AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070315037
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 3.63/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Paule est morte et son amant inconsolable pleure leur histoire de bistro en bistro. Ne lui restent de sa belle Flamande que trois lettres cent fois relues et un pull angora qui conserve son odeur. Il quitte son travail, prend la fuite et s’installe dans une petite bourgade du bord de la Meuse. Loin des lieux qui l’ont vu tituber de douleur et de trop de petits vins du Rhin, il se met à écrire. Où sont ceux qui nous ont quittés, sinon dans nos mémoires et dans nos ph... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
LiliGalipette28 janvier 2012
  • Livres 5.00/5
Le narrateur aime Paule. Et Paule est morte. « Chaque matin, je redevenais veuf en m'éveillant du sommeil où l'alcool m'avait versé et courais dans les toilettes y dégueuler mes rêves. » (p. 16) Pitoyable Orphée, il convoque sans cesse le souvenir de sa belle qui sans cesse se dérobe et s'effiloche. Saturé de douleur, il quitte les lieux des souvenirs et s'installe à Feil, sur les bords de la Meuse. « Ici, ma douleur convient au granit des trottoirs et au brouillard du fleuve. » (p. 35)
Dans un village où le temps oscille entre immobilité et bond en avant, l'homme vit son deuil. Tout lui est Paule, tout est souvenir. « le pull-over a gardé son parfum, je m'en persuade. Mes yeux ont gardé l'éclat de ses dents, ma peau a gardé la douceur de ses mains sur ma nuque et mes joues. » (p. 82) Les flots de la mémoire brassent tout : l'amour pour Paule, le manque de la mère et comment Paule l'a réconcilié avec les femmes. « Elle m'apprit ce qu'une femme peut donner quand elle installe en l'homme le brillant de sa vie et la venue de la joie. » (p. 95)
Sous les mots du narrateur, Paule devient une femme relique, elle qui était si vivante et charnelle. Rien que son prénom était une promesse de rondeur, de chaleur et de plaisir. « Pourquoi le mal nous reste-t-il quand le doux nous délaisse ? » (p. 146) La mort n'a pas tué le désir et l'homme manque surtout de la sensualité d'une femme qui semblait contenir tout ce que la vie a de savoureux. Devant sa solitude et son incomplétude, l'homme perd pied. « J'ai découvert combien il y avait peu de grâce au vide. » (p. 14)
Mais, patiente en ses méandres, la Meuse attend que l'homme dépose dans ses flots oublieux le fardeau de sa peine. Pas pour qu'il soit heureux, mais au moins pour qu'il ne soit plus en deuil. « Je vivrai maintenant dans l'incontinuité de Paule. » (p. 156) Cet émouvant roman sur la mort interroge le souvenir et ses douleurs. Il sonde les moyens d'endiguer l'amour et de reprendre pied dans la vie sans trahir ceux qui ne sont plus.
D'une plume habile et pudique, traversée de fulgurances douloureuses et élégiaques, Philippe Claudel m'a une nouvelle fois mis dans les mains un roman qui remue le coeur et les tripes. La lueur d'espoir qui frémit au terme du texte est de celles sur lesquelles il faut souffler doucement pour ne pas les envoler ou les moucher. Un livre délicat et bouleversant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
sultanne
sultanne12 octobre 2012
  • Livres 2.00/5
Dire l'indicible, exprimer l'ineffable. le narrateur se cogne et s'enfuit, tourne et se détourne, puis se heurte sans se défendre aux souvenirs qui l'assiègent, au grès des éléments naturels qui ne font que lui rappeller l'inacceptable.
C'est dans une prose poétique, puissante, parfois précieuse que le narrateur cherche désespérément à dire l'inexprimable ; et c'est au coeur d'une nature aux éléments apaisés par la souffrance et la mélancolie qu'il cherche à donner un nouveau sens à son existance.
