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ISBN : 2234057736
Éditeur : Stock (2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.04/5 (sur 1335 notes)
Résumé :
Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.

Moi ne n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m'ont forcé: "Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études". J'ai ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (162) Voir plus Ajouter une critique
andman
andman18 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
“Je m'appelle Brodeck, et je n'y suis pour rien.
Brodeck, c'est mon nom.
Brodeck.
De grâce, souvenez-vous.
Brodeck.”
Ainsi s'achève le roman de Philippe Claudel, “Le rapport de Brodeck” paru en 2007.
Il est rare de rencontrer un personnage de fiction aussi peu épargné par les atrocités de l'Histoire, de voir une jeune vie d'adulte jonchée d'autant de malheurs. Antihéros par excellence, Brodeck est par contre d'un pragmatisme stupéfiant. Il a connu l'univers concentrationnaire où on l'appelait “chien Brodeck” : chaque jour, une laisse autour du cou, il suivait à quatre pattes le kapo dans ses pérégrinations à l'intérieur du camp. Il est des circonstances extrêmes où l'amour propre et la dignité humaine perdent jusqu'au moindre sens, où l'instinct de survie commande de se rabaisser plus bas que terre...
Aujourd'hui, un semblant de vie reprend peu à peu dans ce petit village frontalier de quatre cents âmes niché dans la combe. La guerre est finie mais ses stigmates se rappellent chaque jour à Brodeck. Il a retrouvé sa femme Emélia aveugle et sourde mais aussi maman d'une petite fille conçue un soir de viols.
Heureusement la brave Fédorine est toujours là pour panser les plaies. Brodeck doit une fière chandelle à cette mère adoptive avec laquelle, voici trente ans, il est arrivé en charrette dans ce village perdu au milieu des montagnes.
Mais l'implacable destin a décidé de mettre une fois de plus le pauvre Brodeck à l'épreuve. le voilà contraint de sonder en profondeur la personnalité de chacun de ses voisins, de consigner sur le papier les circonstances qui ont conduit les villageois à commettre un acte aussi monstrueux que gratuit.
C'est une aubaine d'avoir entre les mains un roman aussi travaillé, à l'écriture si joliment ciselée ! le cadre est paradisiaque mais, ne vous y trompez pas, la noirceur de l'âme humaine vous le rendra bien vite infernal. Insidieusement, l'étroitesse d'esprit dénature toute beauté...
Merci Brodeck d'avoir avec tact et simplicité retracé votre histoire et soyez pleinement rassuré : le lecteur n'oublie jamais tout à fait les personnages valeureux et intègres, souvent même il a besoin d'eux pour l'aider à suivre son propre cheminement.
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carre
carre17 mai 2012
  • Livres 5.00/5
Fin de la seconde guerre mondiale, dans un village, un étranger est assassiné. Brodeck rédige des notices sur la nature pour son administration. Sollicité par les villageois, il accepte d'écrire un rapport sur les faits qui ont conduit à ce drame. Méticuleux, ordonné, en quête de vérité, il se lance dans cette rédaction après avoit obtenu l'accord de ces concitoyens, de faire apparaitre la vérité même si celle-ci dérange.Les âmes grises sont devenues noires, très noires, Claudel construit son roman comme un puzzle, d'un personnage à l'autre, d'une période à une autre, il ne juge pas, il décrit ce que Brodeck découvre, pas besoin d'apporter de jugement, les faits se justifient d'eux-même, "l' Anderer" a payé de sa vie, la lacheté, la peur de l'inconnu, l'intolérance dans ce qu'il a de plus abject. L'histoire au final est intemporelle, la bétise humaine apporte son lot d'horreurs à n'importe qu'elle époque. Claudel réussit un roman qui hante, qui glace. Son écriture est nette, précise, sans fioriture et c'est tout simplement bouleversant. Ca sert aussi à ça la littérature.
