c'est à la fois découvrir le Monde avec ses valeurs et le comprendre en toute humilité, surtout pour moi, petit occidental que je suis…

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=923
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par MarcoPolo85, le 27 mars 2014

    MarcoPolo85
    Nicolas Bouvier nous conte, dans "L'usage du monde" son long périple réalisé dans les années 50 à bord d'une Fiat Topolino, depuis l'Europe des Balkans jusqu'aux portes de l'Inde. Accompagné de Thierry Vernet (peintre et ami de l'auteur), il va cheminer lentement vers le Levant en glanant ici et là, des voix (enregistrées) ou des paysages (volés au pinceau).
    Rien ne presse. Nos deux voyageurs goûtent, sentent, vibrent, s'étonnent de ces lieux traversés que sont la Serbie, la Turquie, l'Iran ou encore l'Afghanistan. Ils avancent doucement, s'arrêtent longtemps, sont bloqués également. En tout cas, la route les enveloppe "le flux du voyage vous traverse, vous éclaircit la tête".
    "L'usage du monde" est un recueil voyageur abordant des lieux qui semblent n'avoir jamais été arpentés auparavant.
    Bouvier écrit bien. Il nous immerge totalement dans sa vision personnelle du voyage et c'est un bonheur. le livre ne se lit pas en quelques jours. Il doit se délecter afin d'en extraire toute sa saveur.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 13         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Moosbrugger, le 19 juin 2013

    Moosbrugger
    En entamant ce livre, j’étais loin de m’imaginer que j’allais effectuer un tel voyage !
    P. 215
    « - Première étape : petite étape -, disent les caravaniers persans qui savent bien que le soir du départ, chacun s’aperçoit qu’il a oublié quelque chose à la maison. D’ordinaire, on ne fait qu’un pharsar. Il faut que les étourdis puissent encore aller et revenir avant le lever du soleil. Cette part faite à la distraction m’est une raison de plus d’aimer la Perse. Je ne crois pas qu’il existe dans ce pays une seule disposition pratique qui néglige l’irréductible imperfection de l’homme. »
    Deux routards gagnent le monde Indien en traversant des pays dans lesquels tout à chacun peut aujourd’hui fureter à loisir avec un guide touristique dans la poche du jean tout en sirotant un verre de coca : Yougoslavie, Turquie, Iran, Pakistan, Afghanistan…Mais ne vous y laissez pas tromper, à l’époque les progrès de la géopolitique n’avaient pas encore fait de ces pays des havres de paix. Le journaliste Nicolas Bouvier et le peintre Thierry Vernet devront apaiser les milices locales et faire preuve de ruse pour éviter la distribution de convenables bakchichs aux quatre coins de l’Orient.
    Ce livre est fantastique dans le rapport aux civilisations traversées qu’il propose. Il traite avec beaucoup de légèreté les mondes Turque, Persan, Pakistanais tout en évitant le romantisme de mauvais aloi. Il ne s’agira pas de s’en laisser compter…
    Le style est agréablement surprenant pour les personnes qui ne sont pas habituées aux récits de voyage comme moi : l’écriture est en effet très soignée. En revanche, le vocabulaire me semble plutôt maniéré.
    P. 227
    « […] C’est encore la nation du monde où l’esprit de finesse se manifeste avec le plus de constance, et aussi le plus de résignation. Pour quel motif un paysan privé de tout peut-il goûter une poésie traditionnelle qui n’a rien de rustique, repeindre immanquablement sa porte dans les tons les plus rares, ou tailler dans de vieux pneus des espadrilles (ghivé) d’une forme maigre, précise, racée qui suggère aussitôt que le pays a cinq mille ans. »
    La virtuosité littéraire se superpose aux récits d’anecdotes dignes de lycéens en désertion. Ainsi, des ellipses poétiques et l’évocation des œuvres de Hafiz, de Khayyam… se superposeront à des imprudences puériles : la traversée d’une fournaise désertique à des heures impossibles après une préparation un peu légère, un dîner forcé dans la garrotte d’un dégénéré mental en Yougoslavie, des débrouillardises mécaniques « à l’orientale » sur la pauvre Fiat qui leur sert de baudet, etc… Tout ceci donne un aspect particulier à cette aventure : on est à mi-chemin entre Châteaubriand et les Bidasses en folies.
    Il n’en demeure que cette première partie du triptyque de Bouvier est magnifique et que le livre vaut largement sa réputation.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 5         Page de la critique

> voir toutes (55)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Tagrawla, le 19 avril 2014

    Il y a à Kaboul un petit musée admirable où l'o expose les trouvailles des archéologues français qui, depuis la proclamation d'indépendance, fouillent l'Afghanistan. D'autres objets aussi. (...) Au rez-de-chausse, dans une vitrine en retrait et consacrée aux costumes, on pouvait voir en 1954, entre une jupe de plumes maori et un manteau de berger du Sin-kiang, un pull-over assez commun portant l'indication "Irlande". Rouge aniline, tricoté main sans doute, mais un pull-over... Mon Dieu ! tel qu'on en voit chez nous dans le tram, octobre venu. Mis là par inadvertance ? J'espère bien que non !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par Tagrawla, le 16 avril 2014

