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ISBN : 2253175390
Éditeur : Le Livre de Poche (2014)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 116 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En dressant l'inventaire des parfums qui nous émeuvent - ce que j'ai fait pour moi, ce que chacun peut faire pour lui-même -, on voyage librement dans une vie. Le bagage est léger. On respire et on se laisse aller. Le temps n'existe plus : car c'est aussi cela la magie ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lorraine47, le 18 février 2013

    Lorraine47
    Ma Lorraine, ma terre, mes Parfums, je le sais maintenant, je les partage avec d'autres et notamment Philippe Claudel.
    J'ai achevé la lecture de cet ouvrage depuis quelques mois déjà mais j'ai attendu pour voir ce qui allait se déposer dans ma mémoire, je ne suis pas déçue.
    Hugo le disait, la mémoire olfactive est la plus fidèle de toutes. Quand un parfum est entré dans votre narine et surtout s'il est accompagné d'une charge affective importante, il reste à jamais gravé dans votre tête.
    Philippe Claudel égrène les Parfums comme un canevas de souvenirs et nous livre un portrait intime très émouvant.
    Il parlera encore plus à ceux qui dans l'enfance ont humé dans la cave les Parfums de mirabelle. le parfum de ces petites prunes dorées est si puissant qu'il hante encore les lieux alors que nous n'en stockions plus depuis des années!
    Il résonnera dans le cœur de ceux qui se souviennent avoir humé les vêtements de l'être cher, trop tôt disparu en cherchant des mois après le parfum et la douce chaleur de son corps.
    Le parfum ne rime heureusement pas qu'avec la mélancolie et la recherche d'un paradis perdu: il peut être renaissance du désir,de la sexualité et de la vie.
    Les odeurs nous renvoient à tout, à la vie, au plaisir et à la mort.
    Merci à Philippe Claudel qui nous donne preuve en est que les hommes ne sont pas que des visuels, ils sont comme les femmes doués d'une grande sensualité!
    Un livre que j'aurai plaisir à revisiter!
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 novembre 2012

    LiliGalipette
    Philippe Claudel nous propose une infinité de voyages qui commencent au seuil des narines et qui remontent le temps et les souvenirs. Son abécédaire olfactif se compose de madeleines de Proust délicates, robustes, répugnantes ou éthérées. Qu'il parle d'ail, d'ombellifère ou de gymnase, ses descriptions sensitives sont des hommages au passé. S'il a classé les Parfums de son laboratoire personnel par ordre alphabétique, l'auteur ne suit par d'ordre chronologique. On saute de ses questionnements d'adolescents à ses chagrins et ses bonheurs d'enfants pour mieux revenir aux évidences de son présent ou de son passé immédiat.
    Sous la plume de l'auteur, les odeurs vêtent leurs plus beaux atours. Les nuages qui frôlent le sol se parent d'impressionnisme : « Extracteur à froid de Parfums suspendus et potentiels, le brouillard sabote le paysage quotidien pour le donner à voir et à sentir autrement. » (p. 36) Pendant ce temps, l'essence de la mort est plus métaphysique que jamais : « Depuis cet instant, je sais que la mort a un parfum d'éther. Et je ne cesse de m'entraîner en vue d'une apnée infinie. » (p. 98) Et comment ne pas balbutier d'émotion devant l'intense lyrisme qui entoure les odeurs du réveil ? le Cantique des cantiques est transfiguré dans cet entre-deux qui sépare le sommeil de la veille : « Avant que mon aimée n'ouvre les yeux, avant même qu'elle ne me voie, qu'elle ne me sourie, ce que je veux étreindre en respirant sa peau et sa chevelure, c'est notre présence commune qui fait de ce réveil le recommencement de notre amour, l'aube ressuscitée d'une durable harmonie. » (p. 172 & 173)
    Comme un alchimiste, Philippe Claudel manipule les essences : il mélange fragrances et puanteurs dans un alambic superbe qui exhale des souvenirs puissants. Il est un chimiste audacieux qui convoque un fromage agressif à côté d'un suave acacia. Parfois épicurien mélancolique, voire nostalgique, il devient jouisseur gourmand et curieux et plonge à plein nez dans les odeurs qui ont marqué sa vie. Dans cet inventaire à la Claudel, nul doute que vous trouverez aussi des Parfums familiers.
    Faut-il que je vous redise à quel point je suis sensible à la plume de Philippe Claudel ? À mon sens, il est un des plus grands auteurs du 21è siècle, celui que je convoque dès que je doute du futur de la littérature. Pour comprendre et déguster Parfums¸ replongez dans Le rapport de Brodeck où les odeurs de la terre sont plus pures que les émanations des hommes ou visitez Meuse l'oubli pour comprendre le parfum de victoire de l'amour face à la mort. Parfums n'est pas un roman : c'est un subtil recueil d'évanescence, une palette d'impalpable.
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    • Livres 4.00/5
    Par manU17, le 30 novembre 2012

