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> Henriette Bordenave (Autre)

ISBN : 2070374033
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 132 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le caractère profondément romanesque de Lord Jim (sa deuxième partie surtout), qui met en scène amour et combats guerriers dans la jungle malaise, a su enflammer des générations de jeunes lecteurs. La complexité de ce long roman avait ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 29 mai 2012

    brigittelascombe
    "Saute.....mais saute donc!"
    Lord Jim, jeune officier "bâti en force" hésite à abandonner le navire du "Padna" prêt à sombrer suite à une collision et les pèlerins endormis qu'il transporte. C'est l'histoire de sa désertion au côté d'autres officiers (contée par le "Capitaine Marlow" qui a rencontré Jim durant le procés), son emploi de commis maritime (obtenu grâce à Marlow touché par la sincérité de ses regrets) de port en port, de fuite en fuite puis l'accés à une paix intérieure dans une colonie de Malaisie qui tissent la trame tragique (et l'étude psychologique très fine) de Lord Jim.
    Joseph Conrad, d'origine polonaise, a pioché dans ses souvenirs de matelot et de capitaine (antérieurs à son métier d'écrivain, romancier et nouvelliste établi en Angleterre au XX° siècle) pour écrire (avec une plume poétique) ce roman d'aventure (adapté en film) terriblement humain car il touche à la faute, au bien, au mal, à la responsabilité professionnelle, au choix irrévocable. Et nous, aurions-nous sauté?
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    • Livres 5.00/5
    Par Perdre-son-temps, le 15 mars 2011

    Perdre-son-temps
    Impossible pour moi de lire celui-ci en refoulant le souvenir que j'avais gardé du film de Richard Brooks… Mais Conrad a sa patte bien à lui pour raconter. En cela le livre n'est pas comparable au film qui en a été tiré. (Quelle idée d'ailleurs de comparer des livres et des films…)
    Ici le procès de Jim occupe plus d'une bonne moitié du livre et cette attente - la macération du héros dans la culpabilité et la honte - crée une tension vraiment suffocante et un véritable contrepoids à l'action qui suivra dans le récit : quand Jim tentera de se racheter. Ce sont ces effets de contraction et de dilatation de l'histoire qui nous font ressentir l'emprise saisissante d'un destin sur les personnages. L'intervention d'un narrateur (principalement Charles Marlow) est directement au service de cette machinerie. On a souvent reproché à Conrad l'usage de cet artifice mais quelle ampleur il arrive à en tirer ! Rendre palpable une chose comme le destin, ce n'est pas donné à n'importe quel bonimenteur !
    Enfin on voit souvent dans l'histoire de Thuan Jim une réflexion sur l'honneur. Oui, mais après tout qu'est-ce que l'honneur sinon une certaine image que l'on se fait de soi ? À cet égard j'ai trouvé bien âpre cette cruauté à l'oeuvre dans le roman : un homme qui se bat pour l'idée qu'il se fait de lui… jusqu'à la mort.
    À la fin Marlow dit à son auditoire : -"maintenant Jim est des nôtre"…
    Sans blagues, cette histoire d'honneur c'est bien notre tragi-comédie à tous, tous autant que nous sommes…

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    • Livres 5.00/5
    Par LucienRaphmaj, le 28 novembre 2012

