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Jacqueline Huet (Traducteur)Jean-Pierre Carasso (Traducteur)William L. Stull (Éditeur scientifique)Maureen Patricia Carroll (Éditeur scientifique)
ISBN : 9782879296593
Éditeur : Editions de l'Olivier (2010)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Débutants est le manuscrit original, inédit à ce jour, d’un des livres les plus célèbres de Raymond Carver, Parlez-moi d’amour, qui parut aux États-Unis en 1981 après avoir été amputé de moitié par son éditeur. La publication de ce texte dans sa version intégrale constitue un événement de première grandeur. Elle permet de mesurer la force d’une écriture qualifiée à tort de minimaliste.

En découvrant ce livre dans toute sa fraîcheur, on comprend mieux... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
SagnesSy
05 octobre 2015
  • 5/ 5
Les éditions de l'Olivier ont entrepris de rééditer toute l'oeuvre de Raymond Carver, en 9 volumes, je ne suis sûrement pas la seule à m'en réjouir très sincèrement.
Le premier volume est le manuscrit original, inédit à ce jour, de "Parlez-moi d'amour" (volume 2), qui parut aux Etats-Unis en 1981 après avoir été amputé de moitié par son éditeur. La lecture simultanée des deux volumes est une expérience étrange. Mêmes histoires, traductions différentes, coupures qui donnent force ou dénaturent le récit.
En 4° on trouve un extrait de "Gloriette", où un couple se sépare, et le ton est immédiatement donné. "Et toi qui en aime une autre. Duane, j'ai été plus proche de toi que de quiconque sur terre. Je me sens crucifiée."
Chez Carver, le lecteur se fait laminer. Son coeur est patiemment déchiqueté en menu lambeaux, c'est la vie des petites choses, des grands sentiments malmenés. Des perdants. Une douceur pourtant, des litres d'alcool dans tous les sens. Ce sont les moments qui dérapent, ceux où la dignité est tout ce qui reste, quand on ne s'assoit pas dessus, parce qu'il le faut parfois.
Ce sont surtout des ambiances immédiatement invitantes, des morceaux sur le vif, pas de présentation, pas d'introduction, surtout pas de chute.
Un homme, 32 ans, qui vient de divorcer, décide de voir son père le temps d'un verre. Il ne l'a pas vu depuis des années, il y va à contre-coeur. Son père lui raconte par le menu pourquoi a mère et lui ont divorcé, à la recherche de la plus infime absolution, une simple main sur son bras, un regard, n'importe quoi...
Une mère commande un gâteau d'anniversaire pour son jeune fils. Il est fauché par une voiture. Pendant qu'il se débat dans un coma, le pâtissier, pas au courant, la harcèle pour récupérer le gâteau... Elle se souvient d'un moment où elle avait envisagé que son fils meurt, sa vie sans lui, et constate qu'elle a pu l'envisager...
Certains passages sont tellement forts qu'on essaye mentalement de les gratter, de ne pas les avoir lus.
"Mais il y a toutes sortes de contradictions dans la vie. On ne peut pas tenir compte de toutes les contradictions."
Des scènes qui vont se loger dans un coin du cerveau et qui nous feront dire "tiens, ça, ça me dit quelque chose" quand on les retrouvera dans nombre d'autres situations, littéraires ou réelles.
C'est un ton, une manière, une époque. Raymond Carver était un maître. On en parle difficilement. On s'en remet mal. On le lit. On souffre. Et on le relit encore.
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Charybde2
17 mars 2013
  • 4/ 5
La version "restaurée" selon ses voeux des premières nouvelles de Raymond Carver.
C'est l'excellent "Ciseaux" de Stéphane Michaka qui m'a attiré vers ce premier volume des oeuvres complètes de Raymond Carver, publié en 2010 en français par les éditions de l'Olivier, correspondant au "Beginners" de l'édition américaine Jonathan Cape de 2009.