    manU17

    C'est un véritable coup de cœur que j'ai eu tout récemment pour l'écriture si particulière de Philippe Claudel en découvrant son roman Les Âmes Grises. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongé dans son Parfums.
    L'auteur nous livre ici des petits instantanés du passé, couchés sur le papier comme pour mieux les graver à tout jamais. Ces courts textes sont comme un hymne à la mémoire, une célébration intime de petits riens. Qu'y a-t-il de plus doux que de se replonger dans ses pensées et de se laisser emporter par les Parfums rassurants du passé ?
    Non, ce n'était pas mieux avant mais cet avant porte en lui la patine du temps. le temps qui adoucit et embellie les souvenirs. le temps qui atténue le plus souvent la douleur.
    Parfums fleure bon la nostalgie des petits instants d'antan, de leurs souvenirs aux effluves multiples et pluriels. Humer le parfum d'une femme, de son cou, de son sexe, respirer l'odeur d'une pièce humide, d'un vêtement oublié ou s'enivrer des arômes d'épices d'Orient et replonger dans l'avant.
    Voir ressurgir des images qu'on croyait oubliées, retrouver nos regrettés disparus, c'est à tout ça et bien plus encore que nous convie l'auteur. Parfums d'autrefois aux délicates saveurs de l'enfance, Parfums de vies, Parfums de la vie, Parfums du passé, Parfums d'éternité... Essences et réminiscences…
    Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce passage qui évoque si subtilement le munster, fromage généreux en odeur s'il en est : « le respirer le condamne, le gouter l'amnistie. Derrière ses allures de Quasimodo, de vilain canard ou de galeux, c'est un Prince qui pour apparaitre attend qu'on veuille bien l'apprécier. On se trompe si souvent sur les fromages ou sur les êtres. » Que dire de plus après ça ?
    Ouvrez ce livre, caressez-en les mots du regard, humez-les et délectez-vous de ces soixante-trois savoureuses petites madeleines.



    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2012/11/parfums.html
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    • Livres 4.00/5
    Par araucaria, le 06 mars 2014

    araucaria
    Ce ne sont pas des nouvelles, plutôt des textes très courts dédiés à l'odorat, aux souvenirs liés aux Parfums, quels qu'ils soient : acacia, cannelle, chou, draps frais, église, maison d'enfance, pissotières, sexe féminin, torréfaction, vieillesse... Philippe Claudel nous fait voyager dans ses souvenirs les plus intimes grâce à ces petits textes élégants, ciselés, rédigés de main de maître. Ces textes sont des petits bijoux, des friandises. Cependant, j'ai un faible pour les romans de l'auteur où il s'exprime plus amplement sans être contraint par la longueur du récit. Ainsi, aucun texte de Philippe Claudel, n'a pu égaler jusqu'à présent mes lectures de "Les âmes grises" ou "Le Café de l'Excelsior", question de goût, de sensibilité de lectrice... Mais Philippe Claudel reste pour moi Un Maître, un immense auteur contemporain.

    Lien : http://araucaria20six.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 08 octobre 2013

    MachaLoubrun
    Philippe Claudel nous entraîne dans le long labyrinthe de sa mémoire en déroulant un long ruban parfumé. A travers soixante-trois textes ciselés, classés par ordre alphabétique, il restitue les senteurs de son enfance dans sa ville natale, Dombasle près de Nancy.
    L’après-rasage de son père, l’odeur du lard frit, la piscine, les pissotières, les églises, le sexe des femmes, la crème solaire, la terre, l’alambic, ces courts textes ressemblent à un tableau impressionniste odorant, l’imagination galope en les découvrant, les odeurs de notre propre vie viennent nous chatouiller les narines.
    J’avais déjà aimé «Les âmes grises », « Le rapport de Brodeck », « La petite fille de Monsieur Linh » et « Parfums » permet de connaitre Philippe Claudel de manière plus intime. Ces textes sont crus, sensuels mais jamais impudiques.

