> Thierry Beauchamp (Traducteur)

ISBN : 226806428X
Éditeur : Les Editions du Rocher (2008)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres

Publié en 1969, Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines est considéré par nombre d'amateurs de Bukowski comme son meilleur recueil de poésie, et même l'un de ses meilleurs livres. Hantés par la figure de ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 08 janvier 2012

    lehane-fan
    Henry Charles Bukowsky ( 1920 - 1994 ) . Il fera inscrire sur sa tombe l'épitaphe suivante : DON'T TRY ce qui en dit long sur le bonhomme et son rapport à la vie . Ce mec , c'est une gueule ravagée par l'acné et un parcours qui auraient mérité de s'afficher sur grand écran ! Meme si de son vivant , cette idée de biopic l'aurait surement fait marrer...
    Une vie tumultueuse passée dans l'euphorie illusoire des champs de course ; traversée d'amours aussi intenses que douloureux ; noyée dans les vapeurs d'alcools qui seront , au final , ses plus fideles compagnons .
    Élevé dans un foyer modeste au contact d'un pere violent qui le battra régulierement et d'une mere soumise , il s'en émancipera à l'age de 16 ans , comptant désormais vivre de ce qu'il croit etre sa vocation : l'écriture . Des débuts difficiles dans un pays qui ne l'adoubera jamais , il sera pourtant un acteur majeur de la contre culture Américaine . Les femmes , les clodos , les alcoolos , la misere , les drogués , autant de themes que l'auteur déclinera avec plus ou moins de succes mais toujours en connaissance de cause...Peu de ses écrits furent traduits en Français . Les plus parlants étant , sans doute , Les CONTES DE LA FOLIE ORDINAIRE , Le Postier ( boulot qu'il exercera par intermittence quelques années , lui permettant ainsi de voir venir financierement et de s'adonner , dans une certaine sérénité , à l'écriture ) et Journal d'un vieux dégueulasse . Loser magnifique , provocateur patenté : numéro mémorable de poivrot dragueur chez Pivot qui , pour le coup , sera en parfaite symbiose avec son émission , ne cessant de l'apostropher en vain..La vie de Bukowsky s'apparentera à une bouteille balancée à la mer , ballottée par les flots ( meme si associer eau et Bukowsky apparait totalement antagonique ;), qui n'aura jamais , au final , trouvé la sécurité et la sérénité d'un ilot salvateur . Composant tant bien que mal avec ses démons liquides , il sera toujours en quete de reconnaissance et d'amour . Sorte de Gainsbarre à l'Americaine , ravagé par l'alcool , le désenchantement et la misere , Bukowsky aura vécu , mal , tres souvent , mais toujours fidele à lui-meme...
    Lorsqu'il rencontre , à 26 ans , Jane Cooney Baker ( femme de 10 ans son ainée , véritable loque humaine dotée d'une descente et d'un morne passé n'ayant rien à envier à l'auteur ) , Bukowsky ne se doutait pas un instant que celle-ci deviendrait sa muse ; son amour indélébile , de ceux qui marquent au fer rouge . Dix ans de vie commune , une séparation , une douleur irremplaçable . Jane s'éteindra en 1962 , laissant un Bukowsky dévasté . Il n'aura de cesse de la faire revivre au travers ses romans , ses poemes , Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines lui étant amoureusement dédié .
    Rien que pour le titre , j'ai eu envie de découvrir Bukowsky le poete .
    Mais attention , toi l'amoureux de la rime , le drogué de l'Alexandrin , le fou-fou du dizain , passe ton chemin car Bukowsky , tout comme un certain Jourdain , fait dans la prose , l'allégorie , l'élégie .
    Il magnifie la misere , anoblit la tristesse , fait de l'amertume et du regret un douloureux canevas nostalgique qui n'aura de cesse de le ronger . de fait , en lisant ce recueil , il est bien rare que j'ai eu envie de sortir sur le seuil , d'interpeller le voisin pour lui exploser mon bonheur à la face . Bukowski s'appréhende difficilement . J'avoue etre parfois totalement passé au travers...Cependant , il ne fut pas singulier que sa plume m'interpelle , m'amuse et m'attriste . Son propos est noir , son cheminement parfois incohérent ( l'alcool aidant ) mais il fit mouche plus souvent qu'à son tour . On ne peut émettre un jugement sur l'art qu'est la poésie car cette derniere est un ressenti , une émotion de tous les instants qui vous habite ou vous incite à descendre de cheval pour stopper net l'aventure . Pour ma part , j'ai adoré la balade...
    Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines , rien que pour ça...
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Citations et extraits

