ISBN : 2753301425
Éditeur : Le Baron perché (2011)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres

Paris 1761, dans le rougeoiement crépusculaire de la monarchie, une couleur nouvelle apparaît, un "jaune vie" éclatant, qui va révolutionner d'un sourire l'art pictural.Frangonard invente le bonheur... et Sophie Chauveau, avec le t... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 2.00/5
    Par Bigmammy, le 24 mai 2012

    Bigmammy
    Je gardais cet ouvrage pour la bonne bouche, me souvenant avec délices de « La Passion Lippi » du même auteur, publié en 2004. Je l'ai lu avec intérêt, certes, mais sans le plaisir attendu. Qu'y manque-t'il au juste ? En fait, il est trop : trop documenté, trop dense, trop romancé. On ne sait plus s'il s'agit d'un roman historique ou d'une biographie.
    Et c'est vrai que la vie de Frago – ainsi signait Jean-Honoré Fragonard (1732 – 1806) – ressemble à un roman. Fils d'un ouvrier gantier un peu escroc, issu d'une famille tentaculaire d'origine italienne rassemblée à Grasse œuvrant dans la parfumerie et les gants, il « monte » à Paris dès l'âge de 6 ans et développe rapidement ses talents extraordinaires de dessinateur, puis de peintre. Il est reçu au Grand Prix de Rome avec un fantastique tableau de genre historique « Jéroboam sacrifiant aux idoles », fera le Grand Tour en Europe grâce à un mécène mal embouché et surtout rencontrera d'autres peintres qui seront ses indéfectibles amis, en particulier Hubert Robert et l'Abbé de Saint Non.
    Le grand mérite du livre est de nous donner à voir le quotidien des artistes de ce siècle des Lumières qui se termine si dramatiquement dans les affres de la Révolution. Chardin, Boucher, Natoire, Greuze, Carle Vernet puis son fils Horace, Hubert Robert le bon géant, Gros, et surtout Jacques-Louis David, l'homme de pouvoir qui soutient Frago toute sa vie, Vien, Prud'hon … Nous les regardons dans le couloir des galeries du Louvre, où le Roi les héberge et d'où l'Empereur les délogera en 1805.
    Frago est un homme de petite taille, à la tignasse rousse indomptée et aux yeux gris, tellement spirituel, modeste, gentil, souriant qu'il séduit tout le monde, et en particulier toutes les femmes. Sa peinture en atteste, avec des scènes friponnes qui font les délices des acheteurs. Jusqu'à ce qu'il épouse une de ses cousines, Marie-Anne Gérard, qui l'adore et lui fera une vie confortable en gérant ses commandes. Accessoirement, c'est aussi une miniaturiste de talent. Elle fait venir auprès d'elle sa très jeune et belle sœur, Marguerite. le livre nous livre alors un secret : Alexandre-Evariste, le fils de Jean-Honoré né en 1780, est son enfant à elle, et non celui de Marie-Anne, qui n'a donné naissance qu'à la gracieuse Rosalie, née en 1769. Lorsque Rosalie meurt en 1788, son père est inconsolable et ne retrouvera jamais sa joie et de vivre et de peindre.
    Fragonard est un maître absolu du mouvement et de la couleur, en particulier ce jaune de Naples qu'il applique partout. Il a pour seuls élèves sa jeune belle-sœur, qui aura son heure de gloire en fréquentant assidûment Joséphine de Beauharnais , puis son fils, avec lequel il entre très tôt en opposition, et qui deviendra un des chantres du style « Troubadour » très prisé au début du XIXème siècle. La Révolution passera en ruinant la famille, mais le peintre est déjà passé de mode pour être soupçonné d'avoir donné trop de gages aux anciens despotes…
    En tous cas, la lecture de ce livre m'a furieusement donné envie d'aller au Louvre pour voir d'un œil nouveau les grands (et même les petits maîtres du XVIIIème siècle. Ce n'est pas le moindre de ses mérites, mais on aurait pu éviter certaines longueurs.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 29 décembre 2011

