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ISBN : 2070315037
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.56/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Paule est morte et son amant inconsolable pleure leur histoire de bistro en bistro. Ne lui restent de sa belle Flamande que trois lettres cent fois relues et un pull angora qui conserve son odeur. Il quitte son travail, prend la fuite et s’installe dans une petite bourg... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 28 janvier 2012

    LiliGalipette
    Le narrateur aime Paule. Et Paule est morte. « Chaque matin, je redevenais veuf en m'éveillant du sommeil où l'alcool m'avait versé et courais dans les toilettes y dégueuler mes rêves. » (p. 16) Pitoyable Orphée, il convoque sans cesse le souvenir de sa belle qui sans cesse se dérobe et s'effiloche. Saturé de douleur, il quitte les lieux des souvenirs et s'installe à Feil, sur les bords de la Meuse. « Ici, ma douleur convient au granit des trottoirs et au brouillard du fleuve. » (p. 35)
    Dans un village où le temps oscille entre immobilité et bond en avant, l'homme vit son deuil. Tout lui est Paule, tout est souvenir. « le pull-over a gardé son parfum, je m'en persuade. Mes yeux ont gardé l'éclat de ses dents, ma peau a gardé la douceur de ses mains sur ma nuque et mes joues. » (p. 82) Les flots de la mémoire brassent tout : l'amour pour Paule, le manque de la mère et comment Paule l'a réconcilié avec les femmes. « Elle m'apprit ce qu'une femme peut donner quand elle installe en l'homme le brillant de sa vie et la venue de la joie. » (p. 95)
    Sous les mots du narrateur, Paule devient une femme relique, elle qui était si vivante et charnelle. Rien que son prénom était une promesse de rondeur, de chaleur et de plaisir. « Pourquoi le mal nous reste-t-il quand le doux nous délaisse ? » (p. 146) La mort n'a pas tué le désir et l'homme manque surtout de la sensualité d'une femme qui semblait contenir tout ce que la vie a de savoureux. Devant sa solitude et son incomplétude, l'homme perd pied. « J'ai découvert combien il y avait peu de grâce au vide. » (p. 14)
    Mais, patiente en ses méandres, la Meuse attend que l'homme dépose dans ses flots oublieux le fardeau de sa peine. Pas pour qu'il soit heureux, mais au moins pour qu'il ne soit plus en deuil. « Je vivrai maintenant dans l'incontinuité de Paule. » (p. 156) Cet émouvant roman sur la mort interroge le souvenir et ses douleurs. Il sonde les moyens d'endiguer l'amour et de reprendre pied dans la vie sans trahir ceux qui ne sont plus.
    D'une plume habile et pudique, traversée de fulgurances douloureuses et élégiaques, Philippe Claudel m'a une nouvelle fois mis dans les mains un roman qui remue le cœur et les tripes. La lueur d'espoir qui frémit au terme du texte est de celles sur lesquelles il faut souffler doucement pour ne pas les envoler ou les moucher. Un livre délicat et bouleversant.
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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne, le 12 octobre 2012

    sultanne
    Dire l'indicible, exprimer l'ineffable. le narrateur se cogne et s'enfuit, tourne et se détourne, puis se heurte sans se défendre aux souvenirs qui l'assiègent, au grès des éléments naturels qui ne font que lui rappeller l'inacceptable.
    C'est dans une prose poétique, puissante, parfois précieuse que le narrateur cherche désespérément à dire l'inexprimable ; et c'est au coeur d'une nature aux éléments apaisés par la souffrance et la mélancolie qu'il cherche à donner un nouveau sens à son existance.
    Le travail de deuil ne se fait qu'au prix de nombreuses souffrances et de grands moments de solitude durant lesquels, parfois, perce une étincelle de sublime : la réminiscence de quelques moments de passion passés auprès de l'être aimé disparu à tout jamais.
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    • Livres 4.00/5
    Par feanora, le 21 mars 2013

    feanora
    Une belle plume pour ce premier roman de Philippe Claudel!
    Ce livre nous fait partager la douleur de l'auteur qui a perdu sa compagne. Celle-ci l'avait aidé à retrouver sa dignité et lui avait apporté le bonheur.
    Paule était sa lumière mais la maladie l'avait emportée avec brutalité, laissant un homme perdu. Il quitte son domicile pour s' installer dans une petite ville des Ardennes, traversé par la Meuse.
    Il nous fait partager son quotidien en criant sa douleur pendant des jours jusqu'à ce qu'il puisse penser à Paule sans souffrance.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 11 juillet 2012

