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G. Jean-Aubry (Traducteur)Claude-Noël Thomas (Éditeur scientifique)Sylvère Monod (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070425827
Éditeur : Gallimard (2002)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Un rafiot, presque une épave, un jeune marin inexpérimenté, un vieux loup de mer, une mutinerie, une traversée à hauts risques, des tempêtes, des catastrophes, une mer déchaînée, l'exotisme d'un. Orient mystérieux... De Londres à Bangkok, l'odyssée de la Judée est un voyage initiatique, de l'adolescence vers l'âge adulte.
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
moravia
moravia21 décembre 2014
  • Livres 4.00/5
J'ai souvenir d'annotations écarlates, comme au fer rouge, sur mes cahiers de collégien, qui me disaient : trop de répétitions !
Ce livre c'est ma vengeance, ma réhabilitation, car Joseph Conrad en use, en abuse à dessein, sans jamais paraître indigeste.
Mieux, c'est d'une efficacité redoutable au point de vue sonore (bravo pour la traduction).
Petit livre dans son format, mais grand roman sur la jeunesse écrit par un auteur plein de nostalgie de ses exploits maritimes, comme un vieux chêne que les haches menacent. Les haches du temps.
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OlivierH77
OlivierH7723 avril 2015
  • Livres 4.00/5
Cinq hommes amoureux de la mer et en ayant une expérience se retrouvent pour écouter l'un d'entre eux, Marlow, raconter sa première odyssée, entre Londres et Bangkok, sur la Judée.
Jeune matelot placé sous le Commandement du Capitaine Beard, il va vivre une traversée particulièrement mouvementée et formatrice. Rien ou presque ne leur sera épargné sur ce rafiot : tempêtes effroyables, avaries qui les obligent à écoper pour ne pas sombrer, puis combustion lente du charbon transporté qui finira par causer un incendie et la perte du navire...Marlow va faire preuve de courage et de compétence, gagnant ses galons de grand marin.
Ce récit s'il ne recèle pas une très grande originalité sur un thème largement abordé, exprime magnifiquement l'amour de Conrad pour la mer, et le lecteur est happé au coeur de ce voyage et des éléments déchaînés. Au-delà, le romancier explore d'autres thématiques : l'éloge de la jeunesse, symbole d'enthousiasme, de passion, de fougue, de courage...mais aussi l'attirance des voyages et le rêve d'Orient.
Peut-être pas le chef d'oeuvre de Conrad, mais une superbe écriture, particulièrement sensible dans les dernières pages d'une beauté admirable, et un véritable héros, le bateau lui-même qui endure, endure, tient tant bien que mal, pour finalement s'embraser dans le final des mers d'Orient.
Idéal pour une première approche de l'oeuvre de cet écrivain passionné de la mer.
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medsine
medsine26 avril 2012
  • Livres 4.00/5
Jeunesse de Joseph Conrad est une courte nouvelle. C'est un récit d'apprentissage, un voyage dans le passé.
Marlow, homme d'expérience, britannique jusqu'au bout des ongles, raconte alors qu'il est attablé dans un pub avec des amis proches son Odyssée. Il n'avait pas 20 ans, lorsqu'il s'est engagé comme Lieutenant sur un bateau de transport en route pour Bangkok. Bangkok! Il se lance à corps perdu dans cette aventure avec tout l'enthousiasme et la passion de la jeunesse.
L'Odyssée est comparable à celle d'Ulysse. La route est semée d'avaries, le tumulte de la mer s'emporte en une tempête furieuse qui brise tout : les matelots et leur navire. le bateau prend l'eau et fini par exploser entraînant sa cargaison dans les profondeurs des eaux tropicales. Mais la détermination et l'inconscience du jeune homme sont les vrais moteurs du récit. La fraternité, l'humanisme et le courage sont les valeurs de ce roman "homérique".
25 avril 2012
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Hammerklavier
Hammerklavier31 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Jeunesse est un court roman publié dans le même recueil que le célèbre "Au coeur des ténèbres" et "Au bout du rouleau--". C'est donc trois âges de la vie qui sont illustrés ici par Conrad. Jeunesse nous raconte l'histoire d'un jeune marin embarqué sur un navire à destination des Indes. La jeunesse sera le moteur principal du héros Conradien, quand embarqué sur ce bateau de malheur où les pannes se succèdent, et où l'incendie menace, il faudra se battre contre les éléments et trouver la force de pouvoir amener le bateau à bon port. Comme toujours chez Conrad, l'écriture est magnifique, mais chose singulière dans son oeuvre, le personnage principale semble infaillible et porter par une volonté et un courage sans faille propre au rêve et aux ambitions de la Jeunesse. Dans bien des romans de Conrad, les ambitions des personnages seront terrassés, anéantis et ces mêmes personnages deviendront alors faillibles et vulnérables ; mais ici, l'auteur laisse la part belle au rêve, celui de la jeunesse, encore innocente, mais belle et bien déterminée.
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BMR
BMR07 juin 2010
  • Livres 4.00/5
Joseph Conrad est un polonais né en Ukraine qui vécu à Marseille et qui écrivait en anglais.
Un homme de voyage, citoyen du monde comme tous les marins, il en était un lui-même pour s'être engagé dans la marine marchande britannique.
Un auteur qui vécut à la charnière entre les deux siècles et qui influencera les plus grands comme Faulkner, Gide ou Malraux.
Jeunesse raconte un court périple : le premier voyage du jeune Marlow, le dernier du vieux rafiau sur lequel il a embarqué.
Le navire fait eau de toutes parts (on assiste à plusieurs faux départs avant qu'il soit à peu près étanche), il doit affronter tempêtes et cyclones, les équipages successifs refusent d'aller plus loin, la cargaison de charbon finit par s'enflammer, et même les rats avaient préféré débarquer avant que cette presqu'épave soit prête à larguer ses amarres !
L'arrogante et invincible jeunesse de Marlow aura-t-elle raison de l'adversité ?
Si vous ne connaissez pas encore cet auteur incontournable, n'hésitez pas un instant : cette petite nouvelle (Jeunesse) est parfaitement construite. Un point d'entrée idéal dans la langue noble et riche de ces histoires au parfum suranné d'une époque (littéraire et aventureuse) révolue.
Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-bouquin-jeu..
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia18 décembre 2014
Le train s'ébranla soudain. Je saluai la vieille femme : je ne l'ai plus jamais revue....Passez moi la bouteille
. [............................................]