    Zazette97
    Paru le 27 octobre dernier, "Fragonard. L'invention du bonheur" est signé de la française Sophie Chauveau, également auteure des romans "L'obsession Vinci", "Le Rêve Boticelli" ou encore de "Diderot, le génie débraillé".
    C'est à Grasse, en plein siècle des Lumières, que naquit le jeune Fragonard, enfant sensible essentiellement élevé par une mère pragmatique mais toujours soucieuse de son bien-être.
    Alors qu'il manifeste un talent certain pour le dessin et la peinture, sa mère l'emmène chez François Boucher, grand portraitiste de son temps plébiscité par Madame de Pompadour, maîtresse du roi Louis XV.
    Après un séjour chez le peintre Chardin, Fragonard rejoint le cercle des apprentis de Boucher qui voit en lui le futur détenteur du prix de Rome.
    Et il a vu juste ! Mais à son arrivée à la capitale, Fragonard accepte mal l'ambiance stricte qui règne à l'académie. Il pourra heureusement compter sur l'amitié d'Hubert Robert et de Saint-Non, puis plus tard de son maître Natoire, pour encourager ce talent dont il doute tant.
    Tous apprécient la compagnie de ce petit homme chaleureux, toujours enjoué, dont les toiles respirent la joie de vivre et l'émerveillement que lui inspirent les femmes, la nature, les animaux, les enfants.
    Au diable la peinture d'histoire, c'est dans les paysages bucoliques et les scènes de genre que le jeune peintre éprouve le plus de plaisir à décliner son art.
    A Rome, ses amis et lui mènent une vie de bohème, heureux de leur succès sans cesse renouvelé auprès des femmes. Mais voilà qu'il est temps de rentrer à Paris où Fragonard souhaite trouver son indépendance.
    Pour gagner de quoi vivre, il accumule les commandes légères, que certains qualifieront de "licencieuses".
    La mort du peintre Deshays lui fera hériter de son atelier au Louvre où il rejoindra le clan des Illustres.
    Malgré la vétusté de l'endroit, l'ambiance entre artistes y est fraternelle et propice à l'échange plus qu'à la rivalité.
    Alors qu'il vient d'essuyer un cuisant échec au Salon de 1767 où on lui reproche de s'être dispersé dans tous les genres et d'avoir laissé le vice contaminer son talent, il recroise Marie-Anne Gérard, fille de la meilleure amie de sa mère, qui deviendra sa femme.
    Peintre tout comme lui, elle seule le comprend, lui offre l'équilibre dont il a besoin ainsi qu'une fille, Rosalie.
    Marie-Anne est rejointe par sa soeur Marguerite qui deviendra l'élève (mais pas seulement) de Fragonard.
    Tous formeront une famille épanouie par ce même amour pour l'art, ambiance propice pour le peintre à la réalisation de nombreuses toiles représentant des scènes familières disant le bonheur intime.
    La mort de sa fille Rosalie, qui n'arrive pas à trouver sa place dans cette famille d'artistes, jettera un voile définitif sur la personnalité joviale du peintre tandis que la Révolution, déclarée un an plus tard, le plongera dans une totale indifférence.
    Son absence de parti pris lui vaut le statut de contre-révolutionnaire alors que Fragonard ne demande qu'à retrouver cette insouciance qui est le leitmotiv de sa peinture.
    Chapeauté par son ami David, Fragonard se voit confier le catalogage des oeuvres qui trouveront leur place dans le futur Musée de France, une mission dont il aura la charge tout au long de la Révolution, de la Convention et du Directoire et laquelle lui permettra de sauver des flammes bien des oeuvres issues du pinceau d'amis peintres et même du sien !
    Aussi, si le peintre nous a laissé une quantité de toiles pleines de ce jaune vie dont lui seul avait le secret, c'est aussi grâce à sa connaissance sensible de l'art que de nombreuses oeuvres peuvent encore se dresser sous nos yeux aujourd'hui...
    Lorsque Les Agents Littéraires m'ont proposé de découvrir la vie de Fragonard, j'ai eu comme un doute. Fragonard, le parfumeur ? Non, le peintre. Ah.
    Ce n'est qu'en me rendant sur Google images que j'ai pu relier certaines toiles connues à ce nom de famille derrière lequel se cache en fait plusieurs artistes.
    Pour info, il n'existe aucune parenté entre la marque de parfums et 'Frago', simplement un hommage au peintre qui comme la marque vit le jour à Grâce (peut-être aussi parce le jaune liquoreux du peintre rappelait la couleur du parfum ?)
    Si tout comme moi, Fragonard le peintre ne vous dit rien au premier abord, vous le connaissez certainement grâce à cette oeuvre : "La liseuse".
    Il n'en fallut pas plus pour que je me laisse charmer par la luminosité et la grâce qui émanaient de chacune des toiles aperçues.
    "Fragonard. L'invention du bonheur" m'a fait l'effet d'un curieux objet littéraire oscillant entre biographie et roman historique.
    Si le respect d'une certaine chronologie et une vraisemblance dans le récit laissent penser à une biographie, le lecteur ne trouvera ici aucune notice bibliographique attestant de la véracité des faits énoncés.
    Qui plus est la qualité de l'écriture et le style vivant de l'auteure contrastent quelque peu avec l'austérité présente dans bon nombre de biographies et le rapprochent davantage du roman.
    Aussi le qualifierais-je de "biographie romancée".
    La passion investie par Sophie Chauveau dans ce texte est indéniable. Non seulement pour explorer la palette d'émotions ressenties par le peintre et l'homme à la lueur d'événements marquants tout au long de sa vie, mais également pour réhabiliter le rôle majeur des femmes ayant gravité autour de lui.
    Une femme et une mère pour ainsi dire identiques, des femmes organisées sans être autoritaires, admiratrices de son talent et protectrices vis-à-vis de ce clan grassois qui à l'image d'une mafia souhaiterait voir l'homme renoncer à la peinture pour des occupations plus lucratives.
    Ses femmes tout comme ses amis peintres formaient une famille d'artistes veillant toujours à ce que Fragonard puisse pleinement déployer son talent.
    C'est sans doute au nom de ce même talent et de toutes les personnes qui l'ont soutenu que Sophie Chauveau a voulu ici rendre hommage à l'homme et réhabiliter dans nos mémoires le peintre qu'il était.
    Pari fort réussi selon moi ! J'ai d'ailleurs passé autant de temps à lire ce livre qu'à admirer ses toiles sur mon écran.
    Un portrait d'autant plus intéressant qu'il s'inscrit dans un contexte historique particulièrement riche (et lourd, faut-il le préciser), l'occasion d'en apprendre davantage sur l'administration des arts et le statut réservé aux artistes à l'aube et au lendemain de la Révolution.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/12/fragonard-linvention-du-bo..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par irenelec, le 24 mai 2012

