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ISBN : 2253151017
Éditeur : Le Livre de Poche (2001)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 100 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
François Cheng est un spécialiste incontesté de la poésie et surtout de la peinture chinoise à laquelle il a consacré depuis une trentaine d'années des essais qui font autorité. Son premier roman, Le Dit de Tianyi est nourri de ce... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par araucaria, le 10 septembre 2012

    araucaria
    Très beau roman, ou se mêlent amour et amitié. Ce texte très fort nous fait faire une incursion dans la civilisation chinoise du 20 ème siècle. On y découvre notamment la vie des camps de rééducation construits au moment de la révolution culturelle. Malgré des descriptions parfois très dures et bouleversantes on retrouve la belle plume poétique de François Cheng. Un livre qui a bien mérité son Prix Femina.

    Lien : http://araucaria.20six.fr
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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 06 février 2012

    Lune
    Le « Dit de Tian-yi est un livre à part.
    Écrit en français, il contient toute la délicatesse, la subtilité de la Poésie chinoise que l'on perçoit dans les descriptions nuancées de la nature.
    Elles pourront apparaître redondantes ou trop denses pour certains mais elles témoignent d'une approche différente où l'être humain se confond intensément dans les nuages, la brume, les sentiers, les montagnes.
    C'est un livre de rencontres sur lesquelles l'auteur disserte : sa plume devient pinceau et la peinture des relations entre parents d'une même famille, entre homme et femme, entre amis, entre artistes est parfaitement exécutée, toutes les nuances que peuvent prendre ces échanges intenses sont rendues dans leur moindre recoin.
    C'est le livre d'un pays sur fond de guerre sino-japonaise puis de révolution culturelle, c'est un pays meurtri et meurtrissant sa population dont le chant traverse les générations et vient parfois se briser dans l'incompréhension extrême-occidentale.
    C'est la description d'un chinois venu en France se former à la peinture d'autres maîtres, racontant ses impressions et perceptions devant les grands peintres de l'Europe.
    C'est un homme à l'écoute intérieure perpétuelle, en recherches insatiables qui aboutiront à des rendez-vous manqués, en amour, en peinture et en politique.
    Car ce livre est politique puisque tout acte, tout désir est lié et relié au monde qui entoure l'homme qui se débat dans les rets d'un système tortionnaire qui refuse à l'individu de s'exprimer.
    Ce n'est pas un livre qui se donne facilement tant il est sinueux aussi bien dans l'écriture que dans le personnage.
    Il y a des passages qui fouettent et d'autres qui arrachent.
    Homme, artiste, amoureux : un seul être, une multiplicité de vies vécues, de vies entrevues, d'allers et de retours.
    Nous sommes dans la pure tragédie, la vraie, pas question de théâtre. L'homme face à un destin dramatique auquel il ne peut échapper qu'en le racontant.
    Ce livre a reçu le prix Fémina en 1998.
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    • Livres 5.00/5
    Par herveGAUTIER, le 24 mai 2014