    LucienRaphmaj
    « Imaginez une grosse araignée velue à la tête verte et dont les yeux sont des points brillants, s'affairant par un matin de rosée sur une extraordinaire toile, – et vous avez l'intrigue de Lord Jim. Son fil se déroule à partir de rien, elle est pleine de digressions qui ne mènent nulle part et de voies transversales qui repartent en arrière, puis recommencent et finissent à nouveau – parfois au bord du vide, parfois au centre même de l'intrigue. »
    Telle est la réaction du journal « Critic » en 1901 à la parution de l'ouvrage.
    Il y a en effet quelque chose dans Lord Jim qui résiste à l'explication, et qui demande à se fondre comme l'auteur dans la jungle opaque des métaphores.
    « « Qu'est-ce qui remue là ? » se demande-t-on. « Est-ce un monstre aveugle ou seulement un reflet perdu de l'univers ? » ».
    Dixit Conrad. Comme dans « Au cœur des ténèbres » avec lequel il devait être publié, avant qu'il ne prenne l'ampleur d'un roman à part entière, Lord Jim possède une atmosphère envoûtante, sombre, située cette fois-ci dans la mer de Chine, du côté de la Malaisie, dans un Patusan imaginaire. L'imaginaire et le réel, l'héroïsme rêvé et la monstruosité humaine, le colonialisme et la souveraineté de l'océan et de la nature, ce sont ces affrontements que travaille le texte, par vague, par pointes.
    Lord Jim est un roman de la dérive, de la fuite et de la non-rédemption.
    « Étrange fatalité, que celle qui donnait, à chacun de ses actes une allure de fuite, de désertion irréfléchie et impulsive, de saut dans l'inconnu. »
    En quelque sorte, Conrad joue là un peu son côté Dostoïevski des mers (ou devrait-on qualifier Dostoïevski de Conrad d'eau douce ? A voir). Les courts chapitres à rebondissement – ce qui est lié à la publication en revue – s'enchaînent et croisent des niveaux de récits, avec des excursus et des suspens souvent réflexifs avec, cependant, la voie majeure de Marlow (le narrateur d'« Au cœur des ténèbres » et de « Jeunesse » romans qui forment une trilogie fantôme avec Lord Jim, fantôme, oui, toujours, puisque jamais présentée tel quel en volume). Marlow, jumeau lointain de Conrad, dans le sens où un écrivain peut partager avec ses créatures une fraternité incommunicable, une amitié du plus lointain, stellaire, à demi-mot, même imaginaire, apparaît après un début intriguant où le procès de « Jim » prend place sans que l'on aperçoive exactement le sens de sa faute.
    La puissance d'évocation de Conrad est sans égal, pas seulement celle des « hommes de la mer », qui tourne court suite à la mésaventure initiale du « héros ». Pour ses personnages, comme le glorieux Brierly au destin torturé, l'entomologiste allemand, ou la figure magiquement éclairée de la femme de Jim. Sûrement que la part noire des opposants, comme Cornelius et Brown ne sont pas à ce niveau mais révèlent subtilement les failles de l'impeccable Tuan Jim. Au-delà de cet horizon tramé de figures marquantes, avec en son centre l'énigme de la destinée de Lord Jim, la lecture se révèle aussi dans les captations intenses de cet espace exotique rendu sensible, loin de l'exotisme, déjà fantasmatique et déjà cristallisant les tensions coloniales où la division entre barbare et civilisé se brouille.
    La fin d'un monde, lit-on sous l'histoire de Lord Jim.
    Il y a, à mon sens, quelque chose de purement shakespearien dans ce traitement de l'atmosphère, dans la sublimation du fantastique, des passions, de la langue. Quelque chose de profondément subtil que l'on peut retrouver dans les adaptations de Shakespeare par Kurosawa. Quelque chose d'infiniment rare.
    Et bien sûr il y a Lord Jim, Tuan Jim. Personnage romantique et romanesque, comme ne cesse de le marteler Conrad. Il y a quelque chose de L'idiot dans ce caractère naïf, franc, enthousiaste, mais finalement faible, et pour son cas, attaché au tragique de l'existence. Mais alors qu'il devrait nous apparaître comme ridicule, décalé avec le monde, enfant bercé par les récits d'aventures se perdant dans la jungle de la réalité, il survit et impose son image et forge un moment sa destinée et son petit paradis romanesque.
    Cependant, il a finalement sa tragédie, à la fin de sa fantomachie ce sont les fantômes qui triomphent : « Comment peut-on tuer la peur, je me le demande ? Comment peut-on traverser d'une balle un cœur de spectre, trancher sa gorge spectrale, le prendre à sa gorge de spectre ? » C'est l'héroïsme prosaïque de l'impossible que tente Lord Jim, et sa ligne de fuite le porte loin, jusqu'à ce que s'installant, son destin fantasmagorique le rattrape.

    Lien : http://lucienraphmaj.wordpress.com/2012/09/15/lecture-lord-jim-josep..
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    • Livres 2.00/5
    Par Manjacaprini, le 15 août 2012

    Manjacaprini
    J'ai arrêté ce livre, chose que je ne fais que très rarement, après un peu moins de 200 pages. de la 100e à la 200e, je ne lisais plus, je surnageais.
    Conrad est à n'en pas douter un très grand écrivain, en ce qu'il manie la langue avec une noblesse et une précision qu'on ne retrouve que chez une poignée d'autres auteurs. Mais dans Lord Jim comme dans L'Agent secret, son style se perd dans les abîmes d'une construction bien trop confuse. On peut s'extasier sur la beauté d'une phrase au début d'un paragraphe, et ne plus savoir qui parle ou de quoi il est question cinq lignes plus tard. La traduction me paraît ne pas avoir traité cet aspect, se concentrant par trop sur la langue et pas assez sur la cohérence d'ensemble.
    Il en ressort un livre qu'il est très difficile de suivre, et dont on se demande s'il a un cap - un comble pour un livre sur les marins. J'en garderais seulement quelques fulgurances dans les tournures, un lyrisme parfois touchant lorsqu'il tend à toucher du doigt l'universel à travers les relations qu'entretiennent le narrateur principal avec le personnage de Jim, mais guère plus.
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    • Livres 4.00/5
    Par JPB, le 12 août 2011