    irenelec
    Bravo ! Sophie Chauveau a réussi à rendre la biographie d'un peintre aussi passionnante qu'un bon roman. Ce type de lecture est réjouissant par sa très grande richesse. C'est magnifique d'apprendre avec plaisir.
    Sophie Chauveau nous plonge dans la fin du XVIIIe siècle et tout début XIXe. A travers le récit de la vie de Fragonard on voit une société légère sous Louis XV évoluer puis exploser pendant la révolution française pour enfin redevenir plus calme mais un peu tristounette avec l'arrivée du premier empire. Ce livre nous permet de découvrir le monde de la peinture et ses codes mais aussi la manière de vivre des artistes au milieu des bouleversements de l'époque.
    Pour moi c'est difficile à critiquer tant cette oeuvre m'a paru foisonnante et il m'est maintenant évident qu'il faut aller au Louvre voir ses oeuvres mais aussi celles de tous ceux qui l'ont entouré.
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    • Livres 5.00/5
    Par leluez, le 08 mai 2012

    leluez
    Sophie Chauveau, toujours aussi pédagogue.
    Après nous avoir emmené à Florence avec Lippi, Botticelli et Vinci, puis à Paris sur les pas de Diderot, Sophie Chauveau nous décrit de nouveau le monde de la peinture d'une façon claire et sensible. J'ai redécouvert toute une époque.
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    • Livres 4.00/5
    Par BMSierre, le 08 mai 2012