    herveGAUTIER
    N°326– Février 2009
    Le dit de TianyiFrançois Cheng – Éditions Albin Michel [Prix Fémina 1998].
    C'est une récit poignant par sa simplicité et surtout par son authenticité que nous offre François Cheng. C'est, la relation d'une vie tourmentée, celle de Tianyi [peintre né en 1925], ingrate, pauvre, visitée par la maladie et la mort. La Chine traditionnelle du début du XX° siècle est très attachée à la famille. La sienne est évoquée, avec ces éléments valeureux, qui marquent un enfant, et ceux qui le sont beaucoup moins. Il évoque son père, instituteur devenu écrivain public et calligraphe et qui mourra quand le narrateur a dix ans. Ce que je retiens plus volontiers, au lieu des images d'hommes, son grand-père et ses oncles dissemblables ou attachants, ce sont les figures féminines, sa jeune sœur morte tôt, sa mère, illettrée, dévouée et charitable qui « pratiquait les vertus d'humilité et de compassion » du bouddhisme, ses tantes dont l'une d'elles était demeurée célibataire parce que la vie avait étouffée chez elle cette espièglerie naturelle, une autre qui ne faisait que de courtes apparitions et qui avait vécu un temps en France, une autre enfin qui se pendit pour ne pas avoir connu sur terre et pendant son mariage le bonheur auquel elle estimait avoir droit. Ce qui retient cependant mon attention, c'est le personnage fulgurant de Yumei, que le narrateur retient sous le nom de « l'Amante » et qui l'impressionne par sa grande beauté et son sens de la liberté. L'adolescent qu'il est à l'époque ne peut rester insensible à son charme et il s'éprend d'elle en secret. Son amour ira grandissant avec le temps et l'absence et il finira par regarder la femme comme inaccessible. Cet attachement à la femme se vérifiera également dans la personne de Véronique, musicienne française rencontrée à Paris, torturée comme lui par la vie.
    La seconde présence de ce roman est celle d'Haolang, l'ami d'enfance, communiste convaincu, le troisième élément du trio que le narrateur forme avec Yumei. Cette entente amicale à trois ne durera pas et, déçu par des gestes d'intimité qu'il surprend entre eux. Il en est bouleversé et déçu. A la faveur d'une bourse, il part pour la France où il mène une existence précaire, mais il trouve dans la peinture un baume à sa blessure mal fermée. Par Yumei, il apprend qu'Haolang est mort et décide de revenir en Chine, apprend que son amie s'est suicidée mais retrouve son camarade dans un camp de travail où il achève sa vie et lui confie ses écrits.
    Drame de l'amour et de l'amitié sur fond de guerre sino-japonaise et de révolution culturelle chinoise, choc de deux civilisations entre l'occident qui ne pense qu'aux richesses et la Chine qui fait une grande place à la philosophie et à la religion, à l'équilibre du monde. La figure du moine taoïste qui apparaît dans la première partie du roman symbolise ces valeurs. Dans l'évocation de la Chine de Mao, qui forme en quelque sorte son pendant révolutionnaire, cette approche change pour laisser la place à la souffrance et à la mort. C'est donc un itinéraire intérieur et personnel, dans une trame historique, que nous livre l'auteur.
    C'est aussi une quête impossible de la femme à travers les portraits esquissés de Yumei et de Véronique. Il oppose à sa propre vision du personnage féminin, magnifié à travers sa beauté, tissée notamment à travers la vision fugace de Yumei pendant ses ablutions, ces photos de femmes violées et cruellement humiliées pendant la guerre.
    C'est également le mythe du retour qui est évoqué ici, retour douloureux vers cette Chine défigurée par le communisme avec, en filigranes la quête de Yumei qui se révélera vaine. En cela l'auteur semble nous dire que la femme est à la fois idéalisée et inaccessible. Sa recherche est promise à l'échec parce que le destin de l'homme lui-même débouche sur une impasse.
    Pour autant, le narrateur enrichit son propos de développements passionnants notamment sur la peinture et la littérature occidentales. Il trouvera dans l'écriture, entendue à la fois comme une création et un acte de témoignage une manière de consolation à son mal-être intérieur.
    L'écriture en est limpide, agréable à lire, poétique et nostalgique à la fois, attachante, par l'émotion que suscite ce récit. François Cheng, en spécialiste de la culture, communique à son lecteur attentif, au-delà même du récit, sa passion pour la connaissance, la profondeur de ses réflexions notamment sur le destin de l'homme, ce qui en fait un œuvre profonde et d'une grande richesse, au confluent de l'orient et de l'occident. Il semble dire que la valeur de l'homme, la seule peut-être, réside dans l'art, dans cette extraordinaire faculté qu'il possède à la fois de porter témoignage de son vécu et donc de la condition humaine de le transcender pour en faire une œuvre universelle et unique.

    Hervé GAUTIER – Février 2009.http://hervegautier.e-monsite.com 

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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    • Livres 5.00/5
    Par CraboBonn, le 22 décembre 2012

    CraboBonn
    Un parcours, un chemin singulier mais aussi pluriel. L'histoire d'une vie, de plusieurs vies. le heros, Tyani, un chinois d'une province du Sud. Son enfance dans la Chine d'avant guerre (40-45), sa decouverte de Yumei, l'Amante et ses premiers pas dans la peinture. Son adolescence, sa rencontre avec Haolang et son apprentissage artistique. Puis, une vie d'artiste a trois, avec Yumei retrouvee, la bas, plusau Nord. Bientot, un depart en Europe pour Tyani, la decouverte de la peinture flammande mais aussi de la Renaissance italienne…
    Une troisieme partie, une troisieme vie: le mythe du retour. La Chine communiste et l'horreur des camps.
    Dans ce livre, la decouverte pour moi d'une autre culture que je n'avais jamais ressenti autant de l'interieur. Une Chine aux facettes multiples. Un temoignage fiction de la vie sous le joug de Mao. Un recit parfois un peu long mais riche, prenant et qui invite a d'autres parcours dans l'ame de cette vaste Chine …
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    • Livres 5.00/5
    Par sweetie9, le 16 septembre 2014

