Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2234073251
Éditeur : Stock (2012)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 68 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En 63 textes, d’« Acacia » à « Voyage », Philippe Claudel évoque autant de parfums de l’enfance et de l’adolescence. Chaque évocation fait resurgir un monde oublié, dont certaines traces demeurent : l’après-rasage du père, la crème solaire de la mère, les cheveux soyeux... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (34)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Lorraine47, le 18 février 2013

    Lorraine47
    Ma Lorraine, ma terre, mes Parfums, je le sais maintenant, je les partage avec d'autres et notamment Philippe Claudel.
    J'ai achevé la lecture de cet ouvrage depuis quelques mois déjà mais j'ai attendu pour voir ce qui allait se déposer dans ma mémoire, je ne suis pas déçue.
    Hugo le disait, la mémoire olfactive est la plus fidèle de toutes. Quand un parfum est entré dans votre narine et surtout s'il est accompagné d'une charge affective importante, il reste à jamais gravé dans votre tête.
    Philippe Claudel égrène les Parfums comme un canevas de souvenirs et nous livre un portrait intime très émouvant.
    Il parlera encore plus à ceux qui dans l'enfance ont humé dans la cave les Parfums de mirabelle. le parfum de ces petites prunes dorées est si puissant qu'il hante encore les lieux alors que nous n'en stockions plus depuis des années!
    Il résonnera dans le cœur de ceux qui se souviennent avoir humé les vêtements de l'être cher, trop tôt disparu en cherchant des mois après le parfum et la douce chaleur de son corps.
    Le parfum ne rime heureusement pas qu'avec la mélancolie et la recherche d'un paradis perdu: il peut être renaissance du désir,de la sexualité et de la vie.
    Les odeurs nous renvoient à tout, à la vie, au plaisir et à la mort.
    Merci à Philippe Claudel qui nous donne preuve en est que les hommes ne sont pas que des visuels, ils sont comme les femmes doués d'une grande sensualité!
    Un livre que j'aurai plaisir à revisiter!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          5 66         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 novembre 2012

    LiliGalipette
    Philippe Claudel nous propose une infinité de voyages qui commencent au seuil des narines et qui remontent le temps et les souvenirs. Son abécédaire olfactif se compose de madeleines de Proust délicates, robustes, répugnantes ou éthérées. Qu'il parle d'ail, d'ombellifère ou de gymnase, ses descriptions sensitives sont des hommages au passé. S'il a classé les Parfums de son laboratoire personnel par ordre alphabétique, l'auteur ne suit par d'ordre chronologique. On saute de ses questionnements d'adolescents à ses chagrins et ses bonheurs d'enfants pour mieux revenir aux évidences de son présent ou de son passé immédiat.
    Sous la plume de l'auteur, les odeurs vêtent leurs plus beaux atours. Les nuages qui frôlent le sol se parent d'impressionnisme : « Extracteur à froid de Parfums suspendus et potentiels, le brouillard sabote le paysage quotidien pour le donner à voir et à sentir autrement. » (p. 36) Pendant ce temps, l'essence de la mort est plus métaphysique que jamais : « Depuis cet instant, je sais que la mort a un parfum d'éther. Et je ne cesse de m'entraîner en vue d'une apnée infinie. » (p. 98) Et comment ne pas balbutier d'émotion devant l'intense lyrisme qui entoure les odeurs du réveil ? le Cantique des cantiques est transfiguré dans cet entre-deux qui sépare le sommeil de la veille : « Avant que mon aimée n'ouvre les yeux, avant même qu'elle ne me voie, qu'elle ne me sourie, ce que je veux étreindre en respirant sa peau et sa chevelure, c'est notre présence commune qui fait de ce réveil le recommencement de notre amour, l'aube ressuscitée d'une durable harmonie. » (p. 172 & 173)
    Comme un alchimiste, Philippe Claudel manipule les essences : il mélange fragrances et puanteurs dans un alambic superbe qui exhale des souvenirs puissants. Il est un chimiste audacieux qui convoque un fromage agressif à côté d'un suave acacia. Parfois épicurien mélancolique, voire nostalgique, il devient jouisseur gourmand et curieux et plonge à plein nez dans les odeurs qui ont marqué sa vie. Dans cet inventaire à la Claudel, nul doute que vous trouverez aussi des Parfums familiers.
    Faut-il que je vous redise à quel point je suis sensible à la plume de Philippe Claudel ? À mon sens, il est un des plus grands auteurs du 21è siècle, celui que je convoque dès que je doute du futur de la littérature. Pour comprendre et déguster Parfums¸ replongez dans Le rapport de Brodeck où les odeurs de la terre sont plus pures que les émanations des hommes ou visitez Meuse l'oubli pour comprendre le parfum de victoire de l'amour face à la mort. Parfums n'est pas un roman : c'est un subtil recueil d'évanescence, une palette d'impalpable.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 42         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par manU17, le 30 novembre 2012