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  • Par lehane-fan, le 07 janvier 2012

    les requins

    les requins frappent à ma porte
    et entrent et demandent des services ;
    les voici qui soufflent dans mes fauteuils
    en examinant la chambre dans ses moindres détails ,
    et ils exigent des actes :
    de la lumiere , de l'air , de l'argent ,
    tout ce qu'ils peuvent grapiller :
    de la biere ,des cigarettes , des demi-dollars , des dollars ,
    des pieces de cinq et dix cents ,
    et tout ça comme si ma survie était assurée ,
    comme si mon temps n'était pas compté
    et que leur présence avait de la valeur .

    ouais , nous avons tous nos requins , j'en suis sur ,
    et il n'y a qu'un moyen de s'en débarasser
    avant qu'ils ne vous dévorent vivants :
    arretez de les nourrir ; ils trouveront un
    autre appat ; ça fait bien douze fois
    que vous les engraissez -
    à présent balancez-les
    à la mer .
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  • Par alzaia, le 01 mai 2012

    Un poème est une ville remplie de rues et d'égouts
    remplie de saints, de héros, de mendiants, de fous,
    remplie de banalité et de bibine,
    remplie de pluie et de tonnerre
    et de périodes de sécheresse, un poème est une ville en guerre,
    un poème est une ville demandant à une horloge pourquoi,
    un poème est une ville en feu,
    un poème est une ville dans de sales draps
    ses boutiques de barbier remplies d'ivrognes cyniques,
    un poème est une ville où Dieu chevauche nu
    à travers les rues comme Lady Godiva,
    où les chiens aboient la nuit et chassent le drapeau ;
    un poème est une ville de poètes,
    la plupart d'entre eux interchangeables,
    envieux et amers...
    un poème est cette ville maintenant
    à 80 kilomètres de nulle part,
    à 9h09 du matin,
    le goût de l'alcool et des cigarettes,
    pas de police, pas de maîtresses, marchant dans les rues,
    ce poème, cette ville, fermant ses portes,
    barricadée, presque vide,
    mélancolique sans larmes, vieillissante sans pitié,
    les montagnes rocheuses,
    l'océan comme une flamme lavande,
    un lune dénuée de grandeur,
    une petite musique venue de fenêtres brisée...

    un poème est une ville, un poème est une nation,
    un poème est le monde...

    et maintenant je colle ça sous verre
    pour que l'éditeur fou l'examine de près,
    et la nuit est ailleurs
    et les dames grises indistinctes font la queue,
    les chiens suivent les chiens vers l'estuaire,
    les trompettes font pousser les gibets
    tandis que de petits hommes enragent contre des choses
    qu'ils n'arrivent pas à faire
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  • Par lehane-fan, le 07 janvier 2012

    Restes

    tout va bien puisque je ne suis pas encore mort
    et les rats s'activent entre les canettes de biere ,
    les sacs en papier s'emmelent comme des petits chiens ,
    et ses photographies sont collées sur une peinture
    à coté d'un Allemand mort et elle aussi est morte
    et il m'a fallu 14 ans pour la connaitre
    et s'ils me donnent 14 années de plus
    je la connaitrai encore mieux...
    ses photos collées sur le verre
    ne bougent ni ne parlent ,
    mais j'ai quand meme un enregistrement de sa voix ,
    et elle parle certains soirs ,
    de nouveau elle-meme
    si réelle qu'elle rit
    qu'elle dit les milliers de choses ,
    la seule chose que j'ai toujours ignorée ,
    qui ne me quittera plus :
    j'ai eu l'amour
    et l'amour est mort ;
    une photo et un morceau de scotch
    ne sont pas grand-chose , ai-je appris sur le tard ,
    mais donnez-moi 14 jours ou 14 années ,
    je tuerai tout homme
    qui osera toucher ou prendre
    ce qui reste .
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  • Par alzaia, le 01 mai 2012

    Ces choses

    Ces choses auxquelles nous apportons notre soutien
    n'ont rien à voir avec nous,
    et nous nous en occupons
    par ennui par peur par avidité
    par manque d'intelligence;
    notre halo de lumière et notre bougie
    sont minuscules,
    si minuscules que nous le supportons pas,
    nous nous débattons dans l'Idée
    et perdons le Centre :
    tout en cire mais sans la mèche,
    et nous voyons des noms qui jadis signifièrent sagesse,
    comme des panneaux indicateurs dans des villes fantômes,
    et seules les tombes sont réelles.
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