    sweetie9
    Rares sont les livres qui contiennent toute une vie.Plus rares ceux qui rassemblent dans leur profondeur plusieurs existences.Encore plus rares ceux qui arrivent à unir deux mondes étrangers,à faire pressentir ce qui les relie par l'alchimie d'une mystérieuse et universelle communion.C'est ce que réussit François Cheng dans cette oeuvre incomparable
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Citations et extraits

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  • Par araucaria, le 06 septembre 2012

    A partir de la naissance, chaque visage est façonné par toute une vie de désirs refoulés, de tourments cachés, de mensonges entretenus, de cris contenus, de sanglots ravalés, de chagrins niés, d'orgueil blessé, de serments reniés, de vengeances caressées, de colères rentrées, de hontes bues, de fous rires réprimés, de monologues interrompus, de confidences trahies, de plaisirs trop vite survenus, d'extases trop vite évanouies. Chaque ride en porte la marque aussi sûrement que les anneaux d'un arbre. C'est tout cela que le visage révèle de la personne, à son insu, malgré l'effort surhumain qu'elle déploie quotidiennement pour le cacher.
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  • Par araucaria, le 06 septembre 2012

    Le jour de mon départ, le maître m'accompagna jusqu'à la croisée des chemins. Il s'arrêta et dit : " Ce que je pouvais te donner de mieux, je te l'ai donné. A partir de maintenant, suis la Voie, la tienne, et oublie-moi. Ne prends pas la peine de m'écrire. De tout façon, je ne répondrai pas. Je m'en irai d'ailleurs bientôt." Ces paroles, dures à entendre, furent dites non sur un ton sévère, mais avec une douceur paisible dont tout son visage était illuminé, un visage comme transfiguré. Puis le vieillard se retourna et s'en alla en direction de son ermitage. Sa robe flottait au vent, et son pas était léger.
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  • Par sumitsuki, le 24 mars 2012

    "Brumes et nuages du mont Lu", si célèbres qu'ils s'étaient mués en proverbe pour désigner son mystère insaisissable, une beauté cachée mais ensorcelante. Par leurs mouvements capricieux, imprévisibles, par leurs teintes instables, rose ou pourpre, vert jade ou gris argent, ils transformaient la montagne en magie. Ils évoluaient au milieu des multiples pics et collines du mont Lu, s'attardant dans les vallées, s'élevant dans les hauteurs, maintenant ainsi un constant état de mystère. De temps à autre, subitement ils s'effaçaient, révélant alors au regard des hommes toute la splendeur de la montagne. Avec leurs corps soyeux et leur parfum de santal mouillé, ces brumes et ces nuées paraissaient tel un être à la fois charnel et irréel, un messager venu d'ailleurs pour dialoguer un instant ou longuement, selon ses humeurs, avec la terre. Certains matins clairs, elles pénétraient par les volets, en silence, chez les hommes, les caressaient, les enveloppaient de leur douceur intime. Pour peu qu'on veuille les saisir, elles s'éloignaient tout aussi silencieusement, hors de portée. Certains soirs, les brumes denses qui montaient, rencontrant les nuages en mouvement, provoquaient une précipitation et amenaient des ondées, qui déversaient leur eau pure dans les pots et les bocaux déposés par les habitants du village au pied des murs. C'est avec cette eau que ces derniers faisaient le meilleur thé du coin. Une fois les averses passées, rapidement, les nuages se déchiraient et, le temps d'une éclaircie, laissaient voir le plus haut mont. Entouré de collines, ce dernier ne conservait pas moins tout le mystère de son altière beauté, avec ses rochers fantastiques dangereusement dressés, qu'auréolait une végétation elle aussi fantastique, réverbérant sans entrave la lumière indécise du soir. Pendant ce temps, les nuages regroupés à l'ouest formaient une immense mer étale dont les flots portaient le soleil couchant comme un vaisseau de rêve scintillant de mille feux multicolores. Un instant après, le sommet se drapait de brume mauve, devenait à nouveau invisible. Comme il se doit, d'ailleurs, puisque c'est l'heure où le mont Lu effectue sa randonnée quotidienne en direction de l'ouest, pour rendre hommage à la Dame de l'Ouest des taoïstes ou pour saluer Bouddha. A ce moment, l'univers avait l'air de se révéler dans sa réalité cachée ; il était en perpétuelle transformation. Ce qui était apparemment stable se fondait dans le mouvant ; ce qui était apparemment fini se noyait dans l'infini. Point d'état fixe ni définitif. N'est-ce pas ce qu'il y a de plus vrai, puisque toutes choses vivantes ne sont que "condensation du souffle" ?
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  • Par sumitsuki, le 24 mars 2012