    manU17

    C'est un véritable coup de cœur que j'ai eu tout récemment pour l'écriture si particulière de Philippe Claudel en découvrant son roman Les Âmes Grises. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongé dans son Parfums.
    L'auteur nous livre ici des petits instantanés du passé, couchés sur le papier comme pour mieux les graver à tout jamais. Ces courts textes sont comme un hymne à la mémoire, une célébration intime de petits riens. Qu'y a-t-il de plus doux que de se replonger dans ses pensées et de se laisser emporter par les Parfums rassurants du passé ?
    Non, ce n'était pas mieux avant mais cet avant porte en lui la patine du temps. le temps qui adoucit et embellie les souvenirs. le temps qui atténue le plus souvent la douleur.
    Parfums fleure bon la nostalgie des petits instants d'antan, de leurs souvenirs aux effluves multiples et pluriels. Humer le parfum d'une femme, de son cou, de son sexe, respirer l'odeur d'une pièce humide, d'un vêtement oublié ou s'enivrer des arômes d'épices d'Orient et replonger dans l'avant.
    Voir ressurgir des images qu'on croyait oubliées, retrouver nos regrettés disparus, c'est à tout ça et bien plus encore que nous convie l'auteur. Parfums d'autrefois aux délicates saveurs de l'enfance, Parfums de vies, Parfums de la vie, Parfums du passé, Parfums d'éternité... Essences et réminiscences…
    Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce passage qui évoque si subtilement le munster, fromage généreux en odeur s'il en est : « le respirer le condamne, le gouter l'amnistie. Derrière ses allures de Quasimodo, de vilain canard ou de galeux, c'est un Prince qui pour apparaitre attend qu'on veuille bien l'apprécier. On se trompe si souvent sur les fromages ou sur les êtres. » Que dire de plus après ça ?
    Ouvrez ce livre, caressez-en les mots du regard, humez-les et délectez-vous de ces soixante-trois savoureuses petites madeleines.



    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2012/11/parfums.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 47         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 17 novembre 2012

    MissG
    "Je suis comme les livres. Je suis dans les livres. C'est le lieu où j'habite, lecteur et artisan, et qui me définit le mieux."
    Ainsi, si chaque lecteur fait corps avec un livre, "Parfums" permet à son auteur, Philippe Claudel, de revenir sur les Parfums qui le bercent depuis son enfance et qui font de lui l'homme qu'il est aujourd'hui, et de partager tous ces Parfums avec le lecteur qui lui-même replonge dans ses souvenirs.
    Voyage littéraire olfactif, "Parfums" s'intéresse à tout, du plus important au plus insignifiant, ne se limitant pas à des Parfums de fruits ou de fleurs, mais également à celui attaché à un lieu, comme une chambre d'hôtel : "Son parfum véritable, c'est celui de notre brièveté et de notre inconsistance.", avec un arrière-fond de mélancolie par rapport au temps qui passe et qui n'épargne rien ni personne : "Le temps ferme les portes et dépend les enseignes sans placarder nulle part d'avis de décès.".

    Philippe Claudel est Lorrain, et son livre, outre le fait de rendre hommage aux Parfums qui ont bercé son enfance, son adolescence et sa vie d'adulte, est aussi une ode à cette région de France.
    En le lisant, il suffit de fermer les yeux pour voir les paysages et de respirer pour sentir les odeurs décrites, ainsi lorsqu'il est question de l'odeur de l'alambic il n'est pas possible de la dissocier de l'alcool de mirabelle et d'imaginer l'arbre couvert de fruits : "Sans doute au ciel s'enivre-t-on de ces vapeurs, mais sur terre, nous, qui ne sommes plus des anges et pas encore des démons, devenons grâce à elles des faunes hébétés zigzaguant à vélo, riant pour rien, heureux, ivres de cette brise d'alcool et ivres de la vie.".

