Face obscure du voyage, la solitude porte le ferment d'une menace, se perdre sur notre planète immense - toujours immense malgré le mal que nous nous donnons à la dégonfler. Lorsque
Nicolas Bouvier arrive à Ceylan, cela fait quasiment deux ans qu'il a commencé son voyage. En un an et demi de vagabondage heureux, avec Thierry Vernet, il a rallié l'Inde depuis sa Suisse natale. Depuis quelques mois il voyage seul, et ne pouvant gagner le Japon il rejoint l'île de Ceylan.
Le gouffre qui le guette, et dans lequel il sombre, c'est lui-même.
Alors, fidèle a ses carnets de voyage, avec cette écriture juste, sensible et profondément poétique, il nous emmène avec lui dans son naufrage intérieur. Une descente aux enfers, sur fond de luxuriance tropicale, où la nature semble à la fois immobile et grouillante.
Un voyage magnifique.
PS : pour voir un très bel entretien sur cette période, allez donc à la 27ème minute de ce portrait (les 27 premières sont aussi très chouettes) :
http://archives.tsr.ch/player/personnalite-bouvier