    Un joli bouquet de mots aux délicieuses sensations….
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Critiques presse (2)


  • LePoint , le 13 septembre 2012
    Dans tous ses états, le nez de Claudel joue au romancier. Et à ce jeu, il excelle. Il décrit l'indescriptible, le minuscule, l'imperceptible, avec une fluidité déconcertante, il cherche le bon mot et parfois même la rime, il s'amuse, pense, se souvient, respire le monde avec envie, et nous enchante.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LePoint , le 13 août 2012
    Dans tous ses états, le nez de Claudel joue au romancier. Et à ce jeu, il excelle. Il décrit l'indescriptible, le minuscule, l'imperceptible, avec une fluidité déconcertante, il cherche le bon mot et parfois même la rime, il s'amuse, pense, se souvient, respire le monde avec envie, et nous enchante.
    Lire la critique sur le site : LePoint

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Citations et extraits

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  • Par araucaria, le 01 mars 2014

    Fleurs d'acacia aux odeurs de miel et de primevères, bourdonnant d'abeilles qui, pareilles à des silènes minuscules et velus, s'enivrent et titubent dans l'air doux. Nous autres, petits humains, cherchons sur les plus basses branches les grappes lourdes au teint de crème pâle. Nous les cueillons, ignorant nos blessures aux doigts et aux poignets, et notre sang qui perle signe notre courage. Je serre les jeunes mortes dans un linge et reviens à la maison, pédalant à m'en casser les jambes. Je passe devant les abattoirs endormis où les boeufs écorchés, pendus à leur crochet dans les chambres froides, méditent sur leur bref destin. Ma mère a battu la pâte. Nous y plongeons les grappes qui s'alourdissent d'une lave blonde. Alors, très vite, il faut les immoler dans l'huile bouillante afin que leur arôme profond ne meure pas mais s'emprisonne sous la croûte mince. Dorée.
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  • Par araucaria, le 02 mars 2014

    La guitare moelleuse de Mark Knopfler accompagne les fumées qui montent au ciel. Si je ne suis pas pratiquant, j'inhale une telle quantité de cannabis dont le parfum de tisane, d'herbe morte, de feu de friches, de médecine naturelle et de bois sec me ravit, que je n'en sors pas indemne. Le monde se met à ressembler à un univers de montres molles. Les meubles deviennent élastiques et se mêlent aux discussions. Les lumières dansent tout comme Nanou qui, debout sur la table basse, tient absolument à nous montrer ses seins. Le kilim qui masque le parquet veuf de nombreuses lattes ondule à la façon de l'échine d'un souple animal
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  • Par manU17, le 19 novembre 2012

    M'endormir seul n'a jamais été mon plaisir. Même enfant me manque un autre corps. Sa chaleur, sa puissance, sa douceur, son souffle tiède et les battements de son coeur. L'endormissement souvent me fait craindre le pire, qui n'est pas la mort mais l'abandon, la solitude interminable.

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  • Par araucaria, le 03 mars 2014

    Les portes des étables sont pour moi comme celles des églises; elles ouvrent sur un mystère et un silence à peine troublé de souffles et de mouvements lents, d'haleines chaudes, de poésie d'encens ici, de rumination repue là. Un recueillement. Dans l'ombre se joue l'Eucharistie. Parfum de crèche bien sûr, où l'aigrelet fumet du nouveau-né s'adoucit de l'haleine de l'âne et de celle du boeuf bienveillants.
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  • Par LiliGalipette, le 03 novembre 2012

    « Avant que mon aimée n’ouvre les yeux, avant même qu’elle ne me voie, qu’elle ne me sourie, ce que je veux étreindre en respirant sa peau et sa chevelure, c’est notre présence commune qui fait de ce réveil le recommencement de notre amour, l’aube ressuscitée d’une durable harmonie. » (p. 172 & 173)

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