Le travail de deuil ne se fait qu'au prix de nombreuses souffrances et de grands moments de solitude durant lesquels, parfois, perce une étincelle de sublime : la réminiscence de quelques moments de passion passés auprès de l'être aimé disparu à tout jamais.
Commenter  J’apprécie          150
feanora
feanora21 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Une belle plume pour ce premier roman de Philippe Claudel!
Ce livre nous fait partager la douleur de l'auteur qui a perdu sa compagne. Celle-ci l'avait aidé à retrouver sa dignité et lui avait apporté le bonheur.
Paule était sa lumière mais la maladie l'avait emportée avec brutalité, laissant un homme perdu. Il quitte son domicile pour s' installer dans une petite ville des Ardennes, traversé par la Meuse.
Il nous fait partager son quotidien en criant sa douleur pendant des jours jusqu'à ce qu'il puisse penser à Paule sans souffrance.
Commenter  J’apprécie          110
thedoc
thedoc17 mars 2016
  • Livres 3.00/5
Le narrateur fuit la perte de son amour Paule. A presque trente ans, le mal qui rongeait la jeune femme a fini par l'emporter. Incommensurable douleur et perte insupportable… et l'alcool ne noie rien. Alors le narrateur quitte tout : ses proches, son travail, sa ville… Il s'échoue sur les bords de la Meuse, dans un petit village brumeux, Feil. Logé chez une vieille veuve, Madame Outsander, il commence tout d'abord par se terrer dans sa chambre, exprimant sa colère et son impuissance sur de vieux cahiers. Paule lui manque, physiquement. Paule, qui l'avait réconcilié avec les femmes, n'est plus là. Et puis, peu à peu, il découvre le village, ses habitants, les environs. La douleur, sans disparaître, s'atténue.
Premier roman de Philippe Claudel, « Meuse l'oubli » nous parle de la difficulté de faire son deuil après la perte d'un être cher, du manque et de l'absence. Dans une ambiance brumeuse et grise, il fait déambuler son personnage entre ses souvenirs et son présent. Puis, au fil des saisons, le paysage change, de même que la douleur du narrateur.
On retrouve dans ce premier roman le style pudique et poétique de l'écrivain. Si le propos est forcément sombre, Philippe Claudel achève heureusement son récit par une petite note d'espoir.
Un beau roman qui laisse entrevoir les oeuvres majeures de Claudel qui ont suivi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
mimipinson
mimipinson11 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
« Puis dans les jardins de Lochristi, parmi les anthémis jaunes, Paule est venue. Paule est venue bien des années plus tard, verser l'oubli sur tout cela, sur la lie et la boue, Paule qui était la vérité et l'onguent. »
Premier roman de Philippe Claudel, quelques petites maladresses, mais déjà la " patte Claudel» .C'est inutile de chercher matière à rire, chez lui, c'est la tristesse, le malheur, la noirceur qui dominent….mais quel talent !!
Philippe Claudel nous parle du deuil, de la perte, et du long chemin vers le renoncement, l'acceptation. le narrateur meurtri par la perte de Paule, sa bien-aimée, fuit, pour se poser là où Paule ne se rappellera pas à lui…Et pourtant, Paule est partout.
Ce deuil de la femme aimée, est aussi l'occasion du deuil de la mère, de ses blessures d'enfance ; lui qui n'a jamais été autre chose que « Filsaputain »
Le déroulé de ce court roman, est assez lent, mais cependant fluide aidé par de courts chapitres, et d'un phrasé aux mots percutants, choisis, presque taillés sur mesure pour mieux coller aux divers personnages.
A chaque fois Claudel me surprend car il se renouvelle, à chaque fois il sait trouver juste ce qu'il faut de gravité et soyeux pour me toucher, et me donner envie d'y revenir au plus vite.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria23 août 2012
L'eau finit toujours par rendre ce qu'on lui donne, le lendemain, ou des années plus tard. Vous verrez, voilà le vrai problème. Tandis que la terre, c'est pas pareil, on peut avoir confiance, elle garde tout pour elle!