Le volume regroupe 17 nouvelles dans une "version originale restaurée", libérée des coupes et de la réécriture menée vigoureusement à l'époque de leur première publication (sous une forme que l'on peut lire dans le volume 2 des oeuvres complètes, "Parlez-moi d'amour") par l'éditeur Gordon "Ciseaux" Lish, et que Raymond Carver, dans une lettre extrêmement émouvante, annexée au volume, indiquait regretter, tout en reconnaissant à son éditeur le mérite d'avoir "su le faire publier".
Il y a donc bien entendu deux lectures de ce volume : l'une directe, plongeant corps et âme dans ces tranches de quotidien de la classe moyenne américaine soigneusement disposés en abîme, sur des moments où tout peut basculer, s'effondrer, disparaître, ou au contraire, sur ceux où quelque chose de bon a été, comme par miracle, préservé... Mes préférées sont ainsi "Une petite douceur" (l'atroce télescopage d'une commande de gâteau d'anniversaire et d'un accident de la circulation survenu à l'enfant auquel il était destiné), "La tarte" (le harcèlement terrible d'un ex-mari ivrogne envers son ex-femme), "À moi" (une très brève et tragique empoignade à propos d'un bébé) et "Débutants" (une longue conversation entre deux couples d'amis à propos de la nature de l'amour). L'autre lecture consiste à "comparer" la version restaurée et celle "de Gordon Lish" : je vous en dirai donc plus en parlant de "Parlez-moi d'amour".
" "Tenez, sentez-moi ça, dit le boulanger, brisant une miche de pain noir. C'est un pain lourd, mais riche." Ils le humèrent puis il le leur fit goûter. Il avait goût de mélasse et de céréales non raffinées. Ils l'écoutaient. Ils mangeaient tout ce qu'ils pouvaient. Ils avalaient le pain noir. La lumière était comme celle du jour sous les plaques d'éclairage au néon. Ils bavardèrent jusqu'au petit matin, quand monta la pâle lueur dans les fenêtres, et ils ne pensaient pas à s'en aller." ("Une petite douceur")
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emmyne
15 août 2011
  • 5/ 5
Je ne présenterai pas dans ce billet chacune des nouvelles, la lecture en est personnelle. Raymond Carver s'immisce dans l'intimité des relations complexes entre les hommes et les femmes - familiales, amicales, amoureuses - avec un regard perçant et objectif. Il ne juge pas, n'interprète pas, il raconte. L'histoire est une histoire forte et significative sans jouer le jeu de la symbolique ou de l'interprétation; un miroir sans complaisance ni concession, la dureté d'un reflet sans effet de prisme.
Rien d'héroïque ou d'exotique, tout est dans la description, un geste, une attitude, la densité d'un moment, l'intensité d'un sentiment pris sur le vif, un éclat de quotidien brutal et éphémère, ce dérisoire jamais anodin, l'expression juste. Pas de tension dans ces récits, plutôt une rupture, un déséquilibre, un vertige. Ni désespérance, ni décadence, ce n'est pas sex & rock'n'roll, mais détresse et alcool. La vie, à la fois prosaïque et singulière.
Lire Raymond Carver, c'est se perdre dans l'écriture de ce regard en coulisse. Troublant plus qu'émouvant, le style ne peut effectivement pas être qualifié de minimaliste. Certes sobre, dépouillé d'artifice, il témoigne d'une conscience exacerbée des limites et des failles, de l'instant critique, l'inespéré, l'absurde et l'inéluctable, d'une fragilité nue. Une vision amère et éperdue plus que sombre; une vision douloureuse qui bouscule. le paradoxe Carver est que par l'écriture il parvient à abolir la distance rassurante que peuvent créer les mots, à tomber les armures et les masques, (se) lit et (se) livre sans cynisme, une familiarité dérangeante, une violence complice qui touchent sans avoir l'air d'y toucher. Il brise tous les barrages, libérant un gouffre d'émotions à la lecture qu'il est possible d'en ressentir un réel malaise, quelque chose d'effrayant, de malsain, de déstabilisant; le lecteur parfois perplexe, un peu voyeur, terrassé. le pire dans le meilleur.
" Bref, ça prouve qu'on devrait avoir honte de parler comme si on savait de quoi on parle quand on parle d'amour. [...] Si c'était à refaire, je choisirais la littérature. " - Débutants -
Pour paraphraser le titre du recueil qui regroupe récits de jeunesse, poèmes, critiques et essais littéraires - " N'en faites pas une histoire "- Point - titre original No Heroics, Please -, je conclus en écrivant que si, il en fait toute une histoire.