    BMSierre
    Fresque historique autour de Jean-Honoré Fragonard ou Frago comme il signe lui-même ses œuvres. Sophie Chauveau nous fait revivre la peinture de l'époque en suivant Fragonard dans les ateliers de Boucher, de Chardin puis de l'Académie Royale du Louvre et un séjour à l'Institut de Rome. Provençal, descendant d'une famille de parfumeur et de tanneur, Fragonard quitte le soleil de Grasse en 1744 pour les ruelles lugubres de Paris. Après une période consacrée aux plaisirs, à la vie de bohème, il épouse une amie d'enfance (peintre elle aussi) avec qui iIs forment une famille unie. Il va vivre la Révolution, la Terreur, l'installation de Bonaparte au pouvoir sans cesser de dessiner, de peindre. Il accumule les commandes légères que certains qualifient de licencieuses. Malgré une vie difficile, sa fille Rosalie va mourir à l'âge de 19 ans, Frago donne le change. Il va devenir le précurseur de la muséographie, car il se voit confier le catalogage des œuvres du futur Musée de France. le mot clé pour définir Fragonard est Humanité, il a un don pour la fraternité. YR
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Citations et extraits

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  • Par Bigmammy, le 24 mai 2012

    Combien de peintres font les pires bassesses pour obtenir ces commandes qu'il dédaigne ? Frago au contraire supplie l'Académie de l'exempter d'exécuter le plafond de la galerie d'Apollon, commande royale tout de même, sous prétexte qu'il n'a pas le temps. Et on l'en libère ! En contrepartie, l'Académie lui commande un autre tableau qu'il n'exécute pas davantage. Il n'a toujours pas le temps de s'ennuyer.
    Il est libre.
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  • Par Zazette97, le 29 décembre 2011

    Les arrivages de la Belgique annexée font remuer à Frago des centaines de tableaux pour les identifier. Ensuite, à lui d'attester un nom sur chaque oeuvre. Il reconnaît et repêche un Ribera dit l'Espagnolet. Des dessins des maîtres de Cologne aux grands tableaux de Rubens venus d'Anvers, des Rembrandt du Stathouder de Hollande, c'est lui qui les accueille, les trie, les identifie. Irremplaçable dans sa connaissance des petits maîtres décadents. Il est le plus précis sinon le plus expert dans l'identification des dessins. Il y met tout son coeur. La minutie, la patience qu'il déploie le tiennent éloigné des lieux où l'on verse le sang de leurs propriétaires. Il redoute de croiser sur une charrette un ci-devant avec qui il aurait jadis soupé, qu'il aurait portraituré...il préfère aller arpenter au loin les allées des parcs privés, ou s'enfermer pour rédiger des rapports sur les propositions d'acquisitions ou sur les restaurations en cours. Il inaugure toutes sortes de métiers, de conservateur de musée à directeur du personnel. S'inquiétant de la sécurité des collections à la rémunération ou l'approvisionnement en bois de chauffage des gardiens. p.334
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  • Par Zazette97, le 29 décembre 2011

    Rarement avant Fragonard, le dessin et surtout la sanguine n'ont été pris si au sérieux ni n'ont occupé un tel rang. Au-delà de l'observation attentive du feuillage des arbres, du scintillement de la lumière, du clapotement des eaux, du bruissement du vent, de la chaleur étouffante de l'air, on peut lire dans ses dessins un hymne à la végétation, cette végétation exubérante, folle, enfiévrée par le climat romain.
    Un souvenir d'enfance ? Un amour pour cette vie de l'enfance où les corps sont libres dans un air toujours chaud.
    La nature de Frago ne nie jamais l'homme, ne cherche pas non plus à l'inquiéter. La nature fût-elle grandiose enchante, et à qui l'admire, promet l'émotion. p.100
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Fragonard, l?invention du bonheur de Sophie Chauveau .
Vous connaissez ses tableaux, mais connaissez-vous sa vie ?Découvrez Fragonard, le talentueux peintre des Lumières?Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/fragonard-l-invention-du-bonheur-de-sophie-chauveau-307.html








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