    mimipinson
    « Puis dans les jardins de Lochristi, parmi les anthémis jaunes, Paule est venue. Paule est venue bien des années plus tard, verser l'oubli sur tout cela, sur la lie et la boue, Paule qui était la vérité et l'onguent. »
    Premier roman de Philippe Claudel, quelques petites maladresses, mais déjà la " patte Claudel» .C'est inutile de chercher matière à rire, chez lui, c'est la tristesse, le malheur, la noirceur qui dominent….mais quel talent !!
    Philippe Claudel nous parle du deuil, de la perte, et du long chemin vers le renoncement, l'acceptation. le narrateur meurtri par la perte de Paule, sa bien-aimée, fuit, pour se poser là où Paule ne se rappellera pas à lui…Et pourtant, Paule est partout.
    Ce deuil de la femme aimée, est aussi l'occasion du deuil de la mère, de ses blessures d'enfance ; lui qui n'a jamais été autre chose que « Filsaputain »
    Le déroulé de ce court roman, est assez lent, mais cependant fluide aidé par de courts chapitres, et d'un phrasé aux mots percutants, choisis, presque taillés sur mesure pour mieux coller aux divers personnages.
    A chaque fois Claudel me surprend car il se renouvelle, à chaque fois il sait trouver juste ce qu'il faut de gravité et soyeux pour me toucher, et me donner envie d'y revenir au plus vite.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/07/meuse-loubli.html
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    • Livres 3.00/5
    Par mademoisellepenelope, le 20 février 2011

    mademoisellepenelope
    Un des premiers romans de Philippe Claudel. Je m'y suis plongée sur les conseils de mon libraire.
    Un roman pas facile qui tente de dire l'indicible, le deuil, la souffrance, la perte d'un être tant aimé qui a été pour le narrateur un rayon de soleil, une renaissance aux femmes, lui le "filsaputain".
    Finalement, un beau roman qui exprime très bien le vide de la douleur, l'alcool, cet espace temps brumeux où rien n'a de consistance. Et puis, la fin du deuil est très justement évoquée
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Citations et extraits

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  • Par araucaria, le 23 août 2012

    L'eau finit toujours par rendre ce qu'on lui donne, le lendemain, ou des années plus tard. Vous verrez, voilà le vrai problème. Tandis que la terre, c'est pas pareil, on peut avoir confiance, elle garde tout pour elle!

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  • Par rolandm1, le 13 octobre 2012

    Le vent était doux, et Feil en contrebas, une ville de poupées où des petits points traçaient d'intermittentes lignes. Je me suis endormi sur les mousses qui ourlent le sommet plat du plus haut des rochers.
    A mon réveil rien n'avait changé. J'étais entré dans une faille du temps, une journée en boucle qui donne du paradis l'image d'un ruban noué et qu'une roue silencieuse fait tourner.
    Puis il y a eu des rires. J'ai vu près des bruyères une chevelure en feu, un brasier épars et souple qui sur le vert des herbes propageait un incendie soyeux.Il y avait la blancheur des deux épaules rondes et l'éclat de cuisses et des pieds nus.La belle enlaçait son compagnon en fermant les yeux.Il a fallu un long moment et l'épuisement des souffles pour que leurs lèvres se désunissent.
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  • Par MurielT, le 29 septembre 2014

    Du temps a passé, celui-là même qui n'a plus voulu de Paule. Le temps, qui apporte la peine se charge aussi de l'adoucir et c'est un curieux effet de le voir travailler à nous détruire avant que de nous soulager. Mon deuil a presque disparu : je m'en effraie comme une lâcheté.

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  • Par myriampele, le 05 mars 2012

    j'ai fumé trois cigarettes. Au coeur de la fumée, qui se dédoublait dans le miroir gravé du blason d'une marque de rasoir, dansaient les songeries de ma mère, son corps et ses sourires que je n'avais pu voir, une enfance reconstruite, des caresses et des mots que l'on dit à l'oreille, le soir quand les yeux s'alourdissent d'un sable pâle et que la nuit déborde dans l'épaisseur de son singulier continent.
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  • Par zohar, le 10 février 2011

    Le temps, qui apporte la peine se charge aussi de l'adoucir et c'est un curieux effet de le voir travailler à nous détruire avant que de nous soulager.

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