Commenter  J’apprécie          460
rolandpiedsnusrolandpiedsnus13 octobre 2012
Le vent était doux, et Feil en contrebas, une ville de poupées où des petits points traçaient d'intermittentes lignes. Je me suis endormi sur les mousses qui ourlent le sommet plat du plus haut des rochers.
A mon réveil rien n'avait changé. J'étais entré dans une faille du temps, une journée en boucle qui donne du paradis l'image d'un ruban noué et qu'une roue silencieuse fait tourner.
Puis il y a eu des rires. J'ai vu près des bruyères une chevelure en feu, un brasier épars et souple qui sur le vert des herbes propageait un incendie soyeux.Il y avait la blancheur des deux épaules rondes et l'éclat de cuisses et des pieds nus.La belle enlaçait son compagnon en fermant les yeux.Il a fallu un long moment et l'épuisement des souffles pour que leurs lèvres se désunissent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MurielTMurielT29 septembre 2014
Du temps a passé, celui-là même qui n'a plus voulu de Paule. Le temps, qui apporte la peine se charge aussi de l'adoucir et c'est un curieux effet de le voir travailler à nous détruire avant que de nous soulager. Mon deuil a presque disparu : je m'en effraie comme une lâcheté.
Commenter  J’apprécie          70
myriampelemyriampele05 mars 2012
j'ai fumé trois cigarettes. Au coeur de la fumée, qui se dédoublait dans le miroir gravé du blason d'une marque de rasoir, dansaient les songeries de ma mère, son corps et ses sourires que je n'avais pu voir, une enfance reconstruite, des caresses et des mots que l'on dit à l'oreille, le soir quand les yeux s'alourdissent d'un sable pâle et que la nuit déborde dans l'épaisseur de son singulier continent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
zoharzohar10 février 2011
Le temps, qui apporte la peine se charge aussi de l'adoucir et c'est un curieux effet de le voir travailler à nous détruire avant que de nous soulager.
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Philippe Claudel (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Claudel
12 avril 2016
Cette causerie à la Librairie Monet, animée par Tristan Malavoy, sera l?occasion de discuter de son plus récent roman, L?arbre du pays Toraja, paru aux Éditions Stock.
Notre invité :
Écrivain traduit dans le monde entier, Philippe Claudel est aussi cinéaste et dramaturge. Il a notamment publié Les Âmes grises, (Prix Renaudot 2003), La Petite Fille de Monsieur Linh (Prix européen Euregio 2006), le Rapport de Brodeck ( Prix Goncourt des lycéens 2007 et Prix des libraires du Québec 2008).En 2013, il remportait le Prix Jean-Jacques Rousseau de l?autobiographie pour son essai Parfums.
Son premier film Il y a longtemps que je t?aime remporta en 2008 le César du meilleur premier film ainsi que le prestigieux prix britannique BAFTA du meilleur film étranger en 2009. Sa plus récente réalisation, Une enfance, a obtenu le Bayard d?Or du meilleur scénario au Festival international du film francophone de Namur en 2015.
Membre de l?académie Goncourt, Philippe Claudel réside en Lorraine où il est né en 1962.
Le livre :
» Qu?est-ce que c?est les vivants ? A première vue, tout n?est qu?évidence. Être avec les vivants. Être dans la vie. Mais qu?est-ce que cela signifie, profondément, être vivant ? Quand je respire et marche, quand je mange, quand je rêve, suis- je pleinement vivant ? Quand je sens la chaleur douce d?Elena, suis-je davantage vivant ? Quel est le plus haut degré du vivant ? «
Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L?Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie.
+ Lire la suite
autres livres classés : deuilVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Philippe Claudel

Philippe Claudel est professeur. Auprès de quel public particulier a-t-il enseigné ?

des aveugles
des prisonniers
des immigrés

5 questions
86 lecteurs ont répondu
Thème : Philippe ClaudelCréer un quiz sur ce livre