    Plus tard, m'ayant initié à l'art du trait et à la composition organique, le maître me dit : "La peinture chinoise est fondée sur un apparent paradoxe : elle obéit humblement aux lois du réel, dans toutes les manifestations de la vie visible et invisible, et dans le même temps, elle vise d'emblée la Vision. Il n'y a en fait pas de contradiction. Car le véritable réel ne se limite pas à l'aspect chatoyant de l'extérieur, il est vision. Celle-ci ne relève aucunement du rêve ou d'un fantasme du peintre, elle résulte de la grande transformation universelle mue par le souffle-esprit. Étant mue par le souffle-esprit, elle ne peut être captée par l'homme qu'avec le regard de l'esprit, ce que les Anciens appelaient le troisième œil ou l’œil de Sapience. Comment posséder cet œil ? Il n'y a pas d'autre voie que celle fixée par les maîtres Chan, c'est-à-dire les quatre étapes du voir : voir ; ne plus voir ; s'abîmer à l'intérieur du non-voir ; re-voir. Eh bien, lorsqu'on re-voit, on ne voit plus les choses en dehors de soi ; elles sont partie intégrante de soi, en sorte que le tableau qui résulte de ce re-voir n'est plus que la projection sans faille de cette intériorité féconde et transfigurée. Il faut donc atteindre la Vision. Tu t'accroches encore trop aux choses. Tu te cramponnes à elles. Or, les choses vivantes ne sont jamais fixes, isolées. Elle sont prises dans l'universelle transformation organique. Le temps de peindre, elles continuent à vivre, tout comme toi-même tu continues à vivre. En peignant, entre dans ton temps et entre dans leur temps, jusqu'à ce que ton temps et leur temps se confondent. Sois patient et travaille avec toute la lenteur voulue."
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  • Par sumitsuki, le 24 mars 2012

    Pour moi, la rencontre la plus réjouissante fut celle du vieux peintre-ermite. Assis sous un huanggo, j'étais en train de dessiner le paysage lorsque j'entendis une voix nette derrière mons dos : "Jeune homme, je vois que tu es peintre. Si vous voulez bien tous les deux, venez prendre le thé chez moi." Je me retournai et crus revoir le moine taoïste de mon enfance : le même visage serein et impassible, n'était ce bon sourire légèrement teinté d'ironie qui l'éclairait. Nous le suivîmes jusqu'à sa demeure, une chaumière protégée par de l'herbe sauvage et bordée derrière par un jardin potager. Le vieillard nous montra sa prodigieuse collection de peintures chinoises anciennes ainsi que ses propres œuvres, les unes éthérées, les autres d'une densité frémissante, peintes avec un superbe art du pinceau et de l'encre, dans la pure tradition chinoise, mais singulièrement renouvelée. Il nous apprit que dans sa propre jeunesse - cela remontait au début du siècle -, grâce à la fortune familiale, il avait longuement voyagé au Japon et en Europe. Dans les années vingt et trente, il jouissait d'un certain renom en tant que peintre dans toute la vallée du Yangzi. Il connaissait tous les grands artistes de sa génération. Mais depuis une dizaine d'années, il avait renoncé aux mondanités et s'était retiré dans ce coin perdu pour se consacrer entièrement à son art.
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François Cheng, Cinq méditations sur la mort .
François Cheng, Cinq méditations sur la mort http://www.laprocure.com/cinq-meditations-mort-autrement-dit-vie-francois-cheng/9782226251916.html








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