    Je ne qualifierai pas "Parfums" de roman autobiographique, je trouve au contraire que ce livre a une portée universelle car il renvoie chacun à sa vie, à ses souvenirs, à des personnes ou des lieux qui aujourd'hui n'existent plus et qui pourtant restent gravés dans la mémoire : "Chaque lettre a une odeur, chaque verbe, un parfum. Chaque mot diffuse dans la mémoire un lieu et ses effluves. Et le texte qui peu à peu se tisse, aux hasards conjugués de l'alphabet et de la remembrance, devient alors le fleuve merveilleux, mille fois ramifié et odorant, de notre vie rêvée, de notre vie vécue, de notre vie à venir, qui tour à tour nous emporte et nous dévoile.".
    Je me suis retrouvée dans certains des écrits de l'auteur et cette lecture m'a amenée à repenser à des personnes ou à des lieux sans tristesse.
    Comme l'auteur, chaque lecteur est finalement amené à se promener sur le chemin de sa vie, et c'est cette promenade des plus agréables que nous propose Philippe Claudel à travers son livre.
    Il s'agit d'un recueil de nouvelles, la lecture en est donc rapide et sans lassitude, d'autant que l'auteur jongle habilement entre les Parfums, ne respectant pas d'ordre chronologique.
    Chaque nouvelle se présente donc comme une photographie d'un moment passé, qui pourrait resurgir à n'importe quel moment, dans n'importe quel endroit, juste parce qu'une odeur, un paysage ou une personne déclenche un souvenir.
    Le style littéraire de Philippe Claudel est net et précis, son écriture est fluide et il arrive parfaitement à véhiculer des émotions avec les mots employés.
    Je tiens également à souligner que la couverture est particulièrement soignée et belle, elle illustre d'ailleurs assez bien la proximité entre l'auteur, son écrit et le lecteur, et le moment de partage qui se déroulera au cours de cette lecture.
    Philippe Claudel, auteur/dramaturge/cinéaste plutôt discret, livre avec "Parfums" un bijou magnifique dans un écrin d'émotions qui trouve un écho en chaque lecteur et s'affirme encore plus comme une des plus belles plumes de la littérature d'aujourd'hui.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/11/parfums-de-philippe-claude..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 24         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 23 octobre 2012

    brigittelascombe
    "Laisse-moi respirer longtemps,longtemps l'odeur de tes cheveux..pour secouer les souvenirs dans l'air."
    Philippe Claudel, s'est inspiré des vers de Charles Baudelaire, pour réaliser, lui aussi, à fleur de mots odorants, une "envoutante opération musicale, alchimique et sensorielle". Parfums s'élève, subtile poésie, émotions palpables.
    C'est le plus souvent, avec volupté, que l'auteur se plonge dans ses propres souvenirs. Soldats de plomb, classés par ordre alphabétiques, ils défient le temps, puissants, l'abolissent, pour se charger de l'or des alchimistes, mais un or ciselé par un travail d'orfèvre.
    Les Parfums se mèlent au goût des "grappes craquantes pleines de fleurs" d'acacia (l'hiver n'est plus, c'est le "printemps qui vient à sa bouche") ou au goût de canalle des gateaux à la "musique olfactive".
    Le magicien Philippe Claudel transforme les choses: la nuit est "vêtement, la chambre d'hôtel, telle une prostituée "se donne à qui la paie".
    L'imagination fertile de l'auteur transparait: le droguiste, nimbé d'encaustique, "s'apprête à témoigner en cour d'assises".
    L'odeur de l'enfant qui dort renvoie au bonheur tendresse de sa fille blottie dans les bras de sa mère, puis à la perfection de l'art, celle du tableau de Klimt (installé, d'ailleurs, en première de couverture).
    C'est sa vie qu'il nous conte, une vie dont il nous livre les clés à travers mots fruités, sucrés, acides et parfois puants (ex:pissotières ou munster) ,une vie tissée d'émotions, faite de joies (amour maternel) mais aussi de petites trahisons (l'éther lui rappelle une angoissante hospitalisation), des peurs d'enfants (ex:dans la cave) ou des premiers émois empreints d'érotisme comme ces gymnases où les corps se dévoilent.
    Philippe Claudel dresse dans Parfum un autoportrait attachant: celui d'un rêveur qui habite dans les livres, un hypersensible poète à ses heures, un être réservé qui se terre dans son trou.
    Son style délicat, élégant, traduit son amour de l'art pictural et de la poésie musicale et légère.
    Bref, Parfums est un pur bijou, qui évoque parfois La première gorgée de bière de Philippe Delerm.
    A quand le prix? Philippe Claudel, de l'Académie Goncourt, cinéaste, écrivain,dramaturge et essayiste, a plus d'une corde à son arc. Bravo!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique


Critiques presse (2)


  • LePoint , le 13 septembre 2012
    Dans tous ses états, le nez de Claudel joue au romancier. Et à ce jeu, il excelle. Il décrit l'indescriptible, le minuscule, l'imperceptible, avec une fluidité déconcertante, il cherche le bon mot et parfois même la rime, il s'amuse, pense, se souvient, respire le monde avec envie, et nous enchante.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LePoint , le 13 août 2012
    Dans tous ses états, le nez de Claudel joue au romancier. Et à ce jeu, il excelle. Il décrit l'indescriptible, le minuscule, l'imperceptible, avec une fluidité déconcertante, il cherche le bon mot et parfois même la rime, il s'amuse, pense, se souvient, respire le monde avec envie, et nous enchante.
    Lire la critique sur le site : LePoint

> voir toutes (60)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par jackycaudron, le 29 novembre 2012

    "Car aucun sexe féminin n'est pareil à un autre, aucun ne s'orne des mêmes fragrances, et les baisers qu'on y dépose, comme des offrandes ou des consolations, tentent d'apprivoiser la belle créature endormie qui semble y vivre, dans un prégnant parfum qui, selon les femmes, rappelle le boisé de cèdre, le pain que l'on grille, la faible acidité de cédrat, le musc de certaines fourrures sauvages, le lait, le malt,le caramel,mais tout ceci dans une atténuation de notes mineures, une susurration d'odeurs qui, pour être perçues et célébrées, demandent à ce qu'on s'approche au plus près, qu'on y pose ses narines et ses lèvres, qu'on l'embrasse et le respire, les yeux fermés, avec l'humilité agenouillée de l'orant devant la déesse.
    Les doigts et les lèvres qui viennent rêver sur le sexe des femmes gardent longtemps, le souvenir de leur parfum, comme si celui-ci ne voulait pas mourir, comme nous mêmes ne voulons pas mourir sinon, peut-être, comme dans le plus beau des songes, tout au creux de leurs cuisses."
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par manU17, le 19 novembre 2012

    M'endormir seul n'a jamais été mon plaisir. Même enfant me manque un autre corps. Sa chaleur, sa puissance, sa douceur, son souffle tiède et les battements de son coeur. L'endormissement souvent me fait craindre le pire, qui n'est pas la mort mais l'abandon, la solitude interminable.

    Commenter     J’apprécie          0 34         Page de la citation

  • Par LiliGalipette, le 03 novembre 2012

    « Avant que mon aimée n’ouvre les yeux, avant même qu’elle ne me voie, qu’elle ne me sourie, ce que je veux étreindre en respirant sa peau et sa chevelure, c’est notre présence commune qui fait de ce réveil le recommencement de notre amour, l’aube ressuscitée d’une durable harmonie. » (p. 172 & 173)

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la citation

  • Par manU17, le 24 novembre 2012

    Le respirer le condamne, le gouter l’amnistie. Derrière ses allures de Quasimodo, de vilain canard ou de galeux, c’est un Prince qui pour apparaitre attend qu’on veuille bien l’apprécier. On se trompe si souvent sur les fromages ou sur les êtres.

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la citation

  • Par manU17, le 22 novembre 2012

    La chambre d'hôtel, c'est le lieu où on n'utilise pas le même savon qu'à la maison. Parfois, je n'y écris rien. Le lieu s'y refuse et je ne cherche pas à comprendre pourquoi. Parfois, j'y écris des heures en oubliant ma vie et le cours du temps.

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
13,30 € (neuf)
13,30 € (occasion)

   

Faire découvrir Parfums par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (148)

> voir plus

Quiz