ISBN : 2253061689
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1993)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
La Méditerranée de Fernand Braudel constitue l'un des monuments de la tradition historique française. Cette thèse, fruit de plus de vingt ans de travail, a été rédigée essentiellement de mémoire, lorsque l'historien ... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 25 février 2010

    l'Islam, c'est la totalité de ce que le désert implique de réalités humaines, concordantes et discordantes aussi, cette famille de problèmes géographiques que nous avons signalés. Énumérons encore : les grandes routes caravanières ; les zones riveraines, car l'Islam a vécu de ces Sahels, de ces bordures de vie sédentaires installées face à la Méditerranée, au long du golfe Persique, de l'océan Indien ou de la mer Rouge, et aussi au contact des pays soudanais ; les oasis et leur accumulation de puissance que Hettner juge avoir été essentiel. L'Islam, c'est tout cela : une longue route qui, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique perce la masse puissante et rigide du Vieux Monde. Rome n'a pas fait davantage quand elle a constitué l'unité de la Méditerranée.

    L'Islam, c'est donc cette chance historique qui, à partir du VIIe siècle, en a fait l'unificateur du Vieux Monde. Entre ces masses denses d'hommes : l'Europe au sens large, les Afriques Noires, l'Extrême-Orient, il détient les passages obligés et vit de sa fonction profitable d'intermédiaire. Rien ne transite qu'il ne le veuille ou ne le tolère. Pour ce monde solide, où manque, au centre, la souplesse de larges routes maritimes, l'Islam est ce que sera plus tard l'Euroe triomphante à l'échelle de la planète : une économie, une civilisation dominantes. Forcément cette grandeur a ses faiblesses : le manque d'homme chronique ; une technique imparfaite ; des querelles intérieures dont la religion est le prétexte autant que le fondement ; la difficulté congénitale, pour le premier Islam, à se saisir des déserts froids, à les écluser au moins à la hauteur du Turkestan ou de l'Iran. Là est le point faible de l'ensemble au voisinage ou en arrière de la porte de Dzoungarie, entre le double danger mongol et turc.

    Dernière faiblesse : l'Islam est prisonnier bientôt d'une certaine réussite, de ce sentiment confortable d'être au centre du monde, d'avoir trouvé les solutions efficaces, de ne pas avoir à en chercher d'autres. Les navigateurs arabes connaissent les deux faces de l'Afrique Noire, l'atlantique et l'indienne, ils soupçonnent que l'Océan les rejoint et ils ne s'en soucient pas...

    Sur quoi arrive, avec le XVe siècle, l'immense succès des Turcs : un second Islam, un second ordre islamique, lié celui-ci à la terre, au cavalier, au soldat. "Nordique" et, par la possession des Balkans, terriblement enfoncé en Europe. Le premier Islam avait abouti à l'Espagne en fin de course. Le cœur de l'aventure des Osmanlis se situe en Europe et dans une ville maritime qui les emportera, les trahira aussi. Cet acharnement d'Istanbul à sédentariser, à organiser, à planifier est de style européen. Il engage les Sultans dans des conflits périmés, leur cache les vrais problèmes. En 1529, ne pas creuser un canal de Suez cependant commencé ; en 1538, ne pas s'engager à fond dans la lutte contre le Portugais et se heurter à la Perse dans une guerre fratricide, au milieu du vide des confins ; en 1569, rater la conquête de la Basse-Volga et ne pas rouvrir la Route de la Soie, se perdre dans les guerres inutiles de Méditerranée alors que le problème est de sortir de ce monde enchanté : autant d'occasions perdues !…
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  • Par Piling, le 28 février 2010

    L'hiver commence tôt, finit tard ; on l'appréhende et l'on ne croit jamais qu'il ait pris fin. On l'attend avant l'heure du calendrier, comme le conseille la sagesse. 9 septembre : essendo hormai il fine dell'estate, dit un document du Sénat vénitien ; puis, 20 septembre : venendo hora il tempo del inverno ; 23 septembre : approximandose el tempo del inverno…
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  • Par Piling, le 28 février 2010

    Pour Michelet, le Languedoc intérieur et "pierreux" évoque la Palestine. Pour des centaines d'écrivains, la Provence est plus grecque que la Grèce, à moins que la Grèce par excellence ne soit à retrouver sur telle ou telle côte de Sicile. Les îles d'Hyères ne seraient pas déplacées au milieu des Cyclades, sauf qu'elles sont plus verdoyantes. De même, le lac de Tunis évoque la lagune de Chioggia. Le Maroc est une Italie plus brûlée.
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  • Par Piling, le 28 février 2010

    En octobre 1869, Fromentin, s'éloignant en bateau de Messine, note justement : "ciel couvert, vent froid, un grain, quelques gouttes de pluie sur la tente. C'est triste, on dirait la Baltique." En février 1848, déjà, il avait fui vers le Sahara devant la grisaille obsédante de l'hiver méditerranéen : "il n'y avait pas eu d'intervalle, cette année, entre les pluies de novembre et les grandes pluies d'hiver, lesquelles duraient depuis trois mois et demi presque sans un jour de repos.
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  • Par Piling, le 28 février 2010

    "Les maîtres viennent et disparaissent, dit Walter Bauer parlant de la Sicile ; les autres restent, et c'est une romance sans paroles", toujours la même.
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Marc Ferro (1/4): historien sinon journaliste... .
Marc Ferro, interrogé pour Mediapart par Antoine Perraud, relate ses débuts aux «Annales» sous l'égide de Fernand Braudel, ainsi que sa vocation de journaliste contrariée à jamais...











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