    A y regarder de près, ces boutiques de Djinah Road offraient un spectacle navrant. Plus trace d'artisanat. Portée par une vague majestueuse, l'écume de la camelotte occidentale avait atteint et souillé le commerce local ; peignes patibulaires, Jésus en Celluloïd, stylos-billes, musiques à bouche, jouets en fer-blanc plus légers que paille. Minables échantillons qui faisaient honte d'être Européen .
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par Yantchik, le 15 avril 2014

    Il y a d’autres choses auxquelles il faut prendre garde : les fruits meurtris visités par les mouches, certains morceaux de gras que, d’instinct – quitte à vexer – on laisse dans son assiette, des poignées de main après lesquelles – à cause du trachome – on évite de se frotter les yeux. Des avertissements, mais pas de lois : rien qu’une musique du corps, perdue depuis longtemps, qu’on retrouve petit à petit et à laquelle il faut s’accorder. Se rappeler aussi que la nourriture locale contient ses propres antidotes – thé, ail, yaourt, oignons – et que la santé est un équilibre dynamique fait d’une suite d’infections plus ou moins tolérées. Quand elles ne le sont pas, on paie un radis douteux ou une gorgée d’eau polluée par des journées de coliques-cyclone qui nous précipitent, sueur au front, vers les cabinets à la turque où bientôt on se résigne à s’installer tout à fait, malgré les poings qui martèlent la porte, si brefs sont les répits que la dysenterie vous accorde.

    Lorsque je me retrouve ainsi diminué, alors la ville m’attaque. C’est très soudain ; il suffit d’un ciel bas et d’un peu de pluie pour que les rues se transforment en bourbiers, le crépuscule en suie et que Prilep, tout à l’heure si belle, se défasse comme du mauvais papier. Tout ce qu’elle peut avoir d’informe, de nauséabond, de perfide apparaît avec une acuité de cauchemar : le flanc blessé des ânes, les yeux fiévreux et les vestons rapiécés, les mâchoires cariées et ces voix aigres et prudentes modelées par cinq siècles d’occupation et de complots. Jusqu’aux tripes mauves de la boucherie qui ont l’air d’appeler au secours comme si la viande pouvait mourir deux fois.

    Tout d’abord, c’est logique, je me défends par la haine. En esprit je passe la rue à l’acide, au cautère. Puis j’essaie d’opposer l’ordre au désordre. Retranché dans ma chambre, je balaie le plancher, me lave à m’écorcher, expédie laconiquement le courrier en souffrance et reprends mon travail en m’efforçant d’en expulser la rhétorique, les replâtrages, les trucs : tout un modeste rituel dont on ne mesure probablement pas l’ancienneté, mais on fait avec ce qu’on a.

    Lorsqu’on reprend le dessus c’est pour voir par la fenêtre, dans le soleil du soir, les maisons blanches qui fument encore de l’averse, l’échine des montagnes étendue dans un ciel lavé et l’armée des plants de tabac qui entoure la ville de fortes feuilles rassurantes. On se retrouve dans un monde solide, au cœur d’une grande icône argentée. La ville s’est reprise. On a dû rêver. Pendant dix jours on va l’aimer ; jusqu’au prochain accès. C’est ainsi qu’elle vous vaccine.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par Tagrawla, le 16 avril 2014

    Et puis, nous ne sommes guère plus objectifs, et d'un parti pris plus récent : Alexandre, colon raisonnable apportant Aristote aux barbares ; cette manie encore si répandue de vouloir que les Gréco-Romains aient inventé le monde ; ce mépris - dans l'enseignement secondaire - des choses de l'Orient (un peu d'Egypte seulement, Louqsor, les Pyramides, pour apprendre aux gamins à dessiner les ombres). Les Grécos-Romains eux-mêmes - voir Hérodote, ou la Cyropédie - n'étaient pas si chauvins et respectaient fort cet Iran auquel ils devaient tant de choses : l'astrologie, le cheval, la poste, quantité de dieux, plusieurs belles manières, et sans doute aussi le carpe diem dans lequel les Iraniens sont passés maîtres.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par Yantchik, le 15 avril 2014

    Ces vieux plaisantins sont ce qu’il y a de plus léger dans la ville. À mesure qu’ils blanchissent et se cassent, ils se chargent de pertinence, de détachement et deviennent semblables à ces bonshommes que les enfants dessinent sur les murs. Des bonshommes, ça manque dans nos climats où le mental s’est tellement développé au détriment du sensible ; mais ici, pas un jour ne passe sans qu’on rencontre un de ces êtres pleins de malice, d’inconscience et de suc, porteurs de foin ou rapetasseurs de babouches, qui me donnent toujours envie d’ouvrir les bras et d’éclater en sanglots.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

> voir toutes (10)

Videos de Nicolas Bouvier

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Bouvier

La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.











Sur Amazon
à partir de :
9,97 € (neuf)
12,90 € (occasion)

   

Faire découvrir L'usage du monde par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (539)

> voir plus

Quiz