Extraits de la préface par Tess Gallagher :
- " ... le verbe émouvoir était à la racine même des ambitions littéraires de Ray. Il en use fréquemment dans ses critiques de livres et ses préfaces. Il souhaitait que les lecteurs soient " émus, peut-être même un peu hantés ". "
- " Je crois que Ray serait heureux si un écrivain débutant, ou même un écrivain confirmé, avait le sentiment d'être capable de faire mieux, ou au moins aussi bien, en lisant ses premiers écrits ou les conseils qu'il donne dans ses essais. "

Lien : http://www.lire-et-merveille..
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majolo
01 juillet 2013
  • 5/ 5
Ce recueil de nouvelles est une pure merveille. Je lis peu de nouvelles car je suis souvent déçue. Je suppose que c'est un exercice très difficile. La nouvelle ne doit pas être un "petit roman" ou encore un roman concentré.
C'est justement le talent de Raymond Carver: en quelques pages, quelques scènes, on comprend tout de ses personnages, leurs espoirs, leurs blessures et leurs souffrances. C'est souvent profondément désespéré mais il y a aussi énormément d'amour et d'émotion brute dans ces histoires. le style est sobre, juste, et fait mouche à chaque fois. Toutes m'ont touché, mais s'il faut en citer deux, ce serait: "Une petite douceur" (dont une adaptation très réussie se trouve dans le film "Shorts Cuts" de Robert Altman) et "Débutants".
Il faut savoir qu'il s'agit là du manuscrit non remanié.
C'est pour moi un des meilleurs de la littérature américaine.
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Apoapo
11 février 2016
  • 4/ 5
J'ignore tout de la littérature américaine récente. Cet auteur m'a été présenté par un ami, frappé par la ressemblance qu'il y voyait avec le nouvelliste sur lequel je suis en train de travailler. Si je n'ai retrouvé que peu de ces éléments de ressemblance, j'avoue avoir été franchement séduit par Raymond Carver (1938-1988).
Ce recueil dépeint avec un réalisme saisissant le monde étouffant de la lower-middle class provinciale américaine, peuplé de personnages - surtout masculins - faibles, tristes, désabusés, proies de relations familiales et amicales frustrantes, de l'ennui et, pour la plupart, de l'alcoolisme.
Parfois des drames surviennent dans ces vies monotones, parfois leur éventuel dénouement est à peine suggéré, mais le plus souvent Carver décrit plutôt des situations. C'est là une caractéristique qui sied particulièrement au genre de la nouvelle, non seulement pour sa brévité (ici la longueur varie entre 4 et 40 p.) mais pour la facilité de l'ellipse et des renvois.
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
GanameraGanamera28 juillet 2012
Extrait de "Toute cette eau si près de nous"
- C'est malheureux, très, je suis d'accord. Elle était jeune et c'est malheureux, et je regrette, je regrette autant qu'un autre, mais elle était morte, Claire, morte. Alors passons à autre chose. S'il te plaît, Claire. Passons à autre chose, là, tout de suite.
- Justement, je dis. Elle était morte… mais tu ne vois pas ? Il fallait s'en occuper.
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SBysSBys09 août 2014
Conclusion, j'ai enfin pu lui dire le pire, le sentiment que j'avais qu'on allait nulle part et drôlement vite, et qu'il était temps de se l'avouer, même s'il était possible qu'on n'y puisse rien.
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PinceauPinceau15 janvier 2016
Il eut soudain l'impression d'avoir vécu la presque totalité de sa vie sans prendre une seule fois le temps de s'arrêter pour réfléchir à quoi que ce soit, et cela lui causa un choc terrible et accrut encore le sentiment qu'il avait de son indignité.(extrait de "Si tu veux bien")
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Videos de Raymond Carver (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
Chronique issue de la nouvelle "Dites aux femmes qu'on va faire un tour" issue du reccueil "Parlez-moi d'amour de Raymond Carver.
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