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ISBN : 9782879296593
Éditeur : Editions de l'Olivier (2010)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Débutants est le manuscrit original, inédit à ce jour, d’un des livres les plus célèbres de Raymond Carver, Parlez-moi d’amour, qui parut aux États-Unis en 1981 après avoir été amputé de moitié par son éditeur. La publication de ce texte dans sa version intégrale consti... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde2, le 17 mars 2013

    Charybde2
    La version "restaurée" selon ses vœux des premières nouvelles de Raymond Carver.
    C'est l'excellent "Ciseaux" de Stéphane Michaka qui m'a attiré vers ce premier volume des oeuvres complètes de Raymond Carver, publié en 2010 en français par les éditions de l'Olivier, correspondant au "Beginners" de l'édition américaine Jonathan Cape de 2009.
    Le volume regroupe 17 nouvelles dans une "version originale restaurée", libérée des coupes et de la réécriture menée vigoureusement à l'époque de leur première publication (sous une forme que l'on peut lire dans le volume 2 des oeuvres complètes, "Parlez-moi d'amour") par l'éditeur Gordon "Ciseaux" Lish, et que Raymond Carver, dans une lettre extrêmement émouvante, annexée au volume, indiquait regretter, tout en reconnaissant à son éditeur le mérite d'avoir "su le faire publier".
    Il y a donc bien entendu deux lectures de ce volume : l'une directe, plongeant corps et âme dans ces tranches de quotidien de la classe moyenne américaine soigneusement disposés en abîme, sur des moments où tout peut basculer, s'effondrer, disparaître, ou au contraire, sur ceux où quelque chose de bon a été, comme par miracle, préservé... Mes préférées sont ainsi "Une petite douceur" (l'atroce télescopage d'une commande de gâteau d'anniversaire et d'un accident de la circulation survenu à l'enfant auquel il était destiné), "La tarte" (le harcèlement terrible d'un ex-mari ivrogne envers son ex-femme), "À moi" (une très brève et tragique empoignade à propos d'un bébé) et "Débutants" (une longue conversation entre deux couples d'amis à propos de la nature de l'amour). L'autre lecture consiste à "comparer" la version restaurée et celle "de Gordon Lish" : je vous en dirai donc plus en parlant de "Parlez-moi d'amour".
    " "Tenez, sentez-moi ça, dit le boulanger, brisant une miche de pain noir. C'est un pain lourd, mais riche." Ils le humèrent puis il le leur fit goûter. Il avait goût de mélasse et de céréales non raffinées. Ils l'écoutaient. Ils mangeaient tout ce qu'ils pouvaient. Ils avalaient le pain noir. La lumière était comme celle du jour sous les plaques d'éclairage au néon. Ils bavardèrent jusqu'au petit matin, quand monta la pâle lueur dans les fenêtres, et ils ne pensaient pas à s'en aller." ("Une petite douceur")
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    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 15 août 2011

    emmyne
    Je ne présenterai pas dans ce billet chacune des nouvelles, la lecture en est personnelle. Raymond Carver s'immisce dans l'intimité des relations complexes entre les hommes et les femmes - familiales, amicales, amoureuses - avec un regard perçant et objectif. Il ne juge pas, n'interprète pas, il raconte. L'histoire est une histoire forte et significative sans jouer le jeu de la symbolique ou de l'interprétation; un miroir sans complaisance ni concession, la dureté d'un reflet sans effet de prisme.
    Rien d'héroïque ou d'exotique, tout est dans la description, un geste, une attitude, la densité d'un moment, l'intensité d'un sentiment pris sur le vif, un éclat de quotidien brutal et éphémère, ce dérisoire jamais anodin, l'expression juste. Pas de tension dans ces récits, plutôt une rupture, un déséquilibre, un vertige. Ni désespérance, ni décadence, ce n'est pas sex & rock'n'roll, mais détresse et alcool. La vie, à la fois prosaïque et singulière.
    Lire Raymond Carver, c'est se perdre dans l'écriture de ce regard en coulisse. Troublant plus qu'émouvant, le style ne peut effectivement pas être qualifié de minimaliste. Certes sobre, dépouillé d'artifice, il témoigne d'une conscience exacerbée des limites et des failles, de l'instant critique, l'inespéré, l'absurde et l'inéluctable, d'une fragilité nue. Une vision amère et éperdue plus que sombre; une vision douloureuse qui bouscule. le paradoxe Carver est que par l'écriture il parvient à abolir la distance rassurante que peuvent créer les mots, à tomber les armures et les masques, (se) lit et (se) livre sans cynisme, une familiarité dérangeante, une violence complice qui touchent sans avoir l'air d'y toucher. Il brise tous les barrages, libérant un gouffre d'émotions à la lecture qu'il est possible d'en ressentir un réel malaise, quelque chose d'effrayant, de malsain, de déstabilisant; le lecteur parfois perplexe, un peu voyeur, terrassé. le pire dans le meilleur.
    " Bref, ça prouve qu'on devrait avoir honte de parler comme si on savait de quoi on parle quand on parle d'amour. [...] Si c'était à refaire, je choisirais la littérature. " - Débutants -
    Pour paraphraser le titre du recueil qui regroupe récits de jeunesse, poèmes, critiques et essais littéraires - " N'en faites pas une histoire "- Point - titre original No Heroics, Please -, je conclus en écrivant que si, il en fait toute une histoire.
    Extraits de la préface par Tess Gallagher :
    - " ... le verbe émouvoir était à la racine même des ambitions littéraires de Ray. Il en use fréquemment dans ses critiques de livres et ses préfaces. Il souhaitait que les lecteurs soient " émus, peut-être même un peu hantés ". "
    - " Je crois que Ray serait heureux si un écrivain débutant, ou même un écrivain confirmé, avait le sentiment d'être capable de faire mieux, ou au moins aussi bien, en lisant ses premiers écrits ou les conseils qu'il donne dans ses essais. "


    Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/lectures/litterature-amerique-usa/d..
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    • Livres 5.00/5
    Par majolo, le 01 juillet 2013

    majolo
    Ce recueil de nouvelles est une pure merveille. Je lis peu de nouvelles car je suis souvent déçue. Je suppose que c'est un exercice très difficile. La nouvelle ne doit pas être un "petit roman" ou encore un roman concentré.
    C'est justement le talent de Raymond Carver: en quelques pages, quelques scènes, on comprend tout de ses personnages, leurs espoirs, leurs blessures et leurs souffrances. C'est souvent profondément désespéré mais il y a aussi énormément d'amour et d'émotion brute dans ces histoires. le style est sobre, juste, et fait mouche à chaque fois. Toutes m'ont touché, mais s'il faut en citer deux, ce serait: "Une petite douceur" (dont une adaptation très réussie se trouve dans le film "Shorts Cuts" de Robert Altman) et "Débutants".
    Il faut savoir qu'il s'agit là du manuscrit non remanié.
    C'est pour moi un des meilleurs de la littérature américaine.
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    • Livres 3.00/5
    Par liratouva2, le 29 janvier 2011

    liratouva2
    Ce sont dix-sept histoires de vies gâchées par l'alcool, , le désamour, les petites trahisons, les désirs qui s'épuisent, s'envolent, se posent ailleurs, le départ des enfants, l'ennui au travail, le vide d'une vie qui s'effiloche, la menace des excès et abus de toutes sortes , la tentation du rien, du vertige , de la folie, du suicide.
    La vie toujours au-dessous des rêves mais aussi la vie qui dicte l'écriture et fait naître les chefs d'œuvre !
    Quelques exemples de récits
    Si vous dansiez ?
    Des meubles dans un jardin, la nuit, pour le vide grenier du lendemain. Ils attirent un jeune couple. le vendeur brade tout. Il est soûl, nostalgique. Il se sent heureux, les incite à danser, à dormir dans le grand lit, les veille comme ses enfants. A leur départ, au matin, il leur donne tous ses disques.
    Dans le viseur
    Un homme sans mains prend des photos d'une maison. le propriétaire l'invite à prendre un café. . L'homme est habile avec les crochets qui remplacent ses mains. Il raconte sa vie pendant qu'il photographie l'homme seul que sa femme et ses enfants viennent de quitter et qui se sent mieux maintenant grâce à cette visite inattendue..
    Où sont-ils passés tous ?
    «J'en ai vu des choses.» Un homme a vu s'éloigner tous les siens, peu à peu, ses enfants, sa femme qui le trompe avec son meilleur ami, ses copains , ses collègues, sa mère qui trompe sa propre solitude avec un inconnu. C'est pourtant vers elle qu'il revient dormir, un soir et se faire border comme un enfant. «Elle tira la couverture sur moi …Je restai couché. Sans bouger.»

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/01/debutants-de-raymond-carver.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 24 juin 2011

    Sando
    Au travers de ses 17 nouvelles, Carver dissèque les tréfonds de l'âme humaine, dans une écriture tout en émotions. Ainsi, trahison, lâcheté, abandon, cruauté et solitude sont au centre d'une réflexion qui met l'homme à nu, l'illuminant, parfois, d'une lueur d'espoir... Une écriture puissante, qui percute le lecteur sans le ménager, pour une oeuvre intense et brillante.
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Citations et extraits

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  • Par Ganamera, le 28 juillet 2012

    Extrait de "Toute cette eau si près de nous"
    - C'est malheureux, très, je suis d'accord. Elle était jeune et c'est malheureux, et je regrette, je regrette autant qu'un autre, mais elle était morte, Claire, morte. Alors passons à autre chose. S'il te plaît, Claire. Passons à autre chose, là, tout de suite.
    - Justement, je dis. Elle était morte… mais tu ne vois pas ? Il fallait s'en occuper.
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Chronique de Parlez-moi d'amour de Raymond Carver lu par Pierre Tissot
Retrouvez la nouvelle chronique de Olivier de vivre fm sur Parlez-moi d'amour de Raymond Carver lu par Pierre Tissot et publié aux éditions Thélème.








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