J'y pense avec plaisir, avec affection, avec regret - comme on pense à un cher disparu. Je ne l'oublierai jamais....Passez moi la bouteille.
[.....................................]

Chez le coiffeur ou le buraliste, on nous demandait familièrement : "Pensez vous que vous arriverez jamais à Bangkok ?"
Pendant ce temps, l'armateur, les assureurs et les affréteurs se chamaillaient à Londres, et notre solde tombait toujours....Passez moi la bouteille.
[.......................................]

Mais en général nous étions taciturnes et graves - et assoiffés. Ah ! quelle soif ! Et il nous fallait faire attention à l'eau. Chacun avait juste sa ration.
Le navire fumait, le soleil flamboyait...Passez moi la bouteille.
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moraviamoravia21 décembre 2014
Nos visages marqués par le labeur, par les déceptions, par le succès, par l'amour; nos yeux las cherchant encore, cherchant toujours, cherchant ardemment à extraire de la vie ce quelque chose qui, tandis qu'on l'attend encore, a déjà disparu - a passé sans qu'on le voie, en un soupir, en un éclair - en même temps que la jeunesse, que la force, que le romanesque des illusions.
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BMRBMR07 juin 2010
[...] - Oui, j'ai bourlingué pas mal dans les mers d'Extrême-Orient : mais le souvenir le plus clair que j'en ai conservé, c'est celui de mon premier voyage. Il y a de ces voyages, vous le savez vous autres, qu'on dirait faits pour illustrer la vie même, et qui peuvent servir de symbole à l'existence. On se démène, on trime, on sue sang et eau, on se tue presque, on se tue même vraiment parfois à essayer d'accomplir quelque chose, - et on n'y parvient pas. Ce n'est pas de votre faute. On ne peut tout simplement rien faire, rien de grand ni de petit, - rien au monde, - pas même épouser une vieille fille, ni conduire à son port de destination une malheureuse cargaison de six cent tonnes de charbon.
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wictoriawictoria13 décembre 2008
Bon Dieu ! C'est une sacrée aventure,- comme on en voit dans les livres ; et c'est ma première traversée comme lieutenant - et je n'ai que vingt ans - et voilà que je tiens le coup aussi bien que n'importe lequel de ces hommes, et mes gars sont à la hauteur de leur tâche grâce à moi. J'étais content. Je n'aurais renoncé à cette expérience pour rien au monde. Je connaissais des instants d'exultation. Chaque fois que le vieux rafiot démantibulé se plantait dans un creux, avec sa voûte d'arcasse dressée en l'air, il me semblait qu'il lançait comme un appel, comme un défi, comme un cri, aux nuages impitoyables, les mots écrits sur sa poupe : "Judée, Londres. Vaincre ou périr.
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OlivierH77OlivierH7720 avril 2015
"Et puis moi, j'avais ma jeunesse pour me rendre patient. J'avais tout l'Orient devant moi, toute la vie, et l'idée que j'avais été mis à l'épreuve sur ce bateau et que je m'en étais plutôt bien sorti. Et je songeai aux hommes de jadis qui, il y a des siècles, suivaient cette route sur des bateaux qui ne voguaient guère mieux, vers le pays des palmiers, des épices, des sables blonds et des peuplades brunes gouvernées par des rois plus cruels que Néron le Romain et plus magnifique que Salomon le Juif. Le vieux trois-mâts se traînait, alourdi par l'âge et le fardeau de sa cargaison, tandis que je vivais ma jeunesse dans l'ignorance et l'espoir. Il se traîna ainsi tout au long d'un interminable cortège de jours, et la dorure flambant neuve étincelait au soleil couchant et semblait clamer sur les flots qui s'obscurcissaient, les mots peints sur sa poupe : "Judée, Londres. Vaincre ou périr."
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