    JPB
    C'est le premier livre que je lis de Joseph CONRAD, pourtant écrivain réputé, mais je n'avais jamais sauté le pas. Découvrir par son Lord Jim cet écrivain prolixe est sans doute une bonne manière de l'apprécier puisqu'elle m'a donné l'envie de continuer. Son écriture (traduite, il est vrai) est riche et ciselée. le personnage de Jim, le marin, est mystérieux du début à la fin de son histoire, et son histoire est grandiose, droite et digne (sauf...). le narrateur, lui-même marin, raconte cet homme qu'il admire de manière admirable. On est d'ailleurs parfois étonnés de lire de si belles phrases pour décrire un monde où les hommes sont parfois veules et sales. le glauque voisine le grandiose et c'est sûrement un des clés du livre. Jim a commis une faute et cherche à l'expier d'une manière ou d'une autre. Il y parvient presque, fuyant ce monde des hommes qui lui rappelle sans cesse cette erreur, jusqu'au jour où il parvient dans une contrée orientale, retitée du monde et quasi inaccessible. Jim devient le guide de cette population hétéroclite et la conduit vers une ère de paix qu'elle recherchait en vain. Mais reviennent les hommes de l'ancien monde, qui vont lui offrir l'occasion de se comporter en homme et d'enfin se racheter.
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Citations et extraits

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  • Par bvb09, le 08 avril 2014


    "... J´en ai connu des braves, et de fameux,...Eh bien! Tous ces braves -et je parle de tous ceux qui sont sincères, bien entendu- avoueraient qu´il y a un moment, un point pour les meilleurs d´entre nous, un point quelque part où on lâche tout!
    Et c´est avec cette certitude-là qu´on est obligé de vivre, voyez-vous?"

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  • Par Pchabannes, le 20 avril 2010

    “Le Patna franchit les Détroits, traversa le golfe, suivit le passage du premier degré. Il piqua droit vers la mer rouge, sous un ciel serein, sous un ciel torride et sans nuage, sous un éclaboussement de soleil qui tuait toute pensée, serrait le cœur, desséchait toute impulsion de force et d’énergie. Et sous la splendeur sinistre de ce ciel, la mer bleue et profonde restait impassible, sans un mouvement, sans un pli, sans une ride, visqueuse, stagnante, mort. Avec un léger sifflement, le Patna coupait cette plaine unie et lumineuse, déroulait dans le ciel son noir ruban de fumée, laissait derrière lui sur l’eau un ruban blanc d’écume, tout de suite effacé, comme un fantôme de piste tracée sur une mer morte par un fantôme de navire.” chapitre II
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  • Par zorazur, le 13 décembre 2011

    C'est lorsque nous essayons de nous colleter avec la nécessité intime d'un autre humain que nous nous rendons compte combien sont incompréhensibles, vacillants et nébuleux les êtres qui partagent avec nous la vision des étoiles et la chaleur du soleil. Tout se passe comme si la solitude était une condition absolue et pénible de l'existence ; devant la main que l'on tend on voit se dissoudre l'enveloppe de chair et de sang sur laquelle est fixé le regard, et il n'y a plus que l'âme, capricieuse, inconsolable et inssaisissable, que nul regard ne peut suivre, qu'aucune main ne peut retenir.
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  • Par Pchabannes, le 20 avril 2010

    “Mon Dieu comme le temps passe. Rien ne pouvait être plus banal que cette remarque, mais elle coïncidait pour moi avec une vision soudaine. C’est extraordinaire, comme nous marchons dans la vie avec des yeux à demi clos, des oreilles bouchées et à moitié assoupis. Cela vaut mieux, peut-être, et c’est sans doute cet engourdissement qui rend à une incalculable proportion d’êtres l’existence si tolérable et si douce. Rare pourtant doivent être ceux qui n’ont jamais connu un de ces brefs moments de réveil où, en un clin d’œil, nous voyons, nous entendons, nous comprenons un monde de choses, où nous sentons tout, avant de retomber à notre aimable somnolence.”
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  • Par steppe, le 06 août 2011

    La forme la plus banale du courage nous empêche de devenir des criminels au sens légal du mot, mais il y a la faiblesse inconnue de nous, ou soupçonnée peut-être ; comme, dans certaines parties du monde, on s'attend à ce qu'un serpent mortel surgisse de chaque buisson, la faiblesse, qui peut ne jamais se manifester, observée ou non, redoutée ou virilement méprisée, réprimée ou peut-être ignorée, pendant plus de la moitié de l'existence, celle-là, nul d'entre nous n'en est à l'abri.
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