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ladesiderienne
ladesiderienne25 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Ce roman est aussi noir que sa couverture, aussi noir que l'âme humaine qu'il dissèque. Sa construction est basée sur des sous-entendus, des non-dits. L'auteur ne révèle rien ou si peu. Par un savant et magistral jeu de puzzle, en nous proposant des allers-retours entre le passé et le présent, il laisse au lecteur le soin de construire l'histoire. Il ne la situe pas vraiment, ni dans l'espace, ni dans le temps (même si on comprend qu'elle se déroule après la seconde guerre mondiale) car la peur, la violence et la lâcheté sont universelles et intemporelles.
Les protagonistes de son livre se soumettent aussi à la loi du silence, de la soumission face à la suprématie du groupe, la loi des plus forts ou des plus nombreux.. Brodeck se tait ; envahi par la culpabilité, il subit, persuadé qu'ainsi il purge sa peine. Seule, l'écriture va lui servir d'exutoire. Emelia s'est réfugié dans son mutisme, sans doute pour ne pas avoir à raconter l'indicible. Diodème, l'ami, rongé par le remord, dénoncera quelques coupables dans une lettre avant de se donner la mort, mais ce sera trop tard. Seul, le curé du village, comme il le dit lui-même, sert d'égout à toutes les horreurs qui lui sont révélées car on le sait lié par le secret de la confession.
Il va suffire d'un homme pour briser temporairement cet équilibre malsain. Cet "Anderer", dont on ne sait ni qui il est, ni d'où il vient et dont on ignore les motivations, en servant de révélateur à toute la laideur, va y laisser la vie. Une fois de plus, au lieu de faire face, Brodeck va choisir la fuite...
C'est un livre superbement bien écrit avec des phrases qui frappent et qui interrogent. C'est un livre puissant car même après l'avoir refermé, le malaise demeure :
Et nous, qu'aurions-nous fait ?
Et moi, qu'aurais-je fait ?
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Malaura
Malaura03 septembre 2011
  • Livres 5.00/5
Au lendemain de la Seconde Guerre, dans un petit village frontalier de l'Allemagne, un drame est survenu.
Le meurtre d'un homme, un étranger, venu s'installer quelques mois plus tôt dans le village.
Parce qu'il a fait quelques études, Brodeck, le narrateur, est chargé par les villageois d'écrire un rapport sur les évènements qui ont conduit au drame.
Alors, endossant la charge de la parole collective, Brodeck écrit.
Consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu.
Sous sa plume, peu à peu la vérité se dévoile, un ballet macabre se met en mouvement, le ballet des villageois capables des pires agissements quand la peur les anime, le ballet de la cruauté des hommes et de la collaboration.
Brodeck déroule ainsi le fil de la culpabilité, des crimes collectifs et des responsabilités individuelles, et montre toute l'ambivalence des liens entre l'écrivain qu'il est obligé d'être et la communauté qui le pousse à écrire tout en ayant peur du pouvoir de ses mots.
Philippe Claudel continue de scruter le visage du mal en approfondissant le thème de la haine de l'autre, et du mal infligé au nom de cette haine.
Formidablement construit, d'une écriture simple, limpide et poétique, « le rapport de Brodeck » pose la question de l'altérité et de la confrontation au collectif.
Qu'est-ce qu'une foule ? Qu'est-ce qu'une société et comment une société nous regarde-t-elle ? Comment intègre-t-elle, expulse-t-elle ou sacrifie-t-elle celui qui est différent ?
L'auteur met en roman le groupe, comment il se conduit et comment il devient inhumain.
Ni le mot Juif, ni le mot Shoah n'est ici évoqué et pourtant on comprend très vite que la catastrophe qui vient de se produire est de cette nature.
L'auteur, sans jamais rien nommer, ni la guerre, ni le problème de la différence, donne une portée universelle à son propos et explore le moment où une partie de l'humanité décide de façon génocidaire d'en supprimer un autre.
Tout le talent de Claudel consiste à toucher le lecteur par la suggestion plutôt que par l'évidence.
Ainsi la guerre l'est en arrière-plan, non de manière frontale mais de façon indirecte, intuitive, sensorielle, dans la suggestion et la mémoire. le lecteur est d'autant plus touché qu'il ne l'est pas de plein fouet mais plutôt par une sorte de perspicacité, d'empathie.
