ISBN : 2070315037
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.87/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Paule est morte et son amant inconsolable pleure leur histoire de bistro en bistro. Ne lui restent de sa belle Flamande que trois lettres cent fois relues et un pull angora qui conserve son odeur. Il quitte son travail, prend la fuite et s’installe dans une petite bourg... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 28 janvier 2012

    LiliGalipette
    Le narrateur aime Paule. Et Paule est morte. « Chaque matin, je redevenais veuf en m'éveillant du sommeil où l'alcool m'avait versé et courais dans les toilettes y dégueuler mes rêves. » (p. 16) Pitoyable Orphée, il convoque sans cesse le souvenir de sa belle qui sans cesse se dérobe et s'effiloche. Saturé de douleur, il quitte les lieux des souvenirs et s'installe à Feil, sur les bords de la Meuse. « Ici, ma douleur convient au granit des trottoirs et au brouillard du fleuve. » (p. 35)
    Dans un village où le temps oscille entre immobilité et bond en avant, l'homme vit son deuil. Tout lui est Paule, tout est souvenir. « le pull-over a gardé son parfum, je m'en persuade. Mes yeux ont gardé l'éclat de ses dents, ma peau a gardé la douceur de ses mains sur ma nuque et mes joues. » (p. 82) Les flots de la mémoire brassent tout : l'amour pour Paule, le manque de la mère et comment Paule l'a réconcilié avec les femmes. « Elle m'apprit ce qu'une femme peut donner quand elle installe en l'homme le brillant de sa vie et la venue de la joie. » (p. 95)
    Sous les mots du narrateur, Paule devient une femme relique, elle qui était si vivante et charnelle. Rien que son prénom était une promesse de rondeur, de chaleur et de plaisir. « Pourquoi le mal nous reste-t-il quand le doux nous délaisse ? » (p. 146) La mort n'a pas tué le désir et l'homme manque surtout de la sensualité d'une femme qui semblait contenir tout ce que la vie a de savoureux. Devant sa solitude et son incomplétude, l'homme perd pied. « J'ai découvert combien il y avait peu de grâce au vide. » (p. 14)
    Mais, patiente en ses méandres, la Meuse attend que l'homme dépose dans ses flots oublieux le fardeau de sa peine. Pas pour qu'il soit heureux, mais au moins pour qu'il ne soit plus en deuil. « Je vivrai maintenant dans l'incontinuité de Paule. » (p. 156) Cet émouvant roman sur la mort interroge le souvenir et ses douleurs. Il sonde les moyens d'endiguer l'amour et de reprendre pied dans la vie sans trahir ceux qui ne sont plus.
    D'une plume habile et pudique, traversée de fulgurances douloureuses et élégiaques, Philippe Claudel m'a une nouvelle fois mis dans les mains un roman qui remue le cœur et les tripes. La lueur d'espoir qui frémit au terme du texte est de celles sur lesquelles il faut souffler doucement pour ne pas les envoler ou les moucher. Un livre délicat et bouleversant.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mademoisellepenelope, le 20 février 2011

    mademoisellepenelope
    Un des premiers romans de Philippe Claudel. Je m'y suis plongée sur les conseils de mon libraire.
    Un roman pas facile qui tente de dire l'indicible, le deuil, la souffrance, la perte d'un être tant aimé qui a été pour le narrateur un rayon de soleil, une renaissance aux femmes, lui le "filsaputain".
    Finalement, un beau roman qui exprime très bien le vide de la douleur, l'alcool, cet espace temps brumeux où rien n'a de consistance. Et puis, la fin du deuil est très justement évoquée
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 21 février 2011

    zohar
    C'est dans le village de Feil (sur la Meuse) que le narrateur, après la perte d'une personne aimée, a choisi de s'installer pour noyer ses jours de chagrin : le temps de la souffrance est inscrit dans sa chair comme dans son existence telle une sépulture d'un amour défunt.
    Les jours s'enfuient (dans l'absence de sa petite Paule), et le narrateur erre dans les paysages nostalgiques de la Meuse, où la nuit enferme le jour, pour vivre et égrainer pleinement sa mélancolie, mais aussi et surtout, accepter sa réaliste et sombre douleur.
    Ce court récit n'est pas un chant funèbre. Bien au contraire, c'est un chant monotone sur l'acceptation de la mort (d'un être cher) qui est source de souffrance et de solitude (certes), mais que le temps atténue et soulage comme une « pâle cicatrice ! Et la vie alors verse à nouveau une lumière qu'on ne pensait plus possible ».
    « Meuse l'oubli » est une magnifique nouvelle sur le renoncement du deuil et sur la mémoire d'un amour mort qui laisse derrière soi un monde aux âpres parfums, doux ( la douleur avec le temps disparaît) et amers (seule la morsure reste...)
    L'écriture de Philippe Claudel est lyrique : elle restitue sa tristesse avec une grande pudeur et beaucoup de retenue !
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par myriampele, le 05 mars 2012

    myriampele
    C'est évidemment une belle preuve d'amour que de partir en voyage pour penser à son amour disparu... Mais vraiment le ton du livre est d'une tristesse...à mourir! Pourtant les personnages rencontrés sont pleins d'histoires!!!
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Citations et extraits

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  • Par myriampele, le 05 mars 2012

    j'ai fumé trois cigarettes. Au coeur de la fumée, qui se dédoublait dans le miroir gravé du blason d'une marque de rasoir, dansaient les songeries de ma mère, son corps et ses sourires que je n'avais pu voir, une enfance reconstruite, des caresses et des mots que l'on dit à l'oreille, le soir quand les yeux s'alourdissent d'un sable pâle et que la nuit déborde dans l'épaisseur de son singulier continent.
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  • Par LiliGalipette, le 28 janvier 2012

    « Chaque matin, je redevenais veuf en m’éveillant du sommeil où l’alcool m’avait versé et courais dans les toilettes y dégueuler mes rêves. » (p. 16)
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 28 janvier 2012

    « Le pull-over a gardé son parfum, je m’en persuade. Mes yeux ont gardé l’éclat de ses dents, ma peau a gardé la douceur de ses mains sur ma nuque et mes joues. » (p. 82)
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par zohar, le 10 février 2011

    Le temps, qui apporte la peine se charge aussi de l'adoucir et c'est un curieux effet de le voir travailler à nous détruire avant que de nous soulager.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 28 janvier 2012

    « Elle m’apprit ce qu’une femme peut donner quand elle installe en l’homme le brillant de sa vie et la venue de la joie. » (p. 95)
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Bande annonce du second film de Philippe Claudel : Tous les soleils.








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