L'émotion est d'autant plus intense que l'action se déroule dans un petit village champêtre, au coeur d'une nature d'une exceptionnelle beauté. Claudel construit ainsi un roman de la nature, une histoire d'hommes souffrant au milieu du plus bel endroit du monde et par ce biais, montre l'abominable surgissant au milieu du beau.
Peintre exceptionnel, l'auteur s'intéresse aux gens du quotidien et comme avec « Les âmes grises », dresse une galerie de portraits saisissants de réalité.
Les évènements s'entrelacent dans une chorégraphie admirable. le village, la vie quotidienne, sa nature, ses couleurs y sont décrits au plus fin pinceau.
Certes, le roman est grave, son atmosphère sombre, la noirceur des âmes et l'opacité des consciences soulignées à grand trait charbonneux.
Cependant, derrière le pessimisme et le tragique, émergent de belles lueurs d'espoir.
Car c'est aussi un roman de l'amour dont il s'agit.
L'amour entre Brodeck et sa femme Emélia sans qui il n'aurait pu surmonter l'atrocité des camps, cet amour qui est le sel même de la vie et qui fait tenir bon malgré tout.
Enfin le but ultime de ce roman n'est pas de montrer une humanité noire mais de souligner la noirceur pour justement l'éclaircir.
Que le lecteur fasse alors un travail sur lui-même, vis-à-vis des autres et du monde, pour dissiper cette abominable noirceur.
Brodeck nous dit à la fin de son rapport « de grâce, souvenez-vous ».
Assurément nous n'oublierons pas.
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Eve-Yeshe
Eve-Yeshe31 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
C'est l'histoire de Brodeck, un homme comme vous et moi, que la vie a malmené. Enfant il a dû fuir après l'incendie de la maison où sa famille a péri. Recueilli par Fédorine, ils ont marché longtemps pour s'installer dans ce village, quelque part à l'Est pas loin de la frontière allemande, car il y a des consonances germaniques souvent.
Brodeck a été déporté après avoir été dénoncé comme « différent » « étranger » par les autres villageois. et il a survécu dans le camp de concentration en acceptant l'humiliation, manger la soupe dans une écuelle comme un animal, marcher à quatre pattes, un collier autour du cou, tenu en laisse pour la promenade par le directeur du camp, dormir avec les autres chiens.
Les autres n'ont pas accepté l'humiliation, ils sont presque tous morts. Lui a ravalé sa dignité, fait ce qu'on attendait de lui. Il a survécu certes mais à quel prix ?
de retour au village, sa femme ne parle plus, elle est dans un autre monde car elle a vécu l'horreur.
Un jour, par hasard, il entre dans l'auberge du village où les autres villageois viennent d'assassiner un étranger « l'Anderer » qui dérangeait uniquement car il n'était pas comme les autres. Alors le maire et ses comparses le somment d'écrire un rapport sur ce qui vient de se passer alors qu'il n'y a même pas assisté.
Brodeck qui a fait des études va rédiger ce rapport avec une extrême application tout en écrivant en parallèle, à l'insu de tous ses souvenirs et cela ne sera pas de tout repos tant il est surveillé par les autres villageois.

Ce que j'en pense :
C'est le premier roman de Philippe Claudel que je lis et c'est un vrai choc.
Je l'ai découvert grâce aux critiques des Babeliotes. C'était une évidence, je devais le lire, ce livre était pour moi. Mais j'ai remis à plus tard comme si je n'étais pas prête. Puis un jour, je l'ai ouvert et il ne m'a pas déçue.
On pense que cette histoire se déroule dans l'Est, à la fin de la deuxième guerre mondiale. En fait l'auteur entretient le flou savamment.
Il décrit tout ce mécanisme qui se met en place en face d'un étranger, de quelqu'un qui est différent, étrange car pas comme les autres villageois donc devient très vite suspect. Et la haine fait son lit dans la suspicion, le rejet. On voit monter l'intolérance de façon palpable. On sent ce qui va se passer, tout en espérant que la folie humaine ne peut pas recommencer.
Après les horreurs de la guerre, des camps de la mort, ce n'est pas possible, cela ne peut pas recommencer, on a forcément tiré les leçons ? En fait non. C'est si facile, le déni, l'oubli, la certitude que l'on vaut plus que l'autre…
Il y a les « amis » lucides comme Diodème qui a fait partie des délateurs qui ont envoyé Brodeck en déportation. Soulagé de le voir revenir vivant mais taraudé par l'indicible, il finira par se suicider en laissant des documents, des preuves.
Il y a le curé, qui a reçu les hommes en confession et entendu tellement d'horreur sur les faits en gestes des uns et des autres qu'il préfère boire pour ne plus penser. Je suis l'égout, Brodeck. "Je ne suis pas le prêtre, je suis l'homme-égout".
Emelia s'est réfugiée dans le silence après ce qu'elle a enduré et elle est en mode survie pour ne pas sombrer dans la folie, emmurée vivante. Sa petite fille, Poupchette est le seul être qui les rattache à la vie, par son innocence, ainsi que la Nature, la forêt qui, elles, ne trahissent pas.
Un livre magnifique sur la lâcheté, la haine, l'humiliation, la survie, le racisme, la xénophobie, mais aussi la résilience… une belle écriture, les mots sont justes, choisis à dessein. La musique intérieure se fait de plus en plus oppressante, comme les bandes son des westerns. Ce sont tous des taiseux mais ce silence résonne, martèle… un silence assourdissant…
Philippe Claudel décrit très bien aussi le phénomène de masse, de foule qui entraîne la meute à commettre des actes odieux, inimaginables qu'un individu seul hésiterait à faire." La vérité, c'est que la foule est elle-même un monstre. Elle s'enfante, corps énorme composée de milliers d'autres corps conscients… il n'y a pas de foules paisibles. Et même derrière les sourires, les musiques, les refrains, il y a du sang qui s'échauffe, du sang qui s'agite, qui tourne sur lui-même et se rend fou d'être ainsi bousculé et brassé dans son propre tourbillon". P 206
Je suis convaincue qu'il y a un moment dans la vie où l'on est prêt à rencontrer un auteur, que cela ne se fait pas au hasard. A un moment précis, on sait que c'est l'heure, tout est en place pour recevoir le message. Peut-être parce qu'on voit monter les intolérances, le rejet de l'autre et la peur qu'il ne soit déjà pas tard pour arrêter la machine infernale.
Dans la philosophie bouddhiste on dit, « lorsque l'élève est prêt, le Maître apparait ».
Un coup de coeur donc, le premier de 2016. Et bien sûr j'ai dévoré les deux autres qui sont dans ma bibliothèque et je mets une option sur son dernier « L'arbre du pays Toraja »…
Note : 9,1/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.com/archives/2016/01/3..
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Les critiques presse (4)
Culturebox29 avril 2015
Un roman graphique d'une rare puissance.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama15 avril 2015
Manu Larcenet insuffle sa poésie sombre dans cette adaptation du roman tragique de Philippe Claudel, dont il fait une fresque aussi âpre qu'intense.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lecturejeune01 mars 2008
Lecture jeune, n°125 - Au fil des années, les jurés du « Goncourt des lycéens » choisissent des livres forts, qui ne peuvent laisser indifférents. Brodeck, anti-héros de ce roman, rédige des comptes-rendus sur la flore, le climat et tout ce qui relève de la nature dans cette zone montagneuse, située de manière indéterminée dans l’est de la France. On y parle un dialecte non identifiable, fortement mâtiné d’allemand, et une armée d’occupation y a séjourné naguère. Brodeck doit écrire un rapport sur le meurtre collectif d’un étranger (surnommé Anderer, c’est-à-dire « l’autre ») auquel il n’a pas participé mais dont il doit innocenter les coupables. Le lecteur ne découvre pas ce rapport mais celui qu’il écrit secrètement ; un puzzle qui se construit au fil de ses enquêtes, de ses émotions, de ses retours dans le passé. Il nous livre ainsi l’itinéraire en zigzag d’un’ réchappé des camps de concentration où il a mené une vie de chien, tenu en laisse par un gardien, celui d’un homme qui, même dans la pire déchéance, restera porté par l’amour pour sa femme. Ce récit qui tient aussi de la parabole et du conte explore plus avant encore que dans Les Âmes grises les racines du mal présentes en chaque homme, ses lâchetés et sa culpabilité, la violence du groupe et celle d’une société agnostique. Par-delà la figure de Brodeck, lui-même étranger et double de « l’autre » (Anderer) assassiné par les villageois, l’auteur dénonce la tendance génocidaire de l’être humain, son refus et sa détestation de l’autre quel qu’il soit, et le besoin irrépressible de déverser sa haine sur un bouc émissaire. Dans ce voyage aux frontières de l’inhumain et de la barbarie, l’auteur tient le lecteur en haleine : impossible de lâcher ce livre dérangeant, tragique, parfois lyrique et poétique. Un vrai coup de coeur ! Marie-Françoise Brihaye
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Lecturejeune01 mars 2008
Lecture jeune, n°125 - « Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien ». Dans ce roman proche de la fable, Philippe Claudel pose les questions de l’identité, de l’altérité et de la culpabilité. En un temps et un lieu indéterminé, Brodeck incarne la figure de l’Autre, de l’étranger, de celui qui, différent, dérange et est rattrapé par la cruauté des hommes. C’est un autre lui-même qui est assassiné par les habitants du village : l’Anderer, un homme venu de nulle part, avec une jument et un âne – mademoiselle Julie et Socrate – à l’apparence étrange, au caractère doux et dont la simple présence attise la haine. « Ça ne pouvait que se terminer comme ça. Cet homme, c’était comme un miroir, il n’avait pas besoin de dire un seul mot. Et les miroirs ne peuvent que se briser. » Dans une langue travaillée – que l’on peut juger trop métaphorique, trop ornée… – l’auteur crée une atmosphère saisissante où petite et grande histoire s’enchevêtrent. Une fois encore, les lycéens du prix Goncourt élisent un ouvrage sombre, une destinée douloureuse qui interroge la notion d’humanité. Hélène Sagnet
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (224) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe06 février 2016
Mais au fond, mourir d’ignorance ou mourir sous les milliers de pas d’hommes redevenus libres, il n’y a au vrai aucune espèce de différence. On ferme les yeux, et puis, il n’y a plus rien. Et la mort n’est jamais difficile. Elle ne réclame ni héros ni esclave. Elle mange ce qu’on lui donne. P 144
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Eve-YesheEve-Yeshe05 février 2016
La poésie ne lui avait été d’aucune utilité pour survivre. Peut-être avait-elle précipité son agonie. Les milliers de vers, en latin, en grec et en d’autres langues, qu’il gardait dans sa mémoire à la façon de plus grand des trésors ne l’avaient aidé en rien. Sans doute n’avait-il pas à l’inverse de moi, accepté de faire le chien. Oui, c’est sans doute cela. La poésie ne connaît pas les chiens. Elle les ignore. P 46
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Eve-YesheEve-Yeshe01 février 2016
Je préfère écrire. Il me semble alors que les mots deviennent très dociles, à venir me manger dans la main comme des petits oiseaux, et j’en fais presque ce que je veux, tandis que lorsque j’essaie de les assembler dans l’air, ils se dérobent.
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Eve-YesheEve-Yeshe31 janvier 2016
On ne se rend jamais compte combien le cours d’une vie peut dépendre de choses insignifiantes, un morceau de beurre, un sentier que l’on délaisse au profit d’un autre, une ombre que l’on suit ou que l’on fuit, un merle que l’on choisit de tuer avec un peu de plomb , ou bien de l’épargner. P 18



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annelooooreanneloooore29 